Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

jeudi, 02 juin 2016

A chaque auteur ses phrases

Après avoir écrit une phrase incluant un mot concernant la nature et faisant ressortir un sentiment ou une émotion, on passe la feuille à son voisin. On écrit une nouvelle phrase en utilisant un mot de celle qu’il a précédemment écrite, et ainsi de suite.

 Quand le tour de table est terminé les phrases sont remises à leurs auteurs respectifs.

 En 20 minutes, écrire un texte en les utilisant.

--------------------------------------------

Louisiana

wikimédia

 

Besoin de quoi ?

 

Besoin de quoi ? De rien… ou de tout ? Besoin de nature surtout. Bienfaits des grands espaces boisés ou parsemés de fleurs champêtres, de rivières qui dansent et d’oiseaux qui chantent. La forêt se joint à cette harmonie par le chant de ses branchages, de ses buissons, et m’enveloppe de bien-être. Châtaigniers aux allures princières, j’attends l’automne pour vous apprécier encore plus. Après m’avoir gâtée au travers des abeilles butineuses, j’attends avec impatience vos châtaignes goûteuses et vos feuilles dorées craquant sous les pieds. Blottis près de leur mère, les marcassins savourent son lait gouleyant et sa douce chaleur. Rêves de fleurs et de fruits succulents, confitures : fraises, myrtilles, mirabelles. Framboises ou pêches de vigne sont aussi un délice.

Au loin, dans le flou, noyé dans l’horizon, se découpe l’hôpital avec sa grande cheminée vomissant une fumée noire. L’hôpital, antichambre de la mort ou de la vie ?

Portés par la brise, quelques sons diffus me parviennent. Sont-ils issus de l’autre rive de l’Atlantique ? Banjo et guitare, un rythme de Louisiane.

 

Mouty

_________________________

besoin,banjo,guitare,louisiane

pixabay

 

         « Indiquez, en vingt mots maximum, quelle est votre représentation de l’univers » dit le professeur

 Evidemment, personne ne se tint à ces vingt mots et le prof lui-même ne s’y attendait pas. Il ne s’attendait pas non plus au texte, qu’après avoir corrigé plusieurs copies plutôt moyennes, il eut alors sous les yeux :

« L’univers, c’est la pluie qui tombe, tombe tandis que l’eau de la rivière monte, monte dangereusement…et pendant ce temps l’oiseau, joyeux, salue le printemps.

Mais il chante faux, ce pauvre piaf, car forcement il est un peu enrhumé, avec toute cette pluie. Alors, on l’opérera des végétations, et dès lors, il ne manquera plus jamais l’école. L’école du village, cela va sans dire, dirigée par Mademoiselle Santini, une jolie fleur dans une peau de vache, une jolie vache déguisée en fleur, celle-là, comme quoi il ne faut jamais se fier aux apparences. C’est comme les renards ; ils sortent de préférence la nuit, surtout pour piller les poulaillers et c’est vrai qu’elles sont craquantes comme tout, ces bestioles avec leurs jolis petits museaux et leurs pattes bicolores. Mais il ne faut pas s’y fier.

    Bref, l’univers est un tout dans tout et moi aussi, finalement, en y regardant bien. Ce qui rationalise énormément toute représentation et rend vaine toute discussion. En revanche, « être ou ne pas être se pose toujours avec autant d’angoisse et nous n’avons toujours pas de réponse. »

     La copie fut transmise à BHL qui la trouva fascinante.

 

           El Pé

__________________________

besoin,banjo,guitare,louisianeunivers,pluie,oiseau,angoisse

pixabay

 

Joe rêvait au bord de la rivière qui bondissait d’un rocher à l’autre en éclaboussures d’argent. Il voulait imprimer en lui toutes les images et les odeurs de son village : regarde les fleurs qui s’épanouissent comme la tendresse, tendresse des mousses, tendresse des monts. Il devait partir ailleurs, laisser ce coin de terre qu’il aimait tant.

Les joyeux ramoneurs venus de Savoie chantaient sur les toits de Paris. Joe était parmi eux. Il aimait être sur les toits : la hauteur, l’escalade lui rappelait son pays. Il fredonnait souvent « Armstrong, je ne suis pas noir, je suis blanc de peau ». Il se demandait : « Et moi, je suis blanc ou je suis noir ? Blanc le matin, noir le soir, quelle importance ? » Il se croyait un jeune talent de l’opéra. Sa popularité ne faisait que croître dans les guinguettes du bord de Marne où il participait à des concours de chant. Joe voulait sa revanche, le kid ne pouvait pas rester invaincu. S’il le fallait, il ferait exploser le cristal pour le battre. C’était une question d’honneur et de fierté devant Juliette. Pour cette jolie rousse, il avait exprimé sa préférence, cela était loin d’avoir plu à tous. Mais lui, le savoyard ne voulait pas se laisser impressionner.

Claudie

________________________________

 

mercredi, 02 mars 2016

Le "R" à l'honneur

Après un jeu de 5 minutes qui nous a permis de trouver un maximum de mots commençant par le son « RI », nous avons 25 minutes pour décrire une ville

(patrimoine, ambiance, politique, évènements, population……etc)

contenant un maximum de mots trouvés précédemment ou au fur et à mesure de l’écriture.

------------------------------------

richenqo,rimailleur,rive,rivière,rigoler,égosiller,sauter,bronzer,batifoler,savourer

pixabay

 

Rigoletta

On venait de loin pour visiter Rigoletta. Car ce n’était pas une ville comme les autres : nul rempart, nulle fortification ne l’entourait. Ses rues, au Nord, se perdaient dans les rides parallèles des champs de vigne, et au Sud, aboutissaient aux rives dorées de la Méditerranée. Un vrai bonheur.

     On y venait de loin, en effet, car Rigoletta était la ville du rire et de la joie. Aucune règle rigoureuse ne venait les ternir et si dans la région quelques psycho-rigides ricanaient en invoquant l’Inquisition, tant les contes de Toulouse que les évêques de Béziers se dépêchaient de les faire taire. La ville du plaisir ne contribuait-elle pas grandement à la richesse du Midi ?

       On ne risquait pas de s’y ennuyer : joyeuses ripailles et plaisantes ribaudes se plaisaient à distraire les épicuriens ; quant aux poètes, la mer leur inspirait des rimes assez sublimes. Comment rester insensible, en effet, à la générosité de ce soleil qui distribuait des milliers de diamants grâce aux ricochets de ses rayons sur les vagues ? Et pour tous, le vin si gouleyant du Languedoc coulait comme de jolies rivières dans les estaminets installés sur de larges places, s’amusant à rivaliser en nombre avec palmiers et pins parasols…

       «  La vie est si douce, la vie est si belle

         A Rigoletta, elle nous semble éternelle… »

Chantaient les troubadours. Bref, cela ne pouvait pas durer. Les dieux de l’Olympe et d’ailleurs s’en chargèrent.

   Une nuit, le volcan assoupi depuis des lustres dans son grand lit noir entra en éruption. Ce fut terrible. En moins d’une heure, de la pauvre Rigoletta, il n’en resta plus RIEN.

   Quelques siècles plus tard, un camp de nudistes s’éleva sur cet emplacement. Mais on a beau dire, ce n’est pas tout-à-fait la même chose.

 

            El Pé

________________________

 

Bunna1 - Kit for coffee ceremony

wikimédia

 

Les deux visages de Richenqo

Richenqo, c’est chez moi, tout au moins "le chez moi" que je me suis choisi, après avoir bourlingué dans bien des pays divers et variés. Et moi, le rimailleur du dimanche, je vais essayer de vous faire découvrir cette ville énigmatique, pleine de contradictions.

C’est une petite ville située dans la montagne africaine, non loin de la vallée du grand rift, traversée par une rivière qui ne rivalise pas avec le Rio grande, mais qui n’a rien non plus d’une ridicule rigole. Sur ses rives se côtoient la pauvreté et la richesse, les rites ancestraux et la modernité. L’habitat traditionnel où une ribambelle d’enfants noirs fait aux touristes des risettes dignes d’une pub pour dentifrice blanchissant, voisine avec des ilots modernes où de grosses sociétés ont implanté des complexes hôteliers façon Riviera, bien trop luxueux pour cet endroit perdu.

En observant les riverains, on voit des femmes aux visages ridés qui s’adonnent au rituel de la préparation du café, tandis que d’autres, parées de couleurs vives, aux allures de ribaudes, allongent leurs cils déjà suffisamment noirs, d’une couche de rimmel bon marché, acheté au super marché voisin.

On ne risque pas d’y rencontrer des rhinocéros mais par contre, le soir, les hyènes viennent y chercher leur repas en ricanant. Cela fait partie de son folklore.

Le soir, à la nuit tombée, il ne fait pas bon se risquer seul dehors, quand on a la peau blanche. Pourtant quand on se promène, sous le soleil de la journée, la population semble accueillante et dénuée de toute agressivité. Le rythme de la vie est calme, presque paresseux si l’on peut dire. Les rideaux devant les pauvres habitations cachent-ils sans doute une autre population, au mauvais rictus, celle du rififi et des rivalités, celle de la nuit, à l’affût du moindre touriste, ridicule dans son short blanc et sa chemisette ouverte, aux ripailles bruyantes, aux bijoux provocants, laissant penser, à tord peut-être qu’il est plus argenté que les autres.

C’est une ville aux deux visages, celui, rieur et affable du jour où l’on passe sans transition du Moyen Age au XXIème siècle, et celui, sombre et inquiétant de la nuit. Mais c’est pour cela que je l’aime, avec son petit côté docteur Jekyll and mister Hyde.

Gill

_________________________________

Dans un deuxième temps, trouver, en 10 minutes, un maximum de verbes à l’infinitif décrivant la vie quotidienne dans cette ville.

------------------------------------

A Richenqo, la rivière est là pour avoisiner, couler, le temps pour rythmer. On en voit voyager, bourlinguer, se cotoyer, se maquiller, construire, moderniser, implanter, acheter, étaler, risquer, accueillir, agresser, calmer, paresser, cacher, inquiéter, aimer.

Gill

_______________________

Dans cette ville de Riomont, on aime :

Rigoler, recevoir, surprendre le voyageur, se donner en spectacle, remuer, s’égosiller, prendre son temps, regarder la rivière, se taper sur l’épaule, s’éprendre d’amitié, applaudir, se dégourdir les jambes, sauter à l’eau, monter à Riomont le haut, descendre au pont, découvrir de nouveaux visages, s’interpeler, pousser la chansonnette, croire au bon Dieu, tirer le diable par la queue.

Claudie

______________________

Infinitifs

Rire - s’empiffrer - lorgner – batifoler - se balader - s’ignorer - dépenser - danser - s’esclaffer - bronzer - nager - savourer - chercher - tourniquer - traverser - vadrouiller - virevolter - s’affaler.

Mouty

___________________________

Enfin, pour terminer, en 15 minutes, faire un tautogramme en « R »

(tous les mots doivent commencer par cette lettre)

-------------------------------------

Tautogramme : R

Retirez-vous de ma rue, rats, renards, rainettes et rossignols !

Romanichels au regard railleur, rissolez-moi un riche risotto.

Restes et rab régaleront le rhinocéros qui renâcle près du ranch.

Rillettes et ragouts sont rares, j’en suis ravie.

Routes et rivières qui déroulez vos rubans, rassurez-moi : pas de ravins sur vos rivages. Le rio ravine les roches.

Je rêve de retour, de ripailles, de rimmel, sans me rendre ridicule. Mes rimes rythment mes pas. Mes rotules rendent l’âme.

Mouty

__________________________________

 

Ricardo rougit sous le regard rieur, bien que racé et réservé, de Ruth. Il était replet et sa redingote râpée et rapiécée le rendait ringard alors que Ruth, radieuse dans une robe en rayonne d’un rouge rutilant, était ravissante. Il rêvait de se retrouver revêtu royalement de reps raffiné, afin que ragaillardi, requinqué, rajeuni et resplendissant, il redevienne réellement la réplique du riche Roméo qui les avait jadis toutes rassemblées autour de lui.

Gill

________________________________

 

 

samedi, 21 novembre 2015

Avec un choix de rimes

Chacun donne un son de rime :

 4 rimes masculines : an (ou en) - oin - o – eur

 4 rimes masculines : ière - elle - ine - ade.

 Ecrire un poème à l’aide de ces rimes. Thème libre.

--------------------------------

Je me nomme le gros oin-oin

Et je pars en promenade

L’échoppe de la rue est au coin

J’achèterai des grenades.

Je rencontre l’ami Jeannot

Qui pousse une machine

Il porte son beau paletot

Et marche vers la ravine.

Sur un mur grimpe le lierre

On m’appelle, c’est un passant

Je heurte très fort une pierre

Boum, pan ! Je m’écroule en hurlant.

La gentille Isabelle

Passe, court vers moi par bonheur.

Cette belle demoiselle

Me relève et me donne l’heure.

 

     Line

___________________

 

En allant flâner près de la rivière,
le ciel heureux, les moustiques entêt
ants,
Je rêvais, faisant rouler les p
ierres
et revenais toujours le cœur cont
ent.

Je cueillais des bouquets de fleurs nouvelles,
de coquelicots rouges et de chardons moqu
eurs.
Les pinsons jouaient avec les hirond
elles,
toutes ces merveilles m’emplissaient de bonh
eur.

Claudie

_________________________

 

J’ai attendu longtemps

 

J’ai attendu longtemps, longtemps,

Mon cher amour, ma tourterelle,

Ma tendre amie, ma toute belle,

Chaque minute, heure passant.

J’ai remué la terre entière

Pour chercher un peu de bonheur.

Je n’ai trouvé que du malheur

Le long des bois ou des rivières.

Je me suis roulé dans le foin

Avec des filles gourgandines,

Des oies blanches ou des bécassines.

C’est aujourd’hui blême lointain.

J’aimerais faire une ballade,

Un sonnet plaisant, un rondeau,

Laissant aller au fil de l’eau

Mes rêveries couleur de jade.

 

Mouty

___________________

 

Première de classe

Il était extrêmement savant

Alors, c’est avec bonheur

Qu’il partageait le plus souvent

Ses connaissances de professeur.

 

De sa classe elle était première

Et l’on parlait souvent d’elle

Elle voulait être banquière

Cette sérieuse demoiselle.

 

Mais un jour par manque de soin

Après une seule incartade,

Elle se retrouva au coin

Raillée par tous ses camarades.

 

Elle s’appelait Line

Jouait du banjo

Aimait les pralines

Et les abricots.

Gill

_____________________

 

 

 

 

 

 

 

 

dimanche, 13 mai 2012

Il ne nous reste qu'un sens!

 

                Après avoir trouvé des mots en rapport avec les mots suivants :

                                 vue/ouïe /odorat/goût/toucher

 et rayé les mots communs, chacun choisit un mot dans la liste qui lui reste pour faire                                                    une liste commune:                                                             

                        amer, arôme, visionnaire, froissable


      Ecrire un texte contenant ces quatre mots  sur le thème suivant :

                                   « imaginez que vous n’avez qu’un sens »

                                                  (25mn)

_______________________________________________________________

 

ouie mimi.jpg

freepik.com

 

 

L’OUÏE

 

J’ai un goût amer dans la bouche. Au figuré bien sûr ! En général, je n’ai pas un esprit froissable, je ne me vexe pas facilement, je suis même souvent trop souple et conciliante, trop tolérante. Mais là, ça dépasse les bornes ! Ce que j’ai entendu est inadmissible ! Et dire que l’ouie est le seul sens qui me reste ! Mais comme dit l’expression : « Il vaut mieux entendre ça qu’être sourd »et dans mon cas ce n’est pas peu dire !

Depuis l’incendie, je ne peux plus sentir les arômes des mets ni les parfums des plantes ni les puanteurs d’ailleurs. Je ne peux plus voir les splendeurs e la nature ni les horreurs, heureusement.

Mon sens du toucher a été altéré par les brûlures sur ma peau et les sensations tactiles me sont impossibles. Je ne goûte plus le doux et l’amer, l’acide et toutes les subtilités de goût intermédiaires que sont le foie gras et les huîtres, le saucisson et les fromages ou tout autre aliment.

Et voilà que moi qui ne peux plus voir, je m’entends traitée de visionnaire. C’est un comble ! Mais bon, passons, je préfère ne pas répéter ce que j’ai entendu.

Il me reste la musique, toute la musique qui est déjà infinie, les bruits de la nature : le ressac de la mer différent selon qu’elle est d’huile ou déchaînée, le bruissement du vent dans la forêt, un ruisseau gazouillant, les pépiements des oiseaux et la multitude infinie des sons qui me permettent d’imaginer la beauté que j’ai connue. Et il me reste aussi à écouter le silence si reposant après le bruit et la fureur de la tempête qui a traversé ma vie.

 

                        Mimi

_____________________________

 

nez.jpg

 

freepik.com

 

 

L’ODORAT

Je naquis dans une rose, comme toutes les petites filles. Quelle chance ! Penserez-vous. Et bien non, car les fées qui s’étaient penchées sur ma destinée m’avaient privée des sens essentiels : privée de vue, d’ouïe, de goût, de toucher. Cependant, elles m’avaient dotée d’un odorat développé à l’excès qui me permit de me passer très rapidement des autres capacités. Je pus ainsi repérer mes itinéraires selon les arômesportés par l’air ambiant. Je devins visionnaire en fonction des multiples odeurs exhalées par tout ce que je croisais : les jardins fleuris comme celui de Madame Hortense, garni de roses, ou celui de Mademoiselle Cécile avec son chèvrefeuille, le jardin potager du père Martin avec ses choux et ses oignons. J’avais repéré également le bistrot du village, ainsi que le boulanger. Et je finissais aussi par bien connaître le vieux Nestor, célibataire crasseux dont l’âge indéterminé empestait l’écurie du siècle dernier. Je croisais aussi Colette, honorable dame qui devait afficher la soixantaine, et qui fleurait le Guerlain à dix mètres. Un petit paradis d’essences florales. J’aimais les quelques minutes de pause avec elle quand je la rencontrais. Elle me narrait toujours une petite histoire. Comme son homologue, elle écrivait. Des histoires de chats, bien sûr. Et puis il y avait ce pauvre Jules, imbibé d’alcool et de tabac, qui ne pouvait passer inaperçu, à tous les sens du terme sans doute. Il y avait cette odeur de baies sauvages, cueillies au passage lors d’une balade en orée de bois sentant les résineux. Privée de goût, je n’en percevais pas le côté amer. Je marchais en faisant crisser sous mes pas le tapis de feuilles froissables.

Je n’ai toujours pas compris comment j’ai réussi à écrire ce texte, privée de sens dont il est difficile de se passer. Sans doute parce que j’avais été normalement dotée de mes cinq sens lors d’une vie antérieure. Ou que je parcours actuellement une autre vie…

                            Mouty

_________________________________

 

 

bouche_089.gif

toutimages

  

 

LE GOÛT

 

 

 

Si je n'avais qu'un sens, et que ce soit le  goût  le goût seul ;  que peut être la vie de tous les jours avec ce seul sens, je reconnaîtrais l'amertume l'amer ou le sucré ou l'acidulé  je pourrais mastiquer mâcher avaler ce qui les ferait ressortir au palais  mais pour l'odeur les arômes des mets comment humer respirer ressentir,  la vue voir les couleurs les formes les lumières le soleil l'eau ; entendre les bruits les sons les froissementsle toucher,  prendre une matière craquante entre mes doigts  je n'entendrais ni le crissement ni ne sentirais la texture la douceur l'épaisseur le velouté ou le rêche ;  quel handicap  je ne puis me faire à cette idée j'aime trop renifler humer sentir une plante une fleur, chercher d'ou vient un parfum une odeur  écouter entendre apprécier vibrer sur une musique un  chant une  voix  les sons différents que ce soit d'instruments de musique les aigus les graves les chants d'oiseaux  les murmures des rivières le vent qui souffle la pluie qui tombe, les rires des enfants spontanés, les rires en cascades, les rires qui éclatent dans un moment de joie ou de bonheur intense  et voir ; regarder admirer, toutes les couleurs les  formes les lignes la diversité que nous offre la vue de notre nature  la beauté de nos villages de nos montagnes ou forêts de notre architecture lire encore je pourrais apprendre à lire  le braille bien que pour cela il me faut  le sens du toucher que je n'ai pas , alors je crois qu'aucun  visionnaire ne peut imaginer qu'on puisse vivre avec un seul de nos sens pour ma part je ne peut pas y croire , qu'il nous en manque un et c'est déjà compliqué mais  on peut  essayer d'y remédier grâce aux fabuleux progrès de la technologie je pense à la surdité ( par exemple  ) par contre , si la vie nous a nanti de tous nos sens dont les fonctions  ne sont nullement altérées alors utilisons-les,  ces cadeaux inestimables tout en essayant de les protéger au mieux , prenons -en soin ils sont précieux chacun jouant  leur rôle  nous  rendent la vie tellement plus simple, plus facile . 

 

                                 Rina

______________________________


 

ouie 1.jpgfreepik

 

 

 L’OUÏE

 

Voilà, c’est le grand jour, je vais pouvoir assister à cette soirée de gala que j’attends depuis que je suis arrivé. Mais je me présente, je m’appelle Auricule et je viens de la planète Othorinelle. Je suis, il faut bien le dire, un extra-terrestre et mon corps a  la forme de ce que vous appelez ici, une oreille. Sur Othorinelle, notre moyen de communication est uniquement le son ; nous en émettons et en recevons et l’ouïe  est tellement développée chez nous qu’elle nous permet de reconnaître ce que vous appelez « arôme »ou ce que vous appelez « amer », simplement en entendant la réaction sonore  émise  par celui qui le sent. Nous pensons que le son va nous permettre de communiquer avec vous et qu’à travers lui passeront nos émotions et les vôtres ; Vous me prenez peut-être pour un visionnaire mais j’espère bien vous démontrer le contraire quand nous aurons fait plus ample connaissance.

 

Mais pour l’instant, je suis à Paris et monte les marches de l’Opéra ! J’entends le bruit des voitures freinant doucement, les portières qui s’ouvrent et le bruissement des longues robes effleurant la carrosserie puis se dépliant dans un crissement de satin ou autre tissu plus ou moins froissable. Les talons des élégantes parisiennes claquent avec grâce et mesure sur le sol du grand hall. Des voix de toutes tonalités laissent deviner une foule variée. Je me dirige vers la salle et m’installe  à l’orchestre tandis  que les bruits de conversations s’amenuisent  peu à peu pour laisser place au silence. Une salve d’applaudissements pour l’entrée du chef d’orchestre, un léger grincement pour le lever de rideau, et un flot de musique harmonieuse emplit tout mon être ; dans cette musique défilent toutes les émotions de la passion, de la jalousie, de la violence, de la terreur, des regrets. Dans les sons passe toute la vie.  

 

Oui, vraiment, je crois que par l’oreille passe toute la communication du monde et que vous et nous réussirons à nous comprendre.

 

                      Gill    

______________________________________________________________________________

        

 



 



 


               

mardi, 20 septembre 2011

bienvenue aux nouveaux le 19 09 11

 

 

Pour l’atelier de baptême des trois nouveaux adhérents présents à notre atelier du jour, Mouty a proposé une consigne que vous pouvez vous amuser à suivre chez vous.

 

                     _______________________________________________________

 

1-Relevez plusieurs phrases dans une œuvre de votre choix (pour cet atelier, Mouty avait choisi des extraits de « la fiancée des corbeaux » de René Frégni).

2-Choisissez-en 6 et écrivez-les sur une feuille blanche en laissant au dessus et au dessous de chacune un espace suffisant pour pouvoir écrire une ou deux phrases courtes.

3-Immédiatement au dessous de chacune, écrivez 1ou 2 phrases découlant de celle de l’auteur.

4-Effacez  les 6 citations choisies de l’auteur et ne gardez que les vôtres.

5-Dans l’espace laissé libre au dessus de chacune de ces dernières, écrivez 1 ou 2 phrases courtes en rapport avec la phrase écrite précédemment.

 

                 ___________________________________________________________________

 

Il vous reste alors 12 créations que vous allez utiliser, dans l’ordre ou le désordre,  pour écrire un texte dont le thème sera : « c’est la rentrée » ou  « c’était les vacances » en y introduisant les 6 mots ou groupe de mots suivants : fontaine, chapeau de paille, perdre haleine, tableau, risquer, hésiter.

                             _____________________________________________________

vacances,rivière,bienfaisant

http://www.photo-libre.fr

 

 

 

C'était les vacances, c'était l’été, la chaleur, le soleil,  l'air était léger, une impression de liberté m'avait gagné je me promenais le long de la rivière qui serpente et se faufile faisant entendre son glouglou chantant, j'avais mis mon beau chapeau de paille sur la tête, quitté mon quartier,  mes voisins d'en face, la fontaine de la place ; tranquillement sans hésiter j'ai pris le chemin qui me menait vers la paix.
J’ai vite oublié la vision de l'homme pressé, impatient, qui veut sans attendre faire courir les autres à en perdre haleine pour le suivre.
tout était sorti de mon esprit ; je respirais , je ne voyais que la beauté qui m'entourait , la rivière qui m'apaisait ; la vigne dont les feuilles commençaient à roussir , le soleil jouant à cache avec les feuilles argentées des peupliers ,la  grande paix tant désirée  m'envahissait je me surprenais timidement  à faire quelques essais de vocalises , plus de pensées négatives , plus de questions sur ce qui a été raté  ce qui doit venir,  je vivais le présent bienfaisant .
Ha si !!! Me revient en mémoire le visage apparu si brièvement de la vieille dame, qui semblait regarder au loin un point fixe, il m'avait tant touché par sa pureté ce visage,  je le revois bien vivant il s'imprime devant mes yeux il est intégré au paysage  qui m'entoure ; est-ce un message qu'elle à voulu me faire passer ? M’invite-t-elle à rêver, à regarder les choses en prenant le temps de vivre simplement !!!!  Sans essayer de toujours se concentrer en gardant présent à l'esprit ce que l'on fait ? Ne pas culpabiliser, même si ça ne se passe pas toujours aussi bien qu'on croyait. Vite !!! Que revienne une autre journée de promenade aussi agréable
 Vive les vacances, vive, l'été, vive le rêve !!!!!!,
 
Rina 

             ___________________________

 

vacances,rivière,bienfaisant

 


                                       

Horreur ! Mon réveil sonne, mais quand même pas à l’heure où les noctambules vont rejoindre leur lit,  juste avant le lever des courageux travailleurs. Non, il sonne à une heure raisonnable, en ce jour de reprise du travail, où mon premier regard va aller au tableau d’affichage des gardes du mois ; il ne faut pas risquer d’en oublier une.

Aujourd’hui, je ne sentirai pas l’immeuble commencer à s’éveiller,  je n’entendrai pas la voisine du 5 ème qui chante en préparant son repas et ne verrai pas travailler le tailleur du 4 ème qui termine le costume du voisin du 1er. Je serai à l’hôpital en plein travail.

Je n’aurai pas le temps de rêver aux merveilleuses vacances qui viennent de s’écouler, à la fontaine où l’eau était si claire, au chapeau de paille sur mes cheveux et à nos courses à perdre haleine dans les prés verdoyants.

J’ai gardé autour du cou ce cadeau qu’il m’a offert. Au début, scrutant son regard rieur, j’avais pensé à ce délicat parfum dont nous avions tant parlé, et puis après, je m’étais dit, connaissant son esprit farceur, qu’il m’offrirait certainement une bêtise,  pour rire de ma mine déconfite, suivie bien sûr d’un vrai cadeau. Mais au fait, qu’est-ce qu’un vrai cadeau ? Ce dont on a envie ou simplement le fait de recevoir quelque chose, de sentir que quelqu’un pense à vous. Moi, j’ai eu les deux, la pensée et le cadeau avec un grand « C », celui qu’on garde toute sa vie.

Maintenant, il est reparti au bout du monde. Je vais recommencer à adorer le lundi le mercredi et le vendredi,  jours où il téléphone ; les autres jours ont moins d’intérêt,  je n’entends pas sa voix. Je vais recommencer à culpabiliser d’être là, sans ressort, à attendre, l’oreille tendue, alors qu’il y a tant à faire. Il ya aura quand même les courriels qui me le rendront un peu présent. Heureusement,  il a un ordinateur portable greffé aux deux mains, si j’ose dire ; et je le comprends, quel outil merveilleux pour rapprocher ceux qui sont si éloignés l’un de l’autre ; Il n’y a pas à hésiter quand on voyage.

Tiens, voilà de nouveau le petit bruit familier qui semble venir du placard de la chambre. Il me plaît de penser que le fantôme des lieux vient y faire un tour pour me souhaiter la bienvenue à ce retour de vacances et bon courage en ce jour de rentrée.

GILL

                 __________________________

 

 

vacances,rivière,bienfaisant,réveil,hôpital,cadeau

 

 

 

Pas le temps, c’est la rentrée !


Une tranche de vie. C’est long et c’est court, mais ça passe…

Mon travail en champignonnière : j’en ai eu pour quinze ans de galère. L’eau dégoulinait des murs comme une fontaine, calcifiant les parois et créant des stalactites ici et là.

J’avais hésité avant d’accepter ce boulot de merde, puis je m’étais risquée, ne trouvant rien d’autre.

J’ai passé ces quinze années complètement transie, les articulations rendues douloureuses puis bloquées par cette ambiance de cave sordide. J’étais transpercée. Une source glacée coulait à l’intérieur de mon corps. La rouille m’envahissait, transformant mes os en bois fragile. J’étais prête à casser. Non, j’étais carrément brisée.

Lors d’un moment de répit, un visage étonnant a surgi du fond de la cave, à demi caché par une capuche de serge grise. Des yeux étincelants, un rayon lumineux dans la pénombre. Etait-ce un malicieux lutin ou un sorcier maléfique ?

Peur. Peur de tout et de rien. De l’inconnu qui peut virer au cauchemar.

C’était mon dernier jour de travail.

Je suis rentrée à la maison, fourbue, et me suis affalée sur un siège devant la cheminée. Le bonheur retrouvé ? Difficilement tangible. Pas tout à fait la forme. Ni vraiment le goût.

Mon regard faisait inconsciemment le tour de la pièce, s’attardant sur le tableau grisâtre de la fenêtre, sur le chapeau de paille, pendu au mur, ramené de mes dernières vacances, plutôt lointaines.

Puis, j’ai écrit des cartes à toute la famille et aux amis, espérant recevoir, en contrepartie à mes quelques mots de vœux, des réponses un peu plus substantielles.

Enveloppée dans mon vieux poncho, je suis sortie, sans but, courant à perdre haleine. J’errai au bord du lac. J’y suis entrée lentement. L’eau était glacée. Tiendrais-je longtemps ?

Je m’éveillais d’un bond, sous la morsure d’une étincelle jaillie du foyer.

Je connaissais déjà les réponses par SMS à ma flopée de cartes de vœux : « pas le temps d’écrire, c’est la rentrée ».

 

Mouty

 

                                       ____________________________________________

 

                                                                        à suivre......................