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jeudi, 25 décembre 2014

Naturellement coquette

En 20à 25 minutes, écrire un texte se terminant par

« Je suis une femme, peut-être un peu coquette, que sais-je ? Mais c’est naturellement et sans artifice »

(extrait de La Religieuse de Diderot)

                                          Y inclure cinq mots trouvés après un jeu

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sirène,roquette,rétameur

freepik

 

Coquetterie  féline

Naturel, je n’aime que le naturel ! Quand je pense que certaines passent leur temps à se regarder dans la glace, à épier le moindre changement sur leur visage, à utiliser fards et correcteurs pour paraître plus jeune, plus belle, plus lumineuse, plus attirante, plus ensorcelante.

Comme cela doit être fatigant d’être sans cesse sur le qui-vive, de s’étudier en permanence, de ne pas se permettre la moindre fantaisie qui gâcherait une coiffure savamment élaborée, de ne pas pouvoir rire sans penser  aux rides naissantes ou courir dans les prairies à la recherche d’élégantes renoncules, sans craindre de rougir un parfait teint de porcelaine.

Et pourtant, ne croyez pas que je sois négligée. Je prends grand soin de ma petite personne et ma toilette est un rituel quotidien incontournable d’une importance capitale. Même si j’étais au fin fond du Rwanda, je n’y manquerais pas. Installée au soleil, écoutant le rémouleur aiguiser ses couteaux, je lustre ma robe rousse et blanche aux longs poils soyeux, je polis mes ongles pointus et brillants. Quand je parais dans une assemblée, ma démarche féline et élégante attire tous les regards ; mes yeux dorés, derrière mes paupières mi-closes, hypnotisent ceux qui les croisent ; mes pattes, qui savent se faire de velours, sont invitées à fouler les plus riches et les plus beaux tissus ; mon pelage, comme un aimant, attire les caresses et j’en joue. Si je parlais comme Renée, ma douce maîtresse, je pourrais dire : « je suis une femme, peut-être un peu coquette, que sais-je ? Mais c’est naturellement et sans artifice ».

Gill

 

                                                                  

 

 

Flickr - cyclonebill - Salat af rucola, gulerødder, parmesan og solsikkekerner

wikimédia

 

 

René et la belle sirène

 

René  adore trainer sur la plage quand arrive le soir et que les enfants braillards ont viré des lieux.

Il s’étire, jouit tout un moment de la brise légère qui lui caresse les épaules et rend sa coiffure un peu folâtre. Ses épis qui bougent dans tous les sens attirent plus l’attention sur lui qu’une image statique.

Il n’y a pas de quoi fouetter un chat sur cette plage. Il se lève en développant ses muscles et va s’asseoir à une table de la guinguette proche qui diffuse en boucle les derniers tubes de l’été.

Une serveuse, que dis-je, une sirène au corps sculptural et bronzé vient prendre sa commande.

Devant l’hésitation de René interloqué - vous devinez pourquoi - elle lui suggère une salade rafraichissante.

Ce sera une roquetteavec des œufs durs, lui dit-il. Et un verre de rouge s’il vous plait.

Cette salade lui rappelait son Rouergue natal où il allait la cueillir, sauvage et odorante, dans les champs voisins.

René laissa alors vagabonder sa mémoire et se revit dans sa petite ville blottie au creux d’un vallon, avec ses jours de marché bruyant qui exhalait les arômes du Midi, où le rétameurcôtoyait le poissonnier et le maraîcher.

La sirène revient le rappeler à la réalité, avec sa salade de roquette : un bouquet de fraicheur.

Son regard s’attarde lourdement sur la croupe de la sirène, puis s’y fixe.

Elle le toise alors fixement et lui dit : Je suis une femme, peut-être un peu coquette, que sais-je ? Mais c’est naturellement et sans artifice.

 

Mouty

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jeudi, 10 novembre 2011

Nous donnons l'alarme.......

 


 Notre 1ère consigne du 7 novembre 2011

 

        Ecrivez un texte commençant par la phrase

          " nous donnons l'alarme avec des cris d'oiseaux"

        et finissant par la phrase

          " l'imaginaire fait le reste"

     ayant pour thème:                    

          "LA MALEDICTION"


 

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la malédiction selon Rina

 

 

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Nous donnons l'alarme avec des cris d'oiseaux ; concert de cris d'oiseaux ; mille volières en effervescence, affolement total ;  coups de bec, de pattes , ailes déployées , envol de plumes dans l'atmosphère  mais , est-ce bien des cris d'oiseaux  qui déchirent le silence lourd de cet après-midi d'Aout 1945 ,  été de malédiction , sécheresse intense, manque d'eau pour toute la région , humains et animaux souffrent tant et , s'ajoute à cela cet accident stupide horrible , car les cris viennent de jeunes adolescentes apprenant que la dernière de la couvée se trouve blessée gravement  dû à la malédiction de ce manque cruel d'eau ,
nectar si précieux et nécessaire à la vie de la ferme obligeant les fermiers à des déplacements d'attelages chargés de citernes pour aller la chercher, dès fois très loin cette eau ; et c'est lors d'un de ces déplacements,  au retour,  qu'est arrivé  le pire , l'irréparable, l'enfant refusant de marcher sous le soleil accablant, la mère ne voulant rien entendre, puis cédant sous le poids de la fatigue, épuisée elle même par cette longue marche sous la chaleur infernale, la petite grimpe et s'installe comme elle peut, prête à tout,  plutôt que traîner les pieds sur l'asphalte brûlante, respirant l'air suffocant lui desséchant le gosier , l'engourdissant totalement. La descente s'amorce, le virage arrive vite , trop vite et l'attelage cède sous le poids de la citerne pleine :  descente aux enfers pour l'enfant  hélas , douleur atroce, cris de ses sœurs , cris inhumains se répercutant au-delà des vallons, tétanisant tout le voisinage, puis le galvanisant dans une course folle pour porter secours , savoir ce qui arrive , essayer d'aider, de soulager,  de réconforter,  moments de colère,  douleur puis abattement total, résignation quand la perte de l'enfant est inéluctable,
famille dans la désespérance, année de sécheresse inoubliable , pour tous ces cœurs meurtris, l'imaginaire fait le reste.
 
Rina

 

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la malédiction selon MIMI

 

                                                   

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Nous donnons l’alarme avec des cris d’oiseaux. Nous les six de la bande des Invincibles. La nuit va tomber en ce beau soir d’été, nous sommes cachés dans les fourrés et nous attendons la bande ennemie : les Irréductibles.

Mais il ne faut pas qu’ils détectent notre présence car ils doivent tomber dans le piège préparé pour eux : la chute dans le souterrain du vieux château-fort en ruine.

Ainsi ils seront à notre portée, en position d’infériorité, au-dessous de nous et il n’y aura qu’à les cueillir, morts de trouille.

Pour les distraire afin qu’ils ne regardent pas où ils mettent les pieds, nous avons décidé d’imiter les cris d’oiseaux dès que nous les apercevrons au bout du sentier. Michel est placé en éclaireur et il imite parfaitement le cri de la huppe, du coucou et quelques autres volatiles.

Comme ces garnements sont des braconniers dans l’âme qui se prennent pour de fins limiers, ils vont chercher à situer l’oiseau, le nez en l’air, la truffe au vent.

« Coucou, coucou ». Voilà l’ennemi. Des fanfarons, des fiers-à-bras, des m’as-tu vu ! Nous allons leur rabattre le caquet, les humilier, ils n’oseront pas se montrer demain à l’école et raseront les murs. Il faut leur mettre une déculottée mémorable ! Ils ont entendu parler depuis leur plus jeune âge de la malédiction du château hanté et sont déjà bien conditionnés pour une belle peur bleue. Il suffit de faire quelques bruits insolites, agiter des draps blancs dans la pénombre et ils « vont faire dans leur froc », l’imagination faisant le reste.

 

MIMI

 

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la malédiction selon Gill  

                                           

 

                                                          

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                                                avril!!!!

 

 

 Nous donnons l’alarme avec des cris d’oiseaux, puis avec des hurlements stridents : « Attention, le détecteur de fumée s’est déclenché ; toi, fais sortir tout le monde, et moi je monte voir ce qui se passe. A l’étage, une odeur de brulé me saisit à la gorge et tout à coup je me souviens que ma décoction de sauge mijote depuis un temps infini. Je me précipite : par bonheur, le gaz n’est pas éteint et la casserole sans eau caramélise consciencieusement. Je peux arrêter de trembler, pas d’incendie aujourd’hui et pourtant nous sommes en Avril !

Croyez-vous qu’il puisse y avoir, dans la vie de certains, une période, un jour ou un mois particulier marqué par des évènements importants qui se répètent au fil des ans, heureux parfois mais souvent malheureux ? Moi je pense plutôt qu’il y a des coïncidences, mais quand elles se répètent vraiment fréquemment, il faut avouer que le doute s’installe progressivement.

Récapitulons : je suis née en avril, je me suis cassée la jambe, étant enfant, en avril. Mon frère est né en avril, mes parents ont divorcé en avril. Après mes études, j’ai attendu jusqu’en avril pour trouver ce poste. Je me suis mariée, devinez, en avril. Je n’ai pas eu ma promotion prévue en avril dernier et j’ai perdu mon chat, il y a deux ans, en avril. Croyez-vous que ce soit fini ? Pas du tout : mon père est mort un 29 avril et mon fils ainé a quitté la maison un 2 avril ! Beaucoup d’évènements pour un seul mois, vous ne trouvez pas ?

Les optimistes pensent : « coïncidences » ! Les pessimistes se disent : « pourquoi pas un licenciement en avril,  une maladie en avril, pourquoi pas …..une malédiction !! Et peut-être vais-je………..et l’imaginaire fait le reste.

Gill

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la malédiction selon Marie-Hélène

 

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Nous donnons l’alarme avec des cris d’oiseaux, au début, par peur de briser les tabous.

Puis nous donnons l’alarme avec des cris d’animaux de toutes sortes, du chat au tigre, du chien à l’éléphant. Et c’est pire qu’un tocsin qui secoue l’univers en son fondement, c’est l’ébranlement profond et définitif d’un monde.

Nous maudissons avec une énergie décuplée les bâtisseurs de ce monde pervers :

« Maudits soient ceux qui cherchent le profit avant l’amour !

Maudits soient ceux qui préfèrent l’argent à la paix intérieure !

Maudits soient ceux qui courent après le pouvoir et apprennent à leurs enfants à faire de même !

Maudits soient ceux qui imposent leur loi, leurs convictions et leur religion ; ceux qui prétendent détenir l’unique vérité ; ceux qui croient aimer mais en réalité utilisent ; ceux qui vivent comme s’ils étaient éternels !

Maudits soient ceux qui transforment une planète merveilleuse en un gigantesque dépotoir destiné à leur service et qui se satisfont de la misère humaine !

Maudits soient les indifférents qui préfèrent ne pas savoir, ne pas voir et ne pas comprendre !

L’apocalypse arrive, le vieux monde s’écroule enfin, laissant place à une aube d’espérance. L’imaginaire fait le reste…

Marie-Hélène

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la malédiction selon El Pé 

                  

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          Nous donnons l’alarme avec des cris d’oiseaux. Si j’ose dire et afin de me faire comprendre par les non-initiés. En vérité, le branle-bas de combat fut sifflé à bord du bâtiment

        Si vous le permettez, je voudrais effectuer un bref récapitulatif des évènements, pour ceux qui n’auraient pas bien suivi jusque là.

        Nous nous trouvions dans LA frégate de l Ecole Navale. La seule qu’elle possède à ma connaissance, je veux dire d’époque : trois mats, trois ponts, cent canons et deux cents hommes d’équipage. Ou plus exactement cent quatre vingt dix neuf, puisque moi, comme cela ne vous a pas échappé, je suis une fille. La seule, à ce jour, à être sortie de Navale  major de promo. Enseigne Caroline Surcouf- ça ne s’invente pas- Caro pour les intimes. Comme je vous le disais, nous fêtions le succès de notre promo (pas un seul recalé s’il vous plait) sur le « Formidable »- car La Pérouse, malgré sa triste fin, demeure à jamais vivant dans nos cœurs- et entreprenions, toutes voiles au vent, un super périple autour de l’Afrique. Bref, peu de temps après le départ, nous nous trouvions déjà à dix milles (nautiques) du port de Sète, le temps était radieux et, égayés sur la trinquette, le grand mat et le mat de misaine, nous entonnions, en dignes matelots et en chœur, tous les tubes du répertoire maritime lorsque soudain…et voilà, je reprends le cours du récit…

         Soudain, sans raison apparente, le ciel s’obscurcit, de lourdes nuées noires se mettent à défiler à une vitesse stupéfiante juste au dessus de nos têtes, tandis que la mer, jusque là lissée par une tramontane fraiche mais  caressante, se transforme en l’espace d’une minute en furie déchaînée, le tout accompagné par les hurlements d’un vent ayant décidé de prêter sa voix aux damnés de l’Enfer. « Apocalypse now », je me dis, ne croyant pas d’ailleurs si bien dire car…

          Dans ce décor de cauchemar apparait alors, surgissant des abysses, un brick décharné, aux voiles vraisemblablement trouées par des centaines de boulets de canons et comme pris dans le filet d’une araignée géante, invisible fort heureusement. Et comble d’horreur, des squelettes  vêtus de lambeaux d’uniformes se matérialisent soudain, agrippés dans les filins ou aux bastingages  nous fixant de leurs orbites vides, souriant en claquant des dents de façon diabolique et menaçante ; car nul n’ignore, bien sûr, le sort réservé aux malheureux de rencontre par ce funeste équipage.

     Un cri jaillit  de la poitrine de deux cents jeunes officiers de marine terrorisés : « Nous sommes foutus !!! » ; j’entends même quelques : « Maman !!! » désespérés mais qui resteront cependant anonymes.

     Seul le commandant, debout sur la dunette, belle figure de poupe en vérité, demeure impassible. Est-ce ce qui a impressionné le terrible Hollandais, ou le branle-bas de combat que des sifflets se mettent à émettre, sans en attendre l’ordre hélas ? On ne le saura jamais.  Toujours est-il qu’à l’instant même, le navire maudit disparait, comme happé par une vague monstrueuse, la dernière. La dernière en effet puisque, comme par miracle, la mer se calme, le ciel s’éclaircit tandis que les côtes du Languedoc se devinent à nouveau, là-bas, dans le lointain.

         Il n’y a pas eu de sanctions mais le commandant a consigné, dans son carnet de bord :

« Brève panique de l’équipage à neuf heures huit, engendrée par un fort grain aussi bref qu’imprévu et par la présence insolite de quelques feux de Saint Elme. L’imaginaire a fait le reste. »

                Ou pas.

 

      Dédié à ma fille, marin émérite et capitaine à la fois

                                                                                El Pé

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Nous donnons l’alarme avec des cris d’oiseaux. Les appeaux s’égosillent. La diversité des voix crée une chorale champêtre, leurre parfait pour la gent ailée. Néanmoins, celle-ci se questionne : certains trémolos paraissent bizarres en cette saison. Pas le moindre mouvement dans les branchages. Pas le moindre vol à l’horizon. Et pourtant le chant est là, enveloppant, pénétrant, enivrant.

Est-ce celui des sirènes ? Moi, le rossignol, qu’il est difficile d’égaler dans les cantates, je dois avouer être talonné par cette musique pourtant artificielle. Musique de synthèse, certainement. J’en ai l’ouïe chagrinée, puis ravagée quand le sifflement du merle vient grossir ce qui est devenu une cacophonie grossière.

Malédiction, les sirènes c’était dans la Grèce antique. Ici, elles ont cédé la place aux sorcières qui se démènent dans une rave-party assourdissante.

Tout à coup, sortent des fourrés une dizaine de garnements brandissant leurs appeaux d’un air goguenard et victorieux, radieux de leur bonne blague faite aux oiseaux. Ils ont taillé leurs instruments dans des roseaux, l’imaginaire a fait le reste.

 

Mouty