Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

mardi, 03 février 2015

Animation à Béziers

En 25 minutes faire un texte dont le thème est

« La Féria de Béziers »

 

Il doit commencer par :

« Affolées par les cris, par la musique des chevaux de bois et un sifflet de machine  à vapeur sorti on ne sut d’où, les juments se cabraient et faisaient le vide. »

 

Il doit se terminer par :

« Oui, mais la campagne toute l’année, tu sais, c’est un peu triste…Il nous faudra une voiture pour revenir ici le samedi soir. »

-----------------------------------------------

 

féria,béziers

Théâtre de la jeunesse : Tarass Boulba

 

Pesos, sangria et tango

     Affolés par les cris, par la musique des chevaux de bois et un sifflet de machine à vapeur sorti on ne sut d’où, les juments se cabraient et faisaient le vide.

   Paulo, bousculé par la foule, se retrouva à plusieurs mètres de là. « Ce n’est pas possible, plus con on ne fait pas, récrimina-il, Se donner rendez-vous en pleine feria de Béziers ! Ah vraiment faut le faire ! »

    Faut dire que Paulo vivait d’ordinaire dans l’arrière-pays, au beau milieu de la garrigue. Oh, pas depuis bien longtemps, mais ces quelques semaines avaient suffi pour semer en lui des graines de misanthropie, sur un terreau certes déjà fertile.

     Et la foule continuait d’avancer, aveugle et hurlante comme un dragon en goguette, lorsque Paulo s’aperçut que quelqu’un lui tapait sur l’épaule. Il se retourna brusquement, prêt à inculquer, par la force si besoin, les premiers éléments de savoir-vivre au malotru, quand il reconnut Sania. Comme son prénom ne l’indiquait pas, le dit Sania était un géant de deux mètres de haut, presqu’autant de circonférence et à l’évidence tartare depuis plusieurs générations, ce qui décourageait immédiatement toute velléité éducative. D’une voix de basse frisant les infra-sons  ce dernier annonça, placide : « Bon, petit, viens ! On va s’en jeter un pendant que je t’explique. »

    Ils se dirigèrent vers la bodega la plus proche, s’assirent de part et d’autre d’un tonneau qui- comme il est d’usage dans toute bodega qui se respecte- servait de table, puis commandèrent des demi-pressions, car l’un comme l’autre avaient la sangria en horreur.

« Voilà, ici on peut causer. » En effet, entre la musique des Gipsy Kings,  Luis Mariano qui informait les rares personnes qui l’ignoraient encore que : « C’était la feria » et le bruit de tempête produit par des milliers d’individus en liesse, penché à l’oreille de son voisin, l’incroyable sosie de Tarass Boulba put détailler à loisir le plan du cambriolage décidé quelque temps auparavant et mis au point par ses soins.

« -Tu comprends, conclut-il, ça va être fastoche de faire sauter la porte de service de la Société Générale, et ensuite celle, blindée, de la salle des coffres, j’ai tout ce qu’il faut…

-Ouais, bien sûr, et avec le boucan qu’il y aura samedi soir, veille de 15 Août en plus, personne n’entendra rien. Enfin, j’espère !

-T’inquiète mec, ils croiront juste que ce sont des pétards, ces braves gens, et de toute façon, avant que les flics réussissent à arriver jusque là, ça fera belle lurette qu’on aura fichu le camp.

-T’as raison, comme d’hab, Sania.

-Evidemment. On va s’en mettre plein les fouilles, mon pote. A nous la belle vie ! Ouais, et à part ça, tes chèvres, elles vont bien ?

-Ah bon, parce que ça te dirait d’aller leur rendre visite ?

-Pour sûr, comme planque, on ne fait pas mieux. Avant le coup…et même après finalement, pourquoi pas… »

    Pendant une seconde de pure panique, Paulo eut la vision apocalyptique de sa petite maison, si merveilleusement isolée et blottie au cœur de la garrigue, occupée, pendant des mois peut-être, par le grand tartare. Aussi, de son air le plus naturel, il s’écria ; « Oui, mais la campagne toute l’année, tu sais, c’est triste… et… il nous faudra une voiture pour revenir ici Samedi soir. »

 

                 El Pé

______________________________________

 

Sign first aid

wikimédia

 

La Féria de ceux qui veillent

«- Affolées par les cris, par la musique des chevaux de bois et un sifflet de machine  à vapeur sorti on ne sut d’où, les juments se cabraient et faisaient le videOui, oui, Paul, je t’assure, Sylvie, qui est allée au spectacle de la carrière équestre hier soir m’a dit que ça s’était passée comme ça. Mais heureusement il n’y a pas eu de blessés, les cavaliers ont réussi à calmer les chevaux. »

Sous la tente de la sécurité civile, Paul et Benoit, deux secouristes de garde, discutent entre deux soins, en rangeant le matériel et en attendant d’éventuels éclopés.

«- Nous en sommes au troisième jour, Benoit, et il n’y a pas eu d’accidents graves. Pourvu que ça dure ! Nous avons eu notre lot de malaises, de petites blessures d’excités et d’alcoolisés agressifs, mais tout ça, pas bien méchant. Nous, nous ne voyons la féria que de son mauvais côté, ainsi que le mauvais côté des participants, ce qui ne nous donne pas vraiment envie d’en chercher une autre image. Mais il y a certainement des choses bien, des soirées festives et sympathiques, sans excès, des spectacles de danse enchanteurs et ces magnifiques démonstrations équestres ; Nous, ce que nous souhaitons, c’est zéro catastrophe.

 - Aïe, Paul, tu entends, c’est le SAMU. On dirait qu’il va vers les Arènes. Cela ne m’étonnerait pas qu’il s’y soit passé quelque chose.

 - Le toréro a peut-être trouvé son maître. Ce n’est pas moi qui vais le plaindre, il sait à quoi il s’expose ! Viva el Toro ! Non, non, Benoit, je ne continue pas, pas la peine de t’insurger, nous ne serons jamais d’accord sur le sujet : moi, anti-corrida et toi…..pas vraiment.

 - Tu as raison, n’abordons pas les sujets qui fâchent. D’ailleurs, finalement, il n’allait pas aux Arènes. Je saute du coq à l’âne – à cause du bruit et de l’agitation qui règne - mais parfois je me dis que j’aimerais bien m’installer à la campagne, ce serait plus tranquille. Ma femme, à qui j’en ai parlé, n’est pas vraiment séduite par cette idée ; elle m’a dit : Oui, mais la campagne toute l’année, tu sais, c’est un peu triste…Il nous faudra une voiture pour revenir ici le samedi soir.

Gill

___________________________________

 

féria,béziers,tarass,boulba,cambriolage,secouristes,samu,arènes

wikimédia     crédit photo:  Harrieta 171

 

Affolées par les cris, par la musique des chevaux de bois et un sifflet de machine à vapeur sorti on sut d'où, les juments se cabraient et faisaient le vide.

 

Le vide de quoi? D'urines et crottins? De spectateurs? Ou tout simplement partaient-elles en meditation ? Ma foi, je n'en sais rien, je n'étais pas là ! Car moi, la feria...

Quand j'étais beaucoup plus jeune peut-être... J'avais campé dans une manade, au milieu des taureaux, ouais ! Ça, c'était floklo !

Mais aujourd'hui, je me contente largement du village occitan. Pour l'ambiance, pour la bonne bouffe proposée par les calandretas (achat militant!) et pour la musique surtout! Le village occitan, déplacé il y a quelques années de la place de la citadelle à la place du champs de mars, juste au côté du village équestre.

Le village équestre, je suis allée voir une fois le spectacle, enfin voir, c'est un bien grand mot!

Je ne suis pas restée plus de 10 minutes. Avilissant !

Beaux chevaux, humains moches de leur fierté de faire faire le clown à des bestiaux.

Je te le dis moi ! C'est pas ça le respect de la nature !

C'est vivre toute l'année, avec le cours des saisons, sans que nul s'y impose, sans que l'homme y laisse sa trace destructrice, sans que nous y dominions cours d'eaux et animaux...

Alors, l'autre empafé du sifflet de la machine à vapeur me répondit :

   - oui, mais la campagne toute l'année, tu sais, c'est un peu triste... Il nous faudra une voiture pour revenir samedi soir.

DÉSESPÉRANT !

 

Nanou

___________________________________

féria,béziers,tarass,boulba,cambriolage,secouristes,samu,arènes

 

Affoléespar les cris, par la musique des chevaux de bois, et un sifflet de machine à vapeur sorti on ne sut d’où, les juments se cabraient et faisaient le vide

Mais quelle mauvaise idée j’ai eue d’aller voir le spectacle de chevaux ! Tout le monde en parlait, je ne pouvais mourir ignorante car qui sait si l’an prochain je serai encore là. Du monde, du monde qui va, vient. Un enfant me bouscule, je le houspille ; le père me jette un regard noir, la mère serre son rejeton contre elle et le caresse.  « Elle est vilaine la dame, pas vrai mon bébé ? »

Je m’éloigne prudemment. Un individu me pousse et me jette au visage : « Tu aurais mieux fait de rester dans ta maison de retraite, mémé ». Je m’indigne silencieusement, en moi-même, c’est plus prudent. J’avance, un pas en avant, deux en arrière, mon pied s’enfonce dans du mou… Horreur, du crottin frais qui éclabousse mes mollets.

Les chevaux hennissent, font des écarts, la foule bouge, me happe. Je m’en extrais avec peine et regagne le calme de mon appartement pour écrire ma lettre quotidienne à ma nièce. Elle regrette son rendez-vous annuel et je dois lui envoyer un compte-rendu. Comme je sors très peu, en général, je m’inspire des articles de journaux, brodant par ci, par là, pour faire plus personnel. Le téléphone sonne : - Tata, j’arrive avec mon copain, débrouille-toi, je m’ennuie de toi et de la féria, même si le pays est beau ici.Oui, mais la campagne toute l’année, tu sais, c’est un peu triste… Il nous faudra une voiture pour revenir ici le samedi soir.

 

Line

_____________________________________

 

 

 

 

 

mardi, 03 décembre 2013

Une seule scène, plusieurs récits

 


DRAME DE LA JALOUSIE

Après une partie de chasse, en rentrant chez lui un homme trouve sa femme avec son amant. Il tire sur ce dernier et le blesse très sérieusement.

Après avoir tiré au sort un personnage,

en 20 minutes, racontez cette scène par la bouche de ce personnage

-----------------------------------------------

 

détective.jpg

freepik

 

 

Non Monsieur l’Inspecteur ! Non, je vous assure que nous ne faisions rien de mal ! Vous imaginez ! Avec Maurice ! Que je connais depuis vingt ans ! L’ami d’enfance de mon époux ! Le parrain de mon fils ! Il faut vraiment avoir l’esprit tordu pour aller chercher des trucs pareils !

       Il était venu afin de changer le pommeau de la douche. Vous me direz, avec raison : « Normalement, cette tâche incombe à l’homme de la maison… ». Ce n’est certes pas moi qui vous contredirais, seulement voyez-vous, l’homme de la maison, au lieu de bricoler le dimanche chez lui comme tout le monde, préfère partir à la chasse pour toute la journée. Enfin bref, je téléphone à Maurice, en lui faisant part du problème. Il arrive cinq minutes plus tard et bien gentiment effectue la réparation. Mieux qu’un professionnel, pour sûr ;

« -Si tu veux bien, je vais tout de même essayer ton installation » que je lui fais.

Il est tout de suite d’accord et me propose d’essayer lui aussi, parce que, dit-il, deux avis valent mieux qu’un. Evidemment, avant d’entrer dans la douche, nous avons ôté nos vêtements. Quoi de plus naturel en somme ; vous auriez fait pareil.

C’est à ce moment là que les évènements se sont précipités. En mettant un pied sur le bac à douche j’ai glissé, Maurice m’a retenue dans ses bras pour m’empêcher de tomber et à cette seconde même, la porte s’est ouverte violemment sur mon mari fonçant comme un taureau furieux et saoul comme une vache, sauf votre respect Monsieur l’Inspecteur. Parce que la vérité vraie, c’est que ses soi-disant parties de chasse, c’est surtout l’occasion de bonnes cuites dominicales. La preuve, à part ça, il ne ramène jamais rien.

   Nous surprenant dans notre position innocente, son esprit malade a conçu le pire et aussitôt…Pan, pan, pan, le voilà qui se met à tirer de tous côtés comme un dément, ne nous laissant pas même le temps d’ouvrir la bouche. Maurice, n’écoutant que son courage, me fait un rempart de son corps, ce qui lui vaut d’être blessé (grâce à Dieu fort légèrement), au bas du dos. Oui grâce à Dieu ! Heureusement que le fusil était chargé aux petits plombs, pour les cailles ! Parce que, si cela avait été de la chevrotine…

                                                                                                El Pé (la femme)

__________________________________

médecin.gif

VracImages

 

 

Le camion du Samu file à toute vitesse sur la route de campagne ;  un blessé par balle , urgent !!!!! Et en plus le lieu dit très mal localisé : une ferme loin de toute civilisation urbaine.

- « Restons  en ligne avec la personne qui nous  guide ; ça  y est ,  je crois apercevoir la  ferme » dit le médecin .

Prenant sa sacoche il se dirige rapidement vers la porte d’entrée , mais au moment où il la pousse , il se trouve nez à nez avec le canon d’un fusil braqué sur sa poitrine . « Hé là , doucement , que se passe-t-il  ici. » Son regard fait rapidement le tour de la pièce puis s’arrête sur une forme allongée faisant entendre de faibles gémissements ; repoussant le canon , il se précipite vers la forme sous laquelle un liquide rouge forme une large flaque  ,un blessé  semblant fort mal en point  mais pouvant  tout de même, en l’invectivant , désigner l’homme au fusil .

- «  C’est lui le criminel , il a voulu me descendre, regardez, mais regardez-moi ça, je me vide de tout mon sang , je suis mort, arrêtez-le,  vite. »  Le mis en cause ne se trouble nullement , toujours brandissant son arme , éructant,  fou de rage ,  se sentant doublement outragé, réplique vertement : 

- «  Mais docteur , il profitait de mon absence pour me tromper avec ma femme , ce moins que rien ;  me faire ça, à moi , un ami de plus de vingt ans , regardez comment je les ai trouvés  tous les deux , ces minables. »  Le médecin se rends compte  alors  de la présence d’une autre personne ratatinée et toute tremblante , à moitié dévêtue dans un coin de la pièce , une femme, le visage caché dans ses mains.  Elle sanglote bruyamment.   

- « Je vais m’occuper de vous après Madame ;  calmez-vous, vous ne risquez plus rien, je suis là. »  Se tournant vers le blessé, il l’examine, se rendant compte des dégâts causés par les plombs.

- «  bon ça ne m’a pas l’air trop grave, vous l’avez échappé belle , mais je dois vous hospitaliser car je n’ai pas ce qu’il faut dans cette trousse pour enlever tous ces plombs sur place , vous règlerez vos différents plus tard ; voyons vous n’avez aucune blessure Madame ? 

- Non , non , docteur .

- Alors relevez-vous et  allez vous rhabiller s’il vous plait, je vous prescris un calmant à prendre ce soir »  puis se tournant vers le chasseur :

«  Quand à vous Monsieur donnez-moi cette arme,  ça suffit  pour  aujourd’hui, d’ailleurs je vous la confisque  pour l’instant. »

Se débattant comme un beau diable , celui-ci finit par céder en maugréant.

« Allez ;  on peut à présent  embarquer  le blessé. »

Rina (le médecin)

_______________________________________________

 

journaliste.gif

VracImages

 

 

Mauvais plan

Sur le chemin du retour, je pense à cette partie de chasse et je me dis –déformation professionnelle oblige- qu’il n’y a rien à en dire ; pas le moindre petit papier à faire ; aucun fait divers à raconter ; pas de chien pris pour un sanglier, pas de balle perdue, rien qui puisse faire un article digne de ce nom. Une chasse ordinaire, quoi. En arrivant chez moi, pas un bruit, une ambiance de calme et de détente, peut-être le calme qui précède la tempête.

C’est alors qu’en entrant dans le salon s’offre à mes yeux cette scène : volets baissés, musique douce, deux verres en cristal à moitié vides sur la table basse, couple enlacé sur le canapé, mon épouse adorée abandonnée dans les bras infâmes de mon ami Gilbert, chroniqueur vedette du journal et familier de la maison depuis de nombreuses années. On le comprendra, je vois rouge, lève mon fusil, vise et tire sur Gilbert qui ‘écroule.

Tandis que ma femme s’enfuit en hurlant, je m’approche du blessé qui gît à terre et me fixe d’un regard interrogateur : « Mais qu’est-ce-que tu ?.... ». Une flaque de sang s’élargit autour de lui. « Zut, je crois que je t’ai blessé plus que je ne devais le faire ; j’ai mal visé, cela ne devait pas se passer ainsi, nous avons mal répété. Tu ne devais pas être dans cette position mais plus à gauche sur le canapé pour que ma balle atteigne le haut de ton bras, provoquant une simple éraflure. Tu devais être très légèrement blessé, évidemment ne pas porter plainte, étant très compréhensif pour mon coup de colère et je pouvais alors l’accuser, elle, d’adultère, divorcer sans problème et récupérer pas mal de fric dans l’histoire. Ce n’est pas ce que je devais te donner pour ce service qui aurait beaucoup amputé mes gains. Mais maintenant tu as l’air vraiment mal en point et l’enquête sera très sérieuse ; d’ici que les flics découvrent notre accord, il n’y a pas loin. Peut-être que je devrais te faire taire complètement. Au point où j’en suis, c‘ est la meilleure solution. Cela passera pour un crime passionnel »

Alors je lève mon fusil et m’apprête à tirer quand soudain, j’ai l’impression d’une présence derrière moi. Faisant volte-face, je la vois, elle, un gros cendrier dans ses mains levées, et puis j’ai l’impression que ma tête éclate et puis…….plus rien.

Gill (le journaliste)

____________________________________

chasseur.gif

dinosoria.com

 

 

La nuit est chaude. « Supercaliente » à tous points de vue. Pierre serre Adeline dans ses bras en comptant les étoiles par la fenêtre grande ouverte. Jean - le grand absent - n’est pas rentré de sa journée de chasse. Adeline est tranquille : ce type de sortie avec les copains se termine toujours par un repas pantagruélique bien arrosé qui se prolonge jusqu’au petit matin.

Soudain, un crissement de pneus sur l’allée gravillonnée. Claquement de portière. Des pas gravissent le perron avant que Pierre ait eu le temps de bouger. Irruption de Jean dans la chambre, canon pointé sur le lit. Coup de feu et plus rien.

Pierre se réveille avec peine sur son lit d’hôpital, torse bandé, un pansement sur l’œil gauche. Deux agents de police sont plantés devant lui. Il est HS mais il doit raconter : traditionnelle déposition…

« J’ai du mal à me souvenir. Je revois la scène en grisaille. Adeline m’avait fait part de l’absence de Jean, me demandant si ce jour-là, faute de moyen de locomotion, je pourrais la conduire en ville pour diverses urgences. Je suis arrivé sur le coup de quinze heures. Nous avons fait le tour du potager pour des conseils de jardinage. Nous avons ramassé quelques légumes, puis nous avons pris un café sur la terrasse. Là, le temps est devenu menaçant et a tourné vite à l’orage. Notre sortie a donc été reportée. Nous avons passé la soirée ensemble. Adeline, effrayée par les grondements, s’est jetée dans mes bras quand la foudre est tombée sur le paratonnerre. Les éclairs inondaient les alentours de flambées intempestives. Pourquoi me suis-je retrouvé dans son lit ? Pierre est si gentil que, délibérément, je ne lui aurais jamais fait un coup pareil ! Et pourtant j’ai été noyé dans la chaleur du corps et des caresses… Et soudain : Pierre ! Le coup de feu ! Et puis plus rien… »

Mouty  (l'amant)

_______________________________________________________________