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dimanche, 05 octobre 2014

Chemin de rêve ou de cauchemar

SUR LE CHEMIN DE MON RÊVE OU DE MON CAUCHEMAR

 En 25 minutes, écrire un texte sur une feuille comportant une illustration de chemin. Le narrateur est sur ce chemin et livre son admiration ou son effroi en décrivant le paysage, ce qu’il lui suggère, et peut-être son cheminement intérieur ou ses souvenirs. Fiction ou réalité, au choix.

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L’OASIS DE L’ERRANCE

Je marche depuis des heures. Je ne sens plus la plante de mes pieds. Mes vertèbres se tassent douloureusement sous le poids de mon sac à dos et m’exaspèrent. Ma tête est prise dans un vertige qui fait tanguer l’horizon. Je ne sais où je vais. Je n’ai pas de but. La chaleur harassante me transforme en zombie. Le soleil a fixé ses rayons sur la prairie qui offre une palette nuancée de jaune d’or. Il commence pourtant sa fin de course journalière. Quelques légers nuages ouatent le cobalt du ciel d’été.

Tout à coup, un arbre, là-bas, dans l’immensité uniforme. Un arbre, donc une ombre. Ah ! Mon sauveur ! Instantanément, je tombe amoureuse de toi, de ta prestance, de ton abri de rêve. J’enlacerai sans tarder ce tronc rugueux, et goûterai la douceur des  feuilles caressantes. Je serai  ragaillardie par ta couche d’herbes fraîches. Tu es mon oasis.

Un souvenir m’envahit : celui d’une forêt froide et sombre où je m’étais perdue. J’y avais subi une humidité malsaine qui m’avait anéantie, réduite à l’état d’éponge flasque.

Ici tu es MON arbre, mon seul et unique, mon réconfort.

Je suis enfin à tes pieds. Je jouis de ta présence dans ce monde austère. Je t’ai enfin trouvé, Oasis de l’errance.

Mouty

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Chemin…de fer

     « Le p’tit train, s’en va dans la campagne… », Enfin, « s’en va » !, Un présent pas du tout d’actualité, en l’occurrence !

   La voie ferrée est désaffectée depuis longtemps : des herbes folles poussent entre les rails, et les traverses de bois manquantes la font ressembler à un sourire édenté.

   Un chemin de fer désaffecté dans un paysage bucolique si paisible, si lumineux qu’on le dirait peint par Cézanne. Mais où donc menait cette voie ? Ah !!

     Spontanément, on dirait : « Aux vacances bien sûr ! ». Dans quelque village pittoresque, blotti au creux d’un vallon fleuri, refuge béni de citadins chanceux, épris d’air pur et de lait de ferme… Ou bien encore vers quelque camp scout, fréquenté par nos parents dans l’entre deux guerres ! Et on les verrait presque, ces gamins en shorts kakis et chemises rouges, groupés autour d’un feu de camp et chantant sous les étoiles…

      Et bien non, malheureusement. Cette voie désaffectée, glissant dans ce décor champêtre conduit tout droit vers un lieu qui n’existe plus et avait nom : Dachau.

PS : Il s’agit du petit train des Rita Mitsuko, bien entendu.                

El Pé

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Le pont

Sur le chemin, les arbres sans feuilles m’entourent de leurs hautes statures et semblent désolés en attendant une saison plus clémente. Des branches et des souches jonchent le sol, m’obligeant à regarder par terre pour ne pas me buter. De la mousse et des feuilles d’un beau vert longent le sentier apportant une note de fraîcheur et de vivante nature. Il règne une atmosphère mélancolique mais pas désagréable, sereine pourrait-on dire.

Ce n’est pas un bois d’été, mais il me fait quand même penser aux promenades de l’enfance, pendant les grandes vacances à la campagne. Joyeuses promenades qui regroupaient toute la famille, où nous chantions pour ne pas sentir les kilomètres défiler sous nos pieds, où nous marchions en cadence d’un pas allègre, où nous cueillions noisettes ou fruits de ronciers et où nous avions parfois la chance d’apercevoir une famille de faisans.

Mais revenons à la réalité. Pour l’instant le chemin arrive à l’entrée d’un petit pont qui n’a pas l’air bien solide. Qu’enjambe-t-il d’ailleurs ? Un ruisseau ? Il ne semble pas y avoir d’eau mais un enchevêtrement de branches sèches qui masque la profondeur peut-être plus importante qu’elle n’en a l’air. J’hésite ; le pont a l’air vermoulu ; s’il s’écroulait sous mon poids ? Mais si je ne passe pas, je suis obligée de rebrousser chemin et je ne pourrai pas poursuivre ma promenade. Alors, après quelques secondes de réflexion, en me disant : « advienne que pourra », je m’élance et traverse le pont en trois sauts pour me retrouver, saine et sauve, de l’autre côté, ravie de pouvoir continuer mon chemin.

Il en est ainsi dans la vie. Il faut savoir prendre des risques pour pouvoir avancer. Sinon, le temps passe sans qu’on n’ait jamais rien accompli.

Gill

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Sur le chemin de mon imagination

 

Le vent souffle et fait chanter mes oreilles, je marche tranquillement sur ce chemin désert où tout semble calme et reposant ......

Mais pourquoi mon imagination me joue -t-elle des tours ? , impossible de la juguler , elle ne court pas elle galope à la vitesse d'un animal apeuré .... Je me vois tel l' acteur vedette dans le film Ben Hur , attelée à un chariot en donnant des coups de cravaches à un cheval furieux bavant et fumant par ses efforts désespérés .

Complètement prise par cet enfer, je décolle du chemin avec le chariot et le cheval se met à rire en montrant ses deux rangées de dents blanches comme de la nacre.

Je vole ! ... et oui je vole ! ... les cheveux dans le vent ... je passe au dessus des pins et je m'enfonce dans les nuages floconneux du ciel du midi.

Et puis soudain comme revenue à une triste réalité, je me retrouve sur le sol face contre terre et les bras en croix ..... mirage ou folie ? je ne le saurai jamais, et encore aujourd'hui j'espère que cette aventure soit réelle tant ces courts moments de folies furent pour moi un souvenir que je ne suis pas prête d'oublier…..

             Sylvie

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mercredi, 19 octobre 2011

imagine une prison...2ème consigne

 

Vous avez été condamné. Une piqûre vous endort. Vous vous réveillez  dans le désert, à perte de vue. Que faîtes-vous ?  20 mn

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Dive piqure

 

j’ouvre un œil. Et puis deux.

Du sable à perte de vue,

Je n’en crois pas mes yeux.

Incommensurable cette étendue.

 

Un grain de sable. Deux grains.

Non, ce n’est pas un jeu.

C’est un monde sans fin.

Je suis perdue. Je fais un vœu.

 

Vœu d’évasion : je suis servie !

L’imagination se détend,

Et je suis encore en vie !

Droguée ? Non, je m’en défends…

 

Le LSD, quel bonheur !

Je vois des fleurs à l’infini

Au milieu du sable farceur.

Mirage. « Mirage » avez-vous dit ?

 

Miracle répond mon intérieur.

La cocaïne me connait par chœur.

Divine piqûre dont je me méfie…

A vrai dire Non ! Hypocrisie.

 

Mouty

 

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chocolat.jpg

 http://www.fond-ecran-image.com/galerie-membre/photo-p60-photo-paques.html

 

Condamnée ! Condamnée pour la vie entière à manger une plaquette de chocolat tous les matins du monde !...Quelle histoire !...On a beau varier la composition du chocolat et la proportion d’amandes, de noisettes et de raisins secs qui l’accompagnent, une plaquette quotidienne ça fait vraiment beaucoup…

Et puis voilà que ce matin, allez savoir pourquoi, je devais être en overdose, il paraît que le chocolat a des vertus hallucinatoires), je me réveille seule en plein désert !

Pour une surprise, c’en est une vraie et une bonne !

Pas une plaquette de chocolat à perte de vue… le rêve ! Fini le bruit du papier que je déchire et de la feuille d’alu que j’écarte, terminé les doigts collants et gras de chocolat qui fond avant d’être dans la bouche, oublié le goût du cacao légèrement écœurant et qui imprègne le palais pour longtemps…

Le désert est à moi et un nouveau dessert aussi : la petite oasis là-bas me promet ses dattes, une eau pure et courante et le lait de la chevrette qui court sous les palmiers. Quel bonheur !...

A moins qu’il ne s’agisse d’un mirage, ce serait terrible !

Mais non, tout cela est aussi vrai que dans un joli rêve, la preuve est que celui-ci est déjà effacé.

Marie-hélène

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La sentence était tombée. Le diagnostic était formel. J’étais condamnée par une maladie dégénérative qui ne pourrait être soulagée que par des piqûres biquotidiennes et je les attendais impatiemment car elles apportaient un soulagement, hélas temporaire.

Malheureusement le traitement avait pour effet secondaire des cauchemars et des hallucinations assez traumatisants.

Ainsi, un jour, je me trouvai dans le désert à perte de vue, avec une soif inextinguible  et la brûlure du soleil sur ma peau à vif, éblouie par une lumière implacable. C’était une sensation très pénible, angoissante, insupportable. Que faire pour se sentir mieux ?marcher ?se coucher ? s’ensabler ?se retourner de temps en temps pour ne pas griller ?Je n’avais jamais été confrontée ni même pu imaginer une telle situation !Quelle était la bonne solution à adopter ?et j’étais seule, si seule !Inutile d’appeler, personne ne viendrait à mon secours !

Dans mon délire angoissant, je poussai un gémissement, un hurlement involontaire qui fit accourir l’infirmière à mon chevet. Elle me réveilla. Ouf ! Merci ! Un grand verre d’eau s’il vous plaît !

 MIMI

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L'Afrique du nord, les serpents, les mygales et scorpions,  l'air chaud et sec, tous ces dangers effrayants me viennent à l'esprit en me réveillant dans une immensité désertique, du sable, des dunes,  le désert à perte de vue,  la tête lourde, les tempes battantes j'essaie de m'assoir rassemblant mes souvenirs ;  voyons est-ce un rêve ?  Que fais-je ici ? Le soleil brûlant fait vibrer l'air devant mes yeux éblouis,  mon esprit engourdi commence à s'éclaircir que s'est-il passé ? À mes côtés apparait l'image encore floue d'un marocain la tête  enturbanné, un chameau en laisse, quelle bestiole venimeuse m'aurait piquée; m'inoculant son venin si fort qu'il m'aurait condamnée  à la paralysie  momentanément ? Et pourquoi sui-je sur le sol enveloppée d'une couverture  bariolée ?  D’un seul coup la réalité me revient, je suis dans le sud du Maroc  en vacances  faisant  une ballade à dos de chameau, la douleur brutale de la piqure  ressentie au pied droit puis le noir complet, la chute sur le sable. Avec ma raison revenue, la douleur du pied se rappelle à moi je vois la rougeur de la peau tendue et gonflée, et ressent  dans la bouche le goût amer du breuvage que le chamelier me forçait à boire.
je m'en remettrai, ça va, mais quelle peur, et quel dommage d'interrompre cette promenade  que j'avais tant attendue, dans quelques jours surement, je sais déjà que je la referai  !!!!!
 
 Rina

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Merci mon Dieu, je ne suis pas morte puisque je suis dans le désert. Ce n’était donc pas la piqûre fatale ; on pouvait se le demander avec ce simulacre de procès, dans ce pays où règne la corruption.

Etre dans le désert, c’est une chose, en sortir, en est une autre. La condamnation, ce doit être cette épreuve pour sortir de là. Mais de quel désert s’agit-il ? Suis-je au Koweït et dans une dizaine de kilomètres verrai-je les tours de Koweït-City, ou suis-je dans la Danakil et me faudra-t-il des mois pour arriver sur les hauteurs d’Addis Abeba ? Comment vais-je résister à la chaleur du jour et au froid de la nuit et comment vais-je étancher ma soif ?

Je regarde autour de moi : des dunes, des dunes et des dunes, pas la moindre végétation. Du sable, du sable, et en haut, le soleil. A l’optimisme de mon réveil fait place une légitime inquiétude. Il faut bouger, c’est sûr et d’ abord retirer ce pull qui me tient chaud et le transformer en turban protecteur pour ma tête.

Je démarre, pleine de courage et d’entrain et je marche droit devant moi pendant ce qui me paraît des heures. Rien, sinon la soif qui me tenaille et la chaleur qui me brûle. Mais cette soif et cette brûlure, qui devraient m’anéantir, ne m’empêchent pas d’avancer. Je les ressens comme une torture permanente qui n’altère pas mes capacités physiques. La nuit me glace, le jour me cuit et j’avance toujours sans rien trouver.

Je ne sais pas combien de temps dure cette épopée avant que je ne me mette à penser avec terreur que j’ai peut-être été condamnée à errer éternellement dans le désert, avec cette souffrance permanente. Je veux que cela cesse. Je capitule et je m’allonge face au sol. Mon courage a disparu, je refuse d’avancer. J’enfonce mon nez dans les grains, puis mon visage entier, je vais me fondre dans le sable, m’incorporer à cette matière, devenir sable moi-même. Alors, peut-être un jour, un terrible vent me soulèvera, m’emportera loin de ce désert et je pourrai ressortir sous ma forme initiale, débarrassée de cet enfer, ma peine purgée.

Gill

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             D’abord, quand ils m’ont arrêtée, je n’ai pas eu peur. Je m’y attendais. Lire un livre interdit est un crime encourant un châtiment sévère, je le savais. J’avais pris le risque, je payais. Normal.  Mais je n’aurais jamais pensé .Quand la condamnation est tombée : « Peine extrême, à exécuter immédiatement », je me suis mise à trembler. Parce qu’on n’a jamais revu un seul condamné à cette peine. Tous disparus, envolés, volatilisés. La mort pour un livre ? Non !!! J’ai hurlé, me suis débattue. En vain. Une aiguille a perforé mon bras, un liquide terriblement brûlant s’est répandu dans mon corps…et puis plus rien. Le noir. Le néant.

             Je me réveille à l’instant. Cela veut dire que je ne suis pas morte. C’est déjà une bonne chose. Je me sens un peu étourdie, mais ça va. Où  suis-je ? Dieu seul le sait, et encore. Dans une sorte d’immense cuvette sableuse on dirait. Complètement plate et désertique. Pas un buisson, pas un caillou n’en vient rompre l’effrayante rectitude, et bordée d’une ceinture de montagnes noires, pas très élevées à première vue. Où suis-je donc ? Sur Terre ? J’en doute, ou alors dans un passé ou un futur très éloignés.

             Près de moi, mon vieux sac à dos de rando. Délicate attention. A  l’intérieur quelques provisions, fort appétissantes ma foi, mais tout juste suffisantes pour une journée. Pourquoi ? Ah, j’y suis ! Le salut évidemment se situe derrière les montagnes et je dois y parvenir en un seul jour. Ou deux, en me rationnant. Oh ! Finalement, la peine n’est pas bien grave, ça ressemble plutôt à un jeu, genre télé- réalité.  Bon. Mais quelle distance vais-je devoir parcourir ? Impossible à dire .Inutile par conséquent de lanterner. En route.

            Je marche depuis des heures, je ne sais pas exactement combien. Dix ? Onze ? Le soleil n’a pas bougé. Toujours aussi haut dans le ciel. Je suis épuisée et mes provisions aussi. J’ai envie de me coucher là sur le sable et de dormir, dormir…

             Mais non !!!Le salut est derrière la montagne, surtout ne pas l’oublier ! Le salut ! Quelle forme prendra-il ?  Celle d’une source, jaillissant au sein de vertes frondaisons, d’un charmant village, où me restaurer, me reposer, d’une ville peut-être où je commencerai une nouvelle vie. Courage !!

             J’avance. J’avance toujours. J’ai presque atteint le sommet de la montagne. Je souffre affreusement. Pieds et mains en sang, peau brûlée par le soleil, gorge sèche. J’ai tellement, tellement soif !! Mais ça y est ! J’atteins enfin le sommet,. Prenant appui sur les bras, utilisant mes dernières forces je me hisse et…

               Horreur ! Exactement le même paysage m’attend de l’autre côté, se répétant certainement ainsi à l’infini : une cuvette sableuse et grise couronnée de montagnes. Quant au soleil, il est toujours aussi haut.

              Alors, de lassitude et de découragement, je me laisse tomber au sol. La pente m’entraine et glissant, roulant, je finis au terme d’une course folle par atteindre le sable de la cuvette. Là je ne bouge plus et attends la mort. Avec un peu de chance, elle ne tardera plus.

              Je ferme les yeux et les rouvre aussitôt. Dans un bruit terrifiant, moitié crissement, moitié grondement, le sable s’effondre devant moi, dégageant un cratère. Une créature monstrueuse en surgit. Monstrueuse par la taille car elle fait bien cinq mètres de haut ….oui même si elle ressemble vaguement à un homme.  Sauf que huit tentacules remplacent bras et jambes. Je veux crier mais aucun son ne sort de ma gorge. A  ce moment précis le monstre ouvre une bouche d’un rouge incandescent pour me dévorer ou me sourire ou les deux à la fois. J’ai très peur. A la vitesse de l’éclair, il fonce sur moi, me saisit…et se met à me bercer en fredonnant douce

                              El Pé

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