Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

jeudi, 03 novembre 2016

Un thème libre, trois fins au choix

En 20 minutes, écrire un texte sur un thème libre et

se terminant par une de ces trois phrases:

 

"j'en fus persuadé(e) en le(a) voyant arriver"

 

"je ne le savais pas encore quand je la(e) vis partir"

 

"je ne savais pas encore ce que j'allais trouver"

--------------------------------

Advokat, Fransk advokatdräkt, Nordisk familjebok

wikimédia

 

 

Monsieur le juge, nous voilà devant vous, dans ce tribunal, ma cliente, et moi-même son avocat. Oui, Monsieur le juge, je suis commis d’office, donc peu payé, mais je défendrai madame avec conviction. Ma conviction c’est qu’elle est innocente, douce comme l’agneau qui vient de naître. Regardez son maintien modeste, la clarté de ses yeux bleus, la finesse de ses mains effilées et vous voudriez qu’elle ait tué son mari comme l’affirment les inspecteurs ? Mais non, l’erreur est humaine, d’autant plus si ce sont des policiers qui la commettent. Son mari voulait divorcer car il avait découvert les infidélités de sa femme. Il ne lui aurait pas donné un sou, l’aurait chassé de la maison, mais ce ne sont pas des raisons pour tuer quelqu’un. Ma cliente est profondément croyante, elle s’en remet à la justice de dieu, car elle est au-dessus de la vôtre. Monsieur le juge, ne commettez pas l’irréparable en envoyant cette femme en prison. Le remords vous rongera, le visage angélique de l’accusée hantera votre sommeil à tout jamais. Je vois une rayonnante bonté couvrir votre visage, laissez-vous aller Monsieur le juge à la compassion. Rendez la liberté à cette noble femme. C’est oui ? Madame vous êtes libre, rentrez chez vous, faites retraite loin des turbulences de la vie. Innocente ? Coupable ? Je ne la savais pas encore quand je la vis partir.

Line

______________________________

 

Boat People from Haiti

wikimédia

 

Tout plutôt que cette misère de tous les jours, cette terre stérile, cette sécheresse qui sévit d’année en année, ces maigres récoltes. Chaque matin, C’est ce que je me disais en ouvrant les yeux.

La vie est dure pour nous, paysans de ce pays dont personne ne se soucie. Le gouvernement prend nos terres, nous affame, nous réduit au silence, nous empêche de manifester, nous réprime cruellement, quand il ne nous tue pas tout simplement, sans que personne, nulle part dans le monde, ne s’en émeuve. Il bloque les réseaux sociaux, nous empêchant de communiquer avec nos semblables, de nous unir, de nous rebeller. Une minorité qui muselle une majorité, est-ce possible ?

Il faut partir. J’y songeais depuis longtemps déjà, pour la France, l’Italie ou l’Allemagne. Je sais que je n’aurai plus rien après avoir payé les passeurs, je sais que je vais souffrir de la promiscuité, de la peur, que je vais mourir peut-être, noyé par une meute humaine qui, comme moi, fuira la pauvreté, ou noyé dans des eaux noires et glacées tout près d’une terre d’asile. Je sais tout cela, mais si je réussis, je serai sauvé, je n’aurai plus faim, j’aurai du travail, de l’argent et je pourrai nourrir ma famille.

Que d’attentes de ce voyage que, ce soir je m’apprêtais à entreprendre. Je n’avais plus rien à perdre, sauf la vie, mais était-ce vivre que de rester là. Les dés étaient jetés, dans la nuit, j’étais prêt à embarquer, rempli d’espoir, même si je ne savais pas encore ce que j’allais trouver.

ዢሊኢኅ

__________________________________

 

 

vendredi, 03 juillet 2015

Mathilde et les quatre saisons

En dix minutes dressez le portrait de « Mathilde » : âge, physique, traits de caractère

En 15 minutes, décrivez une journée de Mathilde au printemps

votre texte commencera par   « Sept heures du mat’ »

finira par une une morale ou une sentence

vous y introduirez 3 noms de fruits, 2 noms de fleurs, 1 nom de  plat cuisiné

 

Avec les mêmes consignes , décrivez ensuite une journée de Mathilde en été, puis en automne et enfin en hiver

                                    ---------------------------------------------

 

mathilde mouty.jpg

freepik    Par www.sxc.hu

 

Portrait de Mathilde par Mouty

Mathilde : 25 ans, rousse, grande, svelte. Un brin maladroite dans son langage et son comportement. Aime son chien. N’aime pas les oiseaux. Déteste qu’on la charrie

 

Une journée de Mathilde au printemps

 

Sept heures du mat ! C’est l’heure ! Et ce foutu réveil qui s’égosille sans faiblir ! Avec le chant des oiseaux en plus ! Les copines de Mathilde lui avaient offert cet objet fabuleux pour son vingt-quatrième anniversaire. Des oiseaux en tous genres dont la cacophonie avait le don de l’exaspérer. En ce moment-même,  plus qu’à un autre, elle déteste les oiseaux. Elle parvient avec peine à poser son doigt sur la touche d’arrêt puis saute néanmoins prestement du lit pour ouvrir sa fenêtre.

Aujourd’hui c’est le printemps. Les violettes parent le bord des allées de mauve, tandis que le muguet arbore déjà quelques boutons.

Les amandes sont formées et le cerisier est en fleurs.

Mathilde se hâte d’aller dans la cuisine où l’attend son petit déjeuner préparé par sa mère ; autant en profiter : elle n’en n’a plus pour longtemps de la maison paternelle avec ses habitudes d’enfance. Noix, noisettes, orange, et une belle part de tarte aux pommes !

Mathilde avale en vitesse son café et se met à cavaler vers la sortie. Comme d’hab elle rate son car et doit prendre ses jambes à son cou pour être à l’heure - ou à peu près à l’heure, à un quart d’heure près - à son boulot. Réception glacée. Regards chargés de reproches. Rien ne sert de courir lui dit le chef d’un air courroucé, il faut partir à point.

 

En été

Sept heures du mat ! Pas de réveil barbare au son d’un engin métallique casse-oreilles ! Mais en douceur - ou presque - au chant du coq qui vocalise allègrement depuis bientôt deux heures ! En vacances à Saint-Rémy de Provence, Mathilde savoure son petit-déj préparé la veille pour ne pas perdre une minute dans l’excursion programmée. Une pêche, une poire, et une pomme cuite. Un café et hop !

Bien dans ses baskets, la tête abritée sous un chapeau à larges bords, elle rejoint le groupe qui l’attend déjà depuis une demi-heure.

Alors Mathilde ! Incorrigible ! Toujours dans le dernier wagon !

Taisez-vous les gars, elle ne va pas tarder à faire la gueule ! clame Bertrand qui lui souffle dans le creux de l’oreille qu’elle a mal boutonné son jean et qu’elle est mieux cheveux au vent que sous cette capeline datant de sa grand-mère.

Plus un mot ne sortira de la bouche de Mathilde, jusqu’au soir.

Pique-nique à midi, douze heures pétantes s’il vous plait ! Encore du cake de Marie qui ne lésine ni sur les olives ni sur les lardons : elle n’aime ni les unes ni les autres.

Dès la dernière bouchée, elle se lève d’un bond pour aller cueillir des marguerites, des bleuets et des coquelicots. Elle en fait un bouquet qu’elle offrira à son chéri, militaire dans l’armée de l’air. Demain, quatorze Juillet, il défile à Salon de Provence. Un bouquet champêtre avec des couleurs aussi éloquentes ne peut déparer une tenue de soldat en pareille circonstance.

Le soir venu, Mathilde tourne les talons sans un adieu ni même un au revoir. Il lui tarde de se glisser entre les draps pour rêver à sa guise, loin de la gouaille ironique des soi-disant copains. C’est ça les amis…

 

En automne

 

Sept heures du mat ! Mathilde a du mal à se tirer de sa couette. Elle a pris huit jours de vacances en Octobre pour savourer l’odeur des bois en cette saison mi-figue mi-raisin. Debout, un café pris à la volée, bottes enfilées, et la voilà partie en direction de la forêt, son chien sur les talons.

A peine arrivée à l’orée du bois aux couleurs chatoyantes, elle tombe sur des châtaignes qu’elle ramasse non sans se piquer pour en remplir un de ses sacs. Le deuxième sac accueillera les cèpes. A midi : omelette. Devinez à quoi ? aux champignons bien sûr, et pas n’importe lesquels !

Après deux heures de récoltes diverses, y compris de noix et de noisettes, Mathilde presse le pas pour retourner au bercail, son chien crotté jusqu’au dernier poil s’ébrouant tous les dix mètres.

Ah, la chaleur de la cheminée ! Et la douche tiède : Quel délice ! Quant à l’omelette, n’en parlons pas ! Comme Mathilde, j’en bave encore !

Mathilde change l’eau  du bouquet de roses et de buis. Puis, sieste jusqu’au soir. Un peu de musique, un brin de lecture, et hop ! au pieu après une soupe chaude et gouleyante à faire damner un saint.

Tout ne se passe pas comme chez le curé de Cucugnan : un diner simple  vaut largement un réveillon indigeste.

 

En hiver

 

Sept heures du mat ! Mathilde lance un regard torve sur son réveil qui n’a pas encore sonné. Il s’est même arrêté sur le coup de quatre heures. Sa pile est sûrement HS. La langue épaisse et l’estomac au bord des lèvres, ce n’est pas la pleine forme. La GdeB le premier jour de l’année, ça la fout mal, d’autant plus qu’elle avait prévu de passer une journée à la neige avec sa bande de fêtards. Ils avaient franchi la Saint-Sylvestre sans compter les verres d’alcool qui, maintenant, les encombraient tous de façon épouvantable. Ils auraient pourtant dû être rodés dans ce domaine, ayant expérimenté le trop-plein pour honorer Mathilde le jour de la Sainte-Catherine. Ils avaient remis ça le 21 décembre pour célébrer l’arrivée officielle de l’hiver. Puis rebelote avec le réveillon de Noël. Accros à l’alcool en pareilles circonstances, prétextant qu’il décuplait leurs sensations, ils oubliaient vite les lendemains pénibles.

Mathilde referme les yeux et se laisse embarquer dans un rêve de glisse, respirant à pleins poumons l’air vivifiant de Font-Romeu, rêve entrecoupé de nausées qu’elle ne parvient pas à maitriser. Elle se lève péniblement, enfile sa robe de chambre et va ouvrir sa porte pour tâter le temps d’hiver. Sur le seuil, un pot de fleurs dopées pour être offertes au 1er janvier : jacinthes, crocus et tulipes naines dans un nuage d’asparagus. Un petit mot épinglé au cellophane : Salut Mathilde ! On ne te réveille pas : cette nuit tu étais dans un tel état qu’on a pensé qu’il était plus sage que tu récupères chez toi. On va se remettre d’aplomb dans les Pyrénées Orientales. On pensera à toi. Repose-toi bien : demain on bosse !

A côté du pot, une petite boîte pâtissière contenant deux belles profiteroles au chocolat. Brk !  Mathilde ne peut retenir un haut-le-cœur. Elle commence sa journée par un verre d’eau.

Elle se verse un jus d’orange, mange un kiwi et une rondelle d’ananas : il parait que ça fait du bien. Bof, pas terrible ; elle accompagnera sa journée d’un grand verre d’eau citronnée. A défaut de glisser sur la neige, elle glisse dans son lit.. Quand arrive le soir elle ouvre avec peine ses yeux pour revoir une énième fois les dépliants touristiques sur Font Romeu.

Le rêve n’est pas forcément toujours réalité !

 

Mouty

                                                                         

 

courir,partir,amis,réveillon,rêve,réalité

freepik   par www.sxc.hu

 

Portrait de Mathilde par Marie

Adolescente de treize ans, très mince, volubile.

A l'esprit rapide et les gestes aussi.

Avec elle on ne s'ennuie jamais.

 

Printemps

      7H. du mat., le réveil sonne, Mathilde n'a pas envie de se lever, quinze minutes plus tard, sa mère vient la tirer du lit en la houspillant : « Tu vas être en retard au collège !» Alors Mathilde se précipite à la cuisine pour avaler son petit-déjeuner : un bol de cacao accompagné de tartines de confiture, une de fraises, une d'abricots et une de prunes.

      Après son passage sous la douche elle enfile un jean  et le petit top blanc sur le devant duquel se détache une énorme marguerite tandis qu'au dos éclate un coquelicot.

      --Tu me prépareras des lasagnes pour ce soir, Maman, crie-t-elle en franchissant  la porte, à ce soir.

      A l'arrêt de bus, Pauline la voit qui arrive en sautillant selon son habitude; même si elle n'est pas pressée, Mathilde ne sait pas marcher posément, ni parler posément non plus...Son esprit est aussi rapide que ses gestes, volubile, elle n'arrête ni sa langue ni ses mains, sauf à de rares exceptions, comme lorsque Pauline lui murmure dès qu'elle est proche  «  Tu as mis ton top à l'envers ». Un bref instant de panique, puis Mathilde  décrète : « J'irai me changer dans les toilettes en arrivant. »

            Dans le flot d'élèves qui se pressent pour franchir l'entrée du vieux bâtiment, elle espère passer inaperçue. Mais bien sûr Jonathan la repère  de loin et se dirige vers elle qui tente de l'esquiver. » Maudit printemps, bougonne -t-elle, au moins sous mon manteau d’hiver, personne n'aurait rien vu. Bon, je l'expédie  en vitesse Jonath. il ne s'apercevra peut-être de rien. » A ce moment là la sonnerie retentit, soulagée, elle lui crie : « On se voit à la cantine »  et s'éclipse aux toilettes.

      Elle réussit à rejoindre la classe à temps, toute la matinée se passe sans problèmes et l'après-midi, le cauchemar arrive : EPS.

      Pourtant elle ne déteste pas tous les sports, mais ce jour-là c'est COURSE ! Lorsqu'elle court, elle donne l'impression que ses jambes partent de côté et d’autre, ses bras sont comme désarticulés, bref, les autres ont des sourires ironiques et la prof lui demande toujours si elle le fait exprès !

      16H enfin, elle peut quitter le collège , aller bavarder avec Pauline jusqu'à l'heure du souper , tout en faisant les exercices de maths et d'anglais.

      Plus tard, prête à s'endormir, elle se murmure sa devise « Demain est un autre jour »

 

----------------

Eté

      7h. du mat., Mathilde bondit du lit en entendant le réveil, c'est le jour du départ en vacances: un mois et demi de circuits en Europe. Toute la famille est levée.

      --Maman je vais m'occuper du chat, je lui donne les restes de la daurade aux courgettes d'hier soir »

      Elle se sent un peu  coupable de l'abandonner si longtemps. Le petit-déjeuner est pris rapidement, Mathilde n'arrête pas de poser des questions, de faire des projets, puis elle sort arroser son petit massif d'oeillets d'Inde et de pensées. La voisine qui va nourrir le chat en prendra soin ensuite, elle profitera aussi des fruits du jardin, elle ramassera les dernières fraises, cueillera les pêches et les poires.

      A l'appel de son père, Mathilde se précipite, tout le monde est prêt, elle s'installe dans la voiture et c'est parti pour l'Italie.

      Les paysages ont défilé sous le soleil, le pique-nique à l'ombre a été le bienvenu, l'après-midi s'est écoulée en avalant encore des kilomètres, Mathilde et sa famille sont enfin arrivés dans le gîte retenu. En s'installant, Mathilde se rend compte qu'elle a oublié de mettre des chaussures dans sa valise.

« Tête de linotte, une fois de plus. »  conclut sa mère.

 

----------------

Automne

      7h. du mat., comme d'habitude, il faut se lever, se préparer, la rentrée est déjà un vieux souvenir et Mathilde a hâte de se rendre en cours, cette dernière année au collège lui donne des ailes. Elle met dans son sac des amandes, une banane et des figues car le petit-salé aux lentilles annoncé à la cantine ne lui dit rien de bon. Ensuite, elle rejoint son amie Pauline à l'arrêt de bus et elle lui raconte ses rêves durant le trajet.

      Une fois en classe, même si elle est intéressée, Mathilde se retourne souvent, fait passer des petits papiers à deux ou trois élèves, toujours très vive et rapide, elle réussit à donner tout de même de brillantes réponses quand elle est interrogée.

      La journée s'achève sans rien de particulier, Mathilde et Pauline traversent la cour en évitant les marrons accumulés par terre et s'apprêtent à quitter l’établissement. Elles croisent deux gothiques et Mathilde qui n'a pas sa langue dans sa poche persifle : « Il vous manque une tulipe noire et une rose noire ! ». Ce qui lui vaut immédiatement cette réplique menaçante : «  Rira bien qui rira le dernier »

 

------------------

Hiver

      7H.du mat. Les cris de joie de Mathilde qui ouvre les volets font râler son frère dans la chambre à côté «  Oui quoi la neige, t' en as jamais vu ! Pas la peine de crier comme ça ! C'est dimanche ! » et il se met l'oreiller sur la tête pendant que de son côté Mathilde s'absorbe dans la contemplation des flocons. Mais cela ne dure pas, assez vite, elle part déjeuner à la cuisine où le calendrier exotique tranche sur le paysage du jour : un hibiscus rouge framboise domine une haie de monettes jaune pamplemousse.

      Tout en savourant son  cacao et ses trois tartines de confiture, Mathilde énumère à sa mère tous les devoirs qu'elle a à faire, se lève pour aller chercher son cahier de textes, lui lit les deux sujets d'écriture et commence à inventer pour celui d'imagination puis se met à argumenter pour celui de réflexion. En éclatant de rire, sa mère lui conseille «  Fais ton choix et ne traite pas les deux ! »

      Alors elle tourne les talons et part travailler dans sa chambre. Le chat sur les genoux, elle tripote un stylo de la main droite, caresse machinalement le doux pelage tigré de la gauche et réfléchit, le regard tourné vers les gros flocons qui descendent derrière la vitre.

      10H du mat. Son estomac réclame, elle va se faire un jus d'orange et manger des noisettes.

      Midi. Les devoirs sont terminés, la cour, la rue, la ville, tout est blanc. Aucune voiture ne circule plus. Elle se hâte de téléphoner aux copains et copines pour se retrouver dans la neige à 15H. Le poulet rôti et les frites sont les bienvenus. Le moelleux au chocolat encore plus apprécié ! Chacun participe au rangement du séjour et de la cuisine puis repart à ses occupations.

      15H. Rassemblés sur le grand talus surplombé par l'immeuble où vit Jonathan, Mathilde et ses amis commencent  les glissades en luge qui vont durer deux bonnes heures. Soudain un des garçons lance  une  boule de neige sur Pauline,  c'est le départ d' une bataille endiablée entre tous , jusqu'au moment où une dame âgée ouvre sa fenêtre au rez-de-chaussée et reçoit  en pleine figure la boule que Mathilde destinait à Jonathan. Le petit groupe s'apprête à s'excuser avant de partir car la nuit tombe déjà et c'est alors que la dame, outrée, leur crie «  Mauvaise herbe croît toujours même en hiver »

 

Marie

___________________________________________________________

 

 

 

 

 

 

 

dimanche, 19 janvier 2014

A la manière de Georges Pérec

 

partir

 

« Plaisir d’écrire » vous souhaite

une

très bonne année 2014

------------------------------------------------

la lettre manquante

En 20-25 minutes, écrire un petit texte ne comportant pas de « E » et commençant par « partir »

--------------------------------------------

Partir solo, ou à trois ou à dix, mais partir ! Voir l’azur du Sahara, un lion au Congo, un boa constrictor qui dort, voir un magot à Gibraltar, un orang-outan à Sumatra, voir l’inconnu jamais vu jusqu’à l’instant. Parcourir Burundi, Rwanda, Botswana, photographiant à tout va ! Partir, jouir d’un pays lointain, Maroc aux parfums subtils, Mali aux baobabs à griots, Ghana au doux cacao, Rio,  samba,  carnaval.

Mais ici, qu’y a-t-il ? Il y a mon amour, charmant, aimant, rassurant ; Tout pour moi. Alors partir solo, non, mais duo, oui.

Gill

__________________________________________

je me souviens…..

Après avoir cherché plusieurs phrases commençant par « je me souviens », en choisir une et en 20minutes développer ce souvenir.

-----------------------------------

 

partir

wikimédia

 

         Je me souviens… des larmes d’un légionnaire

       30 Avril 1962. Il fait nuit. Ma cousine Marguerite et moi venons de pénétrer dans la cour d’honneur de la Légion Etrangère. A Sidi-Bel-Abbès, comme il se doit. Normal puisque nous vivons dans cette ville depuis notre naissance…

   Nous ne sommes pas venues seules, oh, ça ne risquait pas ! Quels parents inconscients auraient laissé deux gamines de quatorze ans se balader seules dans les rues le soir ? Pas les nôtres en tout cas, terrorisés qui plus est par la folle témérité de leur progéniture ! Entre FLN et OAS, le danger est partout ! Mais nous, les gosses, n’en n’avons cure, bien trop excitées au contraire par l’atmosphère de guerre qui règne depuis plusieurs mois, depuis que la situation s’est brusquement aggravée de par l’affrontement des forces en présence, comme il est dit sur Radio Alger. Au cœur de cette tension, palpable, Maguite et moi nous prenons carrément pour des héroïnes. Tout droit sorties d’un roman d’aventures ou plus exactement d’un de ces magazines illustrés que l’on s’échangeait le Jeudi et qui ne portaient pas encore le nom de « bandes dessinées ». Tout ça pour dire qu’au lieu de jouer les trompe-la-mort ainsi que nous l’avions projeté, c’est dans la 4CV-d’un vert pas du tout militaire- de mon père que nous sommes arrivées, un chouïa un retard vu que la Titine, comme d’habitude, n’avait daigné démarrer qu’au dixième(au moins) coup de manivelle…

      Et il y a un monde fou dans la cour ! ! Ma parole, tout Bel-Abbès s’y est donné rendez-vous ! Pour célébrer sans nul doute ce que tout le monde pressent être le dernier Cameron en Algérie. Cameron, autrement dit, l’anniversaire d’une célèbre bataille livrée au Mexique, au cours de laquelle, un siècle auparavant, des légionnaires s’étaient illustrés en se faisant massacrer, jusqu’au dernier. Honneur de la Légion, elle-même fierté de notre ville.

   Depuis toujours, une retraite aux flambeaux avait lieu tous les 30 Avril, date anniversaire donc, dans les rues . Mais pas cette année, à cause des « évènements ». Voilà pourquoi plusieurs milliers de personnes, pressées comme des sardines, écoutent religieusement le récit de l’épopée héroïque entrecoupé, de temps à autre, par la musique de la Légion.

 Et soudain…Le Boudin. « Tiens, voilà du boudin, voilà du boudin… » Son hymne. Notre hymne. Dont toutefois, et jusqu’alors, les paroles m’ont toujours fait rire. Irrévérencieusement. Mais voilà que tous les bel-abbèsiens se mettent à chanter en chœur. Moi avec, bien qu’un demi-ton au dessus de l’octave requis, mais qu’importe ! D’autant qu’une belle voix grave, toute proche, couvre opportunément la mienne, avec une conviction incroyable. Charmée, je lève les yeux. La voix aux accents de certitude appartient à un capitaine. Et des larmes, un torrent de larmes, ruissellent sur son visage,sans retenue, tandis qu’il chante…

      C’est le 30 Avril 1962 aux alentours de 22heures, que j’ai cessé d’être une enfant en plongeant brutalement dans la réalité. La mienne, et surtout celle des autres. J’ai soudain pris conscience que la guerre n’était pas un jeu mais une innommable saloperie, engendrant des drames, plus horribles les uns que les autres. Le capitaine perdait ses illusions, les gens tout ce qui avait constitué leur existence, et moi, sous peu, ma terre natale. La guerre, ce n’était que souffrances et déchirements, voilà la sinistre vérité. Je restais là, immobile, muette, la gorge serrée, regardant fixement le Monument aux Morts trônant à l’entrée de la caserne- monument pourtant si familier-qui venait soudain de prendre toute sa signification.

          Je ne l’ai plus jamais oubliée, grâce aux larmes d’un légionnaire.

                                                                       El Pé

_______________________________________

 

Photos Oran
Cette photo de Oran est fournie gracieusement par TripAdvisor

 

Premier vol

Je me souviens de mon premier vol en avion. 1967, achat de mon billet avec un de mes premiers salaires. Direction l’Algérie, Oran pour être plus précise ; pays inconnu pour moi mais accueillant puisque ma sœur, institutrice, mariée à un officier marinier basé pour l’heure à Mers El Kébir, m’y attend. Conditions idéales pour des vacances de rêve.

L’Algérie de cette époque, c’est l’Algérie des premières années d’indépendance, l’Algérie où les Français coopérants sont bien accueillis.

Début du voyage : Orly. Avant même d’avoir posé un pied dans la carlingue, rien qu’à l’idée de me trouver en suspension dans l’air, je suis saisie d’une terrible angoisse. Cette peur insurmontable, irraisonnée et sans fondement va gâcher ce premier vol et m’empêcher d’apprécier ce tranquille voyage de deux heures comme j’aurais pu.

Stressée sur mon siège, à l’affût de tous les bruits, scrutant l’expression de tous les visages qui m’entourent, je m’attends presque à une catastrophe imminente, quand on nous distribue des formulaires à remplir pour entrer sur le territoire algérien : état civil, devises en notre possession et surtout adresse du lieu de notre séjour qu’évidemment, je ne connais pas exactement ; j’indique donc simplement le nom de la ville, Aïn-El-Turk. Puis commence la descente sur Oran et l’avion se pose sans problème. Ouf ! Mon calvaire se termine.

Et bien non, les tracasseries continuent. A un contrôle, un agent étudie ma carte d’identité d’un air soupçonneux, me prie de le suivre dans un bureau vitré où l’on me questionne sur l’objet de ma visite, l’adresse exacte où je me rends, ma profession, kinésithérapeute, mot ô combien barbare à cette époque et dans ce pays, enfin bref,  j’ai l’impression qu’on voit en moi une passagère suspecte et qu’on ne va plus me lâcher. Ne sachant plus que faire, je sens une vague inquiétude m’envahir quand soudain j’aperçois, à travers la vitre, ma sœur qui m’attend. La désignant aux agents inquisiteurs, je leur explique qu’elle et son mari sont coopérants dans le pays et que je vais en vacances chez eux. Après vérifications on nous laisse partir sans problèmes, moi rouspétant et disant : « mais qu’est-ce qu’ils sont chinois par ici ! » et ma sœur me chuchotant : « chut, chut, tais-toi, tu vas nous faire avoir des ennuis ; tu n’es pas en France mais en Algérie ». Oui, c’était la première fois que je sortais de France et je commençais à apprendre qu’ailleurs, on trouvait d’autres usages.

 Je n’ai jamais oublié ce premier vol. Et pourtant, maintenant, quand je passe les contrôles dans un aéroport, je me dis que les précautions de sécurité de cette époque étaient bien anodines par rapport à celles qui ont cours actuellement.

Gill