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samedi, 21 novembre 2015

Mon arbre

Après un jeu qui nous a permis de trouver les mots suivants

Mai - sein - traite - ronde -main - moire - rajout - blond - dessus.

en 20 minutes, les insérer dans un texte commençant par :

Auprès de mon arbre je vivais heureux.

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pixabay

Auprès de mon arbre, je vivais heureux. Clémentine, dans sa robe de moire, était revenue avec le mois de mai. Ses formes rondes et son sein laiteux, sur lequel j’aurais voulu poser la main, illuminaient mes jours.


Je savais qu’elle avait fait le voyage d’une traite. Rien n’arrêtait ce front blond. Elle plaçait nos rencontres au-dessus de tout. Aucun rajout, n’aurait pu me remplir autant de joie.


Claudie

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pixabay

 

Auprès de mon arbre

Auprès de mon arbre je vivais heureux,

J’aurais dû alors écrire une ronde.

Je me trainais, las, comme un malheureux

Par temps de frimas quand la neige abonde.

Je rêvais aux nymphes aux longs cheveux blonds

En robe de moire, rajouts de dentelle,

Aux mains fines et blanches, aux seins généreux,

Au Mai scintillant, quand les fleurs sont belles.

Dessus et dessous vont bien aux frileux…

Et mon texte court sur des pages lisses,

Traitant du bonheur qui passe, qui glisse.

Auprès de mon arbre je vivais heureux.

 

Mouty

 

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Hand milking a cow at Cobbes Farm Museumwikimédia

 

Auprès de mon arbre je vivais heureuse, surtout quand c’était l’heure de la traite des vaches. Le gardien du troupeau était bel homme avec son tablier blanc qu’il maintenait d’une main ferme autour de son corps athlétique.

En Mai fais ce qu’il te plait, dit le proverbe, aussi j’échancrai mon corsage sans rajout supplémentaire car il manquait la moitié des boutons.

Rondes étaient mes fesses, beaucoup trop d’ailleurs, et plat quasi inexistant mon sein.

   Le lait tombait dans le seau, le dessus crémeux bouillonnait. Le gardien des bovins ne me regardait point, attentif à son travail. Je toussotais mais hélas, en vain.

     Je détournai mon regard déçu et regardai au loin la rivière aux reflets couleur de moire. Un jour de plus passé sans résultat mais demain serait un autre jour, différent, celui qui verrait enfin la réalisation de mes rêves les plus doux.

 

             Line

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Sorghum bicolor03

wikimédia

 

Auprès de mon arbre, je vivais heureux. C’était un arbre multi centenaire, l’arbre à griots du village, sous lequel je contais des légendes aux enfants.

Il trônait au sein de la place ronde où tout le monde se rendait le soir venu, après le travail dans les champs de sorgho, dont la couleur, de l’orange clair au brun roux aurait surpris l’occidental habitué aux blonds épis de blé, et la traite des chèvres.

Le mois de mai était particulièrement riche en fêtes et les femmes s’habillaient pour l’occasion en robes de moire chatoyante aux reflets irisés, par-dessus lesquelles brillaient des colliers multicolores. Leurs coiffures étaient enjolivées par des rajouts tressés qui faisaient paraître leurs cheveux bien plus longs qu’ils n’étaient et leur conféraient une beauté extraordinaire. Les fêtes se poursuivaient tard dans la nuit au son du tam tam sur lequel des mains noires tapaient en rythme, invitant à la danse.

Et moi, bien, tranquille sous mon arbre, je racontais à des dizaines de paires d’yeux écarquillés, des histoires merveilleuses ou effrayantes qui, je le savais, allaient peupler les rêves de tous les petits, une fois la fête finie.

Gill

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lundi, 18 mai 2015

Mai en poème

Petit poème sur le mois de Mai 

En 10 minutes, faire un petit poème de 4 vers ou plus, ne dépassant pas 12 pieds

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Mai

 

« En Mai, fais ce qu’il te plait »

Je te remercie bien ma douce,

Il faut bien qu’une amie me pousse

Pour faire un poème complet.

 

Alors inspire-moi donc la suite

Afin d’écrire le bonheur,

Bonheur, santé, et vite vite

Viens te blottir près de mon cœur

 

Mouty

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Joli Mai

 

Muguet, joli muguet

Tes clochettes porte- bonheur

Enchantent le mois de mai

Embaument notre cœur

 

Gill

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12:15 | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : mai

mercredi, 09 avril 2014

Un Printemps pas comme les autres

 En 25 minutes, écrire un texte sur le thème « Un printemps pas comme les autres »

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freepik

 

 

Un Printemps pas comme les autres

 

Il vient, il va, ce personnage.

Il apporte tant de bonheur

Qu’il remonte à fond tous les cœurs

Après une année de voyage.

 

Et oui, vous l’avez deviné :

Qui vous met sur l’escarpolette,

Verdit le pré de la guinguette ?

C’est le PRINTEMPS tout satiné.

 

Arrivé dès Janvier, la chance !

Ouvrant les portes des maisons,

Eteignant les derniers tisons,

Il a installé son ambiance.

 

Va-t-il durer ou capoter ?

Devenir saison malheureuse ?

Transformer les sentes visqueuses

En allées pour y cahoter ?

 

Son arrivée est-il présage

D’un été plutôt ambitieux

Ou bien maussade et pluvieux 

Qui met fin à tous les ramages ?

 

Mais les oiseaux braillent en chœur

La chanson « Que la vie est belle »,

Du pinson à la tourterelle

Ils s’époumonent avec bonheur.

 

Un « printemps » c’est le temps qui passe.

Il n’a cure de nos tourments.

Alors, profitons du moment.

Il faudra bien que je m’y fasse…

 

Mouty

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freepik

 

 

       Les fleurs des marronniers  avaient poussé en avance, cette année-là, et c’était un régal de voir leurs chandelles roses et blanches égayer (entre autres) les avenues de Bagneux et du XVème. Il faisait tellement beau ! Avec un ciel si bleu, si joyeux depuis la mi-avril ! Ce qui m’avait permis d’étrenner ma robe de grossesse « demi-saison », rose pâle et plissée devant, qui ne laissait rien ignorer de mon état. Dont d’ailleurs j’étais très fière ! Un premier, vous pensez… Aussi chaque jour je me promenais, hum, disons plutôt que j’arpentais le trottoir à grandes enjambées, depuis mon domicile jusqu’à la Porte d’Orléans. Quatre bons kilomètres aller et retour. On m’avait dit :(le dit-on encore ?) : « Les derniers mois, il faut marcher, c’est important ! ».Alors j’y allais de bon cœur, j’y passais des heures.

       Parce que, pour tout dire, je n’avais aucune envie de rester enfermée à la maison. D’abord il faisait trop beau pour ça ; ensuite j’avais tricoté assez de brassières pour habiller toute la crèche municipale ; et surtout…je m’ennuyais, seule, toute la journée, mon jeune mari ne bénéficiant, lui, d’aucun congé-maternité.

       Alors je me promenais. Et mes pas me conduisaient chaque jour un peu plus loin, dépassant la Porte d’Orléans jusqu’à parvenir, un beau jour, à Denfert-Rochereau. Sauf que ce beau jour-là, le célèbre lion avait visiblement du mal à sommeiller comme d’habitude, à cause du vacarme et de l’agitation qui régnaient autour de lui.

        J’avais vingt ans, j’étais ravie. Un peu effrayée certes, mais ravie quand même. Une porte cochère m’ayant fourni un abri jugé imprudemment suffisant, j’assistai dès lors à un spectacle fantastique : des centaines de jeunes couraient, criaient, lançaient des pavés arrachés aux rues avoisinantes…aussitôt poursuivis par un bataillon de CRS bottés, casqués, armés de matraques, de boucliers et de bombes lacrymogènes. « Est-ce une révolte ? Non Sire, une révolution. » Génial.

       La révolution se rapprochant dangereusement de mon abri et l’ambiance se faisant de plus en plus chaude, je décidai d’opérer une retraite stratégique et de rentrer chez moi. Ce qui me prit pas mal de temps à force d’essayer d’éviter le théâtre des combats, très étendu cependant.

 Le soleil venait de se coucher lorsque j’arrivai enfin, complètement crevée, et prête à recevoir un bon savon-somme toute mérité- par mon mari, rentré du boulot depuis longtemps. Ô surprise il n’en fit rien, bien trop impatient qu’il était de m’apprendre la grande nouvelle : « Tu sais quoi ? A partir de demain, c’est la Grève Générale ! Et elle durera jusqu’à la Victoire ! »

      Chic ! Je ne l’écoutais plus que d’une oreille me raconter les meetings et AG qui avaient occupé sa journée, jubilant en revanche en mon for intérieur. Chic chic chic ! Il allait rester avec moi et nous irions désormais ensemble aux manifs !! Que de moments exaltants en perspective ! Sauf…

         Sauf que le lendemain matin, à cinq heures et avec quinze jours d’avance comme les marronniers  naissait mon fils aîné, qui, dès cet instant, dormirait toujours un poing serré posé près de sa tête.

            C’était le 13 Mai 1968.

 

         El Pé

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Odeon-Mai1968

wikimédia

 

Un nuage de gaz autour de moi, le nez qui pique, les yeux qui pleurent, une énergie hors du commun, des rêves de changement, une excitation jamais ressentie depuis et une tendresse particulière, gardée dans mon cœur depuis 45 ans pour ce Printemps-là, un printemps pas comme les autres.

Jeune fille sérieuse, élève appliquée et consciencieuse à l’école, au lycée, à la fac, je commençais tout juste à travailler. Ma famille m’avait appris à ne pas revendiquer tout le temps et pour tout, mais simplement pour ce qui en valait la peine. J’avais le goût du travail bien fait ancré dans l’âme et je faisais ce que j’avais à faire sérieusement, sans contester.

Quand soudain, en ce printemps-là, la revendication commença sur les bancs de la faculté, pour courir partout dans les usines, les bureaux, les familles, bref, partout dans Paris, puis peu à peu dans toute la France. Et je réfléchis à tout ce que j’entendais et je me dis, moi aussi, qu’il y avait des choses, beaucoup de choses à changer. Et je fis la grève, comme tout le monde, et c’est ainsi que je me retrouvai au Quartier Latin, dans les rues dépavées, pleurant dans les effluves des gaz lacrymogènes, la main dans la tienne, devant des rangées de militaires casqués chargés de maintenir l’ordre dans un Paris devenu anarchiste.

J’ai vu la Sorbonne menacée d’incendie, le théâtre de l’Odéon abritant un ramassis de militants aux discours enfiévrés et revendicateurs. J’ai écouté bien des orateurs ventant les mérites de changements et de vie meilleure. J’ai vécu des embouteillages monstrueux sur la place de la République où l’on voyait la police capituler et l’automobiliste lambda régler la circulation.

La révolution prenait des allures de fête en ce magnifique mois où le soleil brillait autant que les idées nouvelles.

Puis les esprits se sont calmés et la vie a repris avec quelques changements quand même. Maintenant j’ai vieilli et j’ai vu d’autres grèves, entendu d’autres revendications, mais je n’ai jamais plus ressenti un tel élan collectif qu’en ce drôle de printemps, qu’en ce mois de mai 1968.

Gill

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