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dimanche, 16 avril 2017

Printemps en cadavre exquis

Faisons un cadavre exquis 

 

Chacune écrit une phrase sur le thème du printemps puis passe la feuille à sa voisine, laquelle écrit une phrase en rapport avec la première.

On plie la feuille de manière à cacher la première phrase et laisser la seconde visible puis on passe la feuille à sa voisine qui va écrire une phrase en rapport avec celle qui précède.

La feuille tourne ainsi de suite en laissant uniquement la phrase précédente visible.

A la fin, chacune déplie sa feuille, lit le résultat pour juger de la cohérence du texte qui en résulte.

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Le printemps est arrivé, la belle saison

J’ai des envies d’évasion

Des évasions…où ? Le train est cher, l’avion tombe

Et le vélo alors, cent kilomètres par jour, c’est faisable

Moi, je préfère la marche à pieds

Si c’est pour ramasser des asperges, d’accord, sinon repos dans un fauteuil

Ou des fraises des bois ou des poireaux de campagne

Ou des tomates juteuses

Des tomates sans goût qui viennent d’Espagne, pouah !

Bof, on peut les utiliser pour faire une ratatouille

Faut-il encore aimer autre chose que les pommes de terre

J’aime presque tout quand ce n’est pas moi qui cuisine

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Le printemps m’ennuie, j’éternue, je mouche

Sûr, les mouches arrivent et même les moustiques

Ils s’apprêtent à nous piquer avec délice

Les moustiques arrivent, à moi fly-tox !

Fly-tox, c’est le nouveau nom de Robin des Bois ?

Non c’est le cousin d’Exterminator

Papillons, oui, moustiques araignées, non !

Ah je vois, que des insectes sympas, genre coccinelles

Ou moins sympas, comme les guêpes

Et les frelons, alors, on les ignore ?

Bzz, bzz, les abeilles !! Attention, ne pas confondre

Ah le miel qui fond dans la bouche, le bonheur

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Le printemps a des bonheurs mais vivement l’été

Oui, mais dès le 21 Juin, les jours raccourcissent

Avant cette date, nous allons profiter de longues soirées

Les soirées longues sont occupées par une télé stupide

On peut aussi se balader au clair de lune, en plus c’est gratuit

Ou prendre un bain de minuit

L’eau est bien fraiche pour mes vieux os, pas question de sortir le maillot de bain

Et dire que certains se baignent le jour de Noël, à Valras ! J’en connais, et pas très jeunes !

Il y a toujours des fous partout !

Les gens sages restent chez eux et vivent vieux

Certes. Mais les voyages forment la jeunesse.

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samedi, 03 décembre 2016

En route pour les achats de Noël

Rechercher des expressions familières

Comprenant des noms d’animaux ou des couleurs

En 20 minutes, les utiliser dans un texte dont le thème est

« la course aux cadeaux »

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Noël à Paris 054

wikimédia

 

Mes achats de Noël

Les cadeaux de Noël ! ah, le casse-tête de tous les ans ! la course devrais-je dire, tellement je commence tard. Bon, direction le Printemps ou les Galeries Lafayette, on y trouve tout, le bain de foule en prime. Je profiterai du trajet en métro pour récapituler tout ce que je dois acheter. Ce sera un trajet productif.

Ah, quelle chaleur saisissante en entrant, après le zéro degré de l’extérieur, je ne vais pas tarder à être rouge comme une écrevisse. Cela contrastera avec mon voisin d’en face qui est blanc comme un navet. Il n’a pas bonne mine cet homme-là, pourvu qu’il n’ait pas la grippe, avec la chance que j’ai, je serais capable d’être au lit pour les fêtes. Son gamin, à côté, est sale comme un cochon, il a les doigts plein de chocolat avec son petit pain. Je vais changer de place.

Bon, réfléchissons. Pour ma cousine Eloïse, une écharpe en soie gris clair s’harmonisera parfaitement avec ses cheveux blancs comme neige. Pour son mari Edouard, pas besoin de faire trop d’efforts, il est bête comme un âne, et quoi qu’on lui offre, il le reçoit toujours avec un ricanement de hyène et l’air mécontent de quelqu’un qu’on traite comme un chien. Alors l’eau de toilette la plus ordinaire suffira amplement.

Pour Frédéric, cela vaut la peine de bien réfléchir, il attire tout de suite la sympathie, ayant une gaité communicative qu’il exprime en sifflant comme un merle sur tous les tons de la gamme. Comme il est fan de musique, je vais lui prendre un coffret CD de ?.....  je verrai sur place.

Quant à la famille Dubois avec laquelle je ne suis pas très intime mais qui est très à cheval sur les traditions, il faut quand même que je leur prenne des bricoles. Mais franchement, le cœur n’y est pas, la mère étant bête comme une oie, le père étant traité de casseur de grèves, de jaune,  par tous ses collègues, ce qui n’est pas très engageant, et leur grand dadet de fils étant franc comme un âne qui recule. Bof, je prendrai des chocolats, les moins chers, car en plus ils sont très gourmands et les avaleront goulument sans les déguster.

Bon, pour les autres je n’ai pas besoin de réfléchir, cela viendra tout seul, je connais parfaitement leurs goûts. Allez, on arrive à Opéra, je vais descendre là, j’en profiterai pour faire une petite promenade. J’ai hâte de voir les vitrines et les nouvelles animations à l’intérieur des magasins. C’est un plaisir renouvelé chaque année.

Ouf, dehors. Il était temps que je sorte, j’ai l’impression d’être rouge comme une pivoine tellement j’ai eu chaud avec tout ce monde et mon gros manteau. L’air frais va me ravigoter !

Gill

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La course aux cadeaux

Tour à tout blanche comme un navet ou rouge comme une écrevisse, je me tiens à l’entrée de la super grande surface. J’ai la tête vide, l’estomac serré, mal aux pieds, je me sens comme un jaune entrant dans l’usine entre deux rangs de grévistes qui me crieraient dessus avec des ricanements de hyènes. J’avance et joue des coudes « pardon madame, poussez-vous jeune homme, ne frotte pas ta main sale comme un cochon sur ma veste, sale gosse ». Je me sens bête comme un âne devant les boîtes de jouets. Je me donne du courage en sifflotant, entre mes lèvres serrées, comme un merle. Je prends quoi pour le neveu ? je le connais bien, franc comme un âne qui recule il saisira mon cadeau et l’échangera contre un sac de billes, le lendemain avec un copain. Innocent de tout péché, l’âme pure et blanche comme la neige artificielle qui orne la crèche, il me remerciera et m’embrassera. Sinon, il le sait, pas de télé pendant les vacances. Ecarlate, plus rouge qu’une pivoine marxiste, je tends la main vers une boîte. Ma voisine hurle « elle est pour moi, je la veux », elle me traite comme un chien qui l’aurait mordu ; j’en ai assez, je succombe, je m’en vais.

Le neveu aura son cadeau de Noël à Pâques, il y aura moins de monde dans le magasin.

Line

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La gardienne de la rue Michel décida un jour de décembre, d’aller à la supérette du quartier pour y faire ses cadeaux de Noël.

Elle partit donc, par un matin froid, blanche comme un navet, sale comme un cochon - comme à son habitude. Elle sifflait comme un merle en descendant la rue, mais fut vite essoufflée et devient rouge comme une écrevisse.

Arrivée au magasin, elle fit ses emplettes et arriva à la caisse avec un sourd ricanement de hyène : elle allait tenter de ne pas payer une partie de ses achats. Mais, bête comme une oie et un âne réunis, mal lui en prit car elle fut repérée et dénoncée par un vigile : franche comme un âne qui recule, elle tenta de nier mais devint rouge comme une pivoine.

Alors elle contre-attaqua : mais de quel droit me traitez-vous comme un chien, je suis blanche comme neige, cet article s’était glissé malencontreusement dans mon sac, etc, etc.

Obligée de payer pour éviter la police, elle finit par lancer au vigile : tu n’es qu’un sale traitre à ta classe, espèce de jaune !!!

 

Valérie

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mercredi, 02 novembre 2016

Un thème libre, pas de verbes

En un quart d’heure, écrire un petit

texte SANS VERBE

sur un thème libre

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accident 2.jpg

pixabay

 

La mauvaise humeur, le mal de tête, la gueule de bois, l'envie de dispute. Un mot maladroit, une réplique agressive…habillage à la hâte, claquement de porte, puis le départ... sans un mot.

Vrombissement de moteur, crissement de pneus, démarrage en trombe. La vitesse? excessive! l'attention? relâchée! la chaussée? mouillée! Tout à coup un obstacle au milieu de la route, l’affolement, le coup de frein brutal, et en une fraction de seconde le tête à queue, la sortie de route, les tonneaux, le fracas de tôle puis la douleur, aiguë, terrible, sans fin, puis la peur intense. Enfin l’inconscience bienfaisante. Les blessures? graves. Au loin les sirènes, bientôt le Samu, la mort peut-être au bout du chemin.

Elle au pied du lit, submergée de désespoir et puis l’attente.

La colère, une mauvaise conseillère !

Gill

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hiver line.jpg

pixabay

 

Hiver, te voilà dans ma ville et la campagne environnante. Aujourd’hui pluie sur les trottoirs, éclairs dans le ciel noir, tonnerre dans la tête. Demain, d’après les vespérales météos nationale et régionale, tapis blanc de neige dans la rue. Tapis blanc le matin, boueux l’après-midi. Flicflac, bruit des gros souliers, glissades des fins mocassins des dames élagantes. Printemps, à l’aide, été, au secours, au loin la froidure, le gel, à moi le soleil, la chaleur, les cieux bleus, la verte nature, la mer joyeuse.

Line

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lundi, 18 juillet 2016

Au printemps à Béziers

En 25 minutes, écrire un texte selon les consignes suivantes :

Lieu : Béziers

Endroit : indifférent

Saison : Printemps

Personnages : un marchand de bonbons, une fleuriste, un passant

Sujet : un sport

Un objet : une crotte de chien

Un animal : un kangourou

Et qui se termine par « Ce que femme veut, Dieu le veut ! »

 

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Les allées Paul Riquet

wikimédia

 

Les Allées de Béziers

Les Allées de Béziers, au printemps, comme à leur habitude, fourmillent de passants. C’est jour de marché. Les produits alimentaires y côtoient les fleurs aux teintes vives, tandis que le confiseur fait tinter les clochettes de son crochet de pâte à berlingots. Un kangourou en peluche trône sur une étagère derrière lui : c’est sa mascotte. Des éclats de voix fusent d’un peu partout. Rien d’étonnant avec les surexcités du foot en cette période « d’Euro 2016 ».

« France-Roumanie c’était extra » clame un passant, s’adressant au confiseur. Celui-ci, Portugais exilé, croit bon d’ajouter son grain de sel, si ce n’est de sucre, même si son match s’est soldé par un résultat nul. Mais avec un zéro partout, le Portugal est bien le meilleur du monde !

La fleuriste qui ne veut pas être en reste vante la Russie. Elle n’a d’yeux que pour Vladimir, « le plus beau et le plus brillant des joueurs ! »

« Merde ! Encore une crotte de chien ! » hurle le passant en raclant sa semelle sur le basalte. « Toujours aussi dégueulasse cette ville d’enfoirés ! On devrait passer tous les clébards à la casserole ! »

« On devrait mettre un flic derrière chaque chien » susurre la fleuriste.

« Et pourquoi pas ? » tonitrue le passant, « Après tout, ce que femme veut, Dieu le veut ! »

 

Mouty

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mercredi, 01 avril 2015

Le Printemps en acrostiche

Faites l’acrostiche du mot

PRINTEMPS

Au choix, sur le thème de « la liberté » ou sur un thème libre.

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PohutukawaCornwallis

wikimédia

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Printemps à l’infinitif

 

 

 

Passer à l’heure d’été après une nuit d’amour,

 

Refuser de dormir, pour faire durer le jour.

 

Idéaliser, les verts de Mai, toujours.

 

Naitre, pourquoi pas, dans le cœur d’une jonquille.

 

Tenter d’ôter, ô folle, deux fils au mois d’Avril.

 

Eclabousser d’étoiles les nuits trop cristallines.

 

Marier le ciel, la mer, dans un bleu d’opaline.

 

Pleurer certes,  quand le premier rossignol chantera,

 

Savoir qu’à la Saint Jean le Printemps partira.

 

 

 

              El Pé

 

                                                     

 

 

Premier printemps, joyeux enfant,

Rires en éclats, unique bougie,

Impossible d’arrêter le temps !

Ne sois pas triste si tu grandis.

Te voilà adolescent, installé dans ta révolte.

Emplis-toi de connaissances

Mérite ta liberté

Prends ta vie en main,

Seul, décide de ton avenir.

 

Gill

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Pourquoi nous sentons-nous heureux ?

Rires fusant de toutes parts

Incroyable bonheur de vivre

Nichant notre tête dans le cœur tout neuf du petit neveu

Encore tout éclatant de joie

Malgré la chute qu’il vient de faire

Parmi les galets du jardin.

Sûrement parce que c’est le printemps.

 

Polo

                                                                     

PRINTEMPS

 

Par monts et par vaux

Rimons

Il n’est pas trop tard pour bien faire

Ni trop tôt

Tous poètes sur pied de guerre

Evitons les mots ampoulés

Même sur peu, ou bien sur guère

Plaçons nos verbes étoilés

Sinon tu mourras Liberté.

 

Mouty

                                                

 

 

 

mercredi, 09 avril 2014

Un Printemps pas comme les autres

 En 25 minutes, écrire un texte sur le thème « Un printemps pas comme les autres »

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freepik

 

 

Un Printemps pas comme les autres

 

Il vient, il va, ce personnage.

Il apporte tant de bonheur

Qu’il remonte à fond tous les cœurs

Après une année de voyage.

 

Et oui, vous l’avez deviné :

Qui vous met sur l’escarpolette,

Verdit le pré de la guinguette ?

C’est le PRINTEMPS tout satiné.

 

Arrivé dès Janvier, la chance !

Ouvrant les portes des maisons,

Eteignant les derniers tisons,

Il a installé son ambiance.

 

Va-t-il durer ou capoter ?

Devenir saison malheureuse ?

Transformer les sentes visqueuses

En allées pour y cahoter ?

 

Son arrivée est-il présage

D’un été plutôt ambitieux

Ou bien maussade et pluvieux 

Qui met fin à tous les ramages ?

 

Mais les oiseaux braillent en chœur

La chanson « Que la vie est belle »,

Du pinson à la tourterelle

Ils s’époumonent avec bonheur.

 

Un « printemps » c’est le temps qui passe.

Il n’a cure de nos tourments.

Alors, profitons du moment.

Il faudra bien que je m’y fasse…

 

Mouty

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freepik

 

 

       Les fleurs des marronniers  avaient poussé en avance, cette année-là, et c’était un régal de voir leurs chandelles roses et blanches égayer (entre autres) les avenues de Bagneux et du XVème. Il faisait tellement beau ! Avec un ciel si bleu, si joyeux depuis la mi-avril ! Ce qui m’avait permis d’étrenner ma robe de grossesse « demi-saison », rose pâle et plissée devant, qui ne laissait rien ignorer de mon état. Dont d’ailleurs j’étais très fière ! Un premier, vous pensez… Aussi chaque jour je me promenais, hum, disons plutôt que j’arpentais le trottoir à grandes enjambées, depuis mon domicile jusqu’à la Porte d’Orléans. Quatre bons kilomètres aller et retour. On m’avait dit :(le dit-on encore ?) : « Les derniers mois, il faut marcher, c’est important ! ».Alors j’y allais de bon cœur, j’y passais des heures.

       Parce que, pour tout dire, je n’avais aucune envie de rester enfermée à la maison. D’abord il faisait trop beau pour ça ; ensuite j’avais tricoté assez de brassières pour habiller toute la crèche municipale ; et surtout…je m’ennuyais, seule, toute la journée, mon jeune mari ne bénéficiant, lui, d’aucun congé-maternité.

       Alors je me promenais. Et mes pas me conduisaient chaque jour un peu plus loin, dépassant la Porte d’Orléans jusqu’à parvenir, un beau jour, à Denfert-Rochereau. Sauf que ce beau jour-là, le célèbre lion avait visiblement du mal à sommeiller comme d’habitude, à cause du vacarme et de l’agitation qui régnaient autour de lui.

        J’avais vingt ans, j’étais ravie. Un peu effrayée certes, mais ravie quand même. Une porte cochère m’ayant fourni un abri jugé imprudemment suffisant, j’assistai dès lors à un spectacle fantastique : des centaines de jeunes couraient, criaient, lançaient des pavés arrachés aux rues avoisinantes…aussitôt poursuivis par un bataillon de CRS bottés, casqués, armés de matraques, de boucliers et de bombes lacrymogènes. « Est-ce une révolte ? Non Sire, une révolution. » Génial.

       La révolution se rapprochant dangereusement de mon abri et l’ambiance se faisant de plus en plus chaude, je décidai d’opérer une retraite stratégique et de rentrer chez moi. Ce qui me prit pas mal de temps à force d’essayer d’éviter le théâtre des combats, très étendu cependant.

 Le soleil venait de se coucher lorsque j’arrivai enfin, complètement crevée, et prête à recevoir un bon savon-somme toute mérité- par mon mari, rentré du boulot depuis longtemps. Ô surprise il n’en fit rien, bien trop impatient qu’il était de m’apprendre la grande nouvelle : « Tu sais quoi ? A partir de demain, c’est la Grève Générale ! Et elle durera jusqu’à la Victoire ! »

      Chic ! Je ne l’écoutais plus que d’une oreille me raconter les meetings et AG qui avaient occupé sa journée, jubilant en revanche en mon for intérieur. Chic chic chic ! Il allait rester avec moi et nous irions désormais ensemble aux manifs !! Que de moments exaltants en perspective ! Sauf…

         Sauf que le lendemain matin, à cinq heures et avec quinze jours d’avance comme les marronniers  naissait mon fils aîné, qui, dès cet instant, dormirait toujours un poing serré posé près de sa tête.

            C’était le 13 Mai 1968.

 

         El Pé

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Odeon-Mai1968

wikimédia

 

Un nuage de gaz autour de moi, le nez qui pique, les yeux qui pleurent, une énergie hors du commun, des rêves de changement, une excitation jamais ressentie depuis et une tendresse particulière, gardée dans mon cœur depuis 45 ans pour ce Printemps-là, un printemps pas comme les autres.

Jeune fille sérieuse, élève appliquée et consciencieuse à l’école, au lycée, à la fac, je commençais tout juste à travailler. Ma famille m’avait appris à ne pas revendiquer tout le temps et pour tout, mais simplement pour ce qui en valait la peine. J’avais le goût du travail bien fait ancré dans l’âme et je faisais ce que j’avais à faire sérieusement, sans contester.

Quand soudain, en ce printemps-là, la revendication commença sur les bancs de la faculté, pour courir partout dans les usines, les bureaux, les familles, bref, partout dans Paris, puis peu à peu dans toute la France. Et je réfléchis à tout ce que j’entendais et je me dis, moi aussi, qu’il y avait des choses, beaucoup de choses à changer. Et je fis la grève, comme tout le monde, et c’est ainsi que je me retrouvai au Quartier Latin, dans les rues dépavées, pleurant dans les effluves des gaz lacrymogènes, la main dans la tienne, devant des rangées de militaires casqués chargés de maintenir l’ordre dans un Paris devenu anarchiste.

J’ai vu la Sorbonne menacée d’incendie, le théâtre de l’Odéon abritant un ramassis de militants aux discours enfiévrés et revendicateurs. J’ai écouté bien des orateurs ventant les mérites de changements et de vie meilleure. J’ai vécu des embouteillages monstrueux sur la place de la République où l’on voyait la police capituler et l’automobiliste lambda régler la circulation.

La révolution prenait des allures de fête en ce magnifique mois où le soleil brillait autant que les idées nouvelles.

Puis les esprits se sont calmés et la vie a repris avec quelques changements quand même. Maintenant j’ai vieilli et j’ai vu d’autres grèves, entendu d’autres revendications, mais je n’ai jamais plus ressenti un tel élan collectif qu’en ce drôle de printemps, qu’en ce mois de mai 1968.

Gill

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