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mercredi, 24 février 2016

A la manière d'Harry Potter

Chaque participant inscrit sur un papier un titre à la manière d’Harry Potter pour faire une pioche

(ex : Harry Potter à l’école des sorciers, Harry Potter et la chambre des secrets, etc.)

 Le titre à trouver doit comporter :

 

 Prénom et Nom d’un personnage, et quelque chose faisant référence à la magie.

 

 Chacun tire au sort un papier.

 En 30 minutes, écrire un texte se rapportant tau titre tiré au sort.

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Real Madrid v Real Sociedad

wikimédia

 

Paul Lepoulpe et le foot endiablé

                                             Il était une fois une cité, semblable à toutes les cités de banlieue. Avec ses barres, ses tours, son linge aux balcons et ses gosses dans les cages d’escaliers.

       Dans cette cité dite des « Mouettes » vivait il n’y a pas très longtemps un gamin de treize ans du nom de Paul Lepoulpe. Déjà que le pauvre môme n’était pas gâté avec un nom pareil, il était en outre affligé d’embonpoint, de lunettes de vue et du titre récurrent de premier de la classe. Autant dire qu’il n’avait aucune chance dans cet univers plus impitoyable encore que celui de Dallas, ce qui laisse à penser.

   Oh, les gamins de la cité n’étaient pas vraiment méchants avec lui, on ne peut pas dire, mais ils ne lui faisaient pas de cadeaux non plus. Les quolibets fusaient sur son passage, personne ne l’accompagnait jamais sur le chemin du collège, quant aux récrés, elles se déroulaient-en ce qui le concerne tout au moins- dans une complète solitude. Paul Lepoulpe s’en moquait un peu car il ne consentait à sortir de son monde que pour plonger dans les yeux d’ambre de Jasmine. Une gamine de sa classe qui le dépassait de toute une tête, se savait infiniment belle et affichait donc à son égard-plus encore qu’à celui des autres garçons, un incommensurable mépris. Ce qui ne l’empêchait d’ailleurs pas d’être la plus incroyable chipie que la Terre ait portée.

     Bien évidemment, jamais Paul Lepoulpe n’aurait osé lui adresser la parole. Ce fut elle qui s’en chargea un beau jour.

« - Tu sais le match de foot, lui assena-t-elle sans même lui dire bonjour

-Quel match ?demanda le pauvre garçon d’une voix chevrotante

-Comment quel match ? Celui qui va opposer les gars de notre cité à ceux des Hirondelles, pardi !

-Ah bbbon ! Non, je ne savais pas…

-Ben, tu devrais t’y mettre car je t’y ai inscrit comme avant centre, vu que Momo a chopé la scarlatine.

-C’est triste pout lui, mais, mais pourquoi moi ? Et puis d’abord, c’est quoi un avant c….-

-Oh la la ! Le boulet !!! Il faut que tu t’u mettes tout de suite bonhomme, parce que le match, tu vois, c’est pour cet aprèm !

-Mais Jasmine voyons, tu n’y penses pas ! Je n’ai jamais joué au foot de ma vie ! Et puis enfin, pourquoi as-tu fait ça ?

-Pour me prouver que tu es un vrai mec. J’ai beau chercher, je ne comprends pas pourquoi, mais le fait est là : tu me plais bien. D’ailleurs, si tu marques un but, tu auras le droit de m’embrasser. Et pas sur la joue si tu vois ce que je veux dire… »

     Paul Lepoulpe voyait très bien.  C’est pour cette raison qu’il retrouva les membres de l’équipe sur le terrain, juste avant le coup de sifflet. Si ces derniers faisant confiance à Jasmine-dont tous sans exception étaient amoureux- attendaient avec impatience le super avant-centre qu’elle leur avait promis, quelle ne fut pas leur déception et leur effroi en voyant arriver un Lepoulpe pataud, engoncé dans le short de sa sœur, très serré sur ses grosses cuisses. Mail il était trop tard pour reculer. L’arbitre sifflant en effet le début du match.

   On vit alors quelque chose d’extraordinaire, d’inoubliable. Et chaque spectateur put dire par la suite, avec fierté : « Ce jour là, j’y étais. »

     Quel pouvoir étrange, quel fluide magique possédait donc ce gros garçon ridicule ? Le ballon semblait attaché au bout de sa basket droite, personne ne pouvait s’en emparer. Il filait, filait à toute vitesse, comme doté d’une vie propre et paraissait entrainer le garçon derrière lui….jusqu’au moment ultime où, se détachant soudain, il allait fracasser comme un boulet de canon le filet du but adverse.

   Quoiqu’il en soit, le stade était debout bien avant que l’arbitre eut sifflé la fin du match et ovationnait, à coups de chants et de holàs sa nouvelle idole : Paul Lepoulpe, Paul Lepoulpe !!!Le résultat s’afficha sur le tableau lumineux : 24à 0 pour les Mouettes. Un score de rugby. La gloire. Ce fut carrément du délire.

   Paul Lepoulpe reçut sa récompense, devint très populaire, grandit de quinze centimètres en un mois et perdit du même coup ses kilos superflus.

     Depuis, il a changé de nom. Il s’appelle Zinedine quelque chose.

                                                                                                                             El Pé

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pixabay

 

Sacha Siamois et la souris transformiste

Sacha, vautré sur la couette imprégnée de « l’Air du temps » de Nina Ricci, s’étira de tout son être. Miranda s’était levée d’un bond à la sonnerie intempestive des cloches du village qui foutaient en l’air toutes ses grasses matinées des dimanches et des jours de fête.

Sacha Siamois, le bien nommé, avait des pupilles oblongues qui s’élargissaient démesurément en fin de journée, comme pour vous engloutir dans un océan de mystères. Il plaisait follement aux dames à cause de son regard étrange, mais il intimidait en même temps pour la même raison. Svelte, bien que légèrement enveloppé, Sacha avait la souplesse d’un félin. Il en avait aussi l’intuition et la ruse, la douceur à ses heures.

Dresseur de souris dans un cirque, il commençait à être envahi par leur progéniture galopante. Il devait sans cesse recommencer à leur apprendre le b-a ba des girls de cabaret. Il choyait particulièrement la vedette Lilliput, souris transformiste qui débutait son spectacle en frac et haut de forme, et le terminait en tutu, et beaucoup moins au deuxième rappel. Aguicheuse à souhait, elle savait envoûter le public qui la réclamait à grands renforts de sifflements. C’était une aubaine pour Sacha : elle lui rapportait des liasses de billets qu’il comptait avidement à chaque issue de la revue. Sacha Siamois adorait sa petite Lilliput, dite Lily, qui savait chauffer une salle mieux que personne.

Un jour, cependant, il dut se rendre à l’évidence : Lily claudiquait. Son dos et ses membres se raidissaient au fil des années. Eh oui ! Comme tout un chacun elle entrait dans la vieillesse, doucement, inexorablement.

Sacha lui proposa de perpétuer sa race et son talent grâce à un étalon de renommée internationale. Elle refusa énergiquement : elle fut, elle est, elle sera la seule souris transformiste au monde.

Sacha, bon joueur, ayant suffisamment engrangé de pécule grâce à elle, mit fin à son spectacle et prit sa retraite, tout en assurant à Lily un repos bien mérité dans une maison de luxe dédiée aux vieux artistes de renom.

 

Mouty

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Dupont lighter

wikimédia

 

Jules Dupont et les pantoufles enchantées

 

Il était une fois une tribu très, très, très ancienne qui vivait sur un tas de rebuts et qui s'appelait la tribu des pantoufles enchantées.

Certaines pantoufles, pansues de poils de mout' mout', étaient encore charmantes mais la plupart étaient décharnées, effilochées, trouées, usées, rapiécées, sans semelle, et surtout contraintes au célibat par leur mocheté depuis qu'elles avaient perdues leur moitié.

Mais toutes, sans exception, étaient enchantées, tandis que d'autres, bien au contraire, auraient déchanté de cet environnant sombre et froid, si puant et si glauque. Leur enchantement, nos pantoufles, le détenaient d'un vieux secret mystérieux, magique, unique.

Parmi la tribu se trouvait une toute petite pantoufle, "Minuscule", de la taille d'un bébé, de couleur rouge et bleu, très chérie de ses congénères depuis qu'elle avait sauvé Jules Dupont de la noyade des déchets alimentaires.

Jules Dupont, comme son nom l'indique, était un briquet, un briquet de luxe égaré par un humain crasseux et écervelé, sans cheveux. La vie de Jules était, jadis, un enfer, un enfer chaque fois que son propriétaire exigeait de lui qu'il s'allume et qu'il grille sa cigarette, lui soufflant sur la gueule sa fumée épaisse et lourde d’âcreté.

Jules et Minuscule étaient dès lors devenus inséparables comme le poisson laveur de vitre et son aquarium. Et tel le Bernard l’Hermite se nichant dans une coquille, Jules se lovait dans le creux de Minuscule pour se protéger du froid et de l'humidité ambiante.

Jour après jour, à force de se frotter à Minuscule, naquit une chose extraordinaire. Jules, de sa dorure, se mit à briller de milles éclats, à illuminer la tribu des pantoufles et de sa bouche s'enflammaient des chants d'amour pour Minuscule réchauffant l'atmosphère à la rendre cuisante, chassant ainsi ombres lugubres et odeurs pestilentielles, au grand bonheur de nos pantoufles.

Aux yeux des autres tribus, cela tenait du miracle! Mais cet enchantement, je tairai son secret.

 

Nanou

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pixabay

 

Teddy Lardon et la baguette magique

Teddy Lardon était un petit cochon bien rose, fan d’Harry Potter, qui rêvait de devenir le plus grand des sorciers. Il passait son temps à lire des dizaines d’ouvrages de magie, espérant, avec les connaissances acquises et beaucoup de temps, réussir à maîtriser cet art difficile. Malheureusement, manquant de terrains d’expérience, il n’avait jamais réussi, jusqu’à ce jour, à transformer ni à faire apparaître ou disparaître quoi que ce soit.

Il était si fatigué que, ce soir-là, il s’endormit sur sa lecture…

C’est alors que, sans savoir comment, il se retrouva dans la cuisine d’un restaurant qui s’appelait « Au bon cochon ». Regardant autour de lui, il réalisa avec horreur qu’il était entouré de pieds de cochon, de museaux de cochon, de côtelettes de porc, de jambons à profusion et autres jambonneaux. Lui était le seul cochon encore sur pattes de cette cuisine. Par bonheur, tous les cuisiniers étaient affairés et personne ne l’avait encore remarqué. Il pouvait peut-être sortir de là sans se faire voir. Il avança alors sur la pointe des pattes, maudissant sa gourmandise qui l’avait fait si dodu, le rendant très difficile à passer inaperçu. C’est à ce moment qu’il se retrouva nez à groin avec le chef cuisinier, un colosse de deux mètres, couteau à désosser à la main, en train de brailler qu’il n’y avait plus de lardons. Ses yeux fixant alors notre ami Teddy qui se faisait tout petit, un large sourire éclaira sa face, découvrant ses dents.  « Mais les voici nos lardons ! » dit –il d’un air démoniaque en poursuivant notre cochon qui s’enfuit au plus vite, le couteau dressé au dessus de la tête comme une épée de Damoclès. La cervelle de Teddy, en ébullition, essayait de se souvenir de tout ce qu’il avait appris : « comment se sortir d’une dangereuse situation » ou « comment transformer un monstre en agneau ». Rien n’y faisait, sa tête était vide, désespérément vide.

Il allait succomber, quand, derrière le chef prêt à le trucider, apparut un personnage familier, aux petites lunettes rondes qui lui dit : « Tiens, attrape et sors-toi de ce mauvais pas », et il reçut au vol la baguette de sorcier de... Harry Potter. Sans réfléchir, il toucha son ennemi en récitant une formule magique qui lui vint à l’esprit fort à propos et il se retrouva sauf, chez lui, le nez sur la page de son livre. Il poussa un ouf de soulagement.

Me croirez-vous ? Depuis ce jour, Teddy Lardon ne rêve plus d’être sorcier, il se contente de regarder les films de son ami Harry à la télévision.

Gill

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mercredi, 23 janvier 2013

La disparition

 

       Selon « LA DISPARITION » de Georges Pérec, en  20 mn, écrire un texte        sans la lettre « e »

 Le mot « disparition » (ou un dérivé de ce mot) doit apparaitre dans ce texte.

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           sans" E"

 

LA DISPARITION

Blond, roux, châtain, chocolat : maints coloris qu’annonçait Août finissant dans un soupir. Vibrations carmin jouxtant cobalt ou indigo, disparaissant à l’horizon. Tons rompus couvrant mon croquis, donnant un plaisir infini. Sous mon pas, du gris clair. Un parfum puissant dans l’air doux : pins, lavandins, un summum pour l’odorat. Instant  divin, rassurant. Pas anormal ici.

      Mouty

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Quand il raconta , grand papa , parlant du cours si bruyant du Rio , disparu oui , son cours sautillant , moussant , brouhaha bouillonnant , durant la saison du froid , il gonflait tant , inondant ,couvrant tous champs bas , tout autour, fini, aucun raffut , ça nous à tant surpris qu'on voudrait , d'un coup de doigts joints, claquants  pouvoir au loin voir, coulant, son miroir brillant  mais  surtout  dans nos imaginations .


      Rina

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Au jardin, Mamina dorlotait lilas, dalhias, coucous. Quant à son chat, Raminagrobis, tapi non loin du trou où habitait Riquita la souris, il languissait, à l’affût. Quand Ramina dormait, Riquita musardait, humant l’air frais, mais pour l’instant Riquita somnolait, ayant disparu dans son abri. Son corps gris souris sortirait-il un jour ?  Ramina pourrait-il la saisir au vol ? Point sûr du tout doutait-il. Mais il n’abandonnait pas, toujours vigilant. Mamina, chantonnant, sans soucis pour Riquita, continuait son train-train favori, chuchotant maints mots doux aux plantations du jardin.

      Gill

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D’abord l’airbus qui assurait la liaison Paris-Dakar. Il roula un instant, prit son vol, monta haut, haut, puis disparut à jamais dans l’azur infini. La fin alors arriva au galop : loups hurlant à la mort puis aussitôt, chaos fracassant quand tout bascula dans un trou noir.

          Mais, tapi dans un obscur puits sans fond, un trillion d’individus, non humains, rugit.

Ils vont jaillir, partir pour un futur inconnu… au signal du bing bang.

                             Tic, tac. Tic, tac…

                    El Pé

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vendredi, 28 décembre 2012

Les communes aux noms insolites

 

Tirer au sort une liste de noms insolites de communes françaises. En choisir un. Ecrire un texte dans lequel vous imaginez l’origine de ce nom. (20-25 mn)

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nom-de-ville-chatte.jpg

source photo:tayo.fr

 

 

     Il était une fois un petit village, perdu dans les neiges en hiver, dans de vertes prairies en été.

     On y vivait heureux. Comme on savait le faire autrefois. Quand les enfants ôtaient leur béret pour saluer ; quand les gars rentraient du service militaire tout farauds, avec leur quille suspendue au cou ; quand les filles les épousaient un peu plus tard et que tout se terminait autour d’un banquet (comme dans les meilleures histoires) et par des chansons…qui tournaient au leste à la fin du repas…Donc, tout allait pour le mieux dans le meilleur des villages  dont tout le monde a oublié le nom qu’il portait alors.

      Tout allait bien jusqu’au jour où il y eut une invasion de souris. Par centaines ! Et féroces avec ça ! Si redoutables que pas un matou des environs n’osait s’y attaquer.

     On se lamentait tandis que la vie économique et sociale du village périclitait à vue d’œil, perturbée comme elle l’était par ces satanés rongeurs qui s’insinuaient partout, dévoraient tout. L’on commençait à envisager l’exil, lorsqu’un soir…

      Ce fut un soir d’hiver, venteux, neigeux, qu’apparut la grande chatte blanche. Très grande en vérité, certains prétendent qu’il s’agissait d’un léopard des neiges. Mais comment savoir ?

      Elle avançait majestueusement, laissant dans la neige des empreintes en forme de fleurs, avec les yeux mi-clos et un sourire mutin s’étirant jusqu’aux oreilles…Bref, tous en déduisirent que la créature surgie du blizzard n’était pas un mâle.

       Elle s’arrêta au milieu de la place, qu’elle balaya posément de son regard d’or et poussa un miaulement (certains maintiennent dur comme fer que c’était un rugissement). Un seul quoiqu’il en soit. Sauvage. Les vieux qui s’en souviennent en frissonnent encore !

      Alors soudain, de partout, détalèrent les souris. En colonnes, cohortes, divisions, armées, elles fuyaient à toutes pattes, sans regarder derrière elles. On ne les revit plus jamais.

     La grande chatte blanche non plus, d’ailleurs. Elle disparut d’un coup, comme effacée par les flocons, devant les villageois médusés.

        Fée, ange ou panthère ? L’on opta pour Chatte, à l’unanimité et depuis ce jour, le petit village perdu dans la montagne porte ce nom ; les habitants quant à eux, vu qu’ils en sont les enfants, se nomment : chatons. Et que l’on me croit ou non, ils ont bien de la chance !!

                        El Pé                                     (Chatte dans l’Isère)

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source photo:passionbroderie

 

 

MONNAIE (Indre et Loire)

Péage pour traverser la Loire avant la construction du pont à Tours. Un bac faisait passer bêtes et gens d’une rive à l’autre sous réserve de présenter la monnaie demandée par le passeur.

 

TRAVAIL COQUIN (près de Langeais)

Après le péage, en suivant la berge de la rive droite, derrière la chaussée se trouvait une maison close où les hommes venaient de plusieurs lieues à la ronde pour un soi-disant travail agricole qui, s’il existait, avait une suite dans ce temple de récompense des efforts du guerrier. L’endroit fut baptisé « Travail coquin », ce qui permit de participer à l’essor d’un village sous un nom qui n’eut plus rien à voir avec son origine par la suite.

 

BOUC  ETOURDI  (Yvelines)

Dans ce hameau de la région parisienne, alors éloigné de la capitale par l’absence de transports en commun, se trouvait une ferme vers laquelle convergeaient bon nombre de paysans du coin avec leurs chèvres pour les faire ensemencer par un bouc fort vaillant, et s’avérant très efficace pour la valeur marchande de sa descendance. Un jour, ce fut la chienne, gardienne d’un troupeau, qui eut les faveurs quelque peu forcées du bouc, enflammé par certains effluves mais aveuglé par son trop grand désir de chair fraîche. On ne connait pas trop la suite, mais « Bouc étourdi » fut le nom attribué au lieu-dit.

 

PINARD (lieu-dit)

Que des vignes ! Des terres plantées de vignes, mais du vin apparenté à la piquette. Le troquet du lieu-dit prit le nom du tenancier qui s’appelait alors « Pinard » - le bien-nommé -  issu de plusieurs générations de vignerons. Ce nom fut donné au hameau par la suite.

 

MERDE DE CHAT (Haute Saône)

Dans ce hameau de paysans aux expressions souvent narquoises, voire grossières,  il fallait porter toute son attention sur les emplacements où l’on mettait les pieds. Les chemins étaient remplis de bouses de vaches, constellés de crottes de chèvres. Des chats, issus de parents incertains, se baladaient un peu partout. Alors, voilà : pour ne pas vexer le voisin aux vaches ni celui aux chèvres, on avait tout bonnement baptisé l’endroit « Merde de chat ».

              Mouty

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source photo jenormeg

 

 

Il y a fort longtemps,  sur ce petit chemin de notre actuel Loir et Cher, quelques maisons émergeaient,  serrées les unes contre les autres. L’une d’elles était occupée par un homme qui avait un très gros faible pour l’eau de vie, à tel point que dès midi,  il était mal assuré sur ses jambes et que son équilibre, fort précaire, donnait à sa marche des allures de danse saccadé. Bref, il était, disait-on dans le langage de l’époque,  « bourré * » pratiquement du matin au soir et tout le monde le connaissait à des lieues à la ronde.

A côté, dans une autre masure, vivait une famille dont l’une des  filles, gaie et charmante, avait une passion pour la danse. Avec d’autres jeunes villageoises des environs, elles se réunissaient pour imaginer des danses enjouées, accompagnées par des vièles et des pipeaux, qu’elles présentaient au cours des nombreuses fêtes locales.

Un jour, elles furent inspirées par les pas insolites de leur voisin et imaginèrent une danse où l’on sautait et tapait du pied, rythmée par le claquement des sabots. Ce spectacle fut très apprécié, attira les habitants des villages voisins qui firent fonctionner le bouche à oreille. On vint de loin en disant : « allons voir danser au village de l’homme bourré », ce qui devint rapidement : « allons voir danser au village du bourré », puis se transforma enfin en : « allons voir danser au Bourré ».

C’est ainsi que bien longtemps après la mort de cet homme, le village s’étendit et garda son nom. De même, la danse qui en était née s’appela « la Bourrée » et devint très célèbre.

 

*bourré. Terme encore employé actuellement dans le langage argotique, signifiant : en état d’ébriété

                    Gill

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