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lundi, 17 avril 2017

Et s'ils se rencontraient.......

Ecrivez un dialogue entre deux personnages célèbres tirés au sort

Relatez brièvement les circonstances de leur rencontre

Puis en 20 minutes, imaginez leur conversation

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            Louise.Michel.A                  Victor Hugo 001

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Et si c’était vrai…

La cellule est bien sombre. Louise Michel est assise sur un banc de pierre, accolé au mur. On l’a isolée de ses camarades. Rêve-t-elle ? Réfléchit-elle ? On ne sait pas. Soudain, derrière les barreaux de la porte, le maton- à coup sûr un Versaillais- lui lance rageusement : « Oh, la Mère Michel, une visite pour toi !! » Surprise, elle se lève, se dirige vers la porte, distingue la silhouette d’un homme dans le couloir. Quand il s’approche, elle reconnait Victor Hugo.

« -Vous ici ! Je n’aurais jamais pensé…Je vous croyais encore à Jersey…

-Chut !  Je viens en clandestin et incognito. Je ne vous aurais jamais laissée partir sans vous avoir vue !

-Ah…Mais pourquoi ? Si ma mémoire est bonne, nous ne nous sommes jamais rencontrés auparavant, n’est-ce-pas ?

-Non, c’est vrai, et c’est la raison pour laquelle je suis là. Je vous ai toujours suivie…de loin, en quelque sorte…

-Pour une surprise, c’est une surprise !

- Et vous m’avez tout-de-suite reconnu. Quel honneur pour moi !

- Vous plaisantez ! Qui ne reconnaitrait le Grand Homme ! Le Grand Poète, l’Ecrivain, le Républicain…mais jamais le révolutionnaire, toutefois. Je me trompe ?

-Non. Mais, vous me le concèderez, on peut mécontenter les puissants et le payer très cher…bien que n’étant pas révolutionnaire.

-Oh, ce n’était pas un reproche !

-Je n’en doute pas. Ce que j’aime en vous, Louise, outre votre indéniable sincérité, c’est l’alliance de la passion et de la tendresse. Vous savez, vous étiez toujours une maitresse d’école, même sur les barricades à Montmartre !

- Les barricades. Un peu comme votre Gavroche. Je l’aimais tant ce gosse…

- Moi aussi. Il n’a jamais existé, mais en même temps, il est la somme de tous les gamins de Paris…mais je ne suis pas venu pour parler littérature. Le temps presse !

- Le gardien ?

-Oui. Il ne m’a octroyé que quelques minutes…moyennant finance, bien entendu… Mais de toutes façons, je reviendrai, je vous le promets.

-Hélas c’est impossible. Nous partons demain matin  pour la Nouvelle Calédonie.

- Déjà !! Je ne vous reverrai donc plus, Louise ! Alors, entendez ces mots, que je murmure avec crainte, car ils proviennent  d’un vieil homme, qui a beaucoup aimé les femmes…

- Et fut beaucoup aimé d’elles, je crois…

-Peut-être. Quoiqu’il en soit, croyez-moi, Louise, je vous en supplie : Vous n’avez plus cessé d’habiter mon cœur et mon esprit depuis ce jour où, mêlé par hasard à la foule qui saluait chacun de vos propos, je vous ai vue. Vous étiez magnifique, debout sur cette estrade improvisée, découpée sur le bleu du ciel, vos paroles pénétraient en moi, comme des rayons de feu et de miel.

         Dès ce jour, je n’ai plus cessé de vous aimer, Louise. Tout simplement.

-Moi, c’est depuis les premiers mots que j’ai lus de vous que je vous aime, tout simplement. Et je ne vous oublierai jamais. Adieu Victor.

-Adieu mon aimée. »

      Car le gardien, surgissant de la nuit, vient de mettre fin à la visite.

 

              El Pé

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