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dimanche, 15 mai 2016

Souvenirs d'une nuit insolite

Faire une liste de lits ou de lieux insolites où l’on a dormi.

Chacun fait choisir par son voisin un lieu de sa liste.

 

En 20 minutes, décrire le lieu choisi en insistant sur l’environnement, l’odeur, etc. Evoquer les sensations et les sentiments ressentis.

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maison mouty.jpg

pixabay

 

CAMPING SUR PLANCHER

 

Voyage scolaire à la montagne : deux jours. La nuit est tombée. La grande maison bourgeoise qui nous héberge se découpe à peine sur fond de ciel sombre brassé par les nuages, accordant avec peine des rais de lune blafarde. La tramontane rugit entre les branches d’arbres : les hauts de Hurlevent. Nos piles éclairent à peine les marches du perron, le corridor noir, large et froid, ainsi que les grandes pièces vides où nous nous engouffrons après un passage obligé aux toilettes. Nous nous alignons le long des murs, enroulées dans une maigre couverture qui n’adoucit nullement la dureté du parquet. Le sac à dos sert d’oreiller.

L’accompagnatrice revêche fait le tour des lieux, ordonne l’extinction des feux, c'est-à-dire de nos lampes de poche au rayonnement ridicule, mais bienfaisant cependant quand la lampe cachée sous la couverture nous tient compagnie dans le silence de la nuit qui s’emplit alors de craquements de parquet, de vent sifflant dans les jointures des volets et d’autres bruits effrayants nous tenant éveillées, transformant la maison en lieu fantasmagorique. Quelques chuchotements, des rires étouffés, des bruits incongrus…

La nuit se passe l’œil ouvert, se fermant malgré tout de fatigue au petit matin. Le jour est plus rassurant pour dormir ici. Mais l’heure, c’est l’heure !

 

Mouty

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pixabay

 

Lit improvisé

Nous avions arrêté la 2CV en pleine campagne. Quelle campagne, celle du centre de la France, il me semble. Je me souviens que depuis notre départ de Paris, nous avions traversé deux villages aux noms évocateurs, l’Aumône et Le Portefeuille, ce qui nous avait fait rire. Nous avions cherché un hôtel pour la nuit, et n’en ayant pas trouvé, ma sœur et son mari avaient décidé que nous dormirions dans la voiture. Quant à moi, à 13 ans, j’étais toute excitée à cette idée, n’ayant jamais dormi que dans mon lit.

C’était une soirée chaude du mois d’août et nous revenions à la voiture en nous promenant à travers champs, après avoir pris un rapide repas dans le village le plus proche. Nous avions plaisanté et attrapé de gros fous-rires. Nous respirions l’odeur de l’herbe fraîche et nous nous sentions bien, nullement inquiets à l’idée de passer une mauvaise nuit. Nous partions en vacances dans le sud de la France et cette étape improvisée et inattendue pimentait notre voyage.

La voiture était garée sur une petite colline et la vue était dégagée autour de nous, laissant apercevoir un paysage bucolique et reposant. Un pré avec des vaches apportaient des odeurs animalières et rustiques qui augmentaient la sensation agréable d’être ailleurs.

Et puis la nuit venue, dans la pénombre qui nous enveloppait, après avoir retiré les sièges, nous nous sommes allongés tous les trois, trouvant une place tant bien que mal, l’un avec la tête près de l’embrayage, l’autre un peu coincé entre le frein et l’accélérateur, et la dernière, moi, la plus jeune, avec la meilleure place, côté passager. Mais même si la situation était inconfortable, il me reste le souvenir d’un moment heureux, d’un moment de franche gaité, d’un moment de bien-être. J’avais bien un peu peur des bruits extérieurs, mais pourtant, j’ai dormi comme un loir.

Gill

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pixabay

 

                                  La Cabane au Canada

          Elle sent bon le bois coupé et les cigarettes clandestines. Et un peu aussi la ratatouille réchauffée sur un camping-gaz, notre cabane. Baptisée « au Canada » grâce à une Line Renaud, très en vogue, et faite de bric et de broc avec tout ce qu’on a pu trouver : vieilles planches, branches d’arbres et autres matériaux de récupération ramenés triomphalement. Elle n’a pas de fenêtre, mais on y voit beaucoup le ciel, au travers du toit et des murs et c’est bien. Même quand il pleut. On y entre à six, serrés comme des sardines, mais on ne peut y dormir qu’à deux, à tour de rôle. Grâce à la bienveillance de notre grand-mère commune qui, sans jamais avoir lu Françoise Dolto, est une fervente militante de la liberté pour les enfants. A commencer par les siens. Un bonheur sans nom envahit donc les six cousins chaque année, à l’approche des grandes vacances, rien qu’à l’idée de retrouver la Cabane au Canada, qu’il faudra d’ailleurs retaper un peu, après les rigueurs d’un hiver très peu canadien pourtant.

      Oh les nuits ! Et les étoiles juste au dessus de mes yeux. ! Et le cri de la chouette, monotone sans doute mais bien rythmé ! Et la terreur, interdite, refoulée (pas trop), muette en tout cas, en pensant à toutes ces araignées qui ne vont pas manquer de se balader sur moi toute la nuit ! Mais peu importe.  La respiration du cousin ou de la cousine allongé près de moi me rassure, m’apaise, me berce, m’endors…

       Oui Cabane, tu sentais bon. Le bois coupé, le vieux tabac et la ratatouille…mais aussi l’enfance, avec ses fous-rires complices et ses grandes aventures, immobiles, rêvées…

 

        El Pé

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dimanche, 13 mars 2016

Le dernier jour

En 20 minutes, écrivez un texte libre sur le thème

« C’est le dernier jour »

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pixabay

 

 Le dernier jour                

       Par habitude, il a failli ranger son bleu dans le placard, ne s’en ravisant qu’à la dernière seconde, avec un sourire amer. Alors, il le jette dans un coin avec ses souliers dits « de sécurité » par-dessus.

   Quant au placard, François (appelons-le François) a vite fait de le vider : un tee shirt de rechange  pour le cas où, trois bouquins policiers qu’il devait rendre à Manu depuis six mois et enfin une photo de sa femme et de ses deux gosses datant d’au moins dix ans. De l’époque où l’on avait le temps de les montrer aux copains, de bavarder, de rigoler pendant que l’on se changeait. Juste avant d’aller boire un coup ensemble au bistrot d’en face , manière de ne pas se séparer tout de suite, après la journée de boulot.

     C’est bien fini tout ça. Depuis un bail. La télé peut-être ? Allez savoir…

 Les autres, autour de lui, se changent en silence, gênés. Il les comprend. Il sait bien qu’ils ne peuvent rien y faire, même s’ils avaient imaginé tout autrement son départ. Avec le pot, la canne à pêche à moulinet et le discours du patron- enfin l’autre, pas le nouveau, qu’on ne voit jamais et qui parait-il, sort d’une grande école de commerce-. Bref, un départ à la retraite normal. Pas forcé. Pas avec trois ans d’avance pour cause de compression de personnel. Pas avec cette étiquette de « chômeur de longue durée » qui va lui coller à la peau sitôt passée la porte de la boite.

   Dernier jour. Après avoir bossé quarante ans dans cette usine. Dernier jour. Les yeux lui piquent un peu. Allons, faut pas s’attarder. Il remonte d’un coup sec la fermeture éclair de son blouson, lance un « Salut les gars » un peu enroué auquel répond le « Salut François » tout aussi enroué du chef d’équipe, repris par celui, à peine audible, des copains. Il les comprend. Ils sont en train de se dire : « A qui le tour demain ? »

     Il sort. Seul. Dehors il pleut. Quelle vacherie. Manquait plus qu’ça.

 

               El Pé

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pixabay

 

C’est le dernier jour

C’est le dernier jour : Ouf !

« Vive les vacances » dit-on. Et bien, moi, je dis « vive la rentrée ». C’est beau les petits anges quand ça dort, mais le reste du temps c’est souvent la galère ! Pourtant vous l’avez bien voulu puisque vous vous êtes proposée de garder la progéniture de votre descendance en dehors de la période scolaire…

A la tendresse des regards de vos enfants, vous avez constaté que vous tapiez juste dans le type de cadeaux que vous pourriez leur faire. Mais vous avez aperçu des œillades vipérines accompagnées de quelques petits gestes de désappointement, si ce n’est d’exaspération chez la deuxième génération. Pour la bande de minus ça ne voulait pas dire « vacances à la mer », mais « vacances à la campagne ». Vous les soupçonniez alors de préparer des coups fumants pour vous en faire voir des vertes et des pas mûres. Avec juste raison, la suite confirmant votre impression non avouée de temps d’esclavage.

Vous aviez pourtant organisé votre planning pour le plaisir de tous : stage de planche à voile pour les deux plus grands, stage d’équitation pour les deux suivants, dont ils revenaient avec des poux grâce aux bombes qui passaient de tête en tête, stage de natation pour les deux cadets, petits loisirs créatifs, et cocooning pour les deux derniers.

En résumé, des heures de taxi, de ménage, de courses, de préparation de bouffe, de toilette, sans compter les pipis au lit, les chamailleries, et j’en passe.

Et les activités qui se bousculaient, se chevauchaient, vous transformant en zombie avant la fin de chaque soirée, du premier au dernier jour.

A la fin, vous n’avez même plus la force de dire « Ouf ».

 

Mouty

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Statue Of 'Justice' Old Bailey

wikimédia

 

Le dernier jour du condamné

Oui, je le sais, demain, à cette heure-ci, je serai ailleurs, en Enfer sans doute. Cela ne me changera pas, je me suis habitué à la chaleur du feu.

Je suis ce qu’on appelle communément un tueur en série. Quoique !  Quand on dit tueur, on dit mort, et quand on dit mort, on dit corps. Et personne n’a jamais retrouvé les corps des personnes que j’ai censément tuées. Bien sûr, on a retrouvé un petit carnet noir, des restes calcinés dans des villas que j’ai occupées, mais pas de corps, j’insiste.

Demandez à ma femme, je suis un bon père, je suis un bon époux qui subvient très correctement aux besoins de sa famille. Demandez à mes parents, j’ai été un enfant désiré, d’où mon prénom d’ailleurs, chéri de son père et de sa mère.

Certes, je suis un escroc, mais entre le vol et l’assassinat, il y a de la marge. Quant à mes nombreuses conquêtes, ces femmes qui m’ont offert leur argent, je n’y peux rien si je les ai séduites. Je n’ai pas un physique attrayant et pourtant, je plais. Et grâce à Monsieur le Président de la Cour d’Assises, ma femme sait maintenant que je l’ai trompée !

Lors de mon procès, j’ai bien senti que mon éloquence remplie d’ironie et de bons mots m’attirait la sympathie du public et je pensais qu’il en serait de même pour les jurés qui parviendraient à un autre verdict. Cela n’a pas été, je ne les ai pas séduits, j’ai joué, j’ai perdu. La peine de mort…..ils ont prononcé la peine de mort….. et mon recours en grâce a été rejeté.

Aussi, aujourd’hui, c’est mon dernier jour. Demain, à l’aube, j’emporterai mon secret avec moi. N’ayant jamais avoué les crimes dont on m’accuse, je partirai « avec mon petit bagage », laissant les questions sans réponses, alors, je sais qu’on parlera longtemps de moi.

Mon prénom, c’est Henri Désiré, mon surnom, « le Barbe-Bleue de Gambais »

Gill

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mercredi, 15 janvier 2014

Noël est passé. Bienvenue à 2014

En 20-25 minutes, écrire un conte de Noël pour enfant ou adulte avec les éléments suivants :

3 adultes dont 2 enfants

4 animaux dont un chat et un chien

3 objets dont une ou des oranges

2 ambiances intérieure ou extérieure

Une saison

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freepik

 

LE MAGICIEN DE LA NUIT DE NOEL

 

Le grand Magicien de la terre fit irruption dans le ciel bleu nuit constellé d’étoiles. Il chevauchait une comète qui allait à la vitesse de la lumière. Il écarquilla les yeux sur la planète endormie - ou qui, du moins - le paraissait. Il avisa une petite maison, blottie dans une clairière enneigée. Des volutes de fumée s’échappaient de la cheminée. Vu de loin, cela faisait penser à un fumeur de pipe. Tiens, se dit le magicien, un petit coin sympathique où je pourrai peut-être me reposer. Il tournoya un peu au dessus de la clairière avant d’atterrir sur un terrain cotonneux.

Il frappa discrètement à la porte. Sans réponse, il frappa plus fort. La porte s’entrebâilla sur un visage buriné de vieil homme qui, fort surpris, l’invita néanmoins à entrer.

-   Venez vous réchauffer : le chocolat est encore brûlant, il vous fera du bien.

Près de la cheminée, pelotonnée sur un fauteuil dans une couverture râpée,  une vieille, l’air hagard, bredouillait des inepties.

Sur un édredon fané, à même le sol, deux enfants, un garçon et une fille, des jumeaux apparemment, étaient assis à côté du livre de contes laissé ouvert par le grand-père.

L’endroit semblait le témoin d’années de misère et de souffrance. Cependant il était rassurant malgré l’éclairage parcimonieux de quelques chandelles. L’âtre crépitait.

Sur le buffet, un bocal où tournaient lentement deux poissons rouges, mettait un brin d’animation dans ce coin un peu sombre. Sur la table, des oranges dans un compotier. C’était rare, mais c’était Noël. Des fruits secs et un pichet de vin complétaient le tableau.

Un chat et un chien, lovés sur un coin de l’édredon, dormaient d’un œil. L’arrivée de l’étranger ne les dérangeait pas. Etranger ? Pas tant que cela car ils savaient, eux…

Dehors, le ciel s’était couvert et la neige tombait à gros flocons. Le vent fouettait les arbres. Sans nul doute, nous étions en hiver.

Tout à coup, la pièce s’illumina. Un sapin étincelant jaillit de l’ombre, comme par enchantement. Des cadeaux enrubannés étaient disposés à ses pieds. Une bonne odeur de soupe chaude et de dinde rôtie envahit les lieux. Miracle d’une belle nuit de Noël !

Le Magicien repartit au petit matin, enfourcha sa comète et disparut à l’horizon.

Mouty

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Vacances de neige

J’y vais, ou je n’y vais pas… J’aime, je n’aime pas… Je peux ou ne peux pas… Réalité ou fiction.

 

En 20-25 minutes, écrire un texte sur ce thème, commençant par

« grâce à toi je suis… »

et finissant par

« …a changé ma vie »

En y introduisant les mots suivants :

Attention / bicarbonate / cartomancienne / déluge / ennui / folie / garrigue / haricots / idéaliste / jeunesse

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Garrigue - Cap Canaille
[Pinède, garrigue et calanques]

                                 Photo : cc by-nc-nd www.Photo-Paysage.com

 

VACANCES DE NEIGE

 

Grâce à toi je suis partie en vacances de neige, ce que j’enviais depuis longtemps. A l’arrivée à la station, j’y trouvai le déluge. Pluie et froid de Sibérie, mais pas de neige. Je crus mourir dans le blizzard. Je m’engouffrai vivement dans le chalet. Une bonne soupe à l’oignon embaumait les lieux et réchauffait le moral. Elle fut suivie de pâté, de haricots au jambon et de fromage. Je doublai ma dose habituelle de bicarbonate.

 

En allant rejoindre ma piaule, mon attention se porta sur une cartomancienne qui avait établi son quartier d’hiver sur une petite table de l’arrière-salle. Je m’arrêtais quelques minutes, le temps de m’entendre prédire un séjour d’ennui, comportant cependant une nuit de folie. Cette entrée en matière me mit le moral dans les chaussettes et je partis me coucher pour rêver de garrigues ensoleillées. Les idéalistes m’en voudront certainement, mais je ne suis plus de la première jeunesse pour gambader dans les éléments déchaînés.

 

Eberluée, je vis rentrer au bercail un groupe d’ados tonitruant des impressions irréalistes à mes yeux. L’un d’eux m’adressa même une appréciation mémorable : « Cette aventure dans l’inconnu a changéma vie ».

 

Mouty

                                                                  

Photos Îles Marquises
                   Cette photo de Îles Marquises est fournie gracieusement par TripAdvisor

 

Entorse providentielle

Grâce à toi, je suis enfin où je veux être. Ma jeunesse idéaliste avait imaginé vingt fois ce scénario, mais je ne l’avais jamais mis à exécution, le pensant impossible.

Il faut dire que lorsque je t‘ai épousée, je ne te connaissais pas bien mais j’étais fou amoureux de toi. Une cartomancienne m’avait prédit une vie de folie, un déluge de bonheur dans un paysage de garrigue empli  d’odeurs de thym et de lavande et je pensais que c’était avec toi que je trouverais tout cela. Aussi quand je me suis retrouvé à éplucher des haricots dans la cuisine, à prendre du bicarbonate pour mes maux d’estomac, à faire attention à tes sautes d’humeur et à mourir d’ennui pendant tes dîners d’affaires, j’ai commencé à avoir des rêves d’évasion qui se sont répétés de plus en plus au cours des années.

Entre les vacances d’été à Ibiza et les sports d’hiver en Autriche, j’ai fini pas abandonner, contraint et forcé, mes envies d’ailleurs.

Et puis il y a un mois, le 29 novembre exactement, je me suis fait une entorse, bêtement. Et voilà, impossible de t’accompagner aux sports d’hiver ! Bye bye neige, ski, hôtel huppé, soirées mondaines, obligé de rester là.

C’est là que j’ai mis mon projet à exécution ; je me suis dit que jamais plus je n’aurais une si elle occasion ; Il faut dire que je t’avais caché que j’avais gagné une assez belle somme au loto, étant prudent. Presque guéri, j’ai acheté un billet pour les îles Marquises, quitté mon employeur et pris l’avion, destination « Tranquillité ».

Et me voici, enfin seul, au calme, entouré d’une nature idyllique, au bord de l’eau, enfin tranquille. Ma mer a remplacé Ta neige ; je suis bien. Ah oui, on peut dire que cette entorse a changé ma vie.

Gill

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mardi, 20 septembre 2011

bienvenue aux nouveaux le 19 09 11

 

 

Pour l’atelier de baptême des trois nouveaux adhérents présents à notre atelier du jour, Mouty a proposé une consigne que vous pouvez vous amuser à suivre chez vous.

 

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1-Relevez plusieurs phrases dans une œuvre de votre choix (pour cet atelier, Mouty avait choisi des extraits de « la fiancée des corbeaux » de René Frégni).

2-Choisissez-en 6 et écrivez-les sur une feuille blanche en laissant au dessus et au dessous de chacune un espace suffisant pour pouvoir écrire une ou deux phrases courtes.

3-Immédiatement au dessous de chacune, écrivez 1ou 2 phrases découlant de celle de l’auteur.

4-Effacez  les 6 citations choisies de l’auteur et ne gardez que les vôtres.

5-Dans l’espace laissé libre au dessus de chacune de ces dernières, écrivez 1 ou 2 phrases courtes en rapport avec la phrase écrite précédemment.

 

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Il vous reste alors 12 créations que vous allez utiliser, dans l’ordre ou le désordre,  pour écrire un texte dont le thème sera : « c’est la rentrée » ou  « c’était les vacances » en y introduisant les 6 mots ou groupe de mots suivants : fontaine, chapeau de paille, perdre haleine, tableau, risquer, hésiter.

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http://www.photo-libre.fr

 

 

 

C'était les vacances, c'était l’été, la chaleur, le soleil,  l'air était léger, une impression de liberté m'avait gagné je me promenais le long de la rivière qui serpente et se faufile faisant entendre son glouglou chantant, j'avais mis mon beau chapeau de paille sur la tête, quitté mon quartier,  mes voisins d'en face, la fontaine de la place ; tranquillement sans hésiter j'ai pris le chemin qui me menait vers la paix.
J’ai vite oublié la vision de l'homme pressé, impatient, qui veut sans attendre faire courir les autres à en perdre haleine pour le suivre.
tout était sorti de mon esprit ; je respirais , je ne voyais que la beauté qui m'entourait , la rivière qui m'apaisait ; la vigne dont les feuilles commençaient à roussir , le soleil jouant à cache avec les feuilles argentées des peupliers ,la  grande paix tant désirée  m'envahissait je me surprenais timidement  à faire quelques essais de vocalises , plus de pensées négatives , plus de questions sur ce qui a été raté  ce qui doit venir,  je vivais le présent bienfaisant .
Ha si !!! Me revient en mémoire le visage apparu si brièvement de la vieille dame, qui semblait regarder au loin un point fixe, il m'avait tant touché par sa pureté ce visage,  je le revois bien vivant il s'imprime devant mes yeux il est intégré au paysage  qui m'entoure ; est-ce un message qu'elle à voulu me faire passer ? M’invite-t-elle à rêver, à regarder les choses en prenant le temps de vivre simplement !!!!  Sans essayer de toujours se concentrer en gardant présent à l'esprit ce que l'on fait ? Ne pas culpabiliser, même si ça ne se passe pas toujours aussi bien qu'on croyait. Vite !!! Que revienne une autre journée de promenade aussi agréable
 Vive les vacances, vive, l'été, vive le rêve !!!!!!,
 
Rina 

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Horreur ! Mon réveil sonne, mais quand même pas à l’heure où les noctambules vont rejoindre leur lit,  juste avant le lever des courageux travailleurs. Non, il sonne à une heure raisonnable, en ce jour de reprise du travail, où mon premier regard va aller au tableau d’affichage des gardes du mois ; il ne faut pas risquer d’en oublier une.

Aujourd’hui, je ne sentirai pas l’immeuble commencer à s’éveiller,  je n’entendrai pas la voisine du 5 ème qui chante en préparant son repas et ne verrai pas travailler le tailleur du 4 ème qui termine le costume du voisin du 1er. Je serai à l’hôpital en plein travail.

Je n’aurai pas le temps de rêver aux merveilleuses vacances qui viennent de s’écouler, à la fontaine où l’eau était si claire, au chapeau de paille sur mes cheveux et à nos courses à perdre haleine dans les prés verdoyants.

J’ai gardé autour du cou ce cadeau qu’il m’a offert. Au début, scrutant son regard rieur, j’avais pensé à ce délicat parfum dont nous avions tant parlé, et puis après, je m’étais dit, connaissant son esprit farceur, qu’il m’offrirait certainement une bêtise,  pour rire de ma mine déconfite, suivie bien sûr d’un vrai cadeau. Mais au fait, qu’est-ce qu’un vrai cadeau ? Ce dont on a envie ou simplement le fait de recevoir quelque chose, de sentir que quelqu’un pense à vous. Moi, j’ai eu les deux, la pensée et le cadeau avec un grand « C », celui qu’on garde toute sa vie.

Maintenant, il est reparti au bout du monde. Je vais recommencer à adorer le lundi le mercredi et le vendredi,  jours où il téléphone ; les autres jours ont moins d’intérêt,  je n’entends pas sa voix. Je vais recommencer à culpabiliser d’être là, sans ressort, à attendre, l’oreille tendue, alors qu’il y a tant à faire. Il ya aura quand même les courriels qui me le rendront un peu présent. Heureusement,  il a un ordinateur portable greffé aux deux mains, si j’ose dire ; et je le comprends, quel outil merveilleux pour rapprocher ceux qui sont si éloignés l’un de l’autre ; Il n’y a pas à hésiter quand on voyage.

Tiens, voilà de nouveau le petit bruit familier qui semble venir du placard de la chambre. Il me plaît de penser que le fantôme des lieux vient y faire un tour pour me souhaiter la bienvenue à ce retour de vacances et bon courage en ce jour de rentrée.

GILL

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Pas le temps, c’est la rentrée !


Une tranche de vie. C’est long et c’est court, mais ça passe…

Mon travail en champignonnière : j’en ai eu pour quinze ans de galère. L’eau dégoulinait des murs comme une fontaine, calcifiant les parois et créant des stalactites ici et là.

J’avais hésité avant d’accepter ce boulot de merde, puis je m’étais risquée, ne trouvant rien d’autre.

J’ai passé ces quinze années complètement transie, les articulations rendues douloureuses puis bloquées par cette ambiance de cave sordide. J’étais transpercée. Une source glacée coulait à l’intérieur de mon corps. La rouille m’envahissait, transformant mes os en bois fragile. J’étais prête à casser. Non, j’étais carrément brisée.

Lors d’un moment de répit, un visage étonnant a surgi du fond de la cave, à demi caché par une capuche de serge grise. Des yeux étincelants, un rayon lumineux dans la pénombre. Etait-ce un malicieux lutin ou un sorcier maléfique ?

Peur. Peur de tout et de rien. De l’inconnu qui peut virer au cauchemar.

C’était mon dernier jour de travail.

Je suis rentrée à la maison, fourbue, et me suis affalée sur un siège devant la cheminée. Le bonheur retrouvé ? Difficilement tangible. Pas tout à fait la forme. Ni vraiment le goût.

Mon regard faisait inconsciemment le tour de la pièce, s’attardant sur le tableau grisâtre de la fenêtre, sur le chapeau de paille, pendu au mur, ramené de mes dernières vacances, plutôt lointaines.

Puis, j’ai écrit des cartes à toute la famille et aux amis, espérant recevoir, en contrepartie à mes quelques mots de vœux, des réponses un peu plus substantielles.

Enveloppée dans mon vieux poncho, je suis sortie, sans but, courant à perdre haleine. J’errai au bord du lac. J’y suis entrée lentement. L’eau était glacée. Tiendrais-je longtemps ?

Je m’éveillais d’un bond, sous la morsure d’une étincelle jaillie du foyer.

Je connaissais déjà les réponses par SMS à ma flopée de cartes de vœux : « pas le temps d’écrire, c’est la rentrée ».

 

Mouty

 

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                                                                        à suivre......................