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dimanche, 13 mai 2018

Au fond du placard

Un vêtement ou un accessoire vestimentaire, tiré au sort, oublié au fond d’un

placard depuis plusieurs années, vous interpelle.

En 20 minutes écrivez un texte sur ce thème

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pixabay

 

Les chaussures fatidiques

 

Il y a quelque temps, après le décès de mes parents, j’ai dû ranger la maison familiale avec mes frères au bord de la mer.

J’ai découvert au fond d’un placard dans un carton une paire de chaussures en cuir marron clair, toutes neuves.

Et soudain je me suis revue dévalant un escalier du métro la tête la première  en 1978 !!

Ce matin-là, je devais prendre le train gare St Lazare pour Cherbourg afin de passer une semaine chez mes parents.

J’étais rentrée la veille d’un voyage au Mexique et au Guatemala.

J’avais dans ma valise blanche Samsonite 2 bouteilles de Margarita mexicaine pour mes parents qui appréciaient ce cocktail et bien sûr quelques vêtements.

J’avais revêtu un joli ensemble, jupe et veste, acheté récemment et les fameuses chaussures à lacets aux bouts légèrement pointus également achetées récemment.

Je quittais mon appartement de bonne heure afin de ne pas rater mon train.

Sans encombre, je suis arrivée à la station La Madeleine, je me suis dirigée vers la correspondance pour la gare St Lazare.

Je descendais les escaliers quand ma chaussure droite au bout pointu s’est coincée dans je ne sais quoi et me voilà partie pour une séance de cirque improvisée ! Ma valise est arrivée en bas bien avant moi, j’ai suivi et atterri de tout mon long à côté d’elle !

Des gens autour de moi se sont empressés de me relever, inquiets et plein de sollicitude.

Plus de peur que de mal, les genoux en sang, les collants déchirés mais rien de cassé !

En revanche … la valise saignait !!! Les 2 bouteilles de Margarita s’étaient brisées et elle baignait dans une douce odeur de citron vert et Téquila !!! J’étais très embêtée, les gens allaient penser que j’étais une pocharde qui transportait son mini-bar dans sa valise !! La honte !!

J’ai essuyé tant bien que mal avec des kleenex ma pauvre valise.

Je ne pouvais pas rentrer chez moi pour me changer et nettoyer ma valise, j’aurais manqué mon train.

Je suis montée dans le métro, descendu à la gare en clopinant et je me suis installé dans le train qui était déjà à quai.

En arrivant chez mes parents, sans cadeau ! j’ai constaté les dégâts dans ma valise. L’intérieur de cette  valise était capitonné avec un joli tissu rouge vif. Tous mes habits imbibés d’alcool avaient acquis de surcroît une magnifique teinte rouge que je n’ai jamais pu éliminer.

Les fameuses chaussures ont donc terminé leur vie dans une boite dans un placard pendant toutes ces années. Hors de question que je rechausse ces maudites chaussures à bouts pointus !

 

Christine

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pixabay

 

Oh la la ! La corvée ! Certes, je l’aimais bien l’oncle Jimmy, c’est sûr, et nous avons passé de chouettes moments ensemble, tous les deux, c’est sûr aussi. Il m’avait servi de grand-père, moi qui n’ai pas eu la chance de connaitre les miens et j’adorais retrouver, au VRAI premier jour des vacances, la bonne odeur de tabac à pipe qui imprégnait ses vêtements et sa grosse moustache…Mais enfin, ce n’était pas une raison !!

    Non, ce n’était pas une raison pour me faire avoir comme ça ! Il en avait d’autres, des neveux et nièces, le Tonton ! Pourquoi diable, sous le coup de quel attendrissement inopportun m’étais-je donc proposé pour faire le tri dans ses affaires, avant d’appeler Emmaüs ! De toute façon, il n’y avait quasiment rien à garder. Tiens, là dans la penderie par exemple, devant laquelle je me trouve en ce moment : que des vieilleries ! Tout juste bonnes à faire des chiffons pour cirer les chaussures ou vérifier les niveaux de la bagnole. C’est vrai que cela faisait facilement cinquante ans qu’il n’avait pas renouvelé sa garde-robe, l’Oncle. Pas vraiment radin, mais plutôt le genre j’m’enfoutiste, quoi…

     Mais, qu’est-ce-que… ?Ah, mais c’est son imper, ça ! Dire que je l’avais oublié ! Brun pisseux, les poches plus qu’un peu décousues. Je l’ai toujours vu avec. Un vrai truc de clodo, qu’il adorait, vu qu’il ne le quittait jamais, même en été ! Enfin, presque jamais en été. En tout cas, il l’avait quand il m’emmenait à la pêche sur le lac à l’aube, ou cueillir des champignons  en automne. Je l’entends encore : « Ouais, il est joli le rouge à points blancs, mais celui-là, on va le laisser tranquille, hein, Canard … » Ou bien le soir dans le jardin quand il m’apprenait les étoiles…

       L’imper de l’oncle Jimmy ! Impossible de le jeter. Mais le garder, pour quoi faire ?

Et soudain, une illumination brillante comme une évidence vient m’apporter la réponse : Le voilà le fameux accessoire que je cherchais pour « marquer » mon personnage…dans la série qui doit débuter bientôt et qui va s’appeler…comment déjà ? Ah oui, Columbo !

 

 El Pé

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lundi, 17 octobre 2016

La rentrée de .........

Pour ce premier atelier au sein de l’UTT, voici une des consignes données aux participantes

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En 20 minutes, écrire un texte sur le thème :

LA RENTREE D’UN CARTABLE

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pixabay

 

 

La rentrée d’un cartable

           A proprement parler, il n’y a véritablement jamais eu de rentrée, pour moi, vu que je n’ai jamais eu de vacances. Pourquoi ? Je vais vous le dire :

   Elle m’utilise comme sac à main, je vous demande un peu ! Comme si c’était ma vocation ! Pour deux raisons : d’abord parce qu’elle me juge plus pratique, avec mes grandes poches et mes zips so sexies ; et ensuite parce que, croit-elle, ça trompe les voleurs à l’arraché. Tu parles. Moi je n’y crois pas une seule seconde.

      Pas de vacances donc, ou alors si peu. J’appelle vacances ces moments bénis où je repose dans un coin, obscur de préférence car cela me permet de sommeiller en rêvant tranquillement. De mes ancêtres par exemple. Je les imagine, folâtrant gaiement dans un bocage normand ou sur une pente alpestre herbeuse et odorante. Et parmi eux, ma mère, dont j’ai hérité la peau… Ce qui est absolument faux d’ailleurs car étant donné mon label « skie pur jus », ma mère est par conséquent un fossile préhistorique depuis longtemps transformé en hydrocarbure. Bon, passons, ça me file le cafard.

      Il vaut mieux que je n’aie pas trop de temps libre, tout bien considéré.

C’est pourquoi j’envisage cette rentrée avec enthousiasme et optimisme. Je vais être de nouveau très occupé cette année. Elle va me bourrer de ses passions, de ses cahiers et de ses espoirs. Complice des bons et des mauvais jours, je vois me blottir contre elle, mine de rien bien sûr, et lui murmurer, bien qu’elle ne m’entende pas, que dans le fond, je suis heureux de lui appartenir, corps et âme.

     On ne peut pas rêver mieux…

 

 El Pé

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pixabay

 

Une rentrée pas comme les autres

Ciré, pimpant sinon frais, j’attends sagement sur la chaise de la chambre, devant le bureau. Cela faisait longtemps que je n’avais pas vécu telle situation et d’ailleurs, je me demande un peu ce que je fais là, ressorti après tant d’années passées au fond du placard, sur la piles des GEO.

Je ne suis pas trop décati pour mes 17 ans. Quand je suis né, j’ai été confectionné dans un cuir de très bonne qualité et ma solidité a été à toute épreuve. J’ai vécu plusieurs rentrées à l’école primaire, puis j’ai été relégué pour des sacs à dos éphémères, plus modernes les uns que les autres, qui rendaient l’âme au bout d’un an ou deux, victimes d’un surpoids permanent qui avait raison de leurs coutures bâclées.

Aujourd’hui, je suis une sorte de gri-gri et je suis là pour donner du courage au jeune enseignant qui va vivre sa première rentrée et affronter sa première classe. Avec moi, qui lui ai tenu compagnie lors de ses premiers pas d’élève, il se sentira plus fort pour faire ses premiers pas de professeur. Et moi, pour la première fois, je serai du côté du savoir, sur l’imposant bureau, face à ces jeunes cerveaux avides de connaissance.

Je ne serai pas fatigué car je ne transporte pas grand-chose, quelques livres, papiers, stylos. En fait, c’est ma seule présence qui est importante. Demain sans doute, après ce premier jour passé continuerai-je ma paisible retraite, fier d’avoir été, encore une fois, indispensable à ce gamin que j’ai vu grandir, s’affirmer et devenir l’homme qu’il est aujourd’hui.

Gill

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pixabay

 

Fini le placard, le silence, l’abandon.

Dépoussiéré, réparé, lavé, décoré de badges, de breloques et insignes en tout genre je piaffe et revis. Puis, on me bourre de choses « sérieuses » : stylos et crayons, cahiers et feuilles quadrillées, cahier de textes, quelques livres de base.

Enfin, c’est le jour J ! On me jette sur les épaules, je retrouve la rue, le bus et la cour de l’école, tout ce brouhaha si joyeux. On me jette par terre sous le bureau, on me vide, on me remplit, on me piétine, on m’oublie…

Peu m’importe, tout vaut mieux que le placard !!!

 

Valérie

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dimanche, 13 mars 2016

Le dernier jour

En 20 minutes, écrivez un texte libre sur le thème

« C’est le dernier jour »

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pixabay

 

 Le dernier jour                

       Par habitude, il a failli ranger son bleu dans le placard, ne s’en ravisant qu’à la dernière seconde, avec un sourire amer. Alors, il le jette dans un coin avec ses souliers dits « de sécurité » par-dessus.

   Quant au placard, François (appelons-le François) a vite fait de le vider : un tee shirt de rechange  pour le cas où, trois bouquins policiers qu’il devait rendre à Manu depuis six mois et enfin une photo de sa femme et de ses deux gosses datant d’au moins dix ans. De l’époque où l’on avait le temps de les montrer aux copains, de bavarder, de rigoler pendant que l’on se changeait. Juste avant d’aller boire un coup ensemble au bistrot d’en face , manière de ne pas se séparer tout de suite, après la journée de boulot.

     C’est bien fini tout ça. Depuis un bail. La télé peut-être ? Allez savoir…

 Les autres, autour de lui, se changent en silence, gênés. Il les comprend. Il sait bien qu’ils ne peuvent rien y faire, même s’ils avaient imaginé tout autrement son départ. Avec le pot, la canne à pêche à moulinet et le discours du patron- enfin l’autre, pas le nouveau, qu’on ne voit jamais et qui parait-il, sort d’une grande école de commerce-. Bref, un départ à la retraite normal. Pas forcé. Pas avec trois ans d’avance pour cause de compression de personnel. Pas avec cette étiquette de « chômeur de longue durée » qui va lui coller à la peau sitôt passée la porte de la boite.

   Dernier jour. Après avoir bossé quarante ans dans cette usine. Dernier jour. Les yeux lui piquent un peu. Allons, faut pas s’attarder. Il remonte d’un coup sec la fermeture éclair de son blouson, lance un « Salut les gars » un peu enroué auquel répond le « Salut François » tout aussi enroué du chef d’équipe, repris par celui, à peine audible, des copains. Il les comprend. Ils sont en train de se dire : « A qui le tour demain ? »

     Il sort. Seul. Dehors il pleut. Quelle vacherie. Manquait plus qu’ça.

 

               El Pé

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pixabay

 

C’est le dernier jour

C’est le dernier jour : Ouf !

« Vive les vacances » dit-on. Et bien, moi, je dis « vive la rentrée ». C’est beau les petits anges quand ça dort, mais le reste du temps c’est souvent la galère ! Pourtant vous l’avez bien voulu puisque vous vous êtes proposée de garder la progéniture de votre descendance en dehors de la période scolaire…

A la tendresse des regards de vos enfants, vous avez constaté que vous tapiez juste dans le type de cadeaux que vous pourriez leur faire. Mais vous avez aperçu des œillades vipérines accompagnées de quelques petits gestes de désappointement, si ce n’est d’exaspération chez la deuxième génération. Pour la bande de minus ça ne voulait pas dire « vacances à la mer », mais « vacances à la campagne ». Vous les soupçonniez alors de préparer des coups fumants pour vous en faire voir des vertes et des pas mûres. Avec juste raison, la suite confirmant votre impression non avouée de temps d’esclavage.

Vous aviez pourtant organisé votre planning pour le plaisir de tous : stage de planche à voile pour les deux plus grands, stage d’équitation pour les deux suivants, dont ils revenaient avec des poux grâce aux bombes qui passaient de tête en tête, stage de natation pour les deux cadets, petits loisirs créatifs, et cocooning pour les deux derniers.

En résumé, des heures de taxi, de ménage, de courses, de préparation de bouffe, de toilette, sans compter les pipis au lit, les chamailleries, et j’en passe.

Et les activités qui se bousculaient, se chevauchaient, vous transformant en zombie avant la fin de chaque soirée, du premier au dernier jour.

A la fin, vous n’avez même plus la force de dire « Ouf ».

 

Mouty

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Statue Of 'Justice' Old Bailey

wikimédia

 

Le dernier jour du condamné

Oui, je le sais, demain, à cette heure-ci, je serai ailleurs, en Enfer sans doute. Cela ne me changera pas, je me suis habitué à la chaleur du feu.

Je suis ce qu’on appelle communément un tueur en série. Quoique !  Quand on dit tueur, on dit mort, et quand on dit mort, on dit corps. Et personne n’a jamais retrouvé les corps des personnes que j’ai censément tuées. Bien sûr, on a retrouvé un petit carnet noir, des restes calcinés dans des villas que j’ai occupées, mais pas de corps, j’insiste.

Demandez à ma femme, je suis un bon père, je suis un bon époux qui subvient très correctement aux besoins de sa famille. Demandez à mes parents, j’ai été un enfant désiré, d’où mon prénom d’ailleurs, chéri de son père et de sa mère.

Certes, je suis un escroc, mais entre le vol et l’assassinat, il y a de la marge. Quant à mes nombreuses conquêtes, ces femmes qui m’ont offert leur argent, je n’y peux rien si je les ai séduites. Je n’ai pas un physique attrayant et pourtant, je plais. Et grâce à Monsieur le Président de la Cour d’Assises, ma femme sait maintenant que je l’ai trompée !

Lors de mon procès, j’ai bien senti que mon éloquence remplie d’ironie et de bons mots m’attirait la sympathie du public et je pensais qu’il en serait de même pour les jurés qui parviendraient à un autre verdict. Cela n’a pas été, je ne les ai pas séduits, j’ai joué, j’ai perdu. La peine de mort…..ils ont prononcé la peine de mort….. et mon recours en grâce a été rejeté.

Aussi, aujourd’hui, c’est mon dernier jour. Demain, à l’aube, j’emporterai mon secret avec moi. N’ayant jamais avoué les crimes dont on m’accuse, je partirai « avec mon petit bagage », laissant les questions sans réponses, alors, je sais qu’on parlera longtemps de moi.

Mon prénom, c’est Henri Désiré, mon surnom, « le Barbe-Bleue de Gambais »

Gill

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