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samedi, 06 février 2016

Quand deux mains se rencontrent, que se disent-elles?

Chacun se trouve en possession de deux photos de main, une choisie et une tirée au sort

En 20 minutes écrire un texte inspiré par ces deux photos, comprenant au moins une partie de dialogue entre les mains.

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pixabay

 

Ballade des mains

         Bien sûr, tout le monde connait la chanson du petit poisson et du petit oiseau qui s’aimaient d’amour tendre. Mais peu de gens, en revanche, sont au courant de l’existence de la très romantique « Ballade des Mains* », à ne surtout pas confondre avec « Les mains baladeuses » qu’entonnent volontiers les carabins les soirs de nouba.

     Mais encore plus rares sont ceux qui savent quels étaient les sexes respectifs de l’oiseau et du poisson. Je préfère prévenir tout de suite : on ne le saura pas davantage en ce qui concerne les mains.

     Il était une fois donc, une main d’alpiniste : gantée, dure, adroite et habituée aux sports de l’extrême… et, très loin d’elle, une main de guitariste : fine, déliée, mais possédant néanmoins la force nécessaire pour faire vibrer les cordes(le mi grave en particulier, ceux qui pratiquent comprendront).

   Elles se rencontrèrent par hasard, un jour, ou plutôt lors d’une soirée lorsque les deux propriétaires se les serrèrent un moment… avant de se séparer, vu qu’ils n’avaient pas grand-chose à se dire. Mais trêve de bavardage, écoutons-les.

Main d’alpiniste : Quel trouble étrange, mon amie, m’a donc saisie quand je me suis avancée vers toi, tendue et déjà frémissante. Je t’avais reconnue, je crois.

Main de guitariste : Ô toi, de qui je rêvais depuis si longtemps ! Je t’ai aperçue, et, effrayée soudain, je me suis tapie dans la poche du pantalon qui m’abrite d’ordinaire, n’osant plus en sortir !

Main d’alpiniste : Je sais ma douce, je l’avais remarqué. Mais j’ai décidé pour deux, vois-tu, je me suis faite insistante, volontaire !

Main de guitariste : Oui, c’est vrai. Et alors je n’ai plus résisté. A peine m’as-tu touchée qu’un souffle ardent m’a envahie, et c’est toute brulante que je me fonds à présent en toi…

Main d’alpiniste : Ô moment sublime ! Ô seconde exquise qui nous grise ! Je te sens trembler, palpiter entre mes doigts !

Main de guitariste : Comment est-ce possible ? Nous sommes à l’évidence faites l’une pour l’autre et un bienheureux hasard nous réunit enfin ! Oh, serre-moi bien fort mon aimée !

Main d’alpiniste : Oh oui…Mais, que se passe-t-il ? Une force diabolique s’empare de mes doigts, m’oblige à te lâcher ! Non, je ne veux pas !!

Main de guitariste : Non, non ! Au secours ! Une force identique et mauvaise m’éloigne aussi de toi ! Ou es-tu ? Déjà je ne te vois plus ! Je ne t’entends plus !!

Main d’alpiniste : Tu disparais…Adieu mon amour ! Et dire que je ne connais même pas ton nom…

Main de guitariste : Adieu ! Adieu ! Mon premier accord sera pour toi. Et ce sera, je le jure, aussi le dernier.

   Fin de la ballade.

   Et le lendemain :

Le guitariste fut inexplicablement frappé d’une paralysie incurable ; quant à l’alpiniste, sa main lâcha brusquement le filin tendu au dessus du vide. Dommage.

                                                                                         El Pé

*Sur l’air de « Quelque chose de Tennessee ». Ce ne serait pas mal, non ?

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       pixabay

 

 

– Ah ! Toi qui es jeune , donne-moi cette pomme .

– Non, tu vois bien comme elle brille, comme elle est parfaite, je ne m 'en séparerai pas.

– Tu en trouveras une autre plus tard, sois sympa, regarde mes articulations souffreteuses, je ne peux plus aller en cueillir.

– Mais apprends donc à ne plus faire ce que tu faisais avant, c'est tout ! Cette pomme rouge , elle va trop bien avec ma french manucure et je vais poser pour un photographe , figure-toi.

– Pour les cinq fruits par jour ou pour la belle-mère de Blanche-neige?

– Ah, c'est malin!

– En tout cas, tu n'as pas grand-chose à raconter . Moi, je pourrais parler de toutes les aiguilles que j'ai tenues pour tricoter , de tous les stylos qui sont venus entre mes doigts pour écrire des histoires, de toutes les têtes d'enfants que j'ai caressées pour les encourager. Peu importe, tu vois, moi je suis ouverte, j'aimais donner, toi, tu aimes paraître , adieu.

 

Marie

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           pixabay

 

Les mains

– Je lève ce verre à ta santé ma vieille maîtresse. Que l’avenir nous réserve encore bon nombre de tes fabuleux concerts !

– Je commence à ressentir le durcissement de mes articulations. Je pense avoir fait le plus gros de mes exploits, s’il en fût.

– Aie confiance, on admire toujours ta dextérité et la précision de ton doigté. Tu en as pour des années !

– Sache toutefois que je souffre en silence depuis plusieurs mois. L’arthrite m’agrippe et me joue de sales tours.

– Tu la domines tellement bien que la légèreté de tes nuances ne trahit pas le moindre mal-être. Pour moi, tu es comme au premier jour, quand nous produisions nos duos sur la scène de la salle Pleyel, du Carnegie Hall ou de la Scala de Milan. Je ressens toujours la même sensibilité dans nos adagios ou nos largos. Et je fonds de plaisir quand tu danses avec sveltesse sur les touches du piano.

– Cependant, tu dois te préparer ma belle, tu vas devoir assurer le relais avec une autre partenaire. Je crois que j’ai fait mon temps. Place aux jeunes pousses !

Mouty

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         pixabay

 

Fouilles clandestines

Une main fouille le sol sur les rives de la rivière Awash, en Ethiopie. Eclairée par un simple briquet, elle tente d’apercevoir le fond d’une cavité.

– Eh bien, je ne vois pas grand-chose, mais je crois bien que j’ai trouvé. Je n’en reviens pas !

– Ah vous m’éblouissez avec cette lumière ! N’oubliez pas que je n’ai pas vu le jour depuis environ trois millions d’années. Je ne sais pas si vous le savez mais je suis Lucy, ou Dinqnesh, qui veut dire « tu es merveilleuse » en amharique. Comme vous pouvez le constatez, je n’ai plus rien sur les os et ma main, que vous voyez là, a échappé aux recherches de messieurs Coppens et Cie, en 1974, et jusqu’à cet instant, pensait reposer tranquillement dans cette terre encore plusieurs millions d’années.

Qui êtes-vous et que faites-vous là ?

– Eh bien, justement, je fouille ! Pourquoi croyez-vous que je suis venu jusqu’ici, en Ethiopie, dans ce pays fermé et mystérieux dont on parle peu, si ce n’est dans l’espoir de trouver encore un petit morceau de votre squelette oublié par les éminents chercheurs qui vous ont étudiées. J’imagine qu’une seule de vos phalanges vaut une petite fortune.

– Mais vous plaisantez mon ami ! D’abord on ne fouille pas pour trouver des restes aussi précieux que les miens comme vous le faites, sans précautions. Vous risqueriez de m’abîmer ou de perdre un de mes osselets en me prenant à pleine main, comme vous semblez en avoir l’intention.

Je vais vous expliquer ce qui me rend unique et pourquoi j’ai droit à certains égards : je suis le premier fossile aussi complet découvert pour une période aussi ancienne. Mes restes ont été extrêmement importants pour comprendre comment se déplaçaient ceux de mon espèce. Ainsi, j’étais bipède mais j’avais aussi l’aptitude à grimper aux arbres. Fabuleux n’est-ce pas ? Je suis presque l’ancêtre de l’homme sur cette terre, ou, je dirais plutôt, une cousine éloignée de l’humain que vous êtes.

Vous ne fouillez pas, vous pillez. Qu’imaginez-vous ? Me vendre au plus offrant ? C’est du domaine du rêve car j’appartiens à la communauté scientifique tout entière. Vous devez être bien naïf ou particulièrement sot pour penser la chose possible !

– Eh bien, si vous ne me rapportez rien, je ne vais pas me fatiguer à creuser. Vous avez raison, il est temps de passer à autre chose. Je file et vous laisse à votre sol éthiopien. Je trouverai bien d’autres curiosités à monnayer.

– Sage décision, mon ami. Un dernier conseil : allez donc admirer mon squelette au musée d’Addis-Abeba, ou à défaut, faites-un tour à Paris, au Jardin des Plantes, une réplique y est exposée.

Allez, maintenant que je suis tranquille, il ne me reste plus qu’à me réinstaller confortablement pour plusieurs millions d’années.

Gill

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dimanche, 15 mars 2015

Les narrateurs: conte à dormir debout

Chacun tire au sort la photo fantasmagorique d’un animal, d’un légume, ou d’un fruit.

 A partir de cette image, en 25 minutes, écrire un conte où toute imagination est permise, et se terminant par une sentence ou une morale.

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Il était une fois

 

Il était une fois un renard blanc errant dans la toundra, au sud de Novossibirsk. Fougueux et vigilant, il veillait sur ses petits en bon père de famille, leur rapportant maints gibiers à plumes ou à poils.

Un jour, alors qu’il était tapi derrière un buisson épineux, à l’affut d’un lapin imprudent, il n’entendit pas l’arrivée feutrée dans la neige d’un chasseur. Il n’eut pas le temps d’esquiver la balle de ce prédateur qui courait après les fourrures. Il sentit une brûlure, fut aspergé de giclures rouges, puis ne vit plus rien.

Au ciel chargé de grisaille, tournoyait l’aigle blanc, seigneur de la contrée. Planeur infatigable à l’œil acéré, il enregistrait les moindres détails des évènements qui se passaient sur le plancher des terriens. Son regard perçant se fixa sur la scène du chasseur et du renard. Il fonça sur eux, mais en arrivant à portée de fusil, il ressentit dans ses flancs la trajectoire d’une cartouche qui accéléra sa descente en piqué, droit sur le chasseur.

Mêlée mémorable. Impossible de distinguer de cet amalgame un seul des trois intervenants. A l’issue de cette bataille farouche, il en ressortit un animal au corps de renard et à la tête d’aigle. Plus de chasseur : disparu corps et fusil. Volatilisé.

Cet animal étrange fut baptisé Roi de la Toundra.

Méfiez-vous en, il veille aux incursions des prédateurs sur son territoire, prêt à foncer sur les êtres malveillants.

Qui mal y voit paie en sentences.

 

Mouty

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Sur une île déserte, loin, très loin, hors de l'imaginaire, vivait une sorcière. Elle habitait dans une cabane en roseau qu'elle avait bâtie tant bien que mal et que les vents faisaient tanguer. Elle vivait seule, avec pour compagnon un oiseau de paradis: son seul ami.

Il était comme elle, sans âge, et ses plumes éblouissantes de mille couleurs avaient pali et son chant mélodieux n'était plus qu'un cri rauque et lugubre.

La sorcière aussi avait perdu beaucoup de ses pouvoirs et ne pouvait redonner ses atouts à son oiseau.

Un jour d'orage, alors que les éclairs sillonnaient le ciel noir,  elle invoqua ses oracles et pria pour que cet oiseau qui n’avait plus rien de paradisiaque retrouve sa beauté et son chant. Mais les dieux se montrèrent  intraitables et se moquèrent d'elle : « tu nous as nargué durant des siècles et demande de l'aide ah ah ah ! » Instantanément, les plumes se fanèrent davantage et il fût transformé en un monstre cousin du crocodile dont la mâchoire ouverte laissait entrevoir des dents qui ne pouvaient plus mordre, des yeux qui ne pouvaient plus voir.

Furieuse la sorcière se jeta dans les flots déchaînés avec l'oiseau.

Il faut demander beaucoup pour obtenir peu mais surtout ne pas demander l'impossible.

 

Dedou

                                                              

 

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Bien que perché, ce n’est pas le corbeau du moraliste La Fontaine, ce n’est même pas le renard, il n’a pas de fromage. Dommage, j’aime bien le fromage surtout s’il est à point. Que faire d’une tête de renard connectée comme on dit en informatique, cousue aurait-on dit autrefois, que faire donc d’une tête de renard sur un corps grassouillet d’oiseau à longue queue. Franchement c’est de la science-fiction, un clone raté par un savant cosinus amateur de nouveauté. Mais au fond, c’est bien, cet hybride peut glapir, triller, peut-être parler comme un perroquet. Je sais qu’il est bien dans sa peu, enfin dans ses plumes, il mange de la viande puisqu’il a une mâchoire de renard, il avale des graines ou crie « vive la journée de la femme » car il me semble qu’il est du sexe féminin. Il peut courir en sortant ses pattes cachées, voler en décollant ses plumes. Il ne se trompe jamais, la queue lui sert de gouvernail. C’est l’animal de compagnie que chacun rêve de posséder. Mais où le mettre ? Sur un perchoir ? Dans une cage ? Et si je le prends quand je pars en vacances, est-ce que je dois acheter deux billets puisqu’ils sont deux en un ? Et à l’hôtel, que vais-je devoir débourser, pourrais-je le prendre dans ma chambre ? Les gens sont méfiants devant la modernité, mais je le cacherai dans un panier en osier pour qu’il respire et scotcherai son museau pour qu’il se taise. Mais quand même, un renard ça va, un corbeau ça va, mais les deux, bonjour les dégâts. Et comme aurait dit Montaigne « science sans conscience n’est que ruine de l’âme »….mais cette créature a-t-elle une âme ? Un mystère, encore une énigme. Cosinus, je vous le dis, je vous l’ordonne : »à chaque découverte, une notice, et en français ».

Line

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             La vraie histoire de Chouchou

      Cet éléphant que vous voyez là, était en réalité le frère de Jumbo, sauf que lui avait eu moins de chance. Enfin, ça se discute. Car, s’il n’avait pas eu les honneurs de la maison Walt Disney, en revanche, il avait servi de modèle à Gainsbourg pour le célèbre album intitulé : « L’homme à la tête de chou », dont les gens de ma génération se souviennent encore avec beaucoup d’émotion et que les autres devraient retrouver sur U Tube. Mais là n’est pas le propos, c’est vrai ! Mille excuses Monsieur le Conte.

        Qu’était-il donc arrivé à cette pauvre bête ?

Et bien c’est simple : Après la mort tragique du pauvre Jumbo (d’une balla dans la tête, est-il besoin de le préciser…), la maman éléphant avait opéré un transfert affectif- éminemment salutaire quoique d’une affligeante banalité- sur le frère jumeau de ce dernier, éléphanteau tout ce qu’il y a de plus normal sur le plan oreilles et QI, mais d’une grande gentillesse et très attaché à sa petite maman (l’Œdipe n’était pas loin, vous l’avez deviné).  Celle-ci, par conséquent, avait baptisé cet enfant « Chouchou », sans aucune référence, d’ailleurs à « Un gars, une fille », il faut quand même que les choses soient dites.

     Et c’était du « Chouchou par ci, Chouchou par là, si bien que peu à peu, et ce n’est certainement pas Freud qui me contredira concernant l’indiscutable relation de cause à effet-  peu à peu donc, une magnifique collerette était apparue autour du cou du petit animal ; manière crinière de lion mais matière chou breton.

       Inutile de préciser que le dit animal, une fois adulte, ne trouva jamais à se marier, les femelles décidant qu’il avait mauvais genre. Il mena donc une vie plutôt solitaire, d’autant que ses camarades et congénères ne rataient pas une occasion de lui brouter des bouts de collerette, par jeu et par gourmandise, le chou vert étant à cette époque à peu près inconnu en Afrique.

   Une vie qui, par conséquent, aurait pu être triste, mais ne le fut pas. Grâce à l’heureuse nature de Chouchou, satisfait d’un rien, ainsi qu’à son penchant pour les bons mots (certes un peu faciles, convenons-en). Tant et si bien que sa devise, qui l’amusait fort, fut : « Chourira bien qui chourira le dernier ». Et il eut en effet quelque raison de s’en réjouir car, de mémoire d’éléphant, aucun d’eux ne vécut aussi longtemps que lui. La preuve, on peut encore le rencontrer dans une réserve du Kenya. Enfin, c’est ce qu’on dit.

    Lafontaine aurait certainement une morale à ce conte plus appropriée. Mais comme il n’est pas joignable en ce moment, il faudra simplement conclure par ces mots :

  « On est ce qu’on est, ça ne sert à rien de se prendre le chou. »

                 El Pé

                                                                    

 

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Maître Escargot, sur son chemin baveux, portait sur son dos une pomme. Une pomme d'api à la peau bien verte. De ses cornes allongées, Maître Escargot avait la fâcheuse habitude de la toucher, de la tâter par le dessus de sa tête, la sentant alors douce et parfumée, ferme et juteuse, mais déformée.

Bien sûr, il ne pouvait voir sa forme exacte, mais ressentait en chaque instant le regard insistant des êtres qu'il croisait, qu'il posait sur lui. Intimidé et honteux, ne sachant pas de quoi d’ailleurs, à ces moments là, il se recroquevillait dans sa pomme, oh nid si soyeux d'humidité et si protecteur.

Un jour, alors qu'il cherchait bombance dans les rougnes du jardin de son vieil ami Crapin le crapaud à la peau en croûte de pain cramé, il tomba nez à nez avec un jeune Musarainez effronté et effondré de rire à la vue de Maître Escargot.

Ce dernier, les vieux réflexes reprenant le dessus, se réfugia à son habitude dans sa pomme.

Notre jeune moqueur n'en rigola que de plus belle. Pourtant cette attitude de rapide fuite n'échappa pas à Musarainez, qui attendrit, attendit très patiemment que Maître Escargot repointe le bout de son nez.

Il lui dit alors : "Maître Escargot, je me moque de ta pomme, mais sais-tu seulement qu'elle se finit en forme de nez ?"

Étonné, Maître Escargot comprit enfin que lui qui n'en avait pas au milieu de la figure, avait un tarin sur sa pomme.

Paraissant tellement désespéré,  Musarainez lui raconta alors ses propres difficultés par rapport au sien et finit par conclure : "Il vaut mieux une pomme sur son dos, qu'un pif en tuyau poêle en guise de museau !".

Nanou

                                                               

 

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Coup de foudre aux Galapagos

Kiko le lézard évoluait dans les sables des Galapagos, assez satisfait de son sort, ma foi. Il était suffisamment petit pour ne pas se faire remarquer et n’avait donc rien à craindre de ses gros frères, les iguanes.

Il menait sa petite vie bien tranquille, le nez au sol, quand un jour, entendant un bruit d’ailes inconnu au-dessus de sa tête, il leva les yeux : une perruche d’une beauté à couper le souffle évoluait dans le ciel d’azur ; son bec courbé brillait dans le soleil et ses  ailes délicates étaient les plus belles que Kiko eut jamais vues. Elle s’éloignait, revenait, faisait des cercles au-dessus de lui comme si elle était incapable de quitter cet endroit. Kiko eut un vrai coup de foudre. Mais comment faire pour lui avouer sa passion, lui cloué à terre et elle évoluant avec grâce en l’air. Ils passèrent tout le jour à réfléchir, elle n’osant s’aventurer sur cette terre inconnue et hostile et lui incapable de trouver une solution acceptable.

Enfin, quand la nuit commença à assombrir le ciel, elle osa descendre pour faire connaissance avec celui qui avait déjà pris son cœur. Ce ne fut alors que caresses et embrassades et leurs corps, bien différents pourtant, trouvèrent immédiatement une entente parfaite. La nuit les enveloppa dans une brume merveilleuse. Au réveil, ils ne faisaient plus qu’un, mais vraiment plus qu’un : une sorte d’oiseau à tête de lézard ou une sorte de lézard pourvu d’ailes. Ils pouvaient ainsi rester tous les deux en ne faisant qu’un avec toutes les qualités et les pouvoirs des deux : courir et se dissimuler dans le sable et fuir tous les prédateurs terrestres en s’envolant. Ils ne craignaient plus rien ni personne.

Partout dans le monde, malgré l’étonnement suscité par son apparence, on s’habitua à rencontrer ce drôle d’animal qui fit des voyages merveilleux d’un bout à l’autre de la Terre, ce qui montre bien que « l’union fait la force » et que pour être heureux, il faut se nourrir de nos différences.

Gill

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