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samedi, 23 février 2013

La Saint-valentin

 

Pierrot a rencontré Colombine. En 20minutes, il (ou elle) lui écrit une lettre d’amour. Elle (ou il) lui répond. 

Le premier message est écrit sur une feuille volante par chaque participant à l’atelier. Il le passe à son voisin de droite qui écrit la réponse en fonction de la lettre reçue.

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Source : billounette.centerblog.netsur centerblog.

 

 

 Lettres d'amour par Gill et Rina


Mon aimée,

 

Me promenant sans but, perdu dans mes pensées, je marchais, lesyeux

 baissés, quand j’ai aperçu deux mignons petits pieds chaussés de fines

ballerines noires autour desquels se balançait élégamment le bas d’une

vaporeuse  jupe blanche ornée de gros pois noirs. Mon  regard, timide

 mais  attiré par une force invisible, s’est alors levé et une  taille fine,

ceinte d’un ruban de satin noir, m’a alors séduit par sa grâce juvénile.

Impatiemment alors, emporté par un brûlant désir de la voir toute

entière, j’ai levé tout à fait les yeux et plongé dan un regard qui m’a

enflammé instantanément et s’est approprié mon cœur à jamais. J’ai

su  dans  l’'instant  que je  ne  pourrais  plus me  détacher de ce 

merveilleux visage où brillait un regard aussi bleu que le ciel ou la

mer dans lequel j’avais envie de me noyer. Colombine, à cet instant tu

es devenue lafemme de ma vie.


Reçois mon cœur et une brassée de baisers.


Ton Pierrot qui ne pense qu’à toi.

 

 

Pierrot, pierrot,

 

Je trouve ta lettre à l’instant et je cours la lire dans ma chambre où je

peux la savourer tranquillement ; chaque mot est une petite flèche

qu’envoie Cupidon dans mon cœur ; moi aussi j’ai senti ce regard qui

se levait sur moi, qui montait tout doucement vers mon visage , ce

regard,  je l’ai reçu comme une secousse électrique se répercutantdans

tout mon être et je n’ai plus osé bouger ; faire un pas de plus m’a

semblé impossible ; cloués au sol, voilà comment étaient mes pieds et

mon cœur, lui, tu pouvais l’entendre cogner come un fou dans ma

poitrine, mais dans un sursaut j’ai pu me reprendre et, esquissant une

grimace qui se voulait sourire, je suis passée, sentant la brûlure de ton

regard me suivre . Alors, là, en lisant ta lettre enflammée, je suis aux

anges, j’ai du mal à y croire ; l’amour, c’est ça l’amour, vibrer

ensemble à l’unisson, souhaiter, espérer se revoir vite ; l’excitation me

prend avec l’envie de retourner là où nous nous sommes croisés, mais

je sais que maintenant nous avons le temps et devons savoir patienter

un peu, un tout petit peu, c’est ce qui permettra à ce nouvel amour de

grandir et s’épanouir en se connaissant mieux.

 

 Je sens que la route qui s’ouvre devant nous est un long ruban où nous

cheminerons côte à côte, mon Pierrot.

 

Ta Colombine

                                                                                        

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 Lettres d’amourpar El-Pé et Mouty


 

Descends un peu de ta lune, cinq minutes, mon cœur. Et regarde-moi. J’EXISTE. Je ne suis pas que ta source d’inspiration  mon petit chat, c’est ce que j’essaie de te faire comprendre depuis des lustres. Oui, c’est vrai, j’adore tes poèmes, tes yeux doux et tes airs de mandoline…   … mais j’aimerais, j’aimerais tant ! … tu sais quoi ? Qu’une fois, une seule fois, tu m’emmènes au resto, pour la Saint-Valentin. Tu vois, je ne suis pas difficile ! Je ne demande pas la Tour d’Argent ! La Cafète du Petit Casino ou un Mac Do me suffirait… Mais je t’en prie, cette année, fais-moi ce petit plaisir. Et moi, en échange, je t’offrirai… Quoi donc, tiens ?

J’attends avec impatience ta réponse, mon Pierrot le Fou à moi… et oui, je te promets que la vie durant (et, n’est-ce pas, elle sera longue puisque nous sommes immortels), la vie durant donc, tu te souviendras de ce 14 Février.

Ta Colombine qui t’embrasse et t’aime passionnément.


Ma Colombine,  Mais quelle Colombine ? J’en ai tellement croisées ! Tellement aimées ! J’ai apprécié les yeux verts, couleur d’espérance, ainsi que les yeux bleus où l’on plonge dans un coin de mer. Quant aux yeux noisette qui reflètent les rayons de lune, j’en suis encore imprégné. J’ai chaviré sur un corps sentant la violette, et j’ai flippé sur une gorge au parfum de rose.

Je suis encore émoustillé par la juxtaposition si ce n’est le mélange de toutes ces fragrances. J’ai senti le soleil dans une chevelure sombre et la brise d’été dans des boucles dorées.

Comment t’inviter ? Qui inviter ? Toutes, assurément, car je ne parviens pas à choisir. Mais imagines-tu le défilé au Petit Casino, ou même chez Mac Do ? Tu sais, je tiens beaucoup à mon anonymat. Ce qui ne m’empêche pas de vous porter toutes dans mon cœur. Vous me rendez fou. En définitive, je lancerai une seule invitation par année. Cette année, je réfléchis.

A l’année prochaine Colombine ! Moi aussi je t’aime.

Pierrot.     

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Lettres d’amourpar  Mouty et Gill


Pierrot,

Il faut que je te dise, même s’il n’est pas dans l’éducation des jeunes filles de faire le premier pas épistolaire pour déclarer sa flamme, le carnaval m’a laissé un souvenir brûlant, ton corps ayant laissé son empreinte sur le mien d’une façon inextinguible. Pierrot, je ressens la présence de ton torse sur le mien ; ta sueur imprègne ma peau qui en redemande. Ton souffle m’enivre encore. Pierrot, mon amour pour toi n’a pas de mots assez forts pour te le dire.

Je t’aime pour la vie. Je t’appartiens.

Colombine

 

Ma chère Colombine,

Je suis très heureux de l’impression que je t’ai laissée. Pour moi aussi ce fut un moment merveilleux, mais au-delà de ce corps à corps brûlant, je voudrais te dire que seul le temps dira si notre histoire d’un jour de carnaval durera toute une vie ; je t’aime si fort que je te voudrais éternellement à mes côtés et j’ose penser que nous saurons déjouer tous les pièges que la vie tend aux jeunes amoureux. J’espère avec ferveur qu’un jour Colombine aura les cheveux blancs auprès de Pierrot, mais même si ce jour ne devait pas arriver, ce que nous avons vécu restera gravé dans mon cœur et dans mon corps comme un moment intense, unique et privilégié.

A toi mon cher amour.

Pierrot

                                                                                                           

 



 


jeudi, 07 février 2013

En allant au jardin

 

 

 Vous arrivez dans votre jardin et vous entendez une sorte de brouhaha. En tendant  l’oreille, vous vous rendez compte que les plantes parlent et que vous pouvez comprendre ce qu’elles disent. En 20-25 minutes,  imaginez cette conversation entre les habitants du jardin en insérant dans votre texte les six mots suivants trouvés précédemment par les participants.

                   Pot  Gravillons  Epine   Citrouille  Potager   Sarcler

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citrouille.JPG

la citrouille et les herbes folles

 


QUAND LES PLANTES PARLENT

J’aime les soirs d’été, quand la pénombre se pose doucement. J’aime écouter les chants d’oiseaux qui s’égosillent pour annoncer l’arrivée d’une nuit reposante. Quelques bruits de moteurs et de klaxons issus de l’horizon, de si loin qu’ils nous parviennent étouffés, se mêlent à la vie de la nature.

J’aime particulièrement mes balades relaxantes dans le jardin potager, vers lequel me conduit l’allée chargée de gravillons. Un potde géranium illumine l’entrée. Ses tiges souples et feuillues, couvertes de fleurs incandescentes, retombent sur le pilier.

Je franchis le portillon à pas feutrés pour ne pas déranger, car, si vous tendez bien l’oreille, vous entendrez les plantes deviser à voix basse. Vous pensez peut-être qu’il s’agit d’une illusion ? Non pas, c’est une attention particulière aux murmures.

Le matin, quand le soleil délie les langues tandis que je sarcle mes plates-bandes, les conversations sont moins audibles. Les plantes gardent souvent leur salive pour être en mesure de supporter une journée caniculaire. Journée torride quelquefois, sans pitié pour les faiblards. Seul, le rosier reste sur la défensive avec ses épines agressives.

Le soir, c’est la détente. Chaque plante s’étire sous la douche bienfaisante. La citrouille y reprend ses couleurs rutilantes de reine du jardin.

Les herbes folles se redressent en babillant :

-      Tu as vu notre reine comme elle est fière ?

-      Sans nul doute ! quand je pense que nous l’avons connue princesse, issue d’une fleur magnifique !

-      C’est ça le cursus de la vie : on nait, on se transforme, et on meurt ! Tu sais qu’elle va bientôt finir dans un potage ?

-      Garons-nous ! demain matin c’est encore du sarclage !

 Mouty

                                                                                       

reine,princesse

 

raf-photos.blogspot

 

 

L'air embaume en ce matin de printemps , l'envie d'aller dans le jardin me titille depuis quelques heures , chaussant sabots et gants de protection, dès la porte fermée , je peux humer le parfum qui vient chatouiller mes narines venant de différents arbustes en fleurs , je descends l'allée de gravillons crissant sous mes semelles , quand soudain , un brouhaha me stoppe net . Mais est-ce que je rêve ? Qu'est-ce que ces sons bruissant, ces chuchotements, ça parle ici ; Mais oui me dit la citrouille  étalant ses rondeurs d'un jaune orangé lumineux sur la terre grasse fraichement sarclée , on fait la conversation , tu vois me dit une ronce oubliée dont les épine  aux piquants acérés essayent de se cacher courbant leur tête sous un pot croulant de pensées aux couleurs chatoyantes , on ne s'ennuie pas nous ; plus j'avance vers le potager plus le langage qui m'arrive m'interpelle ; je sais, le vent vous a assoiffées  mes belles salades , je vais vous donner une petite douchette  pour que vous puissiez vous pommer encore plus , et vous aussi mes petits poireaux , pour que vous restiez tendres à souhait, calmez-vous , je n'oublierai personne, chacun son tour  sera rafraîchi et apaisé , je vous rassure je vous aime trop pour vous laisser dépérir, vous m'êtes tous aussi nécessaire que l'air que je respire ; au fur et à mesure de mon passage , les murmures se taisent, fleurs et légumes semblent comblés par l'eau qui les fait briller les lavant de la poussière et du soleil qui les flétrissait , ils s'épanouissent et revivent , pour mon plus grand plaisir .

Rina

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Le potager et les fleurs


-« Ecoutez, la voilà qui descend ; c’est elle je vous dis, je reconnais son pas hésitant ; rien à voir avec son pas à lui, beaucoup plus décidé ». Celle qui parle assez cavalièrement, c’est la citrouille, à la belle couleur orangée, la reine du potager, par sa stature imposante et son bagout souvent caustique.

-« Si c’est elle qui s‘occupe du jardin ce matin, c’est une catastrophe », reprend-elle, « elle n’y connaît rien du tout ; elle ne fait pas la différence entre sarcler et biner, et si elle se met à vous tailler n’importe comment, vous, les rosiers, vous allez y laisser des plumes, c’est moi qui vous l’dit ! ». Les salades, pas très loin, se contentent d’opiner en émettant de discrets « hum,hum » car elle ont peur d’abîmer leurs fragiles feuilles, à trop s’agiter. Les poireaux se recroquevillent pour passer inaperçus. Seuls les melons, en nombre, appuient les dires de la citrouille, assez mauvaise langue.

Côté fleurs, on n’est pas d’accord. Les pots de pensées, aux couleurs chatoyantes, mauves, jaunes, roses, rangés avec art, vantent sa délicatesse. Quant aux tulipes, joliment plantées dans des massifs colorés, elles tiennent ce langage : 

-« Nous n’avons pas du tout à nous plaindre d’elle ; elle nous arrose quand il faut, nous a installées confortablement de chaque côté de l’allée de gravillons blancs, et  nos couleurs rouges, jaunes ou orangées tranchent agréablement sur cette blancheur et sont du plus bel effet. Et vous les rosiers, qu’en dîtes-vous ? » 

- « Nous certifions être manipulés avec le plus grand respect et être parfaitement taillés, mais », ajoutent-ils d’un air malicieux « peut-être nos épines y sont-elles pour quelque chose ».

Visiblement, le clan Potager et le clan Fleurs ne sont pas du tout  d’accord. C’est alors que le Thuya, qui trône au milieu des deux, lance un « soyez contents, vous avez deux spécialistes dans ce jardin, lui pour le potager et elle pour les fleurs. Que demander de plus pour être bien soignés !

Gill

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Photo: www.Photo-Paysage.com (CC BY-NC-ND)

 Photo : cc by-nc-nd  Photo-Paysage.com



            Le langage des fleurs, ne m’en parlez pas !!  Jamais ! D’ailleurs, je ne peux plus voir la plus délicate des roses, la plus inoffensive des marguerites sans qu’un énorme frisson ne me parcourt le corps. Je vous explique :

         Je n’avais pourtant pas bu ce jour-là. Deux, peut-être trois coupes de Champagne ! Mais guère plus. Juste pour oublier que je n’aurais jamais dû me rendre à ce cocktail, organisé par un couple, amis de mon amie d’enfance. Croyez-moi, cela ne veut strictement rien dire, les amis de mes amis, et j’étais en train d’en faire l’expérience. Le fameux couple était affreusement antipathique, genre nouveaux riches méprisants, vous voyez le style ! Bref, toujours est-il que je décidai d’aller prendre l’air. Sur la terrasse trônaient deux camélias en pots, superbes, mais je poursuivis mes investigations, d’autant qu’un vaste jardin s’ouvrait au pied de l’escalier

        Dédaignant le potager, fraichement sarclé, certes mais dont les citrouilles et courgettes ne m’inspiraient guère, je m’engageai, en toute innocence, sur l’allée de gravillons menant au jardin d’agrément. Mal m’en prit !

       Tout d’abord, je ne perçus qu’un murmure, que je pris naturellement pour le souffle du vent dans les arbres. Souriant bê(a)tement, je m’avançais donc, emplie de ferveur bucolique, lorsqu’une épine, émergeant soudain d’un buisson d’aubépines, accrocha ma jambe sournoisement, filant du même coup mon joli collant de soie. Un éclat de rire se fit aussitôt entendre. Regardant autour de moi, je ne vis personne. Rien que des arbres et des fleurs. Haussant les épaules, je fis quelques pas, ce qui déclencha l’éveil d’une multitude de voix aigrelettes, formant une sorte de carillon diabolique :

    « -T’as vu un peu la dégaine de cette nana ? Mais d’où elle sort celle-là ?

       -Aucun chic, aucun goût !!

       -Et son parfum les filles, vous avez senti ?

      - Si on peut appeler ça du parfum !! Moi je trouve que ça rappelle plutôt l’engrais dont on nous asperge régulièrement. Pouah !!!

    -Moi je vous préviens, si elle se penche pour me renifler, je lui pique le nez !

   - Elle n’a rien à faire ici ! Qu’elle s’en aille !

   - Et si on lui envoyait en cadeau de bienvenue les abeilles qui sont en train de nous butiner, hein ? Qu’en pensez-vous ? »

      Je n’attendis pas la réponse et m’enfuis. Effarée, je ne parvenais à réaliser ce qui venait de se passer. Oh, ce n’est pas tant le fait que les fleurs puissent parler, une fréquentation assidue de la littérature fantastique m’a préparée à toutes sortes d’éventualités de ce genre ! Non, c’était la méchanceté qui se dégageait de créatures a priori si mignonnes qui me bouleversait. Puis brusquement je compris : en réalité, les fleurs sont à l’image de ceux qui les possèdent. Quelle responsabilité n’est-ce-pas ? Rien d’étonnant, par conséquent, que celles de cette maison soient de véritables chipies…

      Forte de ma découverte, je rentrai. Tiens, on dansait maintenant. Une série de tangos. Moi qui adore ça ! Tant pis. J’en avais assez vu comme cela. J’essayai donc de m’éclipser discrètement  lorsque le maitre de maison, me barrant la route, m’invita à danser. Il arborait un sourire suffisant et une rose rouge, qu’il m’offrit. Je la lui jetai à la figure.

                                                                                          El Pé

                                                                                                               

 

dimanche, 13 mai 2012

Il ne nous reste qu'un sens!

 

                Après avoir trouvé des mots en rapport avec les mots suivants :

                                 vue/ouïe /odorat/goût/toucher

 et rayé les mots communs, chacun choisit un mot dans la liste qui lui reste pour faire                                                    une liste commune:                                                             

                        amer, arôme, visionnaire, froissable


      Ecrire un texte contenant ces quatre mots  sur le thème suivant :

                                   « imaginez que vous n’avez qu’un sens »

                                                  (25mn)

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ouie mimi.jpg

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L’OUÏE

 

J’ai un goût amer dans la bouche. Au figuré bien sûr ! En général, je n’ai pas un esprit froissable, je ne me vexe pas facilement, je suis même souvent trop souple et conciliante, trop tolérante. Mais là, ça dépasse les bornes ! Ce que j’ai entendu est inadmissible ! Et dire que l’ouie est le seul sens qui me reste ! Mais comme dit l’expression : « Il vaut mieux entendre ça qu’être sourd »et dans mon cas ce n’est pas peu dire !

Depuis l’incendie, je ne peux plus sentir les arômes des mets ni les parfums des plantes ni les puanteurs d’ailleurs. Je ne peux plus voir les splendeurs e la nature ni les horreurs, heureusement.

Mon sens du toucher a été altéré par les brûlures sur ma peau et les sensations tactiles me sont impossibles. Je ne goûte plus le doux et l’amer, l’acide et toutes les subtilités de goût intermédiaires que sont le foie gras et les huîtres, le saucisson et les fromages ou tout autre aliment.

Et voilà que moi qui ne peux plus voir, je m’entends traitée de visionnaire. C’est un comble ! Mais bon, passons, je préfère ne pas répéter ce que j’ai entendu.

Il me reste la musique, toute la musique qui est déjà infinie, les bruits de la nature : le ressac de la mer différent selon qu’elle est d’huile ou déchaînée, le bruissement du vent dans la forêt, un ruisseau gazouillant, les pépiements des oiseaux et la multitude infinie des sons qui me permettent d’imaginer la beauté que j’ai connue. Et il me reste aussi à écouter le silence si reposant après le bruit et la fureur de la tempête qui a traversé ma vie.

 

                        Mimi

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L’ODORAT

Je naquis dans une rose, comme toutes les petites filles. Quelle chance ! Penserez-vous. Et bien non, car les fées qui s’étaient penchées sur ma destinée m’avaient privée des sens essentiels : privée de vue, d’ouïe, de goût, de toucher. Cependant, elles m’avaient dotée d’un odorat développé à l’excès qui me permit de me passer très rapidement des autres capacités. Je pus ainsi repérer mes itinéraires selon les arômesportés par l’air ambiant. Je devins visionnaire en fonction des multiples odeurs exhalées par tout ce que je croisais : les jardins fleuris comme celui de Madame Hortense, garni de roses, ou celui de Mademoiselle Cécile avec son chèvrefeuille, le jardin potager du père Martin avec ses choux et ses oignons. J’avais repéré également le bistrot du village, ainsi que le boulanger. Et je finissais aussi par bien connaître le vieux Nestor, célibataire crasseux dont l’âge indéterminé empestait l’écurie du siècle dernier. Je croisais aussi Colette, honorable dame qui devait afficher la soixantaine, et qui fleurait le Guerlain à dix mètres. Un petit paradis d’essences florales. J’aimais les quelques minutes de pause avec elle quand je la rencontrais. Elle me narrait toujours une petite histoire. Comme son homologue, elle écrivait. Des histoires de chats, bien sûr. Et puis il y avait ce pauvre Jules, imbibé d’alcool et de tabac, qui ne pouvait passer inaperçu, à tous les sens du terme sans doute. Il y avait cette odeur de baies sauvages, cueillies au passage lors d’une balade en orée de bois sentant les résineux. Privée de goût, je n’en percevais pas le côté amer. Je marchais en faisant crisser sous mes pas le tapis de feuilles froissables.

Je n’ai toujours pas compris comment j’ai réussi à écrire ce texte, privée de sens dont il est difficile de se passer. Sans doute parce que j’avais été normalement dotée de mes cinq sens lors d’une vie antérieure. Ou que je parcours actuellement une autre vie…

                            Mouty

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toutimages

  

 

LE GOÛT

 

 

 

Si je n'avais qu'un sens, et que ce soit le  goût  le goût seul ;  que peut être la vie de tous les jours avec ce seul sens, je reconnaîtrais l'amertume l'amer ou le sucré ou l'acidulé  je pourrais mastiquer mâcher avaler ce qui les ferait ressortir au palais  mais pour l'odeur les arômes des mets comment humer respirer ressentir,  la vue voir les couleurs les formes les lumières le soleil l'eau ; entendre les bruits les sons les froissementsle toucher,  prendre une matière craquante entre mes doigts  je n'entendrais ni le crissement ni ne sentirais la texture la douceur l'épaisseur le velouté ou le rêche ;  quel handicap  je ne puis me faire à cette idée j'aime trop renifler humer sentir une plante une fleur, chercher d'ou vient un parfum une odeur  écouter entendre apprécier vibrer sur une musique un  chant une  voix  les sons différents que ce soit d'instruments de musique les aigus les graves les chants d'oiseaux  les murmures des rivières le vent qui souffle la pluie qui tombe, les rires des enfants spontanés, les rires en cascades, les rires qui éclatent dans un moment de joie ou de bonheur intense  et voir ; regarder admirer, toutes les couleurs les  formes les lignes la diversité que nous offre la vue de notre nature  la beauté de nos villages de nos montagnes ou forêts de notre architecture lire encore je pourrais apprendre à lire  le braille bien que pour cela il me faut  le sens du toucher que je n'ai pas , alors je crois qu'aucun  visionnaire ne peut imaginer qu'on puisse vivre avec un seul de nos sens pour ma part je ne peut pas y croire , qu'il nous en manque un et c'est déjà compliqué mais  on peut  essayer d'y remédier grâce aux fabuleux progrès de la technologie je pense à la surdité ( par exemple  ) par contre , si la vie nous a nanti de tous nos sens dont les fonctions  ne sont nullement altérées alors utilisons-les,  ces cadeaux inestimables tout en essayant de les protéger au mieux , prenons -en soin ils sont précieux chacun jouant  leur rôle  nous  rendent la vie tellement plus simple, plus facile . 

 

                                 Rina

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 L’OUÏE

 

Voilà, c’est le grand jour, je vais pouvoir assister à cette soirée de gala que j’attends depuis que je suis arrivé. Mais je me présente, je m’appelle Auricule et je viens de la planète Othorinelle. Je suis, il faut bien le dire, un extra-terrestre et mon corps a  la forme de ce que vous appelez ici, une oreille. Sur Othorinelle, notre moyen de communication est uniquement le son ; nous en émettons et en recevons et l’ouïe  est tellement développée chez nous qu’elle nous permet de reconnaître ce que vous appelez « arôme »ou ce que vous appelez « amer », simplement en entendant la réaction sonore  émise  par celui qui le sent. Nous pensons que le son va nous permettre de communiquer avec vous et qu’à travers lui passeront nos émotions et les vôtres ; Vous me prenez peut-être pour un visionnaire mais j’espère bien vous démontrer le contraire quand nous aurons fait plus ample connaissance.

 

Mais pour l’instant, je suis à Paris et monte les marches de l’Opéra ! J’entends le bruit des voitures freinant doucement, les portières qui s’ouvrent et le bruissement des longues robes effleurant la carrosserie puis se dépliant dans un crissement de satin ou autre tissu plus ou moins froissable. Les talons des élégantes parisiennes claquent avec grâce et mesure sur le sol du grand hall. Des voix de toutes tonalités laissent deviner une foule variée. Je me dirige vers la salle et m’installe  à l’orchestre tandis  que les bruits de conversations s’amenuisent  peu à peu pour laisser place au silence. Une salve d’applaudissements pour l’entrée du chef d’orchestre, un léger grincement pour le lever de rideau, et un flot de musique harmonieuse emplit tout mon être ; dans cette musique défilent toutes les émotions de la passion, de la jalousie, de la violence, de la terreur, des regrets. Dans les sons passe toute la vie.  

 

Oui, vraiment, je crois que par l’oreille passe toute la communication du monde et que vous et nous réussirons à nous comprendre.

 

                      Gill    

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