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dimanche, 17 juillet 2016

Le rire ou la mort au choix

            Choisir un thème           

Le RIRE                           La MORT

Ceux qui ont choisi le rire cherchent des expressions ou proverbes avec le mot « mort » ou s’y rapportant. Ceux qui ont choisi la mort font de même avec le mot « rire »

En 20 minutes, écrire un texte sur le thème choisi en premier comportant les mots trouvés correspondant à ce thème

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clown.jpg

pixabay

 

Hugo est éclatant au milieu de la piste, il a réussi à mettre les rieurs de son côté. Etre clown : ça fait rire les oiseaux.

Pendant son tour, il a vu les enfants rire à gorge déployée, rire aux éclats, se tordre de rire. L’Auguste riait en coin, lui riait sous cape. Ici, on sortait les mouchoirs pour pleurer de rire et rire aux larmes. Il a même donné une claque dans le dos de celui qui s’étouffait de rire, il ne voulait pas un mort de rire sur la conscience.

Maintenant sous la lumière, il salue le public. Il pense à ses détracteurs qui disaient « rira bien qui rira le dernier ». Il les voit rire jaune. Il fait un dernier tour de piste pour se gorger de rire et de bonne humeur partagée.

Claudie

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pixabay

Valentin de Colombières de l'Orb était un pisse-froid que rien ne pouvait dérider. La marquise, son épouse, avait convié ce soir là son petit noyau d'intimes à une représentation théâtrale dans le parc du château.

        Les pantalonnades et autres bastonnades faisaient rire à gorge déployée les messieurs,tandis que les dames pleuraient de rire. Les servantes, dissimulées derrière une petite haie de lauriers, riaient sous cape. Le personnage Arlepin savait mettre les rieurs de son côté, même si son maître le menaçait d'un mordant « Rira bien qui rira le dernier ! » , il s'étouffait de rire en continuant à montrer ses ridicules.

        Le marquis esquissa un sourire jaune quand le rideau tomba.

Marie

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pixabay

 

A chacun son heure

La première fois que j’ai entendu parler de la mort, j’étais un très jeune enfant. Ma mère, en parlant d’un de nos voisins qui était très malade avait dit : « la mort l’a emporté dans son sommeil, c’est un soulagement pour lui, il est heureux maintenant ». Pourtant, je n’avais vu entrer personne d’inconnu chez lui, je me demandais donc par où avait pu passer cette mort, et loin d’en être effrayé, je me disais qu’elle devait être bien aimable pour que sa présence rende si heureux.

A mesure que je grandissais, je devenais très turbulent et j’entendais les gens dire de moi : « cet enfant cherche la mort » ou « cet enfant va finir par trouver la mort ». Alors, ayant atteint l’âge adulte, je me suis mis à la chercher, curieux de voir sa tête. Je savais qu’on pouvait trouver la mort au champ d’honneur ou dans la baie des trépassés ou mourir sur le bûcher, comme Jeanne. Ce ne fut pas mon cas. J’espérais pouvoir mourir d’amour, mourir de rire, ou même mourir de peur ou mourir de chagrin mais jamais je n’y parvins. Pourtant certains avaient eu la mort aux trousses ou avaient frôlé la mort et d’autres avaient vu la mort arriver, pas moi. J’ai finis par me dire que j’étais peut-être un trompe la mort. Alors j’ai cessé de la chercher et j’ai tout simplement attendu la mort.

Maintenant, j’ai 120 ans et je n’ai toujours pas vu la mort en face. Je n’ai même pas rendez-vous avec la mort. J’ai beau faire, la mort ne veut pas de moi. Je ne lui demande pas grand-chose pourtant, mais je n’arrive même pas à mourir de vieillesse. Enfin, comme on dit que la mort n’attend pas, j’ai bon espoir, elle finira bien par me trouver, la mort, quand elle l’aura décidé, alors je lui dirai : « viens la mort, on va danser » !

Gill

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mardi, 04 juin 2013

Scènes de crime

 

Un crime a été commis ; la police arrive sur place et procède aux premières constatations. En 25-30 minutes, écrire un texte dans lequel c’est la victime qui parle. Utilisez les éléments (tirés au sort) que vous possédez : le lieu du crime, l’arme du crime et le nombre de suspects potentiels ainsi que les mots à inclure dans le texte :

                       Dissuasif    diminutif   diable   dilettante

 Vous pouvez traiter le sujet à la manière sérieuse des « experts » (série télé) ou de manière humoristique ou farfelue.

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Théâtre municipal de Béziers wikimédia

 

 

LE CRIME DU THEATRE


Les loges du théâtresont si exigües et su peu équipées en étagères et placards que le diable n’y retrouverait pas son trident. Au milieu d’un amoncellement de fripes, git Victor, le vieil acteur cabotin, yeux grands ouverts et langue pendante. Arrivent le brigadier de gendarmerie et son équipe, le commissaire flanqué des agents de la police scientifique. La vue du cadavre et l’étroitesse des lieux eurent un effet dissuasifsur ceux qui n’avaient pas un premier rôle dans l’intervention à effectuer. Un scientifique, affublé d’un survêtement blanc - qui n’était pas un costume de théâtre mais l’uniforme de sa profession - scella un sachet en plastique après y avoir introduit un pistolet ramassé à un mètre du corps.

Victor, dit Vic - c’était son diminutif- regardait la scène de là-haut, imperturbable. Le passage vers l’au-delà l’avait planté dans la zénitude.

Quelle bande de cons dit-il, ils ne sont même pas foutus de mettre les pieds aux endroits où il y a de la place ! Ils piétinent mes rhingraves bordés de dentelle que j’arborai pour le derniers Molière ! Ont-ils seulement pris les photos d’usage avant de bouger mes membres pour passer ? Je savais bien qu’ils étaient nuls, mais là, ils dépassent les bornes ! Ils n’ont même pas pris la peine d’arranger un peu mon visage. Pourtant, j’aurais aimé ne pas être trop moche pour ma dernière sortie.

J’espère qu’ils vont interroger mes quatre collègues de scène avec lesquels j’ai joué maintes fois. On a bien rigolé ensemble, l’issue des spectacles n’était pas triste ! Mais on ne sait jamais ce que chacun a derrière la tronche, d’autant plus qu’ils venaient souvent en dilettantes

Eh, les amis, c’est peut-être bientôt fini les planches pour vous aussi ! Je vous attends dans mon coin de paradis. On reprendra la conversation et les rigolades après.

 

Mouty

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Real fingerprints on fake crime scene

wikimédia

 

 

« ALLO ! Commissariat, BONJOUR , je signale un crime au 5  Rue du Château,  Appartement Rez de Chaussée  gauche.

- oui Monsieur, ne raccrochez pas S V P , votre nom ? Tu , tu , tu… Zut, il a raccroché l'imbécile » , fulmine l'agent qui a noté l'appel , un coup de fil anonyme ; les gars , une équipe pour le 5 rue du Château , c'est à deux pas d'ici , on nous signale par un coup de fil anonyme un crime , sans aucune précision , il faut aller voir ce qui se passe.

Alors ils arrivent ou quoi, ces flics , ce n'est pas que j'ai besoin d'eux maintenant , mais ce couteau  entre mes omoplates commence à me gêner sérieusement  et je sens un grand froid m'envahir, engourdissant tous mes membres ; pourtant je n'ai pas mal et vu d'en haut je sens que je vais me régaler de voir les tronches de la flicaille chercher des indices, une dernière fois, c'est moi qui domine la scène de ce crime qui est le mien . Ah les voilà , toute cette clique pour moi , Mo Mo , c'est mon diminutif je m'appelle Maurice et je suis un grand Caïd dans le milieu de la cambriole ; je n'en ai jamais tant vu , il doit y avoir de la nouvelle recrue en formation là ; alors qui commence c'est le légiste , au rapport , et enlève moi ce foutu couteau avant de me retourner vieux , c'est vrai que je suis mort  et que je ne dissuaderai plus personne à présent avec ma grande gueule et ma carrure , moi le Grand Maurice ; c'est que ça n'a pas été un voyage en dilettante , sur cette planète terre , alors je crois que je vais avoir droit directement à l'enfer avec le diable qui va pouvoir montrer tous ses satanés tour de cruauté à commencer par son rire sarcastique , j'en tremble ; mais je suis tout  ouïe. «  Commissaire, regardez,  le crime vient d'avoir lieu environ 20 à 30 mn au plus le corps est tiède et souple et l'arme est fiché entre ses omoplates , la victime était sûrement en train de vider ce coffre dos tourné ,il n'a pas entendu  les autres s'approcher , ils étaient au moins deux , c'est sûrement un règlement de compte. »


Mais évidement que c'est un règlement de compte , de ces salopards de Jojo et René  qui ont eu peur que je me taille avec le fric ,et à présent je n'en profiterai plus de ce fric , voilà, j'ai voulu être trop gourmand , je le paye au prix fort , ils doivent bien rire tous les deux ,mais leur tour viendra , je les attends car on va se retrouver tous ensemble dans cette fournaise enfer ;un rire tonitruant fait trembler toute la pièce ; horreur le diable arrive ,on me tire par les pieds , TERMINUS, Messieurs , je vous tire ma révérence.
Rina

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 La Défense - Les Tours 2wikimédia

 

 

 

Le Crime du 16ème étage

Etalé à plat-ventre, groggy, je suis en très mauvaise position pour voir ce qui se passe dans ce bureau du 16ème étage d’un immeuble de la Défense ; mais j’entends des bruits, en fait tout un brouhaha autour de moi. Et je vois du coin de l’œil des pieds, dont certains sont couverts de chaussons de bloc, s’affairer autour de ma personne.

Que fais-je dans cette posture bizarre ? Et bien je suis mort, ayant été pris en traitre par un familier qui m’a proprement fait passer de vie à trépas, si j’en crois la flaque de sang dans laquelle je baigne et le sacré mal de tête que je me trimbale. J’ai dû être assommé par un objet dur et massif qui m’a fait exploser le crâne, style gros cendrier par exemple. D’ailleurs, si je tourne un peu la tête, je peux m’apercevoir que le dit « gros cendrier », qui est sur mon bureau d’habitude, a disparu !

Mes chers amis de la police scientifique, je ne vais pas vous être d’une grande utilité, car, étant de dos, je n’ai pas vu mon agresseur, mais à mon avis, il n’y a que 3 suspects : ma secrétaire, à laquelle je donne le diminutif de kiki, une grosse idiote qui ne peut pas me voir en peinture, mon adjoint qui ferait n’importe quoi pour prendre ma place et mon collègue du 17ème étage avec qui j’ étais en compétition pour ce poste et qui travaille en dilettante plutôt qu’en professionnel. C’est bien le diable si la police n’arrive pas à coincer le coupable.

Quoi que, en observant ce qui se passe, je commence à douter de l’efficacité de ces scientifiques. Regardez la grande fille, là, elle a des cheveux qui dépassent de sa combinaison et va en semer sur toute la scène de crime, de quoi fausser les données et perturber tous les tests ADN ; et le grand balèze, là-bas, à la stature dissuasive, il ne s’aperçoit même pas qu’il transporte une petite goutte de sang sur son chausson ; il va en laisser partout. Et Dieu sait combien les taches de sang sont importantes pour la compréhension des faits.

Quant aux trois faux-jetons, les suspects, voyez leurs larmes de crocodile ; j’espère bien que la police ne se laissera pas abuser par leurs jérémiades. Hou hou, Monsieur le commissaire, ils me détestent, ils me détestent ; ne les croyez pas. Zut, pas facile de se faire entendre quand on a été assassiné. Je vais être obligé de patienter, d’attendre que l’enquête se déroule. Ce qui m’embête, c’est de me retrouver bientôt en tête à tête avec le médecin légiste. J’espère que ce ne sera pas douloureux, car le temps, à la limite, j’en ai maintenant, et attendre, je n’ai plus que cela à faire, mais avoir mal, ça, jamais. Je suis mort, c’est déjà pas mal, faut pas exagérer quand même !

     Gill

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samedi, 12 novembre 2011

malédiction: 2ème consigne

 pour terminer l'atelier de ce début du mois de novembre, faisons l'acrostiche du mot

                                                     MALEDICTION               (10mn)

                                                         

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http://www.toutimages.com/

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Macchabées, morts-vivants, zombies

Au cimetière, la nuit,

Les sectes sataniques,

En sabbat diaboliques,

Damnent les âmes des

Innocents défunts

Couchés sous les dalles,

Tombes et stèles.

Ils dansent sans fin

Orgie démoniaque

Nécromancie orgiaque.

MiMi

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Malheur d'être dépendant d'un mauvais penchant
A l'heure ou d'autres rient aiment ou chantent
Lui se débat dans un cauchemar vivant
Echéance fin de débat houleux 
Dans un monde de fous furieux
Idéalisme sans adhésion cohérente
Commun à tous  « la réflexion »
Tourmente, turbulence dans les caboches éclatant
Illusion de la notion du temps
Ouverture au monde forcément
Numérique virtuel innovation  
 
rina

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Misérables sont les hypocrites

Absents de la place politique sont les purs

Le pouvoir est perverti

Et nous le savons tous

Diriger détruit l’être humain

Il n’a pas la force intérieure suffisante

Car la puissance l’aveugle

Tout comme l’argent le séduit

Il cherche à oublier sa fragilité

Or la mort le rattrapera un jour

Ni lui ni moi n’y échapperons

Marie-Hélène

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Mégalomanes souvent

Avides de souveraineté 

Luttant sans merci pour le pouvoir

Eradiquant l’opposition

Dictant leurs conditions, les tyrans

Imposent leur volonté

Créent des brigades à leur image

Tuent toutes formes de rébellion

Ignorent la pitié.

Oui, je le crois vraiment, la

Naissance de ces hommes est une malédiction

Gill

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 Moment terrible

Alarme

 

Lourdeur

 

Effarés

 

Diffus

 

Imaginaire

 

Cœur brisé

 

Tyrannique

 

Irradiation

 

Ornières

 

Noir complet.

 

 

 

Mouty

 


 


 


mercredi, 19 octobre 2011

imagine une prison...3ème consigne

et voici la dernière consigne de cet atelier du 17 octobre 2011

 

« Il y a »

écrire un cours poème (de 5 à 10 lignes) commençant par « en prison, il y a », chacun des vers suivants commençant par l’expression « il y a »        

 

                                     cloisons,mort,sanglotant,taulards,matons,rata,mitard,solitude,obscurité,faim,condamnés,erreurs,parloir,espoir                                                                                        cloisons,mort,sanglotant,taulards,matons,rata,mitard,solitude,obscurité,faim,condamnés,erreurs,parloir,espoir

 

En prison il y a

Il y a des hommes violents

Il y a des gardiens dont le son de leur voix résonne                                     

                                  entre les cloisons, tonitruant

Il y a de la peur très souvent

Il y a de la mort sur les murs suants

Il y a des regards angoissants

Il y a des nuits tu entends un être sanglotant

Il y a des bruits des cris cinglants

Il y a de l’espoir qui pointant, dans les cœurs va

                               en s’épanouissant au fur et à

                              mesure des jours passant

       Rina

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En prison il y a des taulards

Il y a des cafards

Il y a des ratons

Il y a des matons

Il y a aussi des grillons

Il y a des marmitons 

Il y a du rata

Il y a des souris en tutu

Il y a leurs photos sur les murs

Il y a des portes blindées

Il y a des fenêtres barreaudées

Il y a quand-même des gens défenestrés.

Il y a des gens encabanés

Il y a ceux du mitard

Il y a ceux qui en ont marre

Il y a moi dans un recoin

Il y a moi sans lendemain.

    Mouty

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En prison il y a les autres mais la solitude

Il y a l’ampoule électrique mais l’obscurité

Il y a les repas mais la faim

Il y a le lit mais les insomnies

Il y a l’espoir mais le désespoir

     Marie-Hélène

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En prison il y a des condamnés

Il ya aussi des écorchés

Il y a des voleurs

Il y a aussi des erreurs

Il y a des forts qui font la loi

Il y a des faibles qui ploient

Il y a aussi les visites, le parloir

Il y a donc de l’espoir

Il y a le dessin du petit dernier

Il y a la sortie tant espérée

   Gill

 

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En prison il y a…

Il y a des bandits, des voyous, des ivrognes.

Il y a des désespérés qui se cognent.

Il y a des matons préposés aux serrures.

Il y a plus de fermetures que d’ouvertures.

Il y a des cris, des pleurs et des gémissements.

Il y a des coups, des chocs, des craquements.

Il y a la lumière allumée toute la nuit.

Il y a toutes les télés en cacophonie.

Il y a l’enfer et la désespérance.

Il y a le malheur de toute cette engeance.

        MIMI

 

 

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à suivre.......................

 

 

                                                                               

                                    

 

 

dimanche, 11 septembre 2011

atelier de rentrée:"ma journée de rentrée des classes"

 

Voici la 2ème consigne de cet atelier de rentrée

 

                                                  

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-Faîtes une liste d’objets qu’on peut trouver dans une salle de cours                   Choisissez-en un et faîtes-lui raconter sa journée de rentrée scolaire (20mn)

 

 

 

  tableau verrt.gif    

          la rentrée de la C....

 

 

Ah ! Quelle joie  de retrouver ces bouilles rebondies qui fleurent l’eau de Cologne douce et le chocolat ! Bientôt je serai entre les mains de ces elfes qui me tripoteront, me caresseront, me retourneront entre leurs doigts délicats ou impatients, m’examineront, me scruteront, en cherchant des réponses aux questions posées par une maîtresse attentive à tous ces petits gestes.

J’effleurerai légèrement le tableau rénové de peinture vert foncé. Puis je m’enhardirai en avançant d’un pas plus affirmé. Ensuite je m’énerverai peut-être en grinçant brusquement entre deux courtes pauses.

Et je m’effriterai. L’érosion du temps me dit-on. Je refuse de penser à cette agonie lente ou activée par des gestes d’énervement.

Je profite de l’instant. Les petits élèves viennent à peine d’entrer. Un peu bruyants, mais souriants, pleins de vie. Je me laisse aller en essayant de ne plus imaginer l’avenir car leur vie sonne ma mort.

 

Mouty

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squelette.gif

 

                       la rentrée du S........     

 

 

 

 Moi, squelette de cette salle de travaux dirigés d’une célèbre faculté de médecine, je m’appelle Oscar, comme tous les squelettes de France et de Navarre utilisés à ces fins.

Des rentrées universitaires, j’en ai vu et vécu pendant des lustres, mais celle-ci a ceci de particulier que c’est la dernière. « Pourquoi ?»Me direz-vous ; parce que même un squelette peut devenir vieux et inutile. J’ai été tellement scruté, touché, tourné, retourné, manipulé, que mes reliefs se sont émoussés. On ne voit plus mes crêtes et on ne peut plus être certain de la précision de mes formes : mes épiphyses sont aplaties, mes diaphyses amincies, mon bassin rétréci et mes cavités oculaires agrandies. Je ne parle même pas de mes articulations qui ne s’articulent plus du tout. Moi qui suis si précieux pour l’Anatomie, on ne peut plus se fier à moi. Je suis un squelette qui vit sa dernière année. C’est dur de penser à cette triste réalité.

C’est pourquoi j’attends avec impatience que la porte s’ouvre sur les futurs médecins ou chirurgiens qui se formeront une dernière fois avec moi. Me prendront-ils en considération, me verront-ils comme un puits de sciences ? Ou aurai-je droit à des quolibets aussi stupides qu’irrespectueux ? J’entends du bruit dans le couloir. Les voilà. Mon Dieu comme ils sont jeunes, à peine sortis de l’enfance. Je trouve qu’ils rajeunissent d’années en années, ou peut-être est-ce moi qui vieillis. De plus, quelle tenue vestimentaire négligée ! Au temps de ma jeunesse, quand j’étais un fringant squelette, les garçons portaient cravates, et les filles, de plus en plus présentes au fil des années, portaient jupes longues.  Bah, voilà que je me mets à radoter ; il est temps d’accepter que les temps ont changé et que moi, je ne suis plus dans le coup. Mais au fond, ai-je vraiment envie de le rester, « dans le coup » ? Pas sûr !

Allez, dans quelques mois, je tire ma révérence et je pourrai enfin prendre un repos bien mérité, allongé cette fois, après toutes ces années debout, au service de la Science. Et qui sait, peut-être que dans quelques millions d’années, des fouilles me mettront à jour, et là, avec un peu de chance, je deviendrai aussi célèbre que Lucy !

Gill

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      La rentrée de la c.... de L'......

 

                    Coucou, c’est moi !!Allons, ne faites donc pas les étonnés ! Je ne suis fichtre pas une carte muette, tant s’en faut ! La preuve ! Voyez comme les noms des pays, villes et fleuves se détachent à merveille sur mon fond bariolé ! Ne diront-on pas des colonnes de pèlerins, se rendant vers un sanctuaire mystérieux et connu d’eux seuls ?

                  Europe, tel est mon nom et j’en suis fière, ainsi que de mes roses, mes jaunes, mes verts sans parler des camaïeux de bleus, allant du plus pâle au plus abyssal, personnifiant mers et océan. Van Gogh ? Quoi Van Gogh ?  Mais je vous disais quoi, à propos ? Ah oui, la rentrée…

                Je m’étais quelque peu assoupie durant les vacances. Avec cette chaleur, vous comprenez …Même la pénombre (si agréable par ailleurs) dans laquelle baignait la classe ne suffisait pas à rafraichir l’atmosphère ; et vu mon âge-oui, je sais, je ne le fais pas mais tout de même- l’été, ça craint un peu.

                Je savourais toutefois un repos bien mérité. Car une année scolaire de roulages, déroulages, coups de règles on ne peut plus injustes sur mes parties sensibles et ce dans le but d’attirer l’attention d’un public agité, de chewing gums traitreusement lancés dans le dos du maitre et atterrissant de préférence en Italie ou en Grèce (car juste sur la trajectoire des lanceurs de missiles), une année scolaire, dis je, c’est fatiguant.

               Mais du passé faisons table rase et vive la rentrée ! Lorsque la cloche s’est éveillée de son estivation pour retentir à  neuf heures précises, il y eut le charivari habituel des élèves se précipitant dans la classe en quête des meilleures places c’est-à-dire surtout pas devant, vite interrompu par la voix de baryton du maitre. Alors le silence…ce silence si particulier qui suit ces tempêtes de pré-équinoxes bien connues dans l’Education Nationale.

               Et me revoilà, étalée en ouverture de programme sur le tableau noir ; parce que mon instit préféré adore la géographie…et les voyages.

                Moi aussi.

   Si seulement, oui si seulement je parvenais cette année à lui exprimer ce désir qui me hante, qui me brûle, depuis si longtemps ! J’aimerais tellement qu’il m’emmène (à la rigueur m’emporte, allez) avec lui pendant les vacances ! Partir enfin à la découverte de ce vaste monde. Oui vaste, car quelque chose me dit qu’il ne s’arrête pas à moi, à l’Europe !

               Je ne sais pas encore comment je vais m’y prendre mais c’est décidé : pour Noël, je vais voir ce qui se trouve devant le A de l’Atlantique*.

                                                          El Pé

         *Avec toute ma respectueuse admiration  pour Philémon et son papa Fred.

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 La rentrée du T…….. P…….


Et voilà aujourd’hui, jour de galère pour moi, dès 8 heures ce matin je suis restée coincé dans une poche de pantalon, cela aurait pu être dans un cartable ou une veste, dans le noir de toute façon, condamné à la nuit jusqu’à midi …

Quand l’heure va sonner soyez en sûr, dans la minute qui suit je pourrai jouir et faire jouir les doigts qui déjà pianotent impatiemment depuis plus d’un quart d’heure sur le clavier sans toutefois oser m’allumer …Comprenez moi bien, si par infortune j’osais donner par une quelconque sonnerie ne serait ce qu’un infime signe de vie, je subirais alors les foudres de l’administration prête à me confisquer !Je suis ce matin condamné au silence et bientôt ressuscité pour une heure et demie à la pause déjeuner ou on va se jeter sur moi avec frénésie faisant chauffer mes touches.Ensuite une bien longue sieste obligatoire dès la reprise des cours et cela jusqu’au soir ou je retrouverai vie !

Quelle drôle d’existence pour un téléphone portable. Manipulé à l’excès pendant l’été, les vacances, les soirées, les week-ends et contraint au mutisme pendant l’année scolaire.

Je sens bien dans la journée, quelques essais de contacts infructueux obnubilés par la terreur de me perdre, faites par des doigts prisonniers de l’addiction.Ca m’effleure, ça me caresse, ça pianote mais je reste contraint et forcé, éteint, pauvre victime subissant l’échec de quelque tentative de me redonner vie.C’est long pour moi, mais c’est long pour eux pauvres doigts avides de mon corps, de mon esprit et de mes connaissances !

Nous avons vraiment une drôle de vie, nous les téléphones portables, sujets au mode, nous sommes très vite délaissés au profit d’autres plus affriolants, abandonnés lâchement par ceux qui nous ont tant caressés.

Quand on naît téléphone portable, il faut accepter l’éphémère, malheur à ceux qui s’attachent à ces doigts ! Il faut savoir qu’il ya derrière cette mécanique bien huilée qu’on appelle une main : un cerveau qui commande, et cet organe est souvent schizophrène.Je m’explique : comment comprendre cet attachement au point de ne pas être lâché et cet abandon sans préavis, ni excuse.
Nous on s’attache, on fait tout pour rendre la vie plus facile, plus agréable , plus attractive, on se plie en quatre pour rendre service à notre propriétaire que nous sentons en grande détresse dès qu’il nous met sous silencieux , et un jour tout à coup, à la première occasion, parce qu’un téléphone aura une plus belle robe, un look plus récent, une plastique plus attrayante , on nous oubliera dans un coin !
La mode en plus est à l’anorexie, nous étions bien portants, équilibrés, on nous veut mince, longiligne, ultra plat et ultra léger, peut être pas comme les cerveaux qui nous ont créés mais plutôt comme ceux qui nous utilisent, obsessionnellement. Mais bon c’est ainsi …

Et ne nous plaignons pas, il est possible parfois, qu’après avoir été mis au placard, on finisse par retrouver une deuxième vie entre les doigts d’un enfant africain, parce que figurez vous qu’on nous recycle …comme de vulgaires déchets alors que nous étions en parfaite santé … L’espoir alors c’est de faire une nouvelle rentrée au Kenya ou ailleurs …

Bon assez l’heure tourne, je sens déjà les doigts qui s’impatientent sur mon ventre, trop dur la première matinée de la rentrée …heureusement dans trois minutes c’est midi !


ANNIE L.