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mercredi, 02 novembre 2016

La journée de .......

Sur une feuille, chacun écrit le nom d'une partie du corps humain puis passe la feuille à son voisin qui écrit le nom d'on objet puis ainsi de suite, un animal, une couleur, un bijou, un vêtement, le moment préféré de la journée.

On tire une feuille au sort pour obtenir la liste suivante :

 

Main / locomotive / chat / vert / collier / pull / coucher

 

En 20 minutes écrire un texte en faisant

parler la main

qui décrit sa journée

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Baureihe52Heizer

wikimédia

 

La journée de la main

J’étais les mains calleuses aux ongles noires fendillés du chauffeur qui autrefois, au temps des locomotives à vapeur, enfournaient le charbon dans le four rougeoyant. Dès que je montais dans la machine, j’enlevais mon pull pour mettre une chemise légère, noire, raidie par les lavages. Entre deux pelletées lourdes à mon dos douloureux, je regardais le vert des prairies où les vaches levaient la tête quand retentissait le sifflet de la vapeur. La poussière et les escarbilles encore chaudes recouvraient, pénétraient le collier de barbe qui entourait ma mâchoire carrée. Je regardais mon compagnon de vingt ans, le mécanicien qui tenait le volant. Ses yeux fixaient le lointain, mais je savais qu’il pensait à son logis où l’attendaient sa femme et son chat. C’était le soir au coucher du soleil, c’était la dernière fois qu’il menait un train, qu’il était le maître de la Lison, comme Jean Gabin appelait sa machine dans la bête humaine, le film tiré de l’œuvre de Zola.

Line

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pixabay

 

La Main

       Bonjour. Il s’appelait Emile et j’étais sa main droite. Si j’utilise l’imparfait, c’est parce que nous n’existons plus depuis belle lurette, lui et moi. Lui, je ne sais pas où il est parti. Moi, je sais où je suis restée : là où j’ai vécu. Enfin, quand je dis moi, mon esprit du moins. Car c’est une chose que peu de gens savent et que je vais dévoiler aujourd’hui : l’esprit des mains- je tiens à préciser qu’il ne s’agit que des mains  exclusivement, et des mains droites en particulier, sauf pour les gauchers mais ces digressions nous entrainent trop loin- cet esprit donc, demeure là où elles ont été le plus heureuses, de leur vivant.

  Par exemple, et bien qu’Emile ait été un mécano-traduire : conducteur de locomotive-à vapeur émérite, et ce grâce à moi soit dit en passant, je ne suis jamais retournée dans une de ces locos qu’il affectionnait tant. Non. Je suis restée près du lit d’Emile. Pourquoi ?

      Tout simplement parce que le moment du coucher était de loin mon préféré…surtout lorsque Jeannette venait passer la nuit ici.

      Je l’adorais et lui disais : « Que tu es belle ! » en caressant longtemps, longtemps son visage de chat tandis que ses yeux verts, mi-clos de tendresse, suivaient mes mouvements.

      Puis, d’un geste preste, je lui ôtais son collier de jade (assorti à ses yeux) dont elle ceignait alors mon poignet en riant. Coquetterie qu’Emile n’acceptait qu’avec un sourire moqueur…et soudain, ses mains  me saisissaient  pour l’aider à quitter son pull

    La suite…je ne la dirai pas. Mais c’est évidemment la raison de ma présence ici, à jamais.

Bien des années ont passé. Et bien des Jeannettes qui ne s’appellent plus ainsi ont couché dans ce lit.

     Et moi, certaines nuits, pendant leur sommeil, je m’attarde un peu sur elles. Juste un souffle, qu’elles croient rêver.

      La main passe.

       

El Pé

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pixabay

 

La journée de la main

On pourrait croire que je n’entends rien, mais c’est faux, la preuve, c’est que la sonnerie stridente et détestée du réveil est capable de me faire quitter la chaleur du lit pour lui clore le bec, avant d’offrir sa caresse matinale à mon chat Négus, magnifique Abyssin aux yeux verts, puis de me replonger avec délice sous la couette pour profiter de quelques dernières secondes de repos.

Après avoir repoussé les draps, je sais que je n’aurai plus un moment de répit, surtout aujourd’hui où je vais devoir faire preuve d’une habileté particulière pour transformer un jeune visage angélique en mort-vivant, puis un second tout aussi beau en infâme vampire aux yeux cruels et aux dents sanguinolentes. Ma réputation est en jeu.

Bon, avant de partir pour le studio, je vais m’occuper de ma propriétaire, rapidement mais efficacement : toilette, maquillage, coiffure, habillage. Je choisis le pull en cachemire qu’elle affectionne, son pantalon noir classique et confortable et son collier sautoir à la dernière mode qui donnera une note de fantaisie à cette stricte tenue. Une dernière touche de brillant à lèvres et me voilà prête à prendre les clés de la mini dans le vide-poche du couloir.

Nous voilà sur la route. Avec dextérité, je dirige la voiture, tourne le volant avec souplesse, fait jouer le levier de vitesse, pour parcourir le trajet familier, avec arrêt, comme tous les matins,  au passage à niveau que la locomotive du TGV traverse à grand bruit.

Arrivée sur le tournage de « Vampire, mon ami », je m’investis totalement dans mon art pour faire naître deux visages absolument horribles, personnages principaux de cette  superproduction qui fera, je l’espère, la gloire et la fortune de son metteur en scène.

La fin de ma journée est plus calme, je vérifie tous mes produits pour le lendemain, crèmes, fonds de teints, crayons de toutes sortes et de toutes couleurs, je taille, je range, je prépare. Puis je démaquille soigneusement les deux acteurs, leur rendant leur beauté et leur fraîcheur, fais un petit signe à tout le monde et……à demain.

De retour chez moi, après la préparation d’un dîner léger, je vais pouvoir savourer mon moment préféré, le coucher, où je vais tranquillement feuilleter mon livre favori avant d’étendre mes doigts fatigués et de me reposer.

Gill

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lundi, 17 octobre 2016

La rentrée de .........

Pour ce premier atelier au sein de l’UTT, voici une des consignes données aux participantes

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En 20 minutes, écrire un texte sur le thème :

LA RENTREE D’UN CARTABLE

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cartable liliane.jpg

pixabay

 

 

La rentrée d’un cartable

           A proprement parler, il n’y a véritablement jamais eu de rentrée, pour moi, vu que je n’ai jamais eu de vacances. Pourquoi ? Je vais vous le dire :

   Elle m’utilise comme sac à main, je vous demande un peu ! Comme si c’était ma vocation ! Pour deux raisons : d’abord parce qu’elle me juge plus pratique, avec mes grandes poches et mes zips so sexies ; et ensuite parce que, croit-elle, ça trompe les voleurs à l’arraché. Tu parles. Moi je n’y crois pas une seule seconde.

      Pas de vacances donc, ou alors si peu. J’appelle vacances ces moments bénis où je repose dans un coin, obscur de préférence car cela me permet de sommeiller en rêvant tranquillement. De mes ancêtres par exemple. Je les imagine, folâtrant gaiement dans un bocage normand ou sur une pente alpestre herbeuse et odorante. Et parmi eux, ma mère, dont j’ai hérité la peau… Ce qui est absolument faux d’ailleurs car étant donné mon label « skie pur jus », ma mère est par conséquent un fossile préhistorique depuis longtemps transformé en hydrocarbure. Bon, passons, ça me file le cafard.

      Il vaut mieux que je n’aie pas trop de temps libre, tout bien considéré.

C’est pourquoi j’envisage cette rentrée avec enthousiasme et optimisme. Je vais être de nouveau très occupé cette année. Elle va me bourrer de ses passions, de ses cahiers et de ses espoirs. Complice des bons et des mauvais jours, je vois me blottir contre elle, mine de rien bien sûr, et lui murmurer, bien qu’elle ne m’entende pas, que dans le fond, je suis heureux de lui appartenir, corps et âme.

     On ne peut pas rêver mieux…

 

 El Pé

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pixabay

 

Une rentrée pas comme les autres

Ciré, pimpant sinon frais, j’attends sagement sur la chaise de la chambre, devant le bureau. Cela faisait longtemps que je n’avais pas vécu telle situation et d’ailleurs, je me demande un peu ce que je fais là, ressorti après tant d’années passées au fond du placard, sur la piles des GEO.

Je ne suis pas trop décati pour mes 17 ans. Quand je suis né, j’ai été confectionné dans un cuir de très bonne qualité et ma solidité a été à toute épreuve. J’ai vécu plusieurs rentrées à l’école primaire, puis j’ai été relégué pour des sacs à dos éphémères, plus modernes les uns que les autres, qui rendaient l’âme au bout d’un an ou deux, victimes d’un surpoids permanent qui avait raison de leurs coutures bâclées.

Aujourd’hui, je suis une sorte de gri-gri et je suis là pour donner du courage au jeune enseignant qui va vivre sa première rentrée et affronter sa première classe. Avec moi, qui lui ai tenu compagnie lors de ses premiers pas d’élève, il se sentira plus fort pour faire ses premiers pas de professeur. Et moi, pour la première fois, je serai du côté du savoir, sur l’imposant bureau, face à ces jeunes cerveaux avides de connaissance.

Je ne serai pas fatigué car je ne transporte pas grand-chose, quelques livres, papiers, stylos. En fait, c’est ma seule présence qui est importante. Demain sans doute, après ce premier jour passé continuerai-je ma paisible retraite, fier d’avoir été, encore une fois, indispensable à ce gamin que j’ai vu grandir, s’affirmer et devenir l’homme qu’il est aujourd’hui.

Gill

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pixabay

 

Fini le placard, le silence, l’abandon.

Dépoussiéré, réparé, lavé, décoré de badges, de breloques et insignes en tout genre je piaffe et revis. Puis, on me bourre de choses « sérieuses » : stylos et crayons, cahiers et feuilles quadrillées, cahier de textes, quelques livres de base.

Enfin, c’est le jour J ! On me jette sur les épaules, je retrouve la rue, le bus et la cour de l’école, tout ce brouhaha si joyeux. On me jette par terre sous le bureau, on me vide, on me remplit, on me piétine, on m’oublie…

Peu m’importe, tout vaut mieux que le placard !!!

 

Valérie

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samedi, 06 février 2016

Dieu ou Diable

Après un jeu qui nous a permis de trouver les expressions et mots suivants

sang - mauve - ami - nu comme un ver - main

En 20 minutes, écrire un texte les comportant et

Commençant par :

« Oui, bien sûr, Dieu existe, je l’ai rencontré »

ou

se terminant par :

« J’avais rencontré le diable en personne »

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pixabay

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Le berger

Elle se faisait du mauvais sang. Beaucoup de mauvais sang. Adèle se complaisait depuis son enfance dans cet état second. Cela faisait partie de sa personnalité tapissée de viscosité mauve qui lui donnait l’impression d’être dans un bain d’argile.

Son ami, las de cette compagne grisâtre, avait fini par la lâcher pour reprendre sa vie de berger dans les Alpages. Là-haut il respirait à pleins poumons. Dans une nature luxuriante au mois d’avril. Les fleurs inondaient les prairies que Dieu avait magnifiées de sa palette chatoyante. Dieu ? Ou peut-être bien le diable… C’était trop beau, trop surnaturel : tout pour attirer le plus fieffé des mécréants.

Et puis ce berger, proche de l’innocence, portait maintenant dans son cœur la belle petite Héloïse, cuisinière et serveuse au refuge voisin accroché derrière le mamelon qui égayait l’horizon avec ses levers de soleil magiques. Elle lui était pratiquement tombée dans les bras un jour où, se croyant seul au monde, il se promenait nu comme un ver. On devine la suite.

Il lui avait alors demandé sa main.

Quand elle rentra au chalet, à la nuit tombante, en matière d’excuse elle bredouilla à son patron : « j’avais rencontré le diable en personne ! »

 

Mouty

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Dans le matin mauve, la charrette avançait lentement. La famille d’Oscar avait décidé de quitter les terres hostiles où rien ne poussent. Il avait pris sa femme, ses enfants et mis sur sa vieille charrette le peu d’objets qui lui restait encore. La main de l’homme n’avait pas réussi à domestiquer cette terre ingrate ; Il y avait pourtant sué sang et eau. Malgré son travail acharné et méticuleux, aucune récolte n’était venue.

En montant ici, sur les hauts comme on disait, il avait espéré gagner de nouvelles terres, offrir à sa famille un peu de confort et un air plus pur. Après trois ans d’efforts, sa femme avait perdu sa joie de vivre, ses enfants étaient plus chétifs qu’avant, lui était devenu rugueux et sec.

Ses parents et même son ami Pierre avaient essayé de le dissuader. Ils lui avaient : là-haut, ce n’est que cailloux et herbe sèche. Aujourd’hui, il se voyait arrivé à la ferme, plus pauvre qu’avant, nu comme un ver. Il avouerait à tous, que dans ces solitudes, il avait rencontré le diable en personne.

Claudie

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Marc, un ami d'enfance m'avait donné rendez-vous à vingt-deux heures. La nuit noire et glacée ne me donnait pas envie de sortir mais j'avais promis de le retrouver pour l'écouter, il avait besoin de présence. Je me suis donc décidée à revêtir ma cape mauve et à me lancer dans le froid. Je serais vite arrivée, il n'habitait pas loin.

         L'avenue longue et déserte était bien éclairée, j'avançais vite . Alors que je ralentissais en tournant dans sa petite rue , vers la caserne des pompiers, une main m'a happée au passage. J'ai tourné la tête et écarquillé les yeux en découvrant un homme nu comme un ver dont la bouche laissait goutter du sang telle celle d'un vampire. Elle s'agrippait à mon bras pour me tirer dans la caserne. Je me suis dégagée en hurlant, suis partie en courant avec l'impression que j'avais rencontré le diable en personne.

 

Marie

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Oui bien sûr, dieu existe, je l’ai rencontré et je le rencontre plusieurs fois par semaine. Monsieur Dieu, c’est le père de mon meilleur ami.

Il est concepteur de jeux vidéo. En plus, Comme il est très adroit de ses mains, pour se détendre, il fabrique des maquettes et quand je vais chez lui, je pourrais rester des heures à les regarder. Il a un grand garage et toute une partie est réservée à ses constructions ; Il y a quelques temps, mon copain m’a montré sa dernière création : un jardin extraordinaire, luxuriant, avec des végétaux si variés qu’on y trouve même un pommier dont on voit distinctement les petites pommes rouge sang. Tous les animaux de la création y figurent, jusqu’au serpent, et il y a même deux petites statuettes, un homme et une femme, nus comme un ver, comme s’ils venaient de naître, dont le visage reflète nettement le bonheur. Au dessus du jardin, il a construit une grande voûte, d’un beau bleu comme le ciel, avec quelques touches de mauve. C’est magnifique et quand on regarde ce jardin, on est envahi par une sensation de calme. Monsieur Dieu est vraiment doué car il n’a mis que sept jours pour faire cette maquette.

Malheureusement, il y a eu récemment une inondation dans le garage et le jardin a été détruit. Par précaution, il avait gardé des modèles de ses statuettes, -un couple de chaque espèce- qu’il avait rangés dans un petit bateau construit précédemment. C’est une chance, ce sera plus facile pour réaliser un autre jardin.

Quant à mon copain, c’est un vrai leader. Tout le monde l’écoute ; Dans notre groupe c’est lui le chef. Il n’a même pas besoin de commander, nous le suivons sans nous poser de question. Quelquefois, il a quand même de drôles d’idées ! Il dit : « si l’on te frappe sur une joue, tends l’autre » ou « pardonne à ceux qui t’ont fait du mal ». Les copains et moi avons du mal à faire ça. On n’est pas des saints ! En plus, il a une sorte de don. Quand l’un de nous se fait mal, il suffit qu’il nous touche pour que la douleur s’atténue. Il a un fluide magique, c’est sûr.

Nous sommes treize copains dans la bande et Luc et Matthieu sont très doués en français. Alors ils écrivent ce que nous pouvons appeler nos aventures. Ils disent que comme cela, nous n’oublierons rien, même quand nous serons grands.

En tout cas, c’est vraiment mon meilleur copain et l’autre jour je lui ai dit : « tu sais, moi je ne trahirai jamais ». Il m’a répondu : « en es-tu sûr, Pierre ? Tout peut arriver »….. N’importe quoi !

En y réfléchissant bien, je me dis que monsieur Dieu et son fils sont vraiment des gens pas comme les autres.

Gill

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samedi, 21 novembre 2015

Mon arbre

Après un jeu qui nous a permis de trouver les mots suivants

Mai - sein - traite - ronde -main - moire - rajout - blond - dessus.

en 20 minutes, les insérer dans un texte commençant par :

Auprès de mon arbre je vivais heureux.

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pixabay

Auprès de mon arbre, je vivais heureux. Clémentine, dans sa robe de moire, était revenue avec le mois de mai. Ses formes rondes et son sein laiteux, sur lequel j’aurais voulu poser la main, illuminaient mes jours.


Je savais qu’elle avait fait le voyage d’une traite. Rien n’arrêtait ce front blond. Elle plaçait nos rencontres au-dessus de tout. Aucun rajout, n’aurait pu me remplir autant de joie.


Claudie

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pixabay

 

Auprès de mon arbre

Auprès de mon arbre je vivais heureux,

J’aurais dû alors écrire une ronde.

Je me trainais, las, comme un malheureux

Par temps de frimas quand la neige abonde.

Je rêvais aux nymphes aux longs cheveux blonds

En robe de moire, rajouts de dentelle,

Aux mains fines et blanches, aux seins généreux,

Au Mai scintillant, quand les fleurs sont belles.

Dessus et dessous vont bien aux frileux…

Et mon texte court sur des pages lisses,

Traitant du bonheur qui passe, qui glisse.

Auprès de mon arbre je vivais heureux.

 

Mouty

 

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Hand milking a cow at Cobbes Farm Museumwikimédia

 

Auprès de mon arbre je vivais heureuse, surtout quand c’était l’heure de la traite des vaches. Le gardien du troupeau était bel homme avec son tablier blanc qu’il maintenait d’une main ferme autour de son corps athlétique.

En Mai fais ce qu’il te plait, dit le proverbe, aussi j’échancrai mon corsage sans rajout supplémentaire car il manquait la moitié des boutons.

Rondes étaient mes fesses, beaucoup trop d’ailleurs, et plat quasi inexistant mon sein.

   Le lait tombait dans le seau, le dessus crémeux bouillonnait. Le gardien des bovins ne me regardait point, attentif à son travail. Je toussotais mais hélas, en vain.

     Je détournai mon regard déçu et regardai au loin la rivière aux reflets couleur de moire. Un jour de plus passé sans résultat mais demain serait un autre jour, différent, celui qui verrait enfin la réalisation de mes rêves les plus doux.

 

             Line

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Sorghum bicolor03

wikimédia

 

Auprès de mon arbre, je vivais heureux. C’était un arbre multi centenaire, l’arbre à griots du village, sous lequel je contais des légendes aux enfants.

Il trônait au sein de la place ronde où tout le monde se rendait le soir venu, après le travail dans les champs de sorgho, dont la couleur, de l’orange clair au brun roux aurait surpris l’occidental habitué aux blonds épis de blé, et la traite des chèvres.

Le mois de mai était particulièrement riche en fêtes et les femmes s’habillaient pour l’occasion en robes de moire chatoyante aux reflets irisés, par-dessus lesquelles brillaient des colliers multicolores. Leurs coiffures étaient enjolivées par des rajouts tressés qui faisaient paraître leurs cheveux bien plus longs qu’ils n’étaient et leur conféraient une beauté extraordinaire. Les fêtes se poursuivaient tard dans la nuit au son du tam tam sur lequel des mains noires tapaient en rythme, invitant à la danse.

Et moi, bien, tranquille sous mon arbre, je racontais à des dizaines de paires d’yeux écarquillés, des histoires merveilleuses ou effrayantes qui, je le savais, allaient peupler les rêves de tous les petits, une fois la fête finie.

Gill

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