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jeudi, 05 avril 2012

La désinvolture (2)

                  le désinvolte va maintenant nous décrire son contraire,

                                         le rigoureux, le tatillon

                                                      (25mn)

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tatillon gisele.gif

VracImages

 

 

Dans la fratrie nous sommes assez libres, tolérants et désinvoltes dans l’ensemble, sauf une de nous,  la deuxième de la couvée. Qu'est-ce qu'elle m'agace et souvent me tape sur les nerfs sans le savoir, une  vraie casse pieds avec son caractère rigide, voulant tout imposer à son entourage, faire toujours à son goût jusqu'à oublier que nous avons aussi un avis et qu'il peut valoir le sien;  par exemple une recette : impossible de changer les ingrédients cités , suivre exactement ce qui est demandé, s'il manque une chose on ne peut rien mettre d'autre sans s'attirer les foudres de sa colère qui peut être violente; il m'est arrivé d'essuyer une de ses colère,  ayant  par malice passé  outre sa décision et qu'elle s'en aperçoive trop tard, cela m'a fait passer l'envie de recommencer, croyez-moi ; dans une discussion, pour un choix de lieu, fêter un évènement, elle ne laisse rien passer, toujours mettre son grain de sel, prouvant qu’elle a raison ; et on doit accepter qu’elle ait le dernier mot, prenant sur nous même si cela crée des tensions et des protestations en essayant de la faire changer d'avis, lui suggérer d'écouter les autres qui ont des idées aussi valables,  qu'elle doit assouplir son point de vue, accepter d'autres choix que le sien , mais non , elle finit toujours par l'emporter, amener tout son petit monde à se rallier à ses  idées qui, dit-elle, sont les meilleures ; cela me fait bouillir intérieurement et bien souvent j'ai des envies folles de lui jeter ma colère à la figure en lui disant que c'est insupportable à la fin, mais je n'en fais rien, je préfère lui laisser croire que ça me plait qu'elle prenne les choses en main. Le rôle de chef  responsable, ça lui va si bien, et finalement jusqu'à présent, ses choix judicieux ont toujours été censés et obtenus un grand succès, alors réjouissons-nous d'avoir cette décideuse rigoureuse qui permet d'alléger le quotidien de toute la famille parce qu’elle l'aime cette famille et lui montre à sa façon. 

 

                       Rina   

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                            toutimages 

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MON TATILLON DE CHEF


Mon chef ? Un bâton d’maréchal !

Un type sur tout à cheval !

Un vrai carnaval !

Son premier regard

Te donne des cauchemars.

Tu en oublies son semblant d’élégance.

Si tu ignores de quel côté il balance

Tu ne vas pas tarder à le savoir…

Si tu es en retard,

Aucune excuse

Ni alibi ne l’abuse,

Tu es faîte comme un rat,

Tu passes de vie à trépas.

Même pas,

C’est le purgatoire

Qui t’attend.

Pas de sens giratoire,

Direct, il te pourfend.

Tes calculs ne sont pas justes ?

Qu’importe pour toi,

Pas pour lui. Il t’assomme.

C’est ringard ?

Tu te retrouves au placard.

Guindé comme un majordome,

Il t’envoie vers le mitard.

Ton jean moulant dévoile un brin de fesse,

Il reste froid. Pas de caresse

Mais un aboiement tonitruant :

« Allez-donc à la confesse ! »

Le soir, quand tu passes la porte

Dans la cohorte,

Il te rattrape par un pan :

« Votre travail vous attend ! »

Et ton seul échappatoire,

C’est notoire,

Est ta démission sur le champ.                             Mouty

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 toutimages

 

 

J’ai toujours beaucoup aimé mon beau-frère, Sylvain. Quand il a épousé ma sœur, la moins fofolle de toute la famille, j’étais encore un jeune garçon et le calme qu’il dégageait, l’autorité naturelle qui émanait de lui me ravissait en me donnant une impression de sécurité. Il pensait toujours aux conséquences de ses actes et j’admirais son grand sens des responsabilités.

Plusieurs années après, ayant atteint depuis longtemps l’âge adulte, toutes ces qualités m’agacent car son caractère, au lieu de s’assouplir, est devenu de plus en plus rigide, voire intolérant.

Derrière lui en voiture, vous piafferez d’impatience, obligé de suivre son 45 à l’heure plutôt que son 50 un quart. A table, c’est tout juste si ses enfants auront le droit de parler car on laisse les adultes discuter sans les interrompre. Lors des repas de fêtes, interminables, pas question pour eux de quitter la table alors que nous-mêmes avons du mal à résister. A 20 heures, tout le monde dans sa chambre, extinction des feux sans aucune dérogation possible, et interdiction de télévision en semaine. Quant aux tenues vestimentaires de la famille, je n’en parle même pas : sobres à son avis, austères et veillottes au mien ; aucune fioriture nulle part, de l’élégant, du convenable.

Certes, on peut dire que sa famille est un modèle d’obéissance et de politesse, que sa maison où rien ne dépasse est prête à recevoir des visites  à toute heure, qu’il est un conducteur responsable, bref, qu’il est tout le contraire du désinvolte. Mais où est le petit brin de fantaisie qui fait aimer la vie ?

       Gill

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             Un joli après-midi de printemps, dans une station balnéaire du littoral languedocien. Deux jeunes femmes, attablées à la terrasse d’un café, face à la mer sirotent à petites gorgées leurs thés citron brûlants. Elles sont à l’évidence en grande discussion. C’est très vilain, je sais, mais je ne peux m’empêcher de tendre une oreille indiscrète.

« - Alors manine, tu as fini par fixer une date, pour le mariage ?

- Bof ! Romu me tanne à longueur de temps mais moi je ne suis pas décidée ; je réfléchis…

- Ah bon ? Pourtant vous semblez bien vous entendre, tous les deux ! Et surtout, il est aux petits soins pour toi, Romuald, tu ne peux pas dire le contraire !

- Trop !! Et à sa manière ; ça m’énerve, tu ne peux pas savoir ! Tiens par exemple, avant que je sorte, il me pose toujours un gilet sur les épaules « Il va faire frais Minou, tu n’es pas prudente ! » ou bien il arrange ma coiffure « Aïe ! Aïe ! Aïe ! Ces cheveux toujours dans les yeux ! ». Et je ne te raconte pas dans la journée !

-  Si si, raconte

- Les choses doivent rester à leur place, principe numéro un, et moi, tu me connais, je suis un peu

- Bordélique

- Désordonnée. Et bien faut le voir courir derrière moi pour ranger les chaussures dont je viens de me débarrasser sur la moquette du salon en entrant. Ou remettre dans leurs pochettes les CD et les DVD juste avant d’aller au lit le soir. Comme si ça ne pouvait pas attendre le lendemain…

- Ah oui pôvre, ça ne doit pas être rigolo tous les jours ! Et au lit justement, comment il est ?

- Régulier peuchère, je ne peux mieux te dire. Tous les mardis et samedis soirs que le Bon Dieu fait… et pas une once de fantaisie, en plus. On dirait qu’il suit une procédure, tu vois le genre…

- Oh la !! Et toi si… !

- Comme tu dis. Alors tu comprends, j’ai plutôt envie de changer d’air, ces temps-ci, d’autant que le beau Serge me tourne autour depuis un moment…

- Le joueur de rugby ?

- Lui-même. Ah ! Ce serait autre chose la vie avec lui !

- Pour sûr ! Mais tu ne crains pas qu’il soit un peu…volage, comparé à Romuald, lui si sérieux, si fidèle !

- Tant pis. Je n’en peux plus. Tiens, je ne t’ai pas encore dis la meilleure ! Tu ne sais pas quoi ? Il passe une lingette désinfectante sur la lunette chaque fois que l’on utilise les WC ! Qu’est-ce que tu dis de ça ?

- J’en reste sans voix. C’est un vrai maniaque, ce type !

- N’est-ce-pas ? Alors tu comprends, le mariage… »

      Sur ce, les deux jeunes personnes se lèvent et se dirige d’une démarche balancée et nonchalante vers la plage. Deux brunettes, bien du Midi.

          Quant à moi, je me demande la tête que va faire le fameux Romu avec ce qui ne va pas tarder à lui pendre au front. Mais il est vrai que dans une région fervente de tauromachie…

 

                      El Pé

                                                    

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les Gifs2

 

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lundi, 27 février 2012

A partir d'une conjugaison

consigne

 

A partir des pronoms personnels (Je-Tu-Il ou Elle-Nous-Vous-Ils ou Elles) disposés au début de 6 lignes, écrire une courte phrase ne dépassant pas la longueur de la ligne. Temps choisi par chacun  identique pour l’ensemble  de cette conjugaison. Aucun thème imposé : chaque ligne est indépendante des autres. (10mn)

 

 

 Choisir une de ces phrases. Ecrire un texte la contenant et y introduire les données suivantes : la ville : Béziers - Une église (intérieur ou extérieur) - L’heure : Midi - Le temps : giboulées de Mars - Deux ou trois personnages qui peuvent éventuellement dialoguer. (25mn)

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Cette photo de Béziers est fournie gracieusement par TripAdvisor Photos Béziers

 

 

Nous regardons l'eau du fleuve courir sous le rideau de pluie que déverse le ciel en colère, poussées de vents violents qui soufflent, s'engouffrant sous les branches des grands platanes qui se plient et gémissent. Nous sommes en Mars , c'est la saison des giboulées ; nous marchons d'un bon pas le long de l'Orb ; peu de monde aujourd'hui, profitons de cette invitation à regarder ce jour de printemps les éléments furieux se déchaînant. 

Regards amusés, nous nous sentons animés  d'un regain de vitalité sous cette grisaille, entre deux averses le ciel semble s'éclaircir laissant apparaître la ville de BEZIERS perchée sur les hauteurs.

Pas loin, un pan de la cathédrale se découvre derrière les remparts,  bien campé, semblant défier la tempête; ici je suis tranquille vous ne m'effrayez point , ces épaisses murailles en imposent ;tout à coup, le son du carillon s'envole  annonçant les 12 coups de midi dans un tintamarre s'ajoutant au bruit du vent et de la pluie. Déjà une demi -journée passée , tiens enfin d'autre personnes qui ne craignent pas le mauvais temps, un couple se profile face à nous, échange de quelques mots, un sourire, et nous continuons notre ballade , puis le timbre à peine audible d'un cycliste nous prévient, (passage)  nous nous mettons sur le bord du chemin,  il passe filant sous les éclaboussures de ses roues  nous envoyant des giclées d'eau  inévitables sur les jambes , déclenchant un fou rire nerveux de ma part. Regarde !!!!, un bel arc-en -ciel se dessine  à l’horizon, la pluie et le vent se calment, doucement, le soleil se montre haut dans le ciel , essayant de nous réchauffer , la promenade s'achève sous la luminosité des rayons éclatants.

                Rina

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Photos Béziers
Cette photo de Béziers est fournie gracieusement par TripAdvisor

 

 

LE MARIAGE

 Je tremble d’émoi. J’admire le cortège qui sort de la cathédrale St-Nazaire sous un soleil radieux, alors qu’il avait plu pendant toute la cérémonie. Les jeunes mariés avancent lentement sous une avalanche de pétales de roses lancées par des petites mains impatientes.

Des robes aux tons pastel froufroutent aux alentours de jambes sombres et droites, marquées d’un pli de rigueur qui ne tolère pas les jeans.

Les cloches sonnent à toute volée, confiant au vent printanier la charge de répandre cet air de liesse. Des pans de robes se soulèvent. Un chapeau s’envole. Je ris sous cape en voyant le marié attirer l’attention de sa jeune épousée sur le galurin de sa mère, qui rebondit en traversant la place, et saute prestement par-dessus le parapet des remparts dominant la vallée de l’Orb.

Mon regard se tourne vers le ciel où fonce un amas de nuages, tel un troupeau de bisons. Le soleil n’est plus de la fête à Béziers. La volée festive des cloches s’est tue. Timidement, leur petite cadette égrène les douze coups de midi. De grosses gouttes commencent à me transpercer. Je constate la galanterie encore active de quelques messieurs qui ont mis leur veston sur les épaules de leur cavalière.

Les mariés donnent le signal d’une course poursuite vers les voitures. C’est le déluge. Après la pluie, le beau temps, me dis-je, ce mois de mars réserve des surprises : les giboulées font souvent partie de la fiesta. Tant pis pour la photo de groupe. Haro vers le restaurant.

« Mariage pluvieux, mariage heureux ! »

              Mouty

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Devant la fenêtre du séjour, je contemple le ciel. Derrière moi, je sens laprésence de Christophe ; il est arrivé si doucement qu’absorbée par ma rêverie, jene l’ai pas entendu. Il est midi et pourtant je n’ai pas encore préparé le déjeuner ; les horaires sont un peu élastiques quand les enfants sont là, un peu plus que d’ habitude, devrais-je dire, car nous n’avons jamais été très rigides sur ce point.

C’est la première fois que Christophe vient à Béziers. Non, pas la première, car il me semble que nous l’avions déjà traversée, il y a longtemps, quand nous venions en vacances dans la région. Mais depuis huit mois que nous sommes installés ici, il n’était pas encore venu. Il est un peu perplexe en découvrant le quartier où nous habitons. Certes, la vue dégagée avec au loin l’église de la Madeleine est agréable, ainsi que la verdure qui masque en partie les nombreux toits, mais quand on sort, c’est la rue déserte et silencieuse avec des villas à perte de vue. Heureusement que le passage des rares piétons déclenche immédiatement un concert d’aboiements. Les gardiens à quatre pattes veillent et découragent bruyamment les éventuels intrus ; cela met un peu d’animation ! Christophe  a toujours détesté les zones pavillonnaires, impersonnelles, sans commerces, sans promeneurs, sans vie. Il est tellement habitué à la vie grouillante des grandes villes  africaines, où circule tout un monde de personnages colorés, gesticulants, où voitures et piétons se partagent les grandes artères plus ou moins harmonieusement, que le silence de cette petite rue provinciale lui donne illico envie de se sauver ! Bref, il se demande bien pourquoi, nous, ses parents, sommes venus nous « enterrer » dans cette petite ville du Sud ! Connaissant nos habitudes et nos goûts, il n’aurait jamais pensé cela possible.

Tiens, justement voilà son père. Alors mon grand, comment trouves-tu Béziers ? Et oui, je sais, aujourd’hui le ciel passe du bleu au noir et il va pleuvoir. Mais que veux-tu, ce sont les giboulées de mars et dans quelques mois, il y aura un grand beau temps. Finalement, inutile de me dire ce que tu en penses car je le sais ; je te connais par cœur ! Mais tu sais, nous ne sommes pas plantés là et peut-être que dans quelques temps, nous irons voir ailleurs ce qui se  passe, ce qui te permettra de découvrir un nouvel endroit en nous rendant visite.

Et bien je l’espère conclut Christophe en embrassant son père. Allez, zou, mettez immédiatement cette maison en vente et prospectons ailleurs !

         Gill

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