Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

mercredi, 07 mars 2018

L'inspiration vient de Sempé

Un dessin humoristique de Sempé représente un homme consultant une voyante.

En 20 minutes, écrivez l’histoire que vous inspire ce dessin.

-------------------------

voyante rouge liliane.jpg

pixabay

 

             Edmond Bouchard est comptable de son métier. C’est dire si la fantaisie ainsi que le doute, sont des concepts très éloignés de sa perception du monde. Il s’en défie. Les exècre même. Et jusqu’à aujourd’hui, s’en est fort bien porté.

          Cela fera quarante-six ans le mois prochain qu’il vit dans la même maison : celle de ses parents devenue la sienne après leur décès. Et jusqu’ici, sans même avoir changé un seul rideau,  il s’y trouvait parfaitement bien.

             Comme dans sa vie d’ailleurs. Toute faite d’habitudes-de repères dirait un psy sans imagination- on ne peut plus satisfaisantes :

Levé chaque jour à la même heure(paresser au lit le dimanche entraine immanquablement à son avis tous les autres vices) ; toujours le même café noir, avec deux sucres et deux biscottes sans gluten(il y est allergique) ; toujours le même bus, le 143, qui le mène au même bureau, une pièce aux murs vert bronze qui n’a plus été repeinte depuis ses débuts dans  l’ entreprise, il y a bientôt vingt trois ans ; toujours les mêmes collègues qu’il salue d’un simple « bonjour/bonsoir » quand il les croise dans les couloirs, il n’aime pas les familiarités. Edmond Bouchard n’a pas d’ami et encore moins de petite amie. Pour quoi faire ?

                Cette question existentielle, il ne se l’est jamais posée…jusqu’à ce matin ; et elle lui est tombée dessus comme ça, sans prévenir : le café a soudain un goût infect, la maison lui sort par les yeux et pour commencer elle pue le moisi ; et rien qu’à l’idée de retrouver son sinistre bureau, il en a la nausée. Alors Edmond Bouchard fait une chose impensable : au lieu de prendre le 143 qui arrive, il se met à marcher sans but, le long des rues, cherchant une réponse à une question qui se dérobe. Il marche, marche, et s’arrête brusquement devant une plaque de cuivre sur laquelle est écrit en gros les mots « voyante extralucide ». Il ne lit pas le reste, pousse la porte de l’immeuble, grimpe à toute vitesse un étage, appuie sur un bouton de sonnette, est aussitôt introduit dans ce qui lui parait être l’antre d’une sorcière. Une femme imposante, à la chevelure rouge luxuriante est assise derrière une table recouverte d’un tapis rouge. Le rouge est d’ailleurs la couleur dominante de la pièce, cela l’impressionne fortement. La femme, d’un geste empreint de majesté, lui fait signe de s’assoir face à elle. Il obtempère. Avant qu’il ait pu ouvrir la bouche, elle se met à raconter, d’une voix très grave, penchée sur sa boule de cristal. Et toute la vie de son client y passe, sans la moindre  erreur, puis elle termine par ces mots : « Alors Monsieur Bouchard, que puis-je pour vous ? ».

              Puis éclate de rire quelques secondes plus tard quand lui parvient la réponse, énoncée d’une voix timide et tremblante : « Je...je voudrais connaitre mon avenir… »

El Pé

________________________________

 

voyante,stéthoscope,imposante,irma,lynx,boule,cristal,rouge,fondu,noire

pixabay

 

Chez Madame Irma

«  –   Bonjour Monsieur, asseyez-vous et surtout taisez-vous.

    -  Mais madame….

    -  Non, non, pas un mot. S’il y a le moindre bruit, je ne peux pas me concentrer sur ma boule de cristal. Elle reste muette. Je n’y vois rien de ce que l’avenir vous réserve.

    -  Mais justement Madame….

    -  Enfin, silence je vous prie. Attendez, les choses commencent à s’éclaircir. Je vois, je vois….un stéthoscope, un marteau à réflexes, une armoire à pharmacie. Je vois la maladie. Vous êtes malade mon ami, mon pauvre ami. Vous êtes très malade.

    -  Mais pas du t’…….

    -  Chut, chut, ma boule devient de plus en plus claire. Je vois  distinctement des billets de banque, une somme très appréciable que vous allez recevoir d’une minute à l’autre. Je vois que vous avez l’air réjoui, cela ne m’étonne pas avec le beau soleil qu’il y a dehors, cela nous rend tous très gais.

    -  Mais chère Madame, vous n’y êtes pas du tout ! il pleut dehors et mon parapluie goutte sur votre sol.

    -  Ah non ! ne m’interrompez pas. Je vois, je vois, une grande détresse malgré votre sourire. Il faudra que vous veniez régulièrement me voir et je vous éclairerai sur votre avenir, mon cher Monsieur, car vous savez comment on m’appelle, madame Irma, œil de Lynx. Ça fait 50 euros !

    -  Bon, vous allez m’écouter maintenant Madame ! Ce n’est pas moi, mais vous qui allez me donner, non pas 50 comme vous l’avez prédit, mais 80 euros pour m’avoir fait perdre mon temps. Je suis le Docteur Germain, vous m’avez appelé il y a une heure pour une visite à domicile. Vous vous plaigniez de ne plus rien voir du tout, ce qui, pour une voyante, m’avez-vous dit – et j’en conviens - est un comble !  »

Gill

_______________________________

 

voyante,stéthoscope,imposante,irma,lynx,boule,cristal

 

La voyante

 

  «88 ans! Vous avez 88 ans! Vraiment vous ne les faites pas!

-Merci , je dois dire que je n’ai jamais fumé ni bu de l’alcool et j’ai une vie sans excès: j’espère que cela va durer encore longtemps , c’est pour cela que je viens vous consulter.

-Vous avez bien fait, c’est une sage décision, bon, ne bougez pas, pour le moment je ne vois rien mais il faut attendre un peu, je suis voyante, c’est bien ce que vous voulez ?

-Oui, oui, j’aimerais connaître mon avenir, c’est bien ça

-Votre avenir, oui, j’aperçois quelque chose... ah voilà ; une maison, une piscine, des enfants qui jouent, un chien…

-Excusez-moi madame, mais ça c’est le passé !

- Ne m’interrompez pas ! On ne peut pas savoir où l’on va si on ne sait pas d’où on vient … voilà, ça se précise... c’est encore un peu flou ...je vois une dame âgée, vêtue de blanc…

-Mais c’était mon épouse, elle est décédée maintenant ! Depuis cinq ans !

-Ecoutez je fais ce que je peux, il faut un peu de patience, ah, ça commence à se préciser ; je vous demanderais de me régler 80 euros s’il vous plait, tant que vous ne m’avez pas payée la boule est floue, vous comprenez ?

-Oui, oui, bien sûr, voilà , alors vous voyez quelque chose?

-Euh, attendez, je cherche… aie ma boule de cristal devient brulante, elle devient toute rouge, Ça ne m’est jamais arrivé, je ne vois plus rien, c’est tout noir, qu’est ce qui se passe ? Hou là la, ma boule de cristal a fondu ! Monsieur !

 

MONSIEUR ? »

 

Louis

________________________

voyante,stéthoscope,imposante,irma,lynx,boule,cristal,rouge,fondu,noire

pixabay

 

Monsieur Dupont est désemparé, sa vie était fichue … Il avait perdu son travail, sa femme était partie avec son meilleur ami. Peut-être que Madame Claire Voitou verrait quelque chose de positif dans sa boule de cristal. Pourquoi pas ?

Le voilà installé au bord de sa chaise dans le salon de Madame Voitou, faisant tourner nerveusement son chapeau entre ses doigts. La boule de cristal trône au milieu de la table. Madame Voitou prononce une petite incantation, passe ses mains sur la boule, se concentre et tout à coup elle se met à pouffer de rire, de plus en plus fort, son rire monte dans les aigus !! Il n’en revient pas ! Qu’a-t-elle vu ?

« Oh ! Monsieur Dupont ! Excusez-moi, hoquette-t-elle , excusez-moi !!!... »

« Que se passe-t-il ? Qu’avez-vous vu ? »

« Eh bien, je vois 6 chiffres : 7 – 9 – 30 – 45 – 1 – 60. Mettez la main dans votre poche ! »

Monsieur Dupont met la main dans sa poche et en sort son billet de loterie dont le tirage a lieu ce soir : 7 - 9 - 30 - 45 - 60   !!!!   Ça alors !!!

« Je vois que vous allez remporter le gros lot ce soir !!! »

« Vous en êtes sûre ? »

Elle se remet à rire de plus belle.

« Eh oui !! Et ce qui est encore plus drôle, c’est que je vous vois dans la boule de cristal avec 2 billets d’avion Première Classe dans la main. Vous faites la queue à l’aéroport prêt à embarquer pour un tour du monde avec une femme au bras et cette femme … c’est moi !!! »

Elle se remet à rire de plus belle …

 

Christine

____________________________

 

 

 

 

 

 

 

jeudi, 10 août 2017

Festival

Faites l’abécédaire du Festival de Cannes

---------------------------------

Starlette

wikimédia

 

An de grâce 1947, naissance du Festival

Bien après que l’idée ait germé dans quelques esprits

Contre le fascisme et pour la liberté.

Danielle Darrieux

Et Brigitte Bardot

Furent applaudies en montant les marches,

Girardot y promena sa gouaille.

Halos de lumière sur des visages fardés,

Images diffusées aux quatre coins du monde,

Jeux d’artiste au sommet de leur art,

Kyrielle de starlettes aux rêves de gloire,

Lumières des soirées VIP,

Merveilleux décor, face à la mer.

Nouveaux talents découverts,

Or des bijoux scintillants aux oreilles,

Palme d’or

Qui met en lumière un art si populaire.

Rouge le tapis

Star du Festival

Toujours là devant le Palais

Ultime étape de la notoriété,

Vivant et frémissant sous les escarpins vernis.

Wagner et sa Walkyrie pour Apocalypse Now

Xylophone pour Harry Potter.

Y viendrez-vous une prochaine année ?

Zen, au milieu de la foule.

 

Gill

samedi, 03 décembre 2016

En route pour les achats de Noël

Rechercher des expressions familières

Comprenant des noms d’animaux ou des couleurs

En 20 minutes, les utiliser dans un texte dont le thème est

« la course aux cadeaux »

------------------------------------------

Noël à Paris 054

wikimédia

 

Mes achats de Noël

Les cadeaux de Noël ! ah, le casse-tête de tous les ans ! la course devrais-je dire, tellement je commence tard. Bon, direction le Printemps ou les Galeries Lafayette, on y trouve tout, le bain de foule en prime. Je profiterai du trajet en métro pour récapituler tout ce que je dois acheter. Ce sera un trajet productif.

Ah, quelle chaleur saisissante en entrant, après le zéro degré de l’extérieur, je ne vais pas tarder à être rouge comme une écrevisse. Cela contrastera avec mon voisin d’en face qui est blanc comme un navet. Il n’a pas bonne mine cet homme-là, pourvu qu’il n’ait pas la grippe, avec la chance que j’ai, je serais capable d’être au lit pour les fêtes. Son gamin, à côté, est sale comme un cochon, il a les doigts plein de chocolat avec son petit pain. Je vais changer de place.

Bon, réfléchissons. Pour ma cousine Eloïse, une écharpe en soie gris clair s’harmonisera parfaitement avec ses cheveux blancs comme neige. Pour son mari Edouard, pas besoin de faire trop d’efforts, il est bête comme un âne, et quoi qu’on lui offre, il le reçoit toujours avec un ricanement de hyène et l’air mécontent de quelqu’un qu’on traite comme un chien. Alors l’eau de toilette la plus ordinaire suffira amplement.

Pour Frédéric, cela vaut la peine de bien réfléchir, il attire tout de suite la sympathie, ayant une gaité communicative qu’il exprime en sifflant comme un merle sur tous les tons de la gamme. Comme il est fan de musique, je vais lui prendre un coffret CD de ?.....  je verrai sur place.

Quant à la famille Dubois avec laquelle je ne suis pas très intime mais qui est très à cheval sur les traditions, il faut quand même que je leur prenne des bricoles. Mais franchement, le cœur n’y est pas, la mère étant bête comme une oie, le père étant traité de casseur de grèves, de jaune,  par tous ses collègues, ce qui n’est pas très engageant, et leur grand dadet de fils étant franc comme un âne qui recule. Bof, je prendrai des chocolats, les moins chers, car en plus ils sont très gourmands et les avaleront goulument sans les déguster.

Bon, pour les autres je n’ai pas besoin de réfléchir, cela viendra tout seul, je connais parfaitement leurs goûts. Allez, on arrive à Opéra, je vais descendre là, j’en profiterai pour faire une petite promenade. J’ai hâte de voir les vitrines et les nouvelles animations à l’intérieur des magasins. C’est un plaisir renouvelé chaque année.

Ouf, dehors. Il était temps que je sorte, j’ai l’impression d’être rouge comme une pivoine tellement j’ai eu chaud avec tout ce monde et mon gros manteau. L’air frais va me ravigoter !

Gill

________________________

course,acahats,noâel,cadeaux,printemps,cochon,navet,hyène,pâle,écrevisse,rouge,âne,jaune,merle

 

La course aux cadeaux

Tour à tout blanche comme un navet ou rouge comme une écrevisse, je me tiens à l’entrée de la super grande surface. J’ai la tête vide, l’estomac serré, mal aux pieds, je me sens comme un jaune entrant dans l’usine entre deux rangs de grévistes qui me crieraient dessus avec des ricanements de hyènes. J’avance et joue des coudes « pardon madame, poussez-vous jeune homme, ne frotte pas ta main sale comme un cochon sur ma veste, sale gosse ». Je me sens bête comme un âne devant les boîtes de jouets. Je me donne du courage en sifflotant, entre mes lèvres serrées, comme un merle. Je prends quoi pour le neveu ? je le connais bien, franc comme un âne qui recule il saisira mon cadeau et l’échangera contre un sac de billes, le lendemain avec un copain. Innocent de tout péché, l’âme pure et blanche comme la neige artificielle qui orne la crèche, il me remerciera et m’embrassera. Sinon, il le sait, pas de télé pendant les vacances. Ecarlate, plus rouge qu’une pivoine marxiste, je tends la main vers une boîte. Ma voisine hurle « elle est pour moi, je la veux », elle me traite comme un chien qui l’aurait mordu ; j’en ai assez, je succombe, je m’en vais.

Le neveu aura son cadeau de Noël à Pâques, il y aura moins de monde dans le magasin.

Line

___________________________

course,acahats,noâel,cadeaux,printemps,cochon,navet,hyène,pâle,écrevisse,rouge,âne,jaune,merle

loisirsfr.com

 

La gardienne de la rue Michel décida un jour de décembre, d’aller à la supérette du quartier pour y faire ses cadeaux de Noël.

Elle partit donc, par un matin froid, blanche comme un navet, sale comme un cochon - comme à son habitude. Elle sifflait comme un merle en descendant la rue, mais fut vite essoufflée et devient rouge comme une écrevisse.

Arrivée au magasin, elle fit ses emplettes et arriva à la caisse avec un sourd ricanement de hyène : elle allait tenter de ne pas payer une partie de ses achats. Mais, bête comme une oie et un âne réunis, mal lui en prit car elle fut repérée et dénoncée par un vigile : franche comme un âne qui recule, elle tenta de nier mais devint rouge comme une pivoine.

Alors elle contre-attaqua : mais de quel droit me traitez-vous comme un chien, je suis blanche comme neige, cet article s’était glissé malencontreusement dans mon sac, etc, etc.

Obligée de payer pour éviter la police, elle finit par lancer au vigile : tu n’es qu’un sale traitre à ta classe, espèce de jaune !!!

 

Valérie

____________________________________________

jeudi, 01 mai 2014

les sens: je vois

La vue

Choisir une couleur que vous aimez ou que vous détestez et qui influe particulièrement sur votre bien-être ou sur votre mal-être. En 25minutes,  parlez-en au travers de tout votre environnement (paysages, êtres, choses)

---------------------------------------------------------------

yeux_17-1023101323.jpg

freepik

ROUGE comme…

 

Rouge comme le sang versé en temps de guerre,

Rouge robe de rose aux épines acérées,

Rouge comme le ciel d’un orage ulcéré,

Rouge comme tes yeux qui clament la colère.

 

Rouge plutôt marron d’un automne miteux

Qui roule dans la boue des lots de feuilles mortes

Annonçant la froidure à toutes les cohortes

D’insectes et d’animaux fuyant le temps brumeux.

 

Rouge frangé violet dans l’orage qui gronde,

Arc-en-ciel terrifiant quand partent les éclairs

De nuages hideux recouvrant notre terre,

Rouge sauvage balayant ce bas-monde.

 

Rouge virant au jaune à l’horizon lointain

Quand il teinte les monts aux allures hautaines

Quand émergent des eaux des couleurs incertaines

Et que mon cauchemar sort d’un miroir sans tain.

 

Rouge, je te déteste,

Je te hais, et je reste longtemps

Figée dans ta couleur funeste,

Empreinte du grand Bleu de mes rêves d’enfant.

 

Mouty

                      ________________________________

 

J’adore la couleur bleue, tous les tons de bleu, du pâle en passant par le dégradé  jusqu’au bleu foncé ;  je me sens apaisée avec cette couleur ; elle me sied au teint dit-on autour de moi,  elle calme mes angoisses ; quand je rentre dans une pièce peinte en bleu je ressens immédiatement un bien-être qui me détend ; Tous les jours en me levant , mon regard se porte sur le ciel ; si le grand drap qui se trouve au-dessus de ma tête est bleu, tout de suite je me sens en joie et  une fébrilité s’empare de tout mon être, faisant fourmiller  dans mon crâne toutes sortes d’idées, énumérant ce que je vais pouvoir entreprendre dans la journée ; le bleu peut aussi bien me dynamiser que m’apaiser ; cette couleur a chez moi la capacité à enlever tristesse et morosité et à  me redonner de la joie de vivre.

Alors vive la couleur bleue, autour de moi,  sur moi  et  au-dessus de moi.

Rina  

                         _________________________

Rouge, l’âtre qui réchauffe

Rouge, le feu qui lèche les bûches

Rouges, les flammes qui scintillent

Et font briller tes yeux.

Rouge ton cœur

Qui ne bat que pour moi,

Rouge notre passion

Qui toujours durera.

 

Rouges tes joues

Après ta course folle,

Et rouges dans ta main,

Des coquelicots, fragiles corolles.

Rouges tes lèvres

Savamment fardées,

Donnant à tes baisers

Un goût acidulé.

 

Rouge le vin

Aux enivrantes vapeurs

Egayant les repas de fêtes

Si chers à nos cœurs.

 

Rouges les roses de printemps  

Grimpant sur les tonnelles,

Rouges les fraises et cerises

Qui fondent sous nos dents,

Rouges les feuilles d’automne

Qui crissent sous nos pas,

Rouges les bruyères d’hiver

Garnissant nos balcons,

Rouge l’ardente nature

Quelle que soit la saison.

 

Rouge le soleil couchant

Qui descend, nonchalant,

Enflammant l’horizon,

Dernier sursaut du jour.

Gill

_________________________________________

 

dimanche, 11 mars 2012

la vitrine de l'antiquaire

 

Choisir une couleur.

                 Choisir une étoffe

                             Choisir un chiffre.

                                         Choisir une époque.

  Donnez votre sélection à votre voisine

  Vous (ou un personnage de votre choix) êtes face à la vitrine d’un antiquaire, un

objet provoque un souvenir. Racontez en utilisant les qutre paramètres reçus.

                      -------------------------------------------------- 

wikimédia

mariage médiéval.jpg

je déambule, flânant sans but aucun à Paris,  dans le onzième arrondissement, jetant ici et là un regard dans les vitrines que je dépasse sans m'arrêter  mais soudain mon regard se pose sur un mannequin paré d'un costume de couleur rouge , un beau rouge qui flamboie et lance des éclairs qui miroitent dans le reflet du soleil matinal ;  je me recule pour mieux l'admirer, tiens, je suis devant la vitrine d'un antiquaire au n°  12.  A l'intérieur, un fouillis de toute sorte d'objets mais,  c'est ce mannequin vêtu de cette si magnifique robe de satin semble-t-il, qui  me frappe ; je plonge  dans une époque si lointaine, le moyen âge, mon regard scrute et enveloppe ce tissus qui semble vivre, suit les volutes qui disparaissent dans le creux des plis plongeant sur le sol bougeant au gré d'un courant d'air tournoyant légèrement; je la vois la belle moyenâgeuse avançant  dans les longs couloirs si froid de son château tenant un pan de sa large robe d'une main, la tête haute, le regard fier, dédaignant les cavaliers qu'elle croise perchés sur les montures de leur chevaux, sabots 

claquants, résonnants dans les murs au sol nu ;  j'entends le froufrou  du satin qui bruisse affleurant le carreau puis je l'aperçois au loin qui se fait  engloutir tout entière par  un pan de tenture, le dédale des corridors s’estompent, puis le château du moyen âge et ses cavaliers et chevaux. Restent devant mes yeux le mannequin et son costume rouge qui ont su m'amener dans ce beau rêve.  

 

Rina

________________________

 

gif.supertoinette.com

 

mariage adultes.jpg

Pendant un court séjour à l’Isle sur Sorgue, ville par excellence des antiquaires du sud de la France, nous baguenaudions avec mes deux filles d’une boutique à l’autre juste pour le plaisir de se replonger dans les ambiances surannées évoquées par les objets hétéroclites, de toutes provenances, de toutes matières plus ou moins précieuses et rares, de toutes natures.

Soudain, je tombai en arrêt, comme un chien de chasse devant le gibier, en voyant dans une vitrine une robe en jersey léger, bleu-roi, d’un beau bleu profond et lumineux à la fois. Et je plongeai dans mon enfance. J’avais neufans. C’était après la dernière guerre et pour la fête du village, fin mai, ma mère m’avait confectionné une petite robe à mes mesures avec les restes de tissu de la sienne. Ainsi nous avions la même tenue. J’étais très fière de l’arborer sur les manèges et j’appréciais les remarques des gens sur ma ressemblance avec ma mère accentuée par cet effet vestimentaire. Aujourd’hui nous dirions que j’étais son clone. Et mon père était fier aussi de tenir à son bras les deux femmes de sa vie.

J’expliquai tout cela à mes filles ce jour-là.

Un an plus tard, ma seconde fille se mariait et j’eus une agréable surprise, parmi beaucoup d’autres, comme sait en réserver une telle fête. La mariée et sa fille de 9 ans- quelle coïncidence !-portaient la même robe, le même bouquet ; et le marié avait aussi son petit clone dans un costume trois pièces : mon petit-fils de 11ans.

Et bien sûr, les photos sont très belles.

 

Mimi

mariage enfant.gif

gif.supertoinette.com

 

______________________________________

 

louis 14.jpg

Gian Lorenzo Bernini

Musée national du Château de Versailles et des Trianons, salon de Diane, Versailles

 

 

La statuette

 

 

 

 

 

Ah ! Ces brocantes porteuses d’histoires, de souvenirs. Je flâne devant les boutiques. L’étalage des objets triture mon imagination. Un bibelot, une étoffe, une couleur me font voyager dans le temps. Méli-mélo d’évènements heureux ou malheureux. Une bribe accrocheuse me plonge dans le passé. Je me laisse engloutir par un amas d’objets disparates qui, simultanément, m’émerveillent, me parlent, me font revivre des bouts de puzzle de ma vie.

 

Je tombe en arrêt devant une statuette représentant Louis XIV, étiquetée N° 6, d’époque récente semble-t-il. La porcelaine, cependant, est d’un vécu affirmé. Quelques éraflures. Rhingrave et justaucorps, bien qu’élimés, arborent encore leur couleur violette sur une chemise de soie blanche au tour de cou élégamment noué.

 

Le fard a disparu, mais le souverain devait en être badigeonné à souhait pour présenter un visage avenant sous sa perruque poudrée.

 

J’imagine les jeux d’épaules et de nuques des donzelles de la cour, jouant de leurs charmes, poitrine offerte sous un décolleté généreux pour capter l’attention de Sa Majesté. L’histoire est là, dans cette vitrine. Cependant, j’imagine aussi un passé récent. Un cadre romantique lorsque la statuette fut offerte à sa destinataire pour marquer un heureux évènement, ou bien dramatique quand elle fut mise au rebut après des obsèques où il fallut se débarrasser de tout ce qui encombrait… Son voyage n’était pas terminé. Elle pouvait encore faire rêver.

 

 

 

Mouty

 

 

 

_______________________________________

lampe 2.jpg

wikipédia

 

 

Michèle habite tout près d’Aix en Provence, très jolie petite ville où elle aime flâner dans les rues piétonnières, et c’est ainsi qu’elle se retrouve aujourd’hui devant la vitrine de son antiquaire préféré. Son regard gourmand glisse sur les objets divers disposés avec art sur des étoffes chatoyantes et elle imagine autant d’histoires survenues au cours des siècles ; soudain, ses yeux sont attirés par une lampe à pétrole installée sur un tissu de satin bleu joliment plissé : cuve en cristal agrémentée de petites feuilles délicatement gravées, surmontée d’une cheminée à renflement permettant à la flamme de s’épanouir et reposant sur un pied de marbre gris clair et un socle presque noir.

Immédiatement elle se sent transportée à paris, dans les années 50, chez sa meilleure amie, Noëlle. Un soir sans électricité car les coupures de courant sont assez fréquentes, et toute la famille autour de la table avec cette lampe au milieu, éclairant de sa faible lueur des visages souriants et aimés. Famille idéale : accueillante, unie, joyeuse, pour elle dont les parents ne s’entendent pas très bien, très occupés par leurs activités  professionnelles, ce qui la laisse souvent livrée à elle-même. En un instant ce seul objet la transporte dans ce monde de l’enfance puis de l’adolescence dont elle est bien loin maintenant et qu’elle a presque oublié. Coïncidence d’ailleurs, hier elle a projeté de donner à sa petite-fille de sept ans un collier d’ivoire reçu de la mère de Noëlle pour sa communion. Elle a l’impression que ces objets veulent l’amener à se souvenir de ces moments joyeux.

Le regard toujours sur la lampe, elle revient à la réalité. Pendant un instant, l’envie de l’acheter est très forte puis finalement, elle reprend sa route se disant qu’il n’est pas nécessaire de posséder un objet pour se souvenir. Tout est là, dans le cœur.

Gill

______________________________________________________________________________

 

paris,moyen-âge,rouge,guerre,mariée,clone,rhingrave,justaucorps,famille,lampe,pétrolekatbalou.centerblog.net

 

              Le Marais dix heures du matin. Heure délicieuse pour flâner dans une ville quand il fait beau ! C’est le cas aujourd’hui. Le soleil a choisi ce quartier de Paris pour égayer place et arcades. Quelques uns de ses rayons parviennent même à redonner un petit coup de jeune aux vitrines des antiquaires. D’ordinaire, chiner n’est pas, tant s’en faut, mon hobby favori ; à la rigueur, la visite des musées et encore ! Que voulez-vous, les objets du passé ne me parlent pas, désolée…mais ce matin, allez savoir pourquoi, je m’attarde aux devantures, souris à quelque vestige de siècles révolus…Tiens, en voilà un justement : un coffret, à peine plus grand qu’une boîte à chaussures et recouvert de satin, d’un bleu un peu fané. Il aurait  appartenu à Madame de Maintenon, indique une vignette très discrète. Je le crois volontiers. La simplicité de l’objet dénonce le Jansénisme de la royale compagne, ennemie, comme on le sait, de toute forme de bling-bling.

              Qu’a donc bien pu contenir cette boîte ? Quels secrets, Quelles tendresses peut-être ? Et pendant que je m’interroge, ma mémoire, elle, décide de faire l’école buissonnière et de remonter le temps loin, loin, jusqu’à redécouvrir un autre coffret. Modeste également mais d’un tout autre style, un peu plus petit aussi. Lui est recouvert de minuscules coquillages et sur son couvercle on peut lire : Souvenir de Marseille. Ma grand-mère l’avait ramené d’un de ses rares voyages en métropole et depuis il trônait sur l’étagère du « cosy », meuble indispensable à toute chambre des années 50,  se dressant fièrement à la tête du lit. Vintage en diable, le coquin.

            Les Jeudi et Dimanche après-midis, allongée près de ma Mémé sur (et non dans) le lit, j’étais sensée faire la sieste. Il faisait si chaud dès le mois de Mars en Algérie ! Aussi tout le monde y allait de son petit somme. Tout le monde sauf moi. Car, dès que ma grand-mère était endormie, je me saisissais du coffret marseillais et m’employais à en détacher une petite dizaine de coquillages. Ils devenaient, selon les jours, enfants diablotins, héros de Nous Deux (que je dévorais la nuit en cachette) ou armée du débarquement en Normandie. Ainsi, grâce à mes contes des mille et une siestes, je passais de façon fort agréable cette heure  sacrosainte…mais tant détestée des enfants.

   Ma grand-mère a toujours fait semblant de ne s’apercevoir de rien, même quand son joli souvenir s’est mis à ressembler de plus en plus au cou déplumé d’un dindon. Il est vrai toutefois que pour elle, l’Art d’être Grand-Mère n’était pas de la littérature…

             Et me revoilà devant la vitrine de l’antiquaire, imaginant mes petits coquillages s’égrenant au fil des ans, comme les cailloux du Petit Poucet…Il me vient alors curieusement le désir de rassembler leurs fantômes, dans une boîte, plus gentille que celle de Pandore, puisqu’elle me ferait voyager dans le temps, dès que j’en soulèverais le couvercle…

            Tiens, je vais entrer demander le prix du coffret de satin bleu. Je sens, derrière mon dos, Madame de Maintenon qui sourit déjà.

 

                                                                 El Pé

_____________________________________________________