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mercredi, 02 juillet 2014

La Nouvelle (3) : "La chorale en ginguette"

Retouvez  les consignes dans la note

« La Nouvelle (1) : consignes »

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« Diakonie-kantorei » par NahefotoTravail personnel. Sous licence Public domain via Wikimedia Commons.

 

LA CHORALE EN GUINGUETTE

Madame de l’Amoral et Mademoiselle de Lelonbec prennent leur thé-citron habituel à la terrasse du Cristal. C’est leur lieu declôture de leurs répétitions à la chorale paroissiale. Aussi teigneuses l’une que l’autre, elles s’entendent comme larrons en foire  quand il s’agit de coiffer une copine ou un membre de la famille. Elles ont pourtant des tas de problèmes personnels qu’elles ne divulguent à personne - oui, vraiment personne - si ce n’est à leur chien ou à leur chat quand le trop-plein de malheurs, réels ou supposés, les étouffe.

Marthe de l’Amoral et Julie de Lelonbec existent dans la société sous leurs pseudonymes respectifs attribués par des gens « insignifiants et jaloux » disent-elles.

Il commence à faire frisquet en cette soirée d’automne. Elles rajustent en chœur leur gilet gris et leur foulard blanc. Qui se ressemble s’assemble, dit l’adage, confirmé par leur ressemblance physique et morale.

Marthe : « Cette nuit, j’ai rêvé du mur, ce mur auquel j’ai parlé tout au long de l’été dernier ».

Julie : « Un mur, ça se tait. Ça a l’air d’être en veille quand on lui parle. Ça reste muré dans son silence ».  

Marthe et Julie poursuivent allègrement leur conversation, égratignant au passage toutes leurs prétendues « amies » : 

« - tu as vu le ridicule chignon de Lucie !   

   - Et le corsage affreux de Sophie ?     

   - Et la jupe de Valérie ! Pour qui se prend-elle ! Elle se croit encore adolescente ! ».

Et c’est sur ces aimables réflexions qu’arrivent les trois susnommées : Lucie de Kermadec, Sophie Kermorgant et Valérie Beaulieu, toutes trois appartenant à la même chorale.

 « Oh mes chéries, comme vous avez raison de vous faire plaisir avec un petit thé ! Allez, nous allons vous tenir compagnie et vous proposer une idée que nous venons d’avoir. Pourquoi ne pas faire une fête avec tous les participants à la chorale après la représentation de fin d’année ? »

« Excellente idée » répondent en chœur Marthe et Julie, sourire crispé aux lèvres.

L’organisation est impeccable, chacune y a mis du sien. Marthe et Julie ont installé des tables recouvertes d’une nappe en papier fleuri, des assiettes et des verres en plastique. Lucie s’est occupée des boissons. Chacune a fait de son mieux pour que la fête soit réussie.

Ça n’est pas vraiment la chaude ambiance. On sent les tensions monter entre les soi-disant amies : sourires moqueurs, clins d’œil de connivence. Sophie et Valérie font bande à part. Elles se font apostropher par « Le chœur des Anges ».

Mais, soudain, un coup de vent opportun vient mettre tout le monde d’accord en balayant assiettes, gobelets, bouteilles, mettant fin à ces minauderies hypocrites. 

Hélas, ce n’était que les prémices à la catastrophe  qui allait suivre, puisqu’une dizaine de pompiers en uniforme envahissent la salle en hurlant des chansons de corps de garde et riant très fort.

Les pauvres choristes en sont tout effarées ! Si elles s’étaient attendues à ça ! Mais l’irruption ne s’arrête pas là. Sortant un vieux transistor venu de Dieu sait où, et branché sur Radio Nostalgie, le capitaine des pompiers invite Sophie à danser, imité peu après par ses camarades.

Joyeuse après-midi dansante. Pas très protocolaire, certes, mais après avoir appris que les pompiers ici présents forment eux aussi une chorale et répètent juste à côté (ce qui leur a donné l’idée, n’est-ce pas), le Chœur des Anges, pour une fois unanime, décide de les suivre à la guinguette du bord de l’Orb pour finir la soirée.

Avec l’heure qui avance, l’air se rafraichit, et la guinguette au bord de l’eau se trouve bien ventilée. Une piste en planches toute neuve attend les invités. Des chaises sont disposées tout autour pour ceux qui sont fatigués ou ont tout simplement envie de se poser, un verre de vin frais à la main pour se désaltérer. Du bon vin de ces vignes biterroises, gouleyant à souhait, et toujours apprécié. Et puis, au lieu des chants de chorale, voilà que s’élève une musique sortie d’un magnétophone, et qu’on appelle populaire. Les groupes sentent aussitôt des fourmis dans leurs jambes et, le tonus retrouvé, les voilà repartis pour festoyer jusque tard dans cette nuit chaude. Les couples se forment, et dans les exclamations portées loin dans la nuit, la fête bat son plein dans une joyeuse cacophonie.

Demain, le lever sera sûrement douloureux !!!

                                    FIN

Mouty    Gill       Dedou         El Pé        Rina

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 à suivre.....

samedi, 10 décembre 2011

les conciliabules de Noël

 

      *faire une liste d’objets se rapportant à Noël.  (2 mn)

      *Faire une liste commune avec tous les objets.

      *choisir deux ou plusieurs objets et les faire converser.  20-25 mn

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 Le chandelier, le chapon, les truffes et les mandarines

 

Trônant en milieu de table, le chandelier, en majesté, couronné de bougies étincelantes, jette quelques œillades hautaines et protectrices à la foule qui l’entoure. Victuailles et friandises chuchotent sous ses bras rassurants.

 -       Moi, le candélabre, dit-il, je vous promets une soirée fine et succulente, une véritable nuit d’amour.

 Le chapon, bronzé à souhait, gonfle ses pectoraux brillant sous l’huile ambrée.

 -       Moi, le bienheureux, je vous promets de tester vos papilles. Vous n’en reviendrez pas. Vous verrez qu’il n’y a pas de quoi me prendre pour un dindon.

 Sur leur présentoir, les truffes pouffent de rire. Elles savent que les meilleures choses sont pour la fin. Elles se pâment à l’idée de faire savourer leur chair délicate, accompagnées d’un émir au goût puissant, un pur Arabica au parfum exotique.

 -       Je m’en laisserai fondre de plaisir, dit une petite délurée.

 -       La parole n’est pas aux Lolitas, lui répond une douairière engoncée dans sa collerette de dentelle.

 Les mandarines se prélassent, rivalisant dans leur robe orangée avec les boules multicolores.

 -       Moi, je suis la fraîcheur, dit la benjamine. Il m’est permis de penser que je vais désaltérer agréablement un convive.

 -       Et bien, moi, poursuivit une petite coquine, je lui promets un striptease époustouflant quand il ôtera ma robe de ses doigts caressants.

 Un courant d’air. Un coup de vent éteint les bougies. Noir complet. Les cœurs palpitent. Attente interminable, insoutenable. Le silence. Y aura-t-il une suite ?

 

 Mouty

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Le calendrier de l’avent et les chaussures

 

-« Dis donc, le calendrier de l’avent, tu nous fais de la concurrence en distribuant des cadeaux du 1er au 25 décembre. C’est notre rôle à nous de faire les cadeaux. Quand arrive Noël tu as déjà distribué 25 présents et les enfants sont comblés.

 -« Mais non, je ne donne que de petites friandises et je vous laisse la meilleure part avec le super cadeau de Noël. Je ne suis qu’une mise en bouche alors que vous êtes la grosse cerise venue se poser sur les petits gâteaux.

 - Oui mais tu as le privilège du nombre et de la durée puisque tu occupes presque tout décembre où chaque jour tu fais un enfant heureux.

 - On n’entend parler de moi qu’en fin d’année, alors que vous, les chaussures, êtes toujours d’actualité (sauf peut être en été) et vous êtes bien plus utiles que moi car vous servez à la marche et comme récipient pour Noël. Vous, vous êtes nécessaires, moi je ne suis qu’agréable, juste un élément superflu de décoration et de plaisir enfantin. Mais nous n’allons pas nous disputer en cette période de trêve des conflits. Disons que nous avons chacun notre utilité.

 - En effet, nous éprouvions de la jalousie mal placée car nous sommes bien plus indispensables que toi. C’est bien que tu sois un agréable supplément et tu as un beau rôle à jouer en cette période de fêtes.  

 

 Mimi     

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L’étoile, le camion de pompier, le sapin et la crèche

« Salut à tout le monde » dit l’étoile qui vient juste d’intégrer sa

place, tout en haut de la flèche du sapin ; « on peut dire que je domine la situation. »

« Oh, ne te crois pas privilégiée parce que nous sommes obligés de lever les yeux pour te regarder » répliquèrent le camion de pompier et la crèche. « Méfie-toi qu’avec ma grande échelle, je ne t’atteigne pour te tordre le cou ! »

« Allons, allons » dit le majestueux sapin, « ne vous querellez pas un si beau jour ; vous savez bien pourquoi nous sommes là : pour apporter de la joie. Tournez votre langue sept fois dans votre bouche avant de sortir une méchanceté. Et pour commencer, présentons-nous les uns aux autres. Miss Etoile, tu parleras en dernier, ça t’apprendra à faire preuve d’agressivité. Nous t’écoutons, messire Camion Rouge.

« Et bien voilà, contrairement à ce que vous pouvez penser en me voyant d’un rouge si brillant, je ne viens pas d’un magasin et j’en suis fier. J’ai appartenu à un petit garçon à qui on a appris à partager. Après m’avoir chéri pendant plusieurs années et avoir connu de moi toutes sortes de joies à travers le jeu, il a compris qu’il était temps que je fasse naître un sourire sur d’autres lèvres que les siennes, des lèvres d’enfant dont les parents n’ont pas les moyens d’acheter des jouets. Il avait toujours bien pris soin de moi et j’étais comme neuf et il s’est dit que même si cela lui coûtait, il me donnerait pour un autre enfant. Je me suis ainsi retrouvé, aussi beau qu’au premier jour, dans un endroit où nous étions des centaines en attente de trouver un autre petit compagnon de jeu. Et me voilà, impatient de connaître mon nouveau copain. »

« Oh, quelle belle histoire » dirent la crèche et l’étoile, « la nôtre est beaucoup plus banale ».                                                                         « Moi, je suis une crèche très ancienne et j’ai toujours appartenue à la même famille. J’ai été installée chaque année par plusieurs générations de mains et on tient beaucoup à moi ; je suis passée de la grand-mère à la mère puis maintenant à la fille ; je ne sais même pas quand je suis née et figurez-vous qu’on refuse de me remplacer, même si mes figurine sont un peu vieillottes. Je suis un souvenir auquel tout le monde tient. »                                                          « Quelle belle vie » pensa l’étoile toute émue. Avec un peu de regret, elle dit : « Et bien moi, je suis toute neuve. Oui, voyez-vous, je ne suis pas très chère, alors cette famille sans beaucoup d’argent a pu m’acheter quand même ; il faut dire que celle que je remplace était dans un piteux état. Mais je vous envie. »

Alors le sapin conclut, dans sa grande sagesse : « Moi je sais que je vis mes derniers jours, que mes aiguilles ne vont pas tarder à tomber et que ma ramure va perdre sa couleur verdoyante, mais je sais aussi que cette famille a dû se priver pour m’acheter et faire plaisir à ses enfants ; aussi, quelle que soit notre histoire et notre destin, apportons de la joie, c’est notre devoir. »  

Gill   

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La bougie rose et le camion de pompier

 

  « _ Les contes pour enfants ne sont pas toujours très gais !

 

 _ Oui… Non… Enfin, y a des limites ! Noël tout de même !

 

_ Ben quoi Noël ?

 

_ Ben quoi Noël ? Ben quoi Noel ? Tu ne vas pas transformer un conte de Noël en histoire d’épouvante, non ?

 

 _ Et pourquoi pas ?

 

_ Parce que ça ne se fait pas, na !

 

_ Et alors ? Du moment que ça se termine bien….

 

_ Ah ! Parlons-en ! Ce n’est certainement pas de ta faute si cette histoire-là s’est bien terminée justement…

 

_ Pas de ma faute non plus si elle a mal commencé, hé blaireau !

 

_ Oh dis-donc, sois polie, tu veux ? Ce n’est pas parce que tu es une petite bougie rose toute mignonne, toute craquante que tu peux tout te permettre, hein !!

 

_ Allons mon gros calme toi ! Ce que je veux dire, c’est que je n’ai pas fait exprès de mettre le feu au sapin, cette nuit-là, tu penses bien ! On n’a pas idée aussi d’aller se coucher en laissant toutes les bougies du sapin allumées ! Quelle inconscience ! Heureusement que tu étais là, toi !

 

_ Oui, modestement oui. Mais pour être tout-à-fait honnête, heureusement que le petit garçon de la maison avait commandé au Père Noël un camion de pompier…

 

_ Un magnifique camion de pompier ! Je t’admirais tu sais ! Accrochée à ma branche, juste au dessus de toi…

 

_ Je m’en étais aperçu, figure-toi. Et je me demande même, après toutes ces années, si finalement tu n’as pas fait un peu exprès de mettre le feu, manière de te faire remarquer par moi…

 

_ Oh tu exagères ! C’était juste un petit soupir d’amour déçu qui a attisé ma flamme !

 

_ Toujours est-il que je suis entré en action immédiatement, tuyaux et grande échelle ; et hop, en deux  temps trois mouvements, l’incendie était éteint

 

_ Et moi avec !

 

_ Que veux-tu, aux grands maux les grands remèdes. N’empêche, le lendemain matin, la famille n’en n’a vu que…du feu !

 

_ Et spirituel avec ça le héros !

 

_ Héros je ne sais pas mais tu avais raison, c’est un joli conte de Noël puisque tout est bien qui finit bien. »

 

                 « Qui finit bien, comme à chaque fois que je me raconte cette histoire, mais dans la vraie vie malheureusement… » Le Chef d’Etat soupire en remettant  dans la poche de sa veste la vieille photo, datant de plus de cinquante ans. On y voit un bambin souriant et ravi, assis sous un sapin de  Noël illuminé  par une multitude  de bougies. Le petit garçon tient dans ses bras un superbe camion de pompier dont la carrosserie rouge vif et les chromes argentés étincellent sous la lumière.

 

                   « Et dire que cet enfant c’était moi ! Adieu petit ! »

 

Le Chef d’Etat pousse un nouveau soupir, lève les yeux vers le ciel où scintillent des millions d’étoiles, par cette belle nuit glacée de décembre…et appuie sur le bouton rouge.

 

               Ce n’est pas le genre de conte de Noël qu’exige la tradition mais faisons en sorte que cette histoire ne sorte jamais de son domaine : celui de science-fiction.

 

 

 

                                                                                    El Pé  

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