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samedi, 20 juin 2015

Critique de théâtre

Vous êtes un critique de théâtre

En 10 minutes rédigez la critique théâtrale, positive ou négative, d’une pièce que vous venez de voir.

 ------------------------------------- Théâtre de l'Odéon, Paris 6e 140402 1

wikimédia

Phèdre 2015

 

              Certes, l’indulgence est toujours requise concernant le théâtre amateur. Elle a cependant trouvé ses limites  lors de cette mémorable première, donnée dans la salle des fêtes de la Courneuve par la troupe au nom peut-être un peu provocateur : «Les Salauds de Pauvres ».

       Pauvre Phèdre en effet ! Déjà qu’elle n’avait aucune chance avec ce petit péteux d’Hippolyte, l’affubler de surcroit  de jeans moulants et d’un débardeur panthère, juste pour faire moderne !! Quoique, à la réflexion, on est en droit de se demander si le concept « couguar », n’était pas ainsi finement évoqué… Au fait, il l’était assurément.

       Or donc, La bienveillance étant somme toute de mise, il est bon de noter que les vers de Racine, chantés en rap, ne manquaient pas de piquant ; et que le palais de Thésée, symbolisé (pour d’impératives raisons budgétaires, n’en doutons pas) par une rangée de poubelles se détachant sur un patchwork de toiles cirées (censé à coup sûr représenter la violence des passions humaines) avaient de quoi dépayser…

       Bref, malgré certaines réserves relatives essentiellement au verlan à mon goût trop souvent utilisé, je conseille néanmoins cette « Phèdre » originale, d’autant que l’entrée est gratuite et qu’un bon petit Faugères est offert à la fin du spectacle.

 

          El Pé

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Critique de théâtre

Le décor est planté : petit bourgeois. Bien. Les comédiens transmettent une ambiance de mystère. Biens dans leur peau et dans leurs rôles, ils assument.

Pièce truculente, amusante, où chaque acteur plante un personnage qui nous touche.

Un régal : pas une minute d’ennui. A voir et à revoir.

 

Mouty

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Spectacle de la Compagine des Génies

Où sont les génies ?

On peut se le demander après avoir assisté à ce spectacle navrant, digne de débutants, tant au point de vue du jeu des acteurs, que de la mise en scène, des décors et des costumes.

Où sont les spectacles de qualité auxquels nous avait habitués cette compagnie renommée.

On peut se demander s’il ne serait pas judicieux de renouveler le casting et d’apporter des touches de modernité à la mise en scène.

En attendant de voir leur prochaine pièce, vous l’avez compris, celle-ci est à éviter absolument.

G. A.

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mercredi, 09 avril 2014

Un Printemps pas comme les autres

 En 25 minutes, écrire un texte sur le thème « Un printemps pas comme les autres »

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freepik

 

 

Un Printemps pas comme les autres

 

Il vient, il va, ce personnage.

Il apporte tant de bonheur

Qu’il remonte à fond tous les cœurs

Après une année de voyage.

 

Et oui, vous l’avez deviné :

Qui vous met sur l’escarpolette,

Verdit le pré de la guinguette ?

C’est le PRINTEMPS tout satiné.

 

Arrivé dès Janvier, la chance !

Ouvrant les portes des maisons,

Eteignant les derniers tisons,

Il a installé son ambiance.

 

Va-t-il durer ou capoter ?

Devenir saison malheureuse ?

Transformer les sentes visqueuses

En allées pour y cahoter ?

 

Son arrivée est-il présage

D’un été plutôt ambitieux

Ou bien maussade et pluvieux 

Qui met fin à tous les ramages ?

 

Mais les oiseaux braillent en chœur

La chanson « Que la vie est belle »,

Du pinson à la tourterelle

Ils s’époumonent avec bonheur.

 

Un « printemps » c’est le temps qui passe.

Il n’a cure de nos tourments.

Alors, profitons du moment.

Il faudra bien que je m’y fasse…

 

Mouty

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       Les fleurs des marronniers  avaient poussé en avance, cette année-là, et c’était un régal de voir leurs chandelles roses et blanches égayer (entre autres) les avenues de Bagneux et du XVème. Il faisait tellement beau ! Avec un ciel si bleu, si joyeux depuis la mi-avril ! Ce qui m’avait permis d’étrenner ma robe de grossesse « demi-saison », rose pâle et plissée devant, qui ne laissait rien ignorer de mon état. Dont d’ailleurs j’étais très fière ! Un premier, vous pensez… Aussi chaque jour je me promenais, hum, disons plutôt que j’arpentais le trottoir à grandes enjambées, depuis mon domicile jusqu’à la Porte d’Orléans. Quatre bons kilomètres aller et retour. On m’avait dit :(le dit-on encore ?) : « Les derniers mois, il faut marcher, c’est important ! ».Alors j’y allais de bon cœur, j’y passais des heures.

       Parce que, pour tout dire, je n’avais aucune envie de rester enfermée à la maison. D’abord il faisait trop beau pour ça ; ensuite j’avais tricoté assez de brassières pour habiller toute la crèche municipale ; et surtout…je m’ennuyais, seule, toute la journée, mon jeune mari ne bénéficiant, lui, d’aucun congé-maternité.

       Alors je me promenais. Et mes pas me conduisaient chaque jour un peu plus loin, dépassant la Porte d’Orléans jusqu’à parvenir, un beau jour, à Denfert-Rochereau. Sauf que ce beau jour-là, le célèbre lion avait visiblement du mal à sommeiller comme d’habitude, à cause du vacarme et de l’agitation qui régnaient autour de lui.

        J’avais vingt ans, j’étais ravie. Un peu effrayée certes, mais ravie quand même. Une porte cochère m’ayant fourni un abri jugé imprudemment suffisant, j’assistai dès lors à un spectacle fantastique : des centaines de jeunes couraient, criaient, lançaient des pavés arrachés aux rues avoisinantes…aussitôt poursuivis par un bataillon de CRS bottés, casqués, armés de matraques, de boucliers et de bombes lacrymogènes. « Est-ce une révolte ? Non Sire, une révolution. » Génial.

       La révolution se rapprochant dangereusement de mon abri et l’ambiance se faisant de plus en plus chaude, je décidai d’opérer une retraite stratégique et de rentrer chez moi. Ce qui me prit pas mal de temps à force d’essayer d’éviter le théâtre des combats, très étendu cependant.

 Le soleil venait de se coucher lorsque j’arrivai enfin, complètement crevée, et prête à recevoir un bon savon-somme toute mérité- par mon mari, rentré du boulot depuis longtemps. Ô surprise il n’en fit rien, bien trop impatient qu’il était de m’apprendre la grande nouvelle : « Tu sais quoi ? A partir de demain, c’est la Grève Générale ! Et elle durera jusqu’à la Victoire ! »

      Chic ! Je ne l’écoutais plus que d’une oreille me raconter les meetings et AG qui avaient occupé sa journée, jubilant en revanche en mon for intérieur. Chic chic chic ! Il allait rester avec moi et nous irions désormais ensemble aux manifs !! Que de moments exaltants en perspective ! Sauf…

         Sauf que le lendemain matin, à cinq heures et avec quinze jours d’avance comme les marronniers  naissait mon fils aîné, qui, dès cet instant, dormirait toujours un poing serré posé près de sa tête.

            C’était le 13 Mai 1968.

 

         El Pé

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Odeon-Mai1968

wikimédia

 

Un nuage de gaz autour de moi, le nez qui pique, les yeux qui pleurent, une énergie hors du commun, des rêves de changement, une excitation jamais ressentie depuis et une tendresse particulière, gardée dans mon cœur depuis 45 ans pour ce Printemps-là, un printemps pas comme les autres.

Jeune fille sérieuse, élève appliquée et consciencieuse à l’école, au lycée, à la fac, je commençais tout juste à travailler. Ma famille m’avait appris à ne pas revendiquer tout le temps et pour tout, mais simplement pour ce qui en valait la peine. J’avais le goût du travail bien fait ancré dans l’âme et je faisais ce que j’avais à faire sérieusement, sans contester.

Quand soudain, en ce printemps-là, la revendication commença sur les bancs de la faculté, pour courir partout dans les usines, les bureaux, les familles, bref, partout dans Paris, puis peu à peu dans toute la France. Et je réfléchis à tout ce que j’entendais et je me dis, moi aussi, qu’il y avait des choses, beaucoup de choses à changer. Et je fis la grève, comme tout le monde, et c’est ainsi que je me retrouvai au Quartier Latin, dans les rues dépavées, pleurant dans les effluves des gaz lacrymogènes, la main dans la tienne, devant des rangées de militaires casqués chargés de maintenir l’ordre dans un Paris devenu anarchiste.

J’ai vu la Sorbonne menacée d’incendie, le théâtre de l’Odéon abritant un ramassis de militants aux discours enfiévrés et revendicateurs. J’ai écouté bien des orateurs ventant les mérites de changements et de vie meilleure. J’ai vécu des embouteillages monstrueux sur la place de la République où l’on voyait la police capituler et l’automobiliste lambda régler la circulation.

La révolution prenait des allures de fête en ce magnifique mois où le soleil brillait autant que les idées nouvelles.

Puis les esprits se sont calmés et la vie a repris avec quelques changements quand même. Maintenant j’ai vieilli et j’ai vu d’autres grèves, entendu d’autres revendications, mais je n’ai jamais plus ressenti un tel élan collectif qu’en ce drôle de printemps, qu’en ce mois de mai 1968.

Gill

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jeudi, 20 mars 2014

La poésie

 

Pour nous associer au Printemps des poètes, en 20 minutes, faisons un poème, sous forme traditionnelle ou libre ayant pour titre

« la poésie au cœur des arts »

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Salle Favart proscenium

wikimédia

 

     Il dort. De son sommeil poussiéreux il dort, sombre et paisible.

Et soudain tout change ! Le grand lustre, les projecteurs et la rampe s’allument, brillants de tous leurs feux. Les portes s’ouvrent, et se rabattent dans un claquement feutré. Alors le théâtre enfin s’éveille. Comme chaque soir.

  Sauf le jeudi.  Relâche et repos de banquettes, selon la formule d’autrefois qu’il aime à se répéter. Petites répétitions théâtrales, anodines et charmantes.

    Le public entre maintenant, un peu ému, un peu joyeux, respirant l’odeur envoutante des années passées, conservée là, comme un précieux trésor.

      On chuchote, on se salue, des rires fusent au poulailler…mais voilà que les trois coups (précédés de tous les autres naturellement) retentissent.

     Silence ! Que le spectacle commence. Le rideau se lève.

Sur Shakespeare ou Courteline. Sur Petit ou Petitpas. Sur Voulzy ou bien un opéra. Qu’importe. Ballet, concert ou tragédie, la magie est en marche. Dans son sillage elle entraine, artistes et spectateurs et quand elle finira…

    Mais elle ne finit pas. Pas encore en tout cas. Longtemps après, dans les rues de la nuit, tous garderont dans les yeux et le cœur ce que le théâtre, esprit malicieux leur aura offert. Ce charme subtil, ce trouble mystérieux qui a nom poésie.

                  El Pé

                                               

 

théâtre

freepik

 

L’artiste façonne son objet de bois avec beaucoup d’amour

Objet qui servira de décor dans la cour

Petit siège arrondi épousant les contours

D’un derrière potelé d’une femme enrobée

Ou d’un enfant qui sans cesse bougeant

Y apprendra l’art de grimper jusqu’à  épuisement  

Puis ses bras chaleureux recevront le gros matou ronronnant

Les yeux clos à l’affût d’un oiseau voletant

Insouciant du danger qu’il court

Osant se poser sur l’accoudoir, le narguant

Le compère agacé filera  en s’étirant

Vers un autre coin plus reposant

Maudissant ce siège, objet  trop  attirant.

Rina

                                                         

 

théâtre,siège

L’Art, qu’est-ce ?

C’est le plaisir

C’est la beauté exprimée

Par les mains, la matière, les sons, les couleurs.

La poésie, c’est la musique de l’écrivain

C’est le ballet du chorégraphe

La sculpture de Rodin

Ou la photo d’Hamilton.

Les mots sont les notes, les entrechats

Les phrases, les couleurs, une attitude

La strophe, une esquisse

Le poème tout un film.

Alexandrin, rythme,

Rime, mélodie,

Mélange de musique et d’émotion

Sublime poésie.

Gill

                                                                            

 

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La poésie au cœur des arts

Je savoure la légèreté d’un poème

Comme celle d’une œuvre d’art

Sa lecture est sans problème,

Surtout le soir, la nuit, très tard.

 

Il se présente en aquarelle

Et sait me prendre par le cœur,

M’offrant ses mots, en ribambelle,

M’apportant un réel bonheur.

 

Sa tournure est une caresse

Qui effleure les quatre saisons.

Je le ressens avec tendresse

Dans le calme de la maison.

 

Ciné, BD, ou bien musique,

Il est là, du soir au matin,

Douceur du trait ou fantastique,

Pour me bercer d’un air mutin.

 

Mouty

                                                               

 

 

 

 

 

mardi, 04 juin 2013

Scènes de crime

 

Un crime a été commis ; la police arrive sur place et procède aux premières constatations. En 25-30 minutes, écrire un texte dans lequel c’est la victime qui parle. Utilisez les éléments (tirés au sort) que vous possédez : le lieu du crime, l’arme du crime et le nombre de suspects potentiels ainsi que les mots à inclure dans le texte :

                       Dissuasif    diminutif   diable   dilettante

 Vous pouvez traiter le sujet à la manière sérieuse des « experts » (série télé) ou de manière humoristique ou farfelue.

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Théâtre municipal de Béziers wikimédia

 

 

LE CRIME DU THEATRE


Les loges du théâtresont si exigües et su peu équipées en étagères et placards que le diable n’y retrouverait pas son trident. Au milieu d’un amoncellement de fripes, git Victor, le vieil acteur cabotin, yeux grands ouverts et langue pendante. Arrivent le brigadier de gendarmerie et son équipe, le commissaire flanqué des agents de la police scientifique. La vue du cadavre et l’étroitesse des lieux eurent un effet dissuasifsur ceux qui n’avaient pas un premier rôle dans l’intervention à effectuer. Un scientifique, affublé d’un survêtement blanc - qui n’était pas un costume de théâtre mais l’uniforme de sa profession - scella un sachet en plastique après y avoir introduit un pistolet ramassé à un mètre du corps.

Victor, dit Vic - c’était son diminutif- regardait la scène de là-haut, imperturbable. Le passage vers l’au-delà l’avait planté dans la zénitude.

Quelle bande de cons dit-il, ils ne sont même pas foutus de mettre les pieds aux endroits où il y a de la place ! Ils piétinent mes rhingraves bordés de dentelle que j’arborai pour le derniers Molière ! Ont-ils seulement pris les photos d’usage avant de bouger mes membres pour passer ? Je savais bien qu’ils étaient nuls, mais là, ils dépassent les bornes ! Ils n’ont même pas pris la peine d’arranger un peu mon visage. Pourtant, j’aurais aimé ne pas être trop moche pour ma dernière sortie.

J’espère qu’ils vont interroger mes quatre collègues de scène avec lesquels j’ai joué maintes fois. On a bien rigolé ensemble, l’issue des spectacles n’était pas triste ! Mais on ne sait jamais ce que chacun a derrière la tronche, d’autant plus qu’ils venaient souvent en dilettantes

Eh, les amis, c’est peut-être bientôt fini les planches pour vous aussi ! Je vous attends dans mon coin de paradis. On reprendra la conversation et les rigolades après.

 

Mouty

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Real fingerprints on fake crime scene

wikimédia

 

 

« ALLO ! Commissariat, BONJOUR , je signale un crime au 5  Rue du Château,  Appartement Rez de Chaussée  gauche.

- oui Monsieur, ne raccrochez pas S V P , votre nom ? Tu , tu , tu… Zut, il a raccroché l'imbécile » , fulmine l'agent qui a noté l'appel , un coup de fil anonyme ; les gars , une équipe pour le 5 rue du Château , c'est à deux pas d'ici , on nous signale par un coup de fil anonyme un crime , sans aucune précision , il faut aller voir ce qui se passe.

Alors ils arrivent ou quoi, ces flics , ce n'est pas que j'ai besoin d'eux maintenant , mais ce couteau  entre mes omoplates commence à me gêner sérieusement  et je sens un grand froid m'envahir, engourdissant tous mes membres ; pourtant je n'ai pas mal et vu d'en haut je sens que je vais me régaler de voir les tronches de la flicaille chercher des indices, une dernière fois, c'est moi qui domine la scène de ce crime qui est le mien . Ah les voilà , toute cette clique pour moi , Mo Mo , c'est mon diminutif je m'appelle Maurice et je suis un grand Caïd dans le milieu de la cambriole ; je n'en ai jamais tant vu , il doit y avoir de la nouvelle recrue en formation là ; alors qui commence c'est le légiste , au rapport , et enlève moi ce foutu couteau avant de me retourner vieux , c'est vrai que je suis mort  et que je ne dissuaderai plus personne à présent avec ma grande gueule et ma carrure , moi le Grand Maurice ; c'est que ça n'a pas été un voyage en dilettante , sur cette planète terre , alors je crois que je vais avoir droit directement à l'enfer avec le diable qui va pouvoir montrer tous ses satanés tour de cruauté à commencer par son rire sarcastique , j'en tremble ; mais je suis tout  ouïe. «  Commissaire, regardez,  le crime vient d'avoir lieu environ 20 à 30 mn au plus le corps est tiède et souple et l'arme est fiché entre ses omoplates , la victime était sûrement en train de vider ce coffre dos tourné ,il n'a pas entendu  les autres s'approcher , ils étaient au moins deux , c'est sûrement un règlement de compte. »


Mais évidement que c'est un règlement de compte , de ces salopards de Jojo et René  qui ont eu peur que je me taille avec le fric ,et à présent je n'en profiterai plus de ce fric , voilà, j'ai voulu être trop gourmand , je le paye au prix fort , ils doivent bien rire tous les deux ,mais leur tour viendra , je les attends car on va se retrouver tous ensemble dans cette fournaise enfer ;un rire tonitruant fait trembler toute la pièce ; horreur le diable arrive ,on me tire par les pieds , TERMINUS, Messieurs , je vous tire ma révérence.
Rina

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 La Défense - Les Tours 2wikimédia

 

 

 

Le Crime du 16ème étage

Etalé à plat-ventre, groggy, je suis en très mauvaise position pour voir ce qui se passe dans ce bureau du 16ème étage d’un immeuble de la Défense ; mais j’entends des bruits, en fait tout un brouhaha autour de moi. Et je vois du coin de l’œil des pieds, dont certains sont couverts de chaussons de bloc, s’affairer autour de ma personne.

Que fais-je dans cette posture bizarre ? Et bien je suis mort, ayant été pris en traitre par un familier qui m’a proprement fait passer de vie à trépas, si j’en crois la flaque de sang dans laquelle je baigne et le sacré mal de tête que je me trimbale. J’ai dû être assommé par un objet dur et massif qui m’a fait exploser le crâne, style gros cendrier par exemple. D’ailleurs, si je tourne un peu la tête, je peux m’apercevoir que le dit « gros cendrier », qui est sur mon bureau d’habitude, a disparu !

Mes chers amis de la police scientifique, je ne vais pas vous être d’une grande utilité, car, étant de dos, je n’ai pas vu mon agresseur, mais à mon avis, il n’y a que 3 suspects : ma secrétaire, à laquelle je donne le diminutif de kiki, une grosse idiote qui ne peut pas me voir en peinture, mon adjoint qui ferait n’importe quoi pour prendre ma place et mon collègue du 17ème étage avec qui j’ étais en compétition pour ce poste et qui travaille en dilettante plutôt qu’en professionnel. C’est bien le diable si la police n’arrive pas à coincer le coupable.

Quoi que, en observant ce qui se passe, je commence à douter de l’efficacité de ces scientifiques. Regardez la grande fille, là, elle a des cheveux qui dépassent de sa combinaison et va en semer sur toute la scène de crime, de quoi fausser les données et perturber tous les tests ADN ; et le grand balèze, là-bas, à la stature dissuasive, il ne s’aperçoit même pas qu’il transporte une petite goutte de sang sur son chausson ; il va en laisser partout. Et Dieu sait combien les taches de sang sont importantes pour la compréhension des faits.

Quant aux trois faux-jetons, les suspects, voyez leurs larmes de crocodile ; j’espère bien que la police ne se laissera pas abuser par leurs jérémiades. Hou hou, Monsieur le commissaire, ils me détestent, ils me détestent ; ne les croyez pas. Zut, pas facile de se faire entendre quand on a été assassiné. Je vais être obligé de patienter, d’attendre que l’enquête se déroule. Ce qui m’embête, c’est de me retrouver bientôt en tête à tête avec le médecin légiste. J’espère que ce ne sera pas douloureux, car le temps, à la limite, j’en ai maintenant, et attendre, je n’ai plus que cela à faire, mais avoir mal, ça, jamais. Je suis mort, c’est déjà pas mal, faut pas exagérer quand même !

     Gill

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