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dimanche, 11 décembre 2016

A partir d'un cadavre exquis

Chacune a écrit un verbe à l’infinitif suivi d’un complément, sur une feuille, l’a pliée puis donné à sa voisine. De la même manière, et en faisant tourner la feuille à chaque fois chacune a écrit un verbe et un complément précédé de « c’est / c’est aussi / c’est encore / c’est enfin »

Une feuille a été tirée au sort et en la dépliant nous avons obtenu ce texte

Rêver un impossible rêve

C’est faire du bruit

C’est aussi ne plus dormir la nuit

C’est encore travailler pour des nèfles

C’est enfin s’allonger au soleil

En 20 minutes, expliquer, commenter, disserter sur ce texte ou dire simplement ce qu’il vous inspire.

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Don Quichotte Honoré Daumier

wikimédia

 

         Il était une fois, dans la Grande Espagne des caballeros, un vieux chevalier nommé Don Quichotte. Preux chevalier certes mais qui, en vieillissant, avait un peu perdu de ses facultés mentales. Pauvre homme. Il rêvait- d’aucuns diraient délirait, les cuistres- un impossible rêve peuplé de géants malveillants et de gentes dames en péril. Aussi les combats que livrait le hardi défenseur de ces dernières s’accompagnaient-ils de beaucoup de bruit, spécialement quand il décidait d’attaquer les moulins à vent les jours de tramontane.

          Ce rêve le hantait, sans trêve ni repos. Ayant par conséquent quasiment perdu le sommeil, le Chevalier à la Triste Figure  ne fermait plus guère l’œil de la nuit, ce qui évidemment n’arrangeait pas son état.

             D’autre part certaines personnes, fort peu fréquentables au demeurant, ne se gênaient pas pour exploiter honteusement sa naïveté, tournant à leur profit sa bonté et son courage à la moindre occasion, tout en se moquant de lui sans vergogne, les chiens.

        Mais voyez comme la vie et les histoires sont bien faites, les mérites du pauvre héros se trouvèrent un jour merveilleusement récompensés. Et voici comment :

        Epuisé, tremblant de fièvre, il se coucha par une belle fin d’après-midi dans un grand champ désert. Alors aussitôt, se découpant sur le bleu du ciel, apparut sa Dulcinée,  venant le chercher enfin. Elle le prit par la main et le conduisit sur le dernier rayon de soleil, dans une gloire dorée… vers l’inaccessible étoile…

 

                   El Pé

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Louis Boulanger - Les Fantômes

wikimédia

 

Mon impossible rêve

Est de ne pas rêver

Rêver d’un  dur labeur sans trêve

Me débattre dès le coucher.

J’ai toujours peur la nuit

Peur de la nuit sans bruit

Et peur de mes envies

Toujours inassouvies.

Des ombres mouvantes m’assaillent   

Au moindre souffle je tressaille

Passé et fantômes me hantent

Sans lèvres, à mon oreille ils chantent.

Je voudrais pouvoir m’allonger

Au soleil m’offrir, apaisée

Et par ses rayons caressée

M’endormir enfin sans rêver.

Gill

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wikimédia

 

Rêver un rêve impossible……mais rêver en dormant ou en vivant le quotidien ? Si c’est en dormant, c’est bien égoïste. Cela ne réjouit ou ne terrorise que moi, et le matin je suis épuisée. Même le café et la tartine ne me requinquent pas. La journée est épouvantablement longue, les élèves insupportables, les collègues revêches. Je prendrai un somnifère puissant pour dormir lourdement sans rêver, sans bruit, sans même ronfler. Mais rêver le jour, les yeux à demi-ouverts, pendant que les élèves répondent aux questions de la dictée, quel plaisir ! Je somnole presque, la chaleur m’engourdit, des images poétiques apparaissent sur le mur. Je vois une prairie fleurie, je suis allongée sous un arbre pour une sieste bucolique. Les oiseaux pépient, ils s’égosillent, le bruit grandit, une voix émerge du brouhaha « madame, c’est quoi l’attribut du sujet ? c’est avec avoir ou être ? » j’émerge de mon semi-coma. Zut, j’ai encore travaillé pour des nèfles ce matin, il faudra recommencer demain. « Cent fois sur le métier remettez votre ouvrage » a dit un écrivain qui ne savait pas ce que c’était qu’enseigner.

Line

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jeudi, 22 novembre 2012

Novembre et ses dix mots

 

 

En 15 minutes, écrire un texte contentant les dix mots suivants :

          posséder   roman  inspiratrice  déchirer  poème 

      parcours  voyage  sentimental  concevoir  fabuleux

                         sur le thème  « Novembre »

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George Sand

 wikimedia

       La mer tentait de déchirer les rochers de l’île tandis qu’Alfred composait un poème dont Aurore, bien sûr, était l’inspiratrice. Pour l’heure, blottie sur le sofa cramoisi, elle écrivait un roman qu’elle titrerait «  Indiana ». Fabuleux voyage dans une autre île, très loin celle-là,  perdue quelque part dans l’océan Indien. Parcours initiatique s’il en est d’une jeune fille trop sentimentale.

          Alfred ne pouvait concevoir comment l’on pouvait être « trop » sentimental. La passion le possédait tout entier et il s’y laissait aller avec un mélange de délice et de mélancolie : l’amour est hélas éphémère, quoiqu’on dise…

        La maison blanche de Minorque, de style colonial, résistait vaillamment aux tempêtes de Novembre, si fréquentes en Méditerranée. J’aurais aimé être une voyageuse égarée, afin de frapper au carreau et demander asile aux amants  romantiques. Pour les remercier, j’aurais composé une chanson ; « Alfred et George, c’est l’histoire de la mer et du ciel »… 

                  El Pé

166px-Alfred_de_musset.jpg

wikimedia

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automne-automne_19-125811 gisele 2.jpg

freepik

 

 

Fabuleux  mois de Novembre tu me rends  sentimentale  avec tes couleurs automnales je me sens une âme de  poète, toute la nature semble  possédée pour se parer  s'inspirer comme l'ont fait et le feront encore et encore tous les amoureux de la nature de l'écriture qui racontent, dessinent, peignent ta beauté ;  ton parcours  n'est pas si long, un  voyage  de trente jours mais  un si beau  roman

à écrire, après la chaleur infernale de l'été avec ses longues journées où l'on cherche désespérément un peu de fraîcheur qui ne vient pas, passe Octobre et  ses pluies bienfaisantes, tu arrives  toi  avec un air plus léger qui fraîchit au fur et à mesure que les journées raccourcissent quand le soleil décline et disparaît au zénith, boule de feu  déchirant  le ciel , affolant mes yeux qui ne savent plus où se poser de ses  rayons colorés se mélangeant aux mosaïques colorées des arbres  dégradés de mille couleurs enchanteresses ,  tu m'éblouis , tu m'inondes de joie et je ne puis  concevoir   de ne pas t'aimer.

                    Rina

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Photo  libre

 

 Plaidoyer pour Novembre

Salut, c’est moi Novembre ! Je sais, mon parcours commence mal avec mon premier jour ! Mais passons rapidement sur ce triste début. C’est fabuleux, pour trente jours, je suis la vedette. Etant un grand sentimental, je ne peux pas concevoir qu’on ne m’aime pas. Je sais, Décembre, qui me suit, possède de sérieux atouts : d’abord sa neige, inspiratrice de nombreux poèmes, romans et voyages. Et puis il a Noël, comment lutter avec Noël !

Mais je suis décidé à me battre pour qu’on m’apprécie à ma juste valeur. Regardez autour de vous les couleurs chaudes de mes feuillages jaunes, bruns, orangés, les rayons du soleil couchant qui déchirent les forêts touffues et s’insinuent délicatement entre les arbres pour venir réchauffer vos promenades dominicales.

Si vous sautez prestement au dessus du « 11 », vous ne trouverez rien qui soit morose ou triste pendant ces trente jours de règne. Tout juste ressentirez-vous un léger agacement si vous n’éliminez pas de vos pensées les impôts locaux que vous allez payer et qui sont douloureux pour votre porte-monnaie. Mais qu’est ceci à côté du fumet des châtaignes grillées et des bons potages aux légumes frais que vous allez concocter avec amour, pour réchauffer les quelques fraîches soirées qui commencent à arriver. Dîtes-vous bien que vous ne souffrirez pas autant que dans un mois, quand je serai parti et que décembre vous gèlera mains et pieds. Point de gel avec moi, point de chaleurs accablantes non plus, comme avec Juillet et Août, point trop de pluie comme avec Octobre, un temps idéal, vous dis-je.

Je le sais, vous allez m’adorer et me regretter.

           Gill

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wikipedia par Ian Sewell


NOVEMBRE

Mathilde possédait un roman de l’écrivain Jules Vernet dont elle fut l’inspiratrice. En ce mois de Novembre aux couleurs ternies par la sécheresse des dernières saisons, les coups de soleil puis les bourrasques, elle préférait aux sorties frigorifiantes enfonçant l’humidité dans le corps jusqu’à la moelle, se blottir dans un fauteuil près du radiateur placé sous la fenêtre.

Dans le livre qu’elle conservait précieusement, elle retrouva un poème que lui avait adressé jules. Elle avait déchiré puis recollé cette feuille écornée comportant des tas de ratures. Elle revoyait son parcours avec Jules, connu lors d’un voyage fabuleux au bord du Nil. Jules était très sentimental, surtout au moment des couchers de soleil.

A présent, elle concevait sa vie sans Jules, mais pas sans ces vieux souvenirs qui semblaient dater en même temps d’hier et de l’antiquité égyptienne.

Mouty

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