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lundi, 17 octobre 2016

La rentrée de .........

Pour ce premier atelier au sein de l’UTT, voici une des consignes données aux participantes

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En 20 minutes, écrire un texte sur le thème :

LA RENTREE D’UN CARTABLE

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cartable liliane.jpg

pixabay

 

 

La rentrée d’un cartable

           A proprement parler, il n’y a véritablement jamais eu de rentrée, pour moi, vu que je n’ai jamais eu de vacances. Pourquoi ? Je vais vous le dire :

   Elle m’utilise comme sac à main, je vous demande un peu ! Comme si c’était ma vocation ! Pour deux raisons : d’abord parce qu’elle me juge plus pratique, avec mes grandes poches et mes zips so sexies ; et ensuite parce que, croit-elle, ça trompe les voleurs à l’arraché. Tu parles. Moi je n’y crois pas une seule seconde.

      Pas de vacances donc, ou alors si peu. J’appelle vacances ces moments bénis où je repose dans un coin, obscur de préférence car cela me permet de sommeiller en rêvant tranquillement. De mes ancêtres par exemple. Je les imagine, folâtrant gaiement dans un bocage normand ou sur une pente alpestre herbeuse et odorante. Et parmi eux, ma mère, dont j’ai hérité la peau… Ce qui est absolument faux d’ailleurs car étant donné mon label « skie pur jus », ma mère est par conséquent un fossile préhistorique depuis longtemps transformé en hydrocarbure. Bon, passons, ça me file le cafard.

      Il vaut mieux que je n’aie pas trop de temps libre, tout bien considéré.

C’est pourquoi j’envisage cette rentrée avec enthousiasme et optimisme. Je vais être de nouveau très occupé cette année. Elle va me bourrer de ses passions, de ses cahiers et de ses espoirs. Complice des bons et des mauvais jours, je vois me blottir contre elle, mine de rien bien sûr, et lui murmurer, bien qu’elle ne m’entende pas, que dans le fond, je suis heureux de lui appartenir, corps et âme.

     On ne peut pas rêver mieux…

 

 El Pé

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pixabay

 

Une rentrée pas comme les autres

Ciré, pimpant sinon frais, j’attends sagement sur la chaise de la chambre, devant le bureau. Cela faisait longtemps que je n’avais pas vécu telle situation et d’ailleurs, je me demande un peu ce que je fais là, ressorti après tant d’années passées au fond du placard, sur la piles des GEO.

Je ne suis pas trop décati pour mes 17 ans. Quand je suis né, j’ai été confectionné dans un cuir de très bonne qualité et ma solidité a été à toute épreuve. J’ai vécu plusieurs rentrées à l’école primaire, puis j’ai été relégué pour des sacs à dos éphémères, plus modernes les uns que les autres, qui rendaient l’âme au bout d’un an ou deux, victimes d’un surpoids permanent qui avait raison de leurs coutures bâclées.

Aujourd’hui, je suis une sorte de gri-gri et je suis là pour donner du courage au jeune enseignant qui va vivre sa première rentrée et affronter sa première classe. Avec moi, qui lui ai tenu compagnie lors de ses premiers pas d’élève, il se sentira plus fort pour faire ses premiers pas de professeur. Et moi, pour la première fois, je serai du côté du savoir, sur l’imposant bureau, face à ces jeunes cerveaux avides de connaissance.

Je ne serai pas fatigué car je ne transporte pas grand-chose, quelques livres, papiers, stylos. En fait, c’est ma seule présence qui est importante. Demain sans doute, après ce premier jour passé continuerai-je ma paisible retraite, fier d’avoir été, encore une fois, indispensable à ce gamin que j’ai vu grandir, s’affirmer et devenir l’homme qu’il est aujourd’hui.

Gill

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Fini le placard, le silence, l’abandon.

Dépoussiéré, réparé, lavé, décoré de badges, de breloques et insignes en tout genre je piaffe et revis. Puis, on me bourre de choses « sérieuses » : stylos et crayons, cahiers et feuilles quadrillées, cahier de textes, quelques livres de base.

Enfin, c’est le jour J ! On me jette sur les épaules, je retrouve la rue, le bus et la cour de l’école, tout ce brouhaha si joyeux. On me jette par terre sous le bureau, on me vide, on me remplit, on me piétine, on m’oublie…

Peu m’importe, tout vaut mieux que le placard !!!

 

Valérie

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dimanche, 05 octobre 2014

A qui appartient ce sac ?

A QUI APPARTIENT CE SAC ?

 

Dorothée trouve un sac de femme qui trainait sur la plage après la désertification de celle-ci. Elle le porte au Commissariat, où, en sa présence, le policier de service sort un à un les objets de son contenu : 15 en tout.

 

Chacun énumère 1 des 15 objets 

 

Portefeuille / Poudrier / Rouge à lèvres / Paquet de Kleenex / Stylo / Calepin / Petit bouquet de lavande / Couteau / Loup (masque) / Montre / Trognon de pomme / briquet / Trousseau de clefs / Paquet de cigarettes / Peigne 

 

En 25 minutes, imaginez l’histoire qui trotte dans la tête de Dorothée sur la propriétaire du sac, en insérant les 15 objets dans son texte et en terminant par la phrase :

 

« Elle devait (ou doit) repartir à zéro »

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freepik

 

LE SAC PERDU

 

Dorothée regardait avec intérêt chaque objet sorti du sac en imaginant le profil de sa propriétaire, une tranche de sa vie.

Le portefeuille fatigué avait bourlingué semble-t-il pendant bien des années. Peut-être au bout du monde.

Le poudrier et le rouge à lèvres étaient indispensables à l’entrée et à la sortie de son bureau ou de sa boutique de fringues. Le peigne et les Kleenex également.

Un calepin et un stylo. Ces deux s’entendent comme larrons en foire. L’un n’existe pas sans l’autre. Ils sont sur les mêmes coups, encrés dans ce petit carnet. Passé et futur y voisinent.

Tiens, un petit bouquet de lavande : un amoureux aurait pu le cueillir dans la garrigue pour marquer un évènement mémorable.

Un trognon de pomme et un couteau enveloppés dans un papier. Un instant de fraîcheur sur la plage surchauffée.

Une montre : pas besoin d’heure pour se baigner et se prélasser en laissant courir ses rêves.

Un loup ! Devait-elle se rendre à une soirée masquée ?

Un paquet de cigarettes et un briquet. Dommage, elle doit puer le tabac.

Un trousseau de clefs. Les siennes ? Celles de son Jules ? Allez savoir !

En tous cas, la perte de son sac lui supprimait une tranche de vie : souvenirs et repères s’étaient volatilisés. Elle devait repartir à zéro.

 

Mouty

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Espionnage

Le commissariat est désert ce dimanche midi et Dorothée est seule devant le comptoir d’accueil où elle vient de déposer le sac qu’elle a trouvé sur la plage. Le policier de permanence, après avoir sorti un à un les objets qu’il contient, est parti chercher un imprimé dans les bureaux : le système informatique est en panne ! Évidemment…

Tout est là, pêle-mêle devant Dorothée, qui entreprend d’en faire l’inventaire visuel pour passer le temps.

« Tiens, je connais cette marque de poudrier. Elle offre plusieurs couleurs de poudre compacte dans le même boitier, de quoi changer radicalement de teint. Et le rouge à lèvres, à côté, est plutôt un crayon à lèvres à deux couleurs très différentes pour pouvoir transformer sa bouche. Le peigne aussi est double, un côté à dents ordinaires pour cheveux lisses et l’autre à grandes dents pour les coiffures frisées ou même crépues. Cette fille doit aimer se transformer ou se dissimuler si j’en crois ce loup noir, ou alors se déguiser, mais c’est certain, changer de tête.

Que fait là un trognon de pomme à moitié enveloppé dans un mouchoir sans doute sorti du paquet de kleenex presque vide. Elle a dû attendre en ayant une petite faim. En tout cas elle ne laisse rien derrière elle, peut-être pour ne pas se faire remarquer. Oh là là : La montre, ultra perfectionnée ; j’ai l’impression qu’elle fait chronomètre, boussole et altimètre……….et GPS aussi. Montre de pro., mais quelle pro. ?

Les clés du trousseau sont bizarres, longues avec des extrémités étoilées ou courtes ressemblant à des tournevis. Elles doivent ouvrir des portes blindées au moins, des portes de coffres ? Quant au couteau, vraiment pas sympathique avec son grand manche et son cran d’arrêt. Je n’aimerais pas l’avoir sur la gorge, j’en frissonne ! Je commence à me demander qui peut bien être cette nana. »

De plus en plus intriguée et prenant de l’assurance en attendant le fonctionnaire qui tarde, fabricant sûrement son imprimé, Dorothée prend le briquet qui ressemble à un de ces vieux briquets rectangulaires d’autrefois en acier et elle entreprend de le faire fonctionner. Une énorme flamme jaillit, la faisant sursauter de frayeur et reposer l’objet à toute vitesse. « Ah mais qu’est-ce que c’est ? C’est un lance-flamme, pas un briquet ! »

Méfiante mais intrépide, elle avise le bouquet de lavande qui ne colle pas du tout avec le reste pense-t-elle et l’approche de son nez : « Mais ça ne sent pas la lavande, ça pique le nez et fait pleurer ! Mais qu’est-ce que cette fille fabrique ? »

Alors, curiosité à son comble, elle entrouvre fébrilement le calepin qui dévoile des pages de chiffres et de lettres, étudie le stylo qui semble avoir un minuscule orifice pas catholique sur son capuchon et le paquet de cigarettes qui, lui, semble désespérément  ordinaire, ce qui le rend suspect ! Enfin, elle ouvre carrément le portefeuille et découvre trois passeports avec trois photos différentes où l’on reconnait pourtant la même femme, mais dont le teint, les cheveux et même les yeux sont savamment modifiés et qui affichent trois nationalités différentes, italienne, américaine et russe.

« Ca y est, j’ai trouvé, cette femme est un agent secret ; soit elle a été éliminée, soit elle a décidé de disparaître sans rien emporter de son passé car elle doit repartir à zéro. »

     Gill

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Le sac à main

      Dorothée commençait à regretter son civisme. L’affaire allait s’éterniser, elle le sentait. Assise sur le banc, elle attendait qu’un agent daignât s’occuper d’elle. Ce qui n’était pas près d’arriver, à en juger par le joyeux raffut provenant de la salle d’à côté, manifestement provoqué par un départ en retraite dignement arrosé ! Bon. Pour passer le temps, Dorothée décida de faire l’inventaire du sac. Vous auriez fait la même chose.

      Voyons donc : Poudrier, rouge à lèvres, peigne. Hum, coquette, la fille…Ensuite : un trognon de pomme. Oh la la ! Coquette certes mais pas très soigneuse, négligente, à la limite, enfin, passons. Quoi d’autre ? Stylo, calepin ; intéressant, ça ! Banal carnet d’adresses ou précieux réceptacle de réflexions poétiques ? On verrait plus tard. Peut-être. Un  paquet de kleenex, une montre. Tiens, pourquoi  la fille ne la portait-elle pas au poignet ? Elle était pourtant en état de marche, cette pauvre montre, et fort jolie ma foi. Ou bien…sa propriétaire ne revenait-elle pas de quelque rendez-vous galant, interrompu précipitamment ? Oh la coquine !

 La suite : paquet de cigarettes et briquet. Des mentholées, à bouts dorés qu’allumait un briquet rose bonbon. So cute ! Une petite nana, commençant à fumer ! Adorable ! Mauvais pour la santé mais adorable, si candide ! Et le bouquet de lavande ! Adorable, décidemment ! Petite touche de fraicheur si délicate, si féminine ! Tiens, ça rachète le trognon de pomme. Un  trousseau de clefs, drôlement lourd qui plus est. Combien de portes ouvraient-elles donc ? Sept ! Mystérieux tout-de-même. En tout cas la petite bichette devait être bien enquiquinée à l’heure présente. Et…qu’est-ce-que cela ? Oh un loup ! Noir, de carnaval, sexy en diable évidemment. Ah Ah Fifille ! Tu ne dois pas t’ennuyer, toi, dans la vie. Et derrière ça, un  couteau. Suisse, à quatre lames avec ouvre-boîte et tire-bouchon. A coup sûr pleine de contrastes, cette nana. Je me demande si je n’aimerais pas faire sa connaissance. Justement, voici le portefeuille. L’ouvrirai, l’ouvrirai pas ?

    Dorothée, hésite, partagée entre moralité et curiosité. Naturellement, cette dernière l’emporte, d’autant que notre Dorothée désire de plus en plus remettre ce sac  en mains propres, une amitié s’esquissant déjà, et forcement, n’est-ce-pas, dans ce cas, pour savoir l’adresse…

      Le portefeuille s’ouvre sur une carte d’identité. Examen de la photo tout d’abord. Quel visage étrange ! Mince, pâle, encadré d’une tignasse brune et bouclée. Un visage qui doit plaire, sans nul doute.  Un visage qui a nom : Duchamp ? OK. Et prénoms ?

     Jérôme, Alain, Gérard.

Elle devait repartir de zéro.

       El Pé

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samedi, 30 mars 2013

La journée de...

 

1/ Choisir trois mots dans des pages de livres :

                               Arriver/ guerre/refuge

2/  *Chercher des mots de vêtements et les mettre en commun :

     Sari/ saharienne/ short/ robe/ gilet/ jupon/ jupe/ béret/ chaussure

      *Chercher des mots d’objets qu’on emporte avec soi quand on sort et les mettre en commun :

           Clé/ téléphone portable/ carte bleue/ sac/montre/boussolle                      kleenex/ bâton de pommade à lèvres

       *  Choisir un vêtement et un objet dans chacune des deux listes

3/ Choisissez le vêtement ou l’objet et en 20-25 minutes,  racontez une journée de sa vie. Dans votre texte, incluez les trois mots trouvés dans les livres et le second mot (vêtement ou objet) que vous n’avez pas choisi pour être le héros de votre récit.

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saharienne 2.png

 

Ma chère Saharienne , comme je t'aime et combien tu me plais ; je te porte avec beaucoup de plaisir , car je te trouve  si seyante et  tellement pratique , tu es truffée de poches , des grandes, des plus petites , sur les côtés à l'intérieur, j'adore !!!! J'y glisse tant d'objets oh!combien précieux et  utiles pour moi , mais malgré cela, tu restes toujours aussi belle et impeccable , tu me permets de libérer mes mains , je ne ressens aucun tiraillement sur les épaules comme cela serait le cas avec la bandoulière d'un sac , c'est toi qui le remplace , avec panache ; pourtant tu ne m'étais pas destinée , mais je te lorgnais depuis longtemps sur le dos de Pierre mon cousin , tu as voyagé  loin avec lui , il ne t'a pas amené en guerre non !!  le safari , la réserve d'un grand parc animalier au Nigeria , est-ce que tu te souviens ? Les longues journées à sauter sur les pistes où Pierre essayait de prendre des photos dans des postures très inconfortables , pourtant plus extraordinaires les unes aux autres ; heureusement, le soir, arrivés dans les refuges si agréables, préparés pour le plaisir de la détente récupératrice et bienfaisante , tu pouvais aussi souffler, accrochée sur un porte-manteau de fortune ; repos si court  car  le lendemain  vous repartiez  pour une autre nouvelle aventure , tu étais toujours prête, fraîche et  lisse, à être posée sur ses épaules meurtries ; tout ça  est bien terminé à présent , car Pierre, le séjour achevé, t'a offerte à moi , qui, sautant de joie , t'ai tout de suite adoptée , et depuis tu fais partie de mes vêtements préférés et je te bichonne , avec beaucoup d'amour.

Rina

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Quelle journée !

La journée a été calme jusqu’à ce soir, je suis resté au repos et maintenant ça y est, le cours de Sophie est terminé et je sens qu’elle va me remettre en service normal ; il n’aurait pas fallu que je me mette à sonner allègrement pendant les T.P. de massage chinois !

Nous allons pouvoir rentrer à la maison. Il est tard car ses cours du soir finissent quand même à 22 heures ; Direction le métro Pigalle ; et oui, c’est un quartier de plaisir mais aussi studieux à certains endroits. Tout se passe très bien jusqu’à la station Père-Lachaise où nous devons changer. Les couloirs sont déserts et Sophie presse le pas ; s’il arrive quoi que ce soit, pas moyen de trouver refuge où que ce soit. Ce n’est pas la guerre, mais le métro à cette heure, c’est toujours un peu risqué. Sophie a la main dans sa poche et me sert de façon rassurante.

J’entends des voix derrière nous ; pas de panique, ce sont des voyageurs, comme nous. Mais je ne sais pas pourquoi, je suis inquiet, et Sophie aussi. Avant d’avoir eu le temps de dire « ouf », je sens trois types qui empoignent Sophie, la poussent contre le mur, faisant voler son béret et lui mettent un canif sous la gorge. Je n’entends pas ce qu’ils disent mais je sais qu’ils n’ont pas de bonnes intentions. En deux secondes l’un d’eux fourre la main dans la poche de sa veste et me voilà agrippé par une grosse patte et étranglé, malmené, moi qui ai l’habitude d’être manipulé avec douceur.

Je n’en mène pas large, vous vous en doutez et je prie le Dieu des téléphones portables pour que quelqu’un arrive ; Oh, je crois que j’entends des pas et des rires au bout du couloir ; ouf, des voyageurs, on est sauvés, enfin moi, pas tout à fait, toujours saucissonné par la grosse paluche du malfrat. Mais par chance, ce sont des couards et ils ne demandent pas leur reste en entendant arriver nos sauveurs. Ils lâchent Sophie, et dans sa fuite mon ravisseur me lâche aussi, m’envoyant valdinguer contre le mur du couloir ; j’en vois trente-six chandelles, j’ai l’impression d’être complètement déglingué ; « au secours, je suis mort », dis-je dans un balbutiement d’outre-tombe.  Le temps de reprendre mes esprits et je me rends compte que ma housse bien capitonnée m’a protégé ; Sophie est indemne aussi. Nous en serons quittes pour une grosse frayeur. Merci à nos sauveurs qui prennent le temps de nous réconforter malgré l’heure tardive. Heureusement qu’il y a encore des gens qui s’intéressent aux autres !

Quelle journée, dirons-nous demain, après un bon repos !

Gill

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LA BOUSSOLE


Je marche, je cours, et je dégringole, mon contenu et sa suite avec, mes crampons de caoutchouc n’étant pas familiarisés avec les pierres qui roulent sur les pentes hasardeuses. Je suis la chaussure gauche d’une paire de godillots achetés chez Décathlon voici une dizaine d’années. Ils ont fait leur temps et randonné dans toute la France. Ils sont maintenant parfaitement adaptés aux oignons et orteils tordus de la gente dame dont je prends le meilleur soin, à charge pour elle de me nettoyer, encaustiquer et bichonner afin de prolonger ma vie dans les meilleures conditions. Ceci avec ma sœur jumelle bien sûr. Aujourd’hui, randonnée dans les Cévennes. Dès l’aube, je tourne et vire dans l’appartement : nous sommes à la recherche d’une boussole, de LA BOUSSOLE ! Je dis Nous car il s’agit de moi, de ma sœur jumelle, et de notre contenant et sa suite que je n’aperçois que dans une perspective abrupte : un bord frangé de jambe de jean, le bas d’une saharienne mamelonnée, un bout de menton, des narines, et une visière de casquette.

Cette boussole nous fut offerte lors d’une randonnée mémorable dans le cirque de Navacelles où les copains nous croyaient perdues. Je dis encore « Nous », car, vous l’avez bien compris, ma sœur et moi et notre contenant faisons partie de la même bande. Cette boussole en métal recouvert de dorure était passée de main en main et avait reçu un bisou de chacun. C’était un souvenir chargé d’histoire suite aux nombreuses vadrouilles qu’elle avait accompagnées par la suite, et bien des fois remises sur le bon chemin. Elle était indissociable de la poche droite du sac à dos, toujours prête à entrer en fonction. Et voilà qu’aujourd’hui elle n’était pas à sa place. Perdue ? Prêtée ? La mémoire est en friche. Les placards et les étagères de la maison sont vérifiés, les tiroirs retournés. En vain. Boussole de mon cœur, tu ne vas pas nous faire un coup tordu un jour pareil ? Les appels et les coups de sifflet restent sans effet. Manifeste-toi, tu nous es indispensable ! Rien. Rien de rien !

Alors, on finit de remplir le sac avec le sandwich, et là, juste à côté, dans le frigo, la boussole se serre contre la pitance ! C’était pour ne pas l’oublier…

Et bien, en route avec notre boussole qui a réintégré la poche droite du sac à dos dont elle ressort au moins tous les quarts d’heure, fidèle au poste, et ravie de servir encore. Elle est vraiment de la partie. Elle randonne avec un plaisir évident, brillant de tous ses éclats sous le soleil. Elle nous conduit par les sentes feuillues entre Saint-Jean du Gard et Anduze. Nous arrivons à Mialet où nous bénéficions d’une partie intéressante de l’histoire de France locale portant sur les guerresde religion. Au retour elle rejoint son refuge : étui méticuleusement rangé dans la poche droite du sac à dos, jusqu’à la prochaine sortie. Quant à moi, je suis délacée et remisée sur une étagère du garage avec ma sœur.

La Chaussure (Il parait que je me lève la première quand les choses vont mal, ce qui fut le cas ce jour).

 

Mouty

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