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dimanche, 17 juillet 2016

Quelques mots......d'argot

Transformer les mots de la liste suivante en langage familier ou argotique

Yeux / nez / cheveux / dents / oreilles / visage / mains / pieds / jambes / chien / pantalon / poches / chemise / chaussures / casquette / argent

En 20 minutes, écrire un texte en utilisant les mots transformés et commençant par

« C’était une soirée costumée très mondaine »

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Pantheon Masquerade edited

wikimédia

 

                       C’était une soirée costumée très mondaine à laquelle participait une bonne centaine d’invités prestigieux, la fine fleur du Gotha, quoi !

       A l’entrée de la reine d’Angleterre, déguisée en Gavroche pour l’occasion, toutes les mirettes se sont fixées sur sa gapette vert fluo. Très convaincante assurément Sa Gracieuse Majesté, avec les paluches dans les fouilles, les pinceaux dans de vieilles godasses éculées et la liquette d’un blanc douteux à moitié sortie du fute. Très applaudie, succès monstre !

     Le « Premier », autrement dit le premier ministre britannique, quant à lui, blair et ratiches en avant comme à l’accoutumée, indeed, allait de groupes en groupes en ouvrant grandes ses esgourdes en quête d’informations insolites, on ne sait jamais. Quoiqu’il en soit, costumé en Pirate des Caraïbes, il surpassait Johnny Depp de plusieurs longueurs.

      Mais lorsque Sharon Stone apparut, un grand silence se fit et toutes les tronches se tournèrent vers elle. Portant la tenue qui lui seyait tant dans Basic Instinct et dégageait ses guibolles jusqu’à la taille, arborant en outre une tignasse décoiffée façon « saut de lit », elle exhalait de la sensualité et du Channel numéro 5 à la tonne. Son clebs- un danois mâtiné de doberman comme chacun le sait- ajoutait un surplus d’érotisme provocant qui enflammait les…esprits de toute la gente masculine, en grand émoi.

      Bref, ce fut une soirée inoubliable, d’autant que le grisbi, ostentatoire et omniprésent, en était l’invité d’honneur. Ce qui, n’est-ce-pas, est toujours bien agréable... Mais je vois que le temps d’antenne qui m’est imparti arrive à son terme.

      A bientôt donc, chers  amis pour un prochain rendez-vous mondain.

C’était Stephen Berg, en léger différé de Buckingham Palace.

                                                                                        El Pé*

*A qui fut malencontreusement confiée la rédaction de ce reportage.

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La soirée d’Hippolyte

C’était une soirée costumée très mondaine et Hippolyte souhaitait depuis longtemps assister à l’une d’elles.

Hippolyte, je vous en ai déjà parlé, c’est ce sans-abri de Belleville qui avait trouvé un ticket de loto gagnant et pensait, avec tout cet argent, devenir un « champagné ».

Effectivement, étant multimillionnaire, il avait eu accès à toutes les soirées possibles, s’habillant chez les meilleurs tailleurs, emmenant son chien Malko partout. Mais lui, ce dont il rêvait, c’était de côtoyer tout le gratin, revêtu de son ancien costume. Et voilà que l’occasion se présentait. Il allait pouvoir endosser ses fringues de clochard pour aller à cette soirée, accompagné de son chien.

A l’entrée déjà, avec sa tronche mal rasée, ses tifs en pétard, ses sourcils broussailleux cachant ses mirettes, son pif d’où sortaient quelques poils gris, ses ratiches plus ou moins jaunes, il eut du mal à convaincre l’agent de sécurité de le laisser entrer, même en lui montrant son invitation en bonne et due forme, qu’il sortit de sa fouille droite avec sa grosse pogne.

Une fois dans la place, il ouvrit tout grand ses esgourdes pour écouter en rigolant les commentaires qu’il suscitait de la part de tout le bottin mondain présent à cette sauterie. Même les costumes transpiraient l’oseille et bien sûr, de clodo, il n’y avait que lui. Il croisait des marquis à la tignasse poudrée, aux quilles serrées dans des collants argentés, aux pinceaux coincés dans des pompes vernies, des élégants avec liquettes en dentelle et futals au pli impeccable, des duchesses parées de colliers rutilants ayant coûté un max de flouze. Et Malko, son fidèle clébard, poil hirsute, déambulait près de lui au milieu de tout ce beau monde.

Il jubilait Hippolyte, de pouvoir, avec ses vieilles sapes, obliger tous ces gens pourris de fric à l’accepter comme l’un des leurs.

Alors, il profita bien du buffet, dansa même avec la reine Marie-Antoinette et au petit matin, satisfait, remit sa gapette, et souriant, quitta cette belle assemblée un tantinet coincée, suivi de son inséparable cabot, pour aller prendre un petit noir à Belleville.

Gill

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C’était une soirée costumée très mondaine. Le gratin avait sorti ses plus beaux atours. Tout ça sentait l’oseille à plein tarin : liquettes en soie, falzars dernier cri, pompes Weston. Ils vous en foutaient plein les mirettes. Et vas-y que je te serre des pognes, que j’affiche toutes les ratiches de mon râtelier. Fallait voir leur tronche de mecs pleins aux as, le grisbi leur coulait des paluches.

Tout d’un coup, un clébard a déboulé dans ce cirque. Il a bousculé tout ce beau monde. Les greluches se sont retrouvées les quilles en l’air, la tignasse en bataille. Les plus courageux ont joué des pinceaux pour se mettre à l’abri. Le cabot était bien à son aise pour dévorer les petits-fours.

Puis un grand gars est arrivé, il a filé un coup de tatane au clebs qui est parti sans demander son reste. Après ça, le héros était fier comme un coq, il montrait son panard vengeur. Il a farci les esgourdes de la compagnie de son exploit.

  • Eh bien ! je ne suis pas prêt à lui tirer ma gapette à ce gus.

Claudie

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C'était une soirée costumée très mondaine, le clochard avait quitté son banc pour observer de plus près les invités.  Les mirettes aux aguets, je vais pas perdre une miette du spectacle, se dit-il, mon clebs collé à mes pinceaux.

« Wouah les quilles , cria-t-il en voyant arriver une belle fille à la robe courte. Et le mec avec sa gapette , son falzar déchiré et sa liquette froissée, il veut me faire concurrence ou quoi ? Hé mon clebs t'as vu les grolles du gars au gros tarin, ma parole, il les a achetées aux puces, il a pas dû dépenser beaucoup d'oseille ! Ah ah ! La tronche de celui qui a les pognes dans ses fouilles , avec ses tifs collés au gel, on dirait Ribouldingue ! Ça y est, c'est parti pour la musique, ils vont se crever les esgourdes ! Enfin, quand je pense à c'qui doit y avoir sur le buffet, j'en ai les crocs. »

 

Marie

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pixabay

 

 

 

dimanche, 05 octobre 2014

A qui appartient ce sac ?

A QUI APPARTIENT CE SAC ?

 

Dorothée trouve un sac de femme qui trainait sur la plage après la désertification de celle-ci. Elle le porte au Commissariat, où, en sa présence, le policier de service sort un à un les objets de son contenu : 15 en tout.

 

Chacun énumère 1 des 15 objets 

 

Portefeuille / Poudrier / Rouge à lèvres / Paquet de Kleenex / Stylo / Calepin / Petit bouquet de lavande / Couteau / Loup (masque) / Montre / Trognon de pomme / briquet / Trousseau de clefs / Paquet de cigarettes / Peigne 

 

En 25 minutes, imaginez l’histoire qui trotte dans la tête de Dorothée sur la propriétaire du sac, en insérant les 15 objets dans son texte et en terminant par la phrase :

 

« Elle devait (ou doit) repartir à zéro »

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sac.jpg

freepik

 

LE SAC PERDU

 

Dorothée regardait avec intérêt chaque objet sorti du sac en imaginant le profil de sa propriétaire, une tranche de sa vie.

Le portefeuille fatigué avait bourlingué semble-t-il pendant bien des années. Peut-être au bout du monde.

Le poudrier et le rouge à lèvres étaient indispensables à l’entrée et à la sortie de son bureau ou de sa boutique de fringues. Le peigne et les Kleenex également.

Un calepin et un stylo. Ces deux s’entendent comme larrons en foire. L’un n’existe pas sans l’autre. Ils sont sur les mêmes coups, encrés dans ce petit carnet. Passé et futur y voisinent.

Tiens, un petit bouquet de lavande : un amoureux aurait pu le cueillir dans la garrigue pour marquer un évènement mémorable.

Un trognon de pomme et un couteau enveloppés dans un papier. Un instant de fraîcheur sur la plage surchauffée.

Une montre : pas besoin d’heure pour se baigner et se prélasser en laissant courir ses rêves.

Un loup ! Devait-elle se rendre à une soirée masquée ?

Un paquet de cigarettes et un briquet. Dommage, elle doit puer le tabac.

Un trousseau de clefs. Les siennes ? Celles de son Jules ? Allez savoir !

En tous cas, la perte de son sac lui supprimait une tranche de vie : souvenirs et repères s’étaient volatilisés. Elle devait repartir à zéro.

 

Mouty

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freepik

 

Espionnage

Le commissariat est désert ce dimanche midi et Dorothée est seule devant le comptoir d’accueil où elle vient de déposer le sac qu’elle a trouvé sur la plage. Le policier de permanence, après avoir sorti un à un les objets qu’il contient, est parti chercher un imprimé dans les bureaux : le système informatique est en panne ! Évidemment…

Tout est là, pêle-mêle devant Dorothée, qui entreprend d’en faire l’inventaire visuel pour passer le temps.

« Tiens, je connais cette marque de poudrier. Elle offre plusieurs couleurs de poudre compacte dans le même boitier, de quoi changer radicalement de teint. Et le rouge à lèvres, à côté, est plutôt un crayon à lèvres à deux couleurs très différentes pour pouvoir transformer sa bouche. Le peigne aussi est double, un côté à dents ordinaires pour cheveux lisses et l’autre à grandes dents pour les coiffures frisées ou même crépues. Cette fille doit aimer se transformer ou se dissimuler si j’en crois ce loup noir, ou alors se déguiser, mais c’est certain, changer de tête.

Que fait là un trognon de pomme à moitié enveloppé dans un mouchoir sans doute sorti du paquet de kleenex presque vide. Elle a dû attendre en ayant une petite faim. En tout cas elle ne laisse rien derrière elle, peut-être pour ne pas se faire remarquer. Oh là là : La montre, ultra perfectionnée ; j’ai l’impression qu’elle fait chronomètre, boussole et altimètre……….et GPS aussi. Montre de pro., mais quelle pro. ?

Les clés du trousseau sont bizarres, longues avec des extrémités étoilées ou courtes ressemblant à des tournevis. Elles doivent ouvrir des portes blindées au moins, des portes de coffres ? Quant au couteau, vraiment pas sympathique avec son grand manche et son cran d’arrêt. Je n’aimerais pas l’avoir sur la gorge, j’en frissonne ! Je commence à me demander qui peut bien être cette nana. »

De plus en plus intriguée et prenant de l’assurance en attendant le fonctionnaire qui tarde, fabricant sûrement son imprimé, Dorothée prend le briquet qui ressemble à un de ces vieux briquets rectangulaires d’autrefois en acier et elle entreprend de le faire fonctionner. Une énorme flamme jaillit, la faisant sursauter de frayeur et reposer l’objet à toute vitesse. « Ah mais qu’est-ce que c’est ? C’est un lance-flamme, pas un briquet ! »

Méfiante mais intrépide, elle avise le bouquet de lavande qui ne colle pas du tout avec le reste pense-t-elle et l’approche de son nez : « Mais ça ne sent pas la lavande, ça pique le nez et fait pleurer ! Mais qu’est-ce que cette fille fabrique ? »

Alors, curiosité à son comble, elle entrouvre fébrilement le calepin qui dévoile des pages de chiffres et de lettres, étudie le stylo qui semble avoir un minuscule orifice pas catholique sur son capuchon et le paquet de cigarettes qui, lui, semble désespérément  ordinaire, ce qui le rend suspect ! Enfin, elle ouvre carrément le portefeuille et découvre trois passeports avec trois photos différentes où l’on reconnait pourtant la même femme, mais dont le teint, les cheveux et même les yeux sont savamment modifiés et qui affichent trois nationalités différentes, italienne, américaine et russe.

« Ca y est, j’ai trouvé, cette femme est un agent secret ; soit elle a été éliminée, soit elle a décidé de disparaître sans rien emporter de son passé car elle doit repartir à zéro. »

     Gill

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freepik

 


Le sac à main

      Dorothée commençait à regretter son civisme. L’affaire allait s’éterniser, elle le sentait. Assise sur le banc, elle attendait qu’un agent daignât s’occuper d’elle. Ce qui n’était pas près d’arriver, à en juger par le joyeux raffut provenant de la salle d’à côté, manifestement provoqué par un départ en retraite dignement arrosé ! Bon. Pour passer le temps, Dorothée décida de faire l’inventaire du sac. Vous auriez fait la même chose.

      Voyons donc : Poudrier, rouge à lèvres, peigne. Hum, coquette, la fille…Ensuite : un trognon de pomme. Oh la la ! Coquette certes mais pas très soigneuse, négligente, à la limite, enfin, passons. Quoi d’autre ? Stylo, calepin ; intéressant, ça ! Banal carnet d’adresses ou précieux réceptacle de réflexions poétiques ? On verrait plus tard. Peut-être. Un  paquet de kleenex, une montre. Tiens, pourquoi  la fille ne la portait-elle pas au poignet ? Elle était pourtant en état de marche, cette pauvre montre, et fort jolie ma foi. Ou bien…sa propriétaire ne revenait-elle pas de quelque rendez-vous galant, interrompu précipitamment ? Oh la coquine !

 La suite : paquet de cigarettes et briquet. Des mentholées, à bouts dorés qu’allumait un briquet rose bonbon. So cute ! Une petite nana, commençant à fumer ! Adorable ! Mauvais pour la santé mais adorable, si candide ! Et le bouquet de lavande ! Adorable, décidemment ! Petite touche de fraicheur si délicate, si féminine ! Tiens, ça rachète le trognon de pomme. Un  trousseau de clefs, drôlement lourd qui plus est. Combien de portes ouvraient-elles donc ? Sept ! Mystérieux tout-de-même. En tout cas la petite bichette devait être bien enquiquinée à l’heure présente. Et…qu’est-ce-que cela ? Oh un loup ! Noir, de carnaval, sexy en diable évidemment. Ah Ah Fifille ! Tu ne dois pas t’ennuyer, toi, dans la vie. Et derrière ça, un  couteau. Suisse, à quatre lames avec ouvre-boîte et tire-bouchon. A coup sûr pleine de contrastes, cette nana. Je me demande si je n’aimerais pas faire sa connaissance. Justement, voici le portefeuille. L’ouvrirai, l’ouvrirai pas ?

    Dorothée, hésite, partagée entre moralité et curiosité. Naturellement, cette dernière l’emporte, d’autant que notre Dorothée désire de plus en plus remettre ce sac  en mains propres, une amitié s’esquissant déjà, et forcement, n’est-ce-pas, dans ce cas, pour savoir l’adresse…

      Le portefeuille s’ouvre sur une carte d’identité. Examen de la photo tout d’abord. Quel visage étrange ! Mince, pâle, encadré d’une tignasse brune et bouclée. Un visage qui doit plaire, sans nul doute.  Un visage qui a nom : Duchamp ? OK. Et prénoms ?

     Jérôme, Alain, Gérard.

Elle devait repartir de zéro.

       El Pé

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