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dimanche, 11 mars 2012

la vitrine de l'antiquaire

 

Choisir une couleur.

                 Choisir une étoffe

                             Choisir un chiffre.

                                         Choisir une époque.

  Donnez votre sélection à votre voisine

  Vous (ou un personnage de votre choix) êtes face à la vitrine d’un antiquaire, un

objet provoque un souvenir. Racontez en utilisant les qutre paramètres reçus.

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wikimédia

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je déambule, flânant sans but aucun à Paris,  dans le onzième arrondissement, jetant ici et là un regard dans les vitrines que je dépasse sans m'arrêter  mais soudain mon regard se pose sur un mannequin paré d'un costume de couleur rouge , un beau rouge qui flamboie et lance des éclairs qui miroitent dans le reflet du soleil matinal ;  je me recule pour mieux l'admirer, tiens, je suis devant la vitrine d'un antiquaire au n°  12.  A l'intérieur, un fouillis de toute sorte d'objets mais,  c'est ce mannequin vêtu de cette si magnifique robe de satin semble-t-il, qui  me frappe ; je plonge  dans une époque si lointaine, le moyen âge, mon regard scrute et enveloppe ce tissus qui semble vivre, suit les volutes qui disparaissent dans le creux des plis plongeant sur le sol bougeant au gré d'un courant d'air tournoyant légèrement; je la vois la belle moyenâgeuse avançant  dans les longs couloirs si froid de son château tenant un pan de sa large robe d'une main, la tête haute, le regard fier, dédaignant les cavaliers qu'elle croise perchés sur les montures de leur chevaux, sabots 

claquants, résonnants dans les murs au sol nu ;  j'entends le froufrou  du satin qui bruisse affleurant le carreau puis je l'aperçois au loin qui se fait  engloutir tout entière par  un pan de tenture, le dédale des corridors s’estompent, puis le château du moyen âge et ses cavaliers et chevaux. Restent devant mes yeux le mannequin et son costume rouge qui ont su m'amener dans ce beau rêve.  

 

Rina

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gif.supertoinette.com

 

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Pendant un court séjour à l’Isle sur Sorgue, ville par excellence des antiquaires du sud de la France, nous baguenaudions avec mes deux filles d’une boutique à l’autre juste pour le plaisir de se replonger dans les ambiances surannées évoquées par les objets hétéroclites, de toutes provenances, de toutes matières plus ou moins précieuses et rares, de toutes natures.

Soudain, je tombai en arrêt, comme un chien de chasse devant le gibier, en voyant dans une vitrine une robe en jersey léger, bleu-roi, d’un beau bleu profond et lumineux à la fois. Et je plongeai dans mon enfance. J’avais neufans. C’était après la dernière guerre et pour la fête du village, fin mai, ma mère m’avait confectionné une petite robe à mes mesures avec les restes de tissu de la sienne. Ainsi nous avions la même tenue. J’étais très fière de l’arborer sur les manèges et j’appréciais les remarques des gens sur ma ressemblance avec ma mère accentuée par cet effet vestimentaire. Aujourd’hui nous dirions que j’étais son clone. Et mon père était fier aussi de tenir à son bras les deux femmes de sa vie.

J’expliquai tout cela à mes filles ce jour-là.

Un an plus tard, ma seconde fille se mariait et j’eus une agréable surprise, parmi beaucoup d’autres, comme sait en réserver une telle fête. La mariée et sa fille de 9 ans- quelle coïncidence !-portaient la même robe, le même bouquet ; et le marié avait aussi son petit clone dans un costume trois pièces : mon petit-fils de 11ans.

Et bien sûr, les photos sont très belles.

 

Mimi

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gif.supertoinette.com

 

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Gian Lorenzo Bernini

Musée national du Château de Versailles et des Trianons, salon de Diane, Versailles

 

 

La statuette

 

 

 

 

 

Ah ! Ces brocantes porteuses d’histoires, de souvenirs. Je flâne devant les boutiques. L’étalage des objets triture mon imagination. Un bibelot, une étoffe, une couleur me font voyager dans le temps. Méli-mélo d’évènements heureux ou malheureux. Une bribe accrocheuse me plonge dans le passé. Je me laisse engloutir par un amas d’objets disparates qui, simultanément, m’émerveillent, me parlent, me font revivre des bouts de puzzle de ma vie.

 

Je tombe en arrêt devant une statuette représentant Louis XIV, étiquetée N° 6, d’époque récente semble-t-il. La porcelaine, cependant, est d’un vécu affirmé. Quelques éraflures. Rhingrave et justaucorps, bien qu’élimés, arborent encore leur couleur violette sur une chemise de soie blanche au tour de cou élégamment noué.

 

Le fard a disparu, mais le souverain devait en être badigeonné à souhait pour présenter un visage avenant sous sa perruque poudrée.

 

J’imagine les jeux d’épaules et de nuques des donzelles de la cour, jouant de leurs charmes, poitrine offerte sous un décolleté généreux pour capter l’attention de Sa Majesté. L’histoire est là, dans cette vitrine. Cependant, j’imagine aussi un passé récent. Un cadre romantique lorsque la statuette fut offerte à sa destinataire pour marquer un heureux évènement, ou bien dramatique quand elle fut mise au rebut après des obsèques où il fallut se débarrasser de tout ce qui encombrait… Son voyage n’était pas terminé. Elle pouvait encore faire rêver.

 

 

 

Mouty

 

 

 

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wikipédia

 

 

Michèle habite tout près d’Aix en Provence, très jolie petite ville où elle aime flâner dans les rues piétonnières, et c’est ainsi qu’elle se retrouve aujourd’hui devant la vitrine de son antiquaire préféré. Son regard gourmand glisse sur les objets divers disposés avec art sur des étoffes chatoyantes et elle imagine autant d’histoires survenues au cours des siècles ; soudain, ses yeux sont attirés par une lampe à pétrole installée sur un tissu de satin bleu joliment plissé : cuve en cristal agrémentée de petites feuilles délicatement gravées, surmontée d’une cheminée à renflement permettant à la flamme de s’épanouir et reposant sur un pied de marbre gris clair et un socle presque noir.

Immédiatement elle se sent transportée à paris, dans les années 50, chez sa meilleure amie, Noëlle. Un soir sans électricité car les coupures de courant sont assez fréquentes, et toute la famille autour de la table avec cette lampe au milieu, éclairant de sa faible lueur des visages souriants et aimés. Famille idéale : accueillante, unie, joyeuse, pour elle dont les parents ne s’entendent pas très bien, très occupés par leurs activités  professionnelles, ce qui la laisse souvent livrée à elle-même. En un instant ce seul objet la transporte dans ce monde de l’enfance puis de l’adolescence dont elle est bien loin maintenant et qu’elle a presque oublié. Coïncidence d’ailleurs, hier elle a projeté de donner à sa petite-fille de sept ans un collier d’ivoire reçu de la mère de Noëlle pour sa communion. Elle a l’impression que ces objets veulent l’amener à se souvenir de ces moments joyeux.

Le regard toujours sur la lampe, elle revient à la réalité. Pendant un instant, l’envie de l’acheter est très forte puis finalement, elle reprend sa route se disant qu’il n’est pas nécessaire de posséder un objet pour se souvenir. Tout est là, dans le cœur.

Gill

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              Le Marais dix heures du matin. Heure délicieuse pour flâner dans une ville quand il fait beau ! C’est le cas aujourd’hui. Le soleil a choisi ce quartier de Paris pour égayer place et arcades. Quelques uns de ses rayons parviennent même à redonner un petit coup de jeune aux vitrines des antiquaires. D’ordinaire, chiner n’est pas, tant s’en faut, mon hobby favori ; à la rigueur, la visite des musées et encore ! Que voulez-vous, les objets du passé ne me parlent pas, désolée…mais ce matin, allez savoir pourquoi, je m’attarde aux devantures, souris à quelque vestige de siècles révolus…Tiens, en voilà un justement : un coffret, à peine plus grand qu’une boîte à chaussures et recouvert de satin, d’un bleu un peu fané. Il aurait  appartenu à Madame de Maintenon, indique une vignette très discrète. Je le crois volontiers. La simplicité de l’objet dénonce le Jansénisme de la royale compagne, ennemie, comme on le sait, de toute forme de bling-bling.

              Qu’a donc bien pu contenir cette boîte ? Quels secrets, Quelles tendresses peut-être ? Et pendant que je m’interroge, ma mémoire, elle, décide de faire l’école buissonnière et de remonter le temps loin, loin, jusqu’à redécouvrir un autre coffret. Modeste également mais d’un tout autre style, un peu plus petit aussi. Lui est recouvert de minuscules coquillages et sur son couvercle on peut lire : Souvenir de Marseille. Ma grand-mère l’avait ramené d’un de ses rares voyages en métropole et depuis il trônait sur l’étagère du « cosy », meuble indispensable à toute chambre des années 50,  se dressant fièrement à la tête du lit. Vintage en diable, le coquin.

            Les Jeudi et Dimanche après-midis, allongée près de ma Mémé sur (et non dans) le lit, j’étais sensée faire la sieste. Il faisait si chaud dès le mois de Mars en Algérie ! Aussi tout le monde y allait de son petit somme. Tout le monde sauf moi. Car, dès que ma grand-mère était endormie, je me saisissais du coffret marseillais et m’employais à en détacher une petite dizaine de coquillages. Ils devenaient, selon les jours, enfants diablotins, héros de Nous Deux (que je dévorais la nuit en cachette) ou armée du débarquement en Normandie. Ainsi, grâce à mes contes des mille et une siestes, je passais de façon fort agréable cette heure  sacrosainte…mais tant détestée des enfants.

   Ma grand-mère a toujours fait semblant de ne s’apercevoir de rien, même quand son joli souvenir s’est mis à ressembler de plus en plus au cou déplumé d’un dindon. Il est vrai toutefois que pour elle, l’Art d’être Grand-Mère n’était pas de la littérature…

             Et me revoilà devant la vitrine de l’antiquaire, imaginant mes petits coquillages s’égrenant au fil des ans, comme les cailloux du Petit Poucet…Il me vient alors curieusement le désir de rassembler leurs fantômes, dans une boîte, plus gentille que celle de Pandore, puisqu’elle me ferait voyager dans le temps, dès que j’en soulèverais le couvercle…

            Tiens, je vais entrer demander le prix du coffret de satin bleu. Je sens, derrière mon dos, Madame de Maintenon qui sourit déjà.

 

                                                                 El Pé

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mardi, 22 février 2011

les sentences

 

A partir de trois papillotes de bonbons contenant des sentences, en choisir une et la commenter ou écrire une histoire. (25 mn) 

 

 

« Il n’y a point de génie sans un grain de folie »    ARISTOTE 

 

 

bracelets.JPG

 



 

 Il a pris un morceau du métal jaune. Instinctivement il sait qu’il peut s’en faire une parure. Il sait ce qui le met en valeur, il aime les bracelets. Il trouve ce jaune très beau, pas comme un jaune bien brillant et bien poli comme l’or, mais un jaune un peu terne, comme un peu sali. Ses mains noires aux ongles sales tournent et retournent l’objet sans forme ; ses yeux le contemplent et l’imaginent déjà s’enroulant autour de son poignet, dansant au rythme de ses mouvements. Lui, c’est un Hameur d’Ethiopie. Dans cette tribu, la beauté et la coquetterie sont de mise ; les peintures de corps et de visage, les bijoux sont indispensables à la toilette. En vérité, il ne sait pas ce qu’est un bijou, il sait seulement qu’il peut donner à cette matière une forme nouvelle en la limant, chauffant, tordant, déformant. Et son esprit se met à vagabonder dans la forêt proche et il façonne la matière en imaginant un serpent rampant silencieusement sous les feuilles ou une liane se balançant mollement dans les airs ; Tous deux se mêlent dans sa tête et son instinct du beau va faire sortir de cette rêverie une pièce unique qu’il ne reproduira jamais à l’identique. Elle sera sortie de la pensée et du désir d’un moment

Quand le bracelet sera passé de la main noir à la main blanche d’un visiteur, quand il aura voyagé et traversé les océans et que tu le regarderas à ton poignet, tu te diras que c’est l’œuvre d’un génie inconnu et que ce qui en fait la beauté, c’est justement ce petit brin de folie qui a traversé l’esprit et guidé la main de l’artiste qui créait avec son rêve du moment, bien loin des normes à respecter.

Ce bracelet unique, venu de si loin et  reflétant la pensée de l’artiste, n’aura pas de prix.

Gill

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  « La plus perdue de toutes les journées est celle où l’on n’a pas ri » Nicolas de Chamfort



  RIRE



-      D’où viens-tu beau papillon

Aux ailes chamarrées de bulles ?

-      Du pays  des libellules

Où tout n’est que rire et chansons.

Un jour débordant de raison

Est vraiment une journée nulle.

Prends donc modèle sur ton Jules !

Me dit le joyeux papillon.

Quand il rit il est bien mignon…

Ne fais pas ta tête de mule

Qui te transforme en tarentule,

La mine triste est du poison.

Plaisante donc un peu Marion,

Et d’un grand rire majuscule

Donne-nous comme un bon pécule

Des pétales de rire à foison.

D’un coup d’ailes le papillon

Enfourcha un petit bidule

Genre d’OVNI bien ridicule

Et disparut à l’horizon.

  mouty

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 «  La rêverie est la vapeur de la pensée » Victor Hugo 

 

Le nom vapeur peut avoir deux sens très différents : la buée qui s’élève  au dessus de l’eau qui bout, elle est légère, inconsistante, elle flotte. Ou bien c’est une énergie qui peut propulser des machines énormes comme des trains et des bateaux.

Je pense que V. Hugo a choisi le mot juste  pour ses deux sens. La rêverie est irréelle mais elle peut aussi être un moteur formidable de la pensée car elle peut générer de grandes réalisations (en art, en architecture par exemple) ou de grandes inventions techniques .On peut se laisser flotter comme la buée, faire abstraction du monde réel, oublier le « ici et maintenant » pour mieux y revenir et créer du concret, du solide.

Mais V. Hugo a-t-il poussé son raisonnement  jusqu’à voir l’aspect négatif de la vapeur et de sa sentence ?...La rêverie peut –elle aussi être un volcan en ébullition qui produit des vapeurs délétères, mortelles et qui entraîne une force destructrice terrible ?      

                                           

                            MIMI

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 «  Parler beaucoup est une chose  Parler à bon escient en est une autre. »  Sophocle

                                         

Parler à bon escient

 

            Le discours du témoin de la mariée était une horreur. On avait soif, on crevait de chaud, ça n’en finissait pas. De plus, qu’a-t-il dit vraiment ? Personne ne se souvient d’un mot, d’une phrase et, ce qu’il y a de pire, qui aujourd’hui pourrait reformuler l’idée même de son texte ? Une horreur vous dis-je.

             Le sermon du curé était plus court, professionnel et émouvant. Lui aussi a parlé beaucoup mais juste ce qu’il fallait et il a su capter l’attention des uns et des autres.

              Les paroles du maire étaient plus conventionnelles, bien à propos. Un passage obligé, quoi, qui ne restera pas dans les mémoires.

               Le blabla de ma voisine de table était un flot incessant auquel je ne pouvais échapper. Elle aussi parlait beaucoup mais elle parlait d’elle, encore d’elle, toujours d’elle. Je fus obligée de me lever de table pour la fuir et aller danser. Quelle belle fuite et quel bon défouloir !

               C’est au moment du dessert que le père du marié a pris la parole. Il avait préparé une partie de son discours, mais, très vite a quitté les yeux de sa feuille et c’est son cœur qui a parlé.

 Les mots qu’il fallait dire à ce moment là à son fils et à sa jeune épouse, il les a prononcés. Il a pris son temps mais, quand il eut fini, chacun attendait qu’il continue, c’était presque devenu trop court.

             Il ne suffit pas de parler, encore faut-il toucher son auditoire.

             Le discours du papa, tout le monde s’en souviendra.

 

Roselyne

 

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