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mercredi, 02 novembre 2016

La journée de .......

Sur une feuille, chacun écrit le nom d'une partie du corps humain puis passe la feuille à son voisin qui écrit le nom d'on objet puis ainsi de suite, un animal, une couleur, un bijou, un vêtement, le moment préféré de la journée.

On tire une feuille au sort pour obtenir la liste suivante :

 

Main / locomotive / chat / vert / collier / pull / coucher

 

En 20 minutes écrire un texte en faisant

parler la main

qui décrit sa journée

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Baureihe52Heizer

wikimédia

 

La journée de la main

J’étais les mains calleuses aux ongles noires fendillés du chauffeur qui autrefois, au temps des locomotives à vapeur, enfournaient le charbon dans le four rougeoyant. Dès que je montais dans la machine, j’enlevais mon pull pour mettre une chemise légère, noire, raidie par les lavages. Entre deux pelletées lourdes à mon dos douloureux, je regardais le vert des prairies où les vaches levaient la tête quand retentissait le sifflet de la vapeur. La poussière et les escarbilles encore chaudes recouvraient, pénétraient le collier de barbe qui entourait ma mâchoire carrée. Je regardais mon compagnon de vingt ans, le mécanicien qui tenait le volant. Ses yeux fixaient le lointain, mais je savais qu’il pensait à son logis où l’attendaient sa femme et son chat. C’était le soir au coucher du soleil, c’était la dernière fois qu’il menait un train, qu’il était le maître de la Lison, comme Jean Gabin appelait sa machine dans la bête humaine, le film tiré de l’œuvre de Zola.

Line

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La Main

       Bonjour. Il s’appelait Emile et j’étais sa main droite. Si j’utilise l’imparfait, c’est parce que nous n’existons plus depuis belle lurette, lui et moi. Lui, je ne sais pas où il est parti. Moi, je sais où je suis restée : là où j’ai vécu. Enfin, quand je dis moi, mon esprit du moins. Car c’est une chose que peu de gens savent et que je vais dévoiler aujourd’hui : l’esprit des mains- je tiens à préciser qu’il ne s’agit que des mains  exclusivement, et des mains droites en particulier, sauf pour les gauchers mais ces digressions nous entrainent trop loin- cet esprit donc, demeure là où elles ont été le plus heureuses, de leur vivant.

  Par exemple, et bien qu’Emile ait été un mécano-traduire : conducteur de locomotive-à vapeur émérite, et ce grâce à moi soit dit en passant, je ne suis jamais retournée dans une de ces locos qu’il affectionnait tant. Non. Je suis restée près du lit d’Emile. Pourquoi ?

      Tout simplement parce que le moment du coucher était de loin mon préféré…surtout lorsque Jeannette venait passer la nuit ici.

      Je l’adorais et lui disais : « Que tu es belle ! » en caressant longtemps, longtemps son visage de chat tandis que ses yeux verts, mi-clos de tendresse, suivaient mes mouvements.

      Puis, d’un geste preste, je lui ôtais son collier de jade (assorti à ses yeux) dont elle ceignait alors mon poignet en riant. Coquetterie qu’Emile n’acceptait qu’avec un sourire moqueur…et soudain, ses mains  me saisissaient  pour l’aider à quitter son pull

    La suite…je ne la dirai pas. Mais c’est évidemment la raison de ma présence ici, à jamais.

Bien des années ont passé. Et bien des Jeannettes qui ne s’appellent plus ainsi ont couché dans ce lit.

     Et moi, certaines nuits, pendant leur sommeil, je m’attarde un peu sur elles. Juste un souffle, qu’elles croient rêver.

      La main passe.

       

El Pé

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La journée de la main

On pourrait croire que je n’entends rien, mais c’est faux, la preuve, c’est que la sonnerie stridente et détestée du réveil est capable de me faire quitter la chaleur du lit pour lui clore le bec, avant d’offrir sa caresse matinale à mon chat Négus, magnifique Abyssin aux yeux verts, puis de me replonger avec délice sous la couette pour profiter de quelques dernières secondes de repos.

Après avoir repoussé les draps, je sais que je n’aurai plus un moment de répit, surtout aujourd’hui où je vais devoir faire preuve d’une habileté particulière pour transformer un jeune visage angélique en mort-vivant, puis un second tout aussi beau en infâme vampire aux yeux cruels et aux dents sanguinolentes. Ma réputation est en jeu.

Bon, avant de partir pour le studio, je vais m’occuper de ma propriétaire, rapidement mais efficacement : toilette, maquillage, coiffure, habillage. Je choisis le pull en cachemire qu’elle affectionne, son pantalon noir classique et confortable et son collier sautoir à la dernière mode qui donnera une note de fantaisie à cette stricte tenue. Une dernière touche de brillant à lèvres et me voilà prête à prendre les clés de la mini dans le vide-poche du couloir.

Nous voilà sur la route. Avec dextérité, je dirige la voiture, tourne le volant avec souplesse, fait jouer le levier de vitesse, pour parcourir le trajet familier, avec arrêt, comme tous les matins,  au passage à niveau que la locomotive du TGV traverse à grand bruit.

Arrivée sur le tournage de « Vampire, mon ami », je m’investis totalement dans mon art pour faire naître deux visages absolument horribles, personnages principaux de cette  superproduction qui fera, je l’espère, la gloire et la fortune de son metteur en scène.

La fin de ma journée est plus calme, je vérifie tous mes produits pour le lendemain, crèmes, fonds de teints, crayons de toutes sortes et de toutes couleurs, je taille, je range, je prépare. Puis je démaquille soigneusement les deux acteurs, leur rendant leur beauté et leur fraîcheur, fais un petit signe à tout le monde et……à demain.

De retour chez moi, après la préparation d’un dîner léger, je vais pouvoir savourer mon moment préféré, le coucher, où je vais tranquillement feuilleter mon livre favori avant d’étendre mes doigts fatigués et de me reposer.

Gill

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vendredi, 12 octobre 2012

A la manière de....

  Après avoir lu un extrait du livre de Philippe Delerme,

    « La première gorgée de bière et autres plaisirs minuscules »

décrivant des actes de la vie quotidienne,

écrivez un texte à sa manière en choisissant un thème parmi plusieurs

propositions. (30 à 40 mn)

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photos-de-trains.net

train Sylvie.jpg

 

 

DANS UN VIEUX TRAIN 

 

Mon cœur bat à tout rompre, j'ai 5 ans et c'est la première fois que je prends le train …...

Je suis accompagnée de ma mère, jeune femme encore svelte et brunette elle va d'un bon pas. Depuis longtemps on en parlait en famille, Maman disait «  il faut que j'aille voir ma mère à TROYES, car dans sa dernière lettre elle me réclame et aimerait m'embrasser …..

Papa est tout à fait d'accord mais, lui dit-il, n'y va pas seule emmène Sylvie avec toi, elle sera heureuse de la voir elle aussi ! ….  Maman est ravie à cette idée et moi aussi pardi !

Nous voici toutes les deux sur le quai de la gare de l’Est, un monde fou envahit l'espace du bitume et grouille en courant dans tous les sens. Maman me sert fortement la main puis de l'autre porte une petite valise en carton bouilli qui contient nos quelques affaires.

 Enfin elle trouve comme par enchantement un wagon de 3ème classe qui lui parait convenable.

 Il est vrai que je suis de petite taille à 5 ans, et je me trouve à la hauteur des roues et des pistons de cette énorme machine qui lance de la vapeur comme un monstre, je suis  terrorisée ! …  je lève les yeux, alors  je vois  la tête de ce dragon  avec une cheminée; ma mère me dit que c'est la locomotive qui est chargée de tirer les wagons ….  tout cela me paralyse et je sais en voyant cet engin crachant et suant dans un bruit d'enfer, que se n'est pas ma Grand-Mère que je vais retrouver mais Lucifer  aux plus profonds des ténèbres !

 Nous escaladons les 3 hautes marches qui conduisent aux places assises, puis d'un rapide coup d’œil, Maman remarque deux places de libres côté fenêtre.

Les banquettes sont faites de fines lames de bois, et au dessus de nos têtes, un filet qui doit recevoir nos bagages et nos manteaux. Des inscriptions S.N.C.F sont gravées sur une vitre qui peut s'ouvrir ou se fermer à volonté. Au moment précis où je m’assois, je me fais écraser les pieds par des voyageurs peu scrupuleux qui veulent se pencher à la fenêtre pour dire au revoir à ceux qui sont restés sur le quai.

Enfin cette énorme et rugissante machine tousse et grogne autant qu'elle peut … Maman me dit «  ça y est, on part ! », mon cœur bat à tout rompre, on part mais où ? Je ne suis pas rassurée du tout, puis j'entends un grand coup de sifflet et une voix tonitruante qui crie «  attention au départ, fermez les portières ! »

Après quelques secousses qui nous font basculer d'avant en arrière, le convoi lentement avance, j'ai l'impression de reculer quand je regarde les autres trains à l'arrêt ! ….

Bientôt le train prend de la vitesse en crachant de plus en plus fort, pour moi je crois qu'il est très en colère car il fait un bruit d'enfer …..

Deux grands coups de sirène retentissent, je regarde ma Mère, elle sourit son regard me rassure et je crois qu'elle est heureuse de m'avoir emmenée vers cette grande inconnue. Je me détends tout à fait à présent que j'entends les voyageurs du compartiment qui parlent et rient entre eux, je me dis qu'aujourd'hui ce n'est pas un baptême de l'air dont j'ai fais la connaissance, mais la guerre du rail !!!

A toute à l'heure Grand-Mère - - - -

          SYL

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                       Lire sur la plage

 Pas trop de vent ce matin ? Hum, ma foi, ça peut aller. La tramontane semble faiblir, on dirait…mais pas question pour autant de tremper un orteil dans l’eau ! Brrr !! Cette idée seule vous hérisse le poil et déclenche immédiatement une suite d’images telles que : Ours blancs sur la banquise, kermesses inuites et expédition à chiens de traineaux.

     Bon, vous voilà partie. Vous n’avez rien oublié ? (question qui revient systématiquement quand vous êtes à mi-chemin). Rapide check list mentale de ce que contient votre sac de plage un peu trop sexy à votre goût mais cadeau de la dernière Fête des Mères, alors…

       Voyons : La crème solaire. Indispensable pour ne pas rentrer déguisée en homard Thermidor ; les lunettes de vue, convertissables en lunettes de soleil. Merveilleuse invention dans le style camouflage ; le bob chipé à votre petite-fille car le bleu délavé met en valeur votre magnifique bronzage ; le thermos empli de thé glacé ; un Mars pour la petite faim de onze heures et tant pis s’il est mou mou mou à ce moment là ; la serviette de bain encore un peu humide   car ramassée sur le fil juste avant de partir et bien sûr votre bouquin !

     Celui qui ne vous quitte pas depuis le début des vacances et n’a pas beaucoup avancé car, parole d’honneur, hormis les deux heures de plage quotidienne vous n’avez pas une minute à vous ensuite. Le soir venu, bien entendu, vous êtes trop crevée pour lire au lit et d’abord il y a les moustiques.

     Enfin bref, le bouquin chéri, désiré, attendu depuis des semaines, celui que l’on se permet avec un zest de culpabilité car littérature de plage égale plus ou moins littérature de gare, lui c’est sûr, vous ne l’avez pas oublié. Un polar série B, un roman à l’eau de rose ou bien un livre de la collection Rouge et Or gentiment prêté par votre petite-fille (encore elle). En un mot comme en cent, vous vous apprêtez à passer un moment délicieux.

     Sitôt arrivée, vous étalez votre serviette là où il reste une place, c'est-à-dire entre une famille nombreuse bien que germanique et un couple d’amoureux désinhibés et vous vous allongez avec volupté. Lunettes chaussées, vous ouvrez votre bouquin, hésitez à savourer le Mars tout de suite, cédez à la tentation finalement. C’est tellement bon de lire à plat ventre, appuyée sur les avant-bras, en grignotant une friandise…

       Toutefois, la position ne tarde pas à vous fatiguer. Vous optez pour la dorsale, sauf que la tête au ras du sable vous accueillez tout ce que le vent (qui a repris de la force semble-t-il) veut bien vous apporter. D’ailleurs au bout de dix minutes vous avez mal aux bras. Contre toute attente vous décidez soudain d’aller faire trempette. OUH !! Quelle horreur !! Vous battez en retraite en courant et inondez votre livre en vous asseyant dessus, toute grelottante.

        Allons, ne vous désespérez pas ! Avec un peu d’optimisme, ce bouquin, vous l’aurez fini à la fin de l’été, malgré les vents contraires ! Quoique…

                                                                                 El Pé

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 On pourrait presque manger dehors me dis-je ouvrant les volets et  voyant le beau ciel bleu prometteur d'une magnifique journée surement  chaude de ce  Mois d'Aout, la famille au grand complet se trouve réunie pour les vacances d’été.

 Je me suis levée tôt, et avec délice je hume l'air frais du petit matin, six heures ;  c'est si tôt ! Mais je sais que je n'aurai pas beaucoup d'aide  car  il y a les gourmands du soleil, qui vont aller lézarder à la plage et ceux qui vont buller récupérant leur courte nuit agitée,  alors qui va retrousser ses manches pour préparer ce repas ? Bien sur c'est maman, allez, il va falloir s’activer, avec un petit air de musique ça ira, c'est parti, le plus important c'est l'installation  de ma table, l'été souvent je prévois plat et dessert pouvant se préparer la veille ;je vais te bichonner ma belle , tu es comme moi , plus très jeune ,ça ne fais rien , tu feras parfaitement l'affaire ; tu vas retrouver toute ta fraîcheur , je vais te parer comme une princesse,  dessous de cotonnade , jupon froufroutant , vont te recouvrir et  t'embellir,

les assiettes  colorées,  petites dans les grandes, verres et couverts scintillants vont parader,  entourés de serviettes pliées artistiquement laissant le centre libre pour poser les plats qui arriveront triomphant, suivis du dessert qui fera ouvrir grand les yeux des petits et des grands ; à présent il faut disposer les chaises garnies de coussins de tissus vifs, venant compléter l'harmonie de cette renaissance ;  un bruit de voix annonce l'arrivée des convives affamés, je vais pouvoir servir , manger dehors me plait bien , j'aime parer ma table pour un repas festif , partagé dans la joie , les exclamation fusant de tout part, et le brouhaha qui donne l'ambiance chaleureuse de la tablée, puis  il y a la valse des plats qu'on se passe, celui qu'on enlève vide, défié par le nouveau, regardé avec envie , et la fin du repas, ma jolie table désertée, un peu orpheline, mais pas triste, car l'été elle sait que la magie de sa transformation sera souvent renouvelé alors, tranquille elle saura attendre.

                      Rina  

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Le journal du petit déjeuner


La porteuse de journaux est annoncée par les aboiements intempestifs de mon chien qui, gros comme deux balles de tennis, manifeste son caractère de pitbull en jappant comme un forcené : « défense de toucher à ma boîte à lettres ».

Sept heures trente. Personne n’a raté l’heure : ni la distributrice, ni mon chien, ni moi qui finit de tartiner mes tranches de pain grillé.

Ah, cette odeur forte de papier  fraichement imprimé, vite déplié sur la table, qui se mêle sans me gêner à celle des toasts chauds…

Le papier est d’une douceur un peu rêche sous mes doigts : je caresse un pyjama dont le molleton est un attrait supplémentaire pour ma curiosité.

Les titres de la Une m’étonnent, me hérissent, ou me prêtent à rire, tel un t-shirt dont l’inscription m’irrite ou m’éclate par son manque de délicatesse. Coup d’œil en diagonale : pas très  prolixe le gaillard ! L’intérieur m’en dira plus. La diagonale zigzague sur les pages deux et trois. Les rengaines y sont un peu lourdes. Les pages quatre et cinq ont acquis plus de légèreté pour raccourcir les textes concernant la vie des villages. Des textes moins encombrés, mais d’une banalité ! Ils provoquent l’accélération de ma lecture. Les pages suivantes sont survolées : annonces légales, avis d’obsèques, programme télé, météo. Et, en dernière page, les avis diversifiés des lecteurs qui ne sont jamais contents. Il y a de quoi…

Et pourtant j’y tiens à ce journal quotidien. Ma curiosité m’a incitée à y apprendre à lire pour me changer du livre d’école « Rémi et Colette » qui commençait à devenir ennuyeux.

Penchée sur ma table, je savoure à la fois l’odeur et les textes du journal - il y en a de fort bien écrits - et l’arôme de ma tartine à la confiture de fraises accompagnée d’un thé oriental.

Le papier chatouille mes avant-bras et mes neurones. Je me plais à le déplier et à le replier. Je me laisse aller dans les bras de ce personnage complexe qui , tour à tour, a l’heur de me plaire ou de me déplaire. Il m’hypnotise sans doute, car le temps m’échappe. Je le déshabille, le rhabille, je m’engouffre dans son intimité qu’il me livre avec générosité.

Une petite récré avec les mots fléchés, un coup d’œil à la recette de cuisine, et me voici parée pour un bon départ d’une journée que j’ai chargée malgré moi d’un potentiel d’idées et d’activités que je ne pourrai encore toutes réaliser.

Mon cher petit journal, tu as encore beaucoup rogné sur mon temps !« Temps perdu » me direz-vous. Mais au fait, où le perd-t-on : dans une lecture que je ne qualifierai pas de saine ou de malsaine, ou dans des tâches ménagères rasoirs ?

Mouty

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Dans un vieux train

   On a préparé les paquets qui sont déjà partis avant nous pour la petite maison de vacances, à la campagne; restent à prendre les bagages que nous emportons avec nous dans le train, les bagages à main, si l’on peut dire, conséquents quand même, pour une famille de cinq personnes. Papa portera la grosse valise et la taille des autres correspondra à celle de chaque propriétaire.

   On boucle l’appartement, nous voilà partis pour deux mois à la campagne. Au revoir Paris ! A plus tard.

   Le taxi nous dépose à la Gare d’Austerlitz où une foule chargée de lourds bagages se hâte vers les trains à la stature imposante qui attendent le long des quais de faire leur plein de voyageurs; dans l’autre sens, les arrivants se bousculent pour intégrer la file d’attente des taxis ou pour s’engouffrer dans le métro. Je suis très excitée pendant que nos parents cherchent le quai où stationne le train qui nous emportera pour le long voyage vers ces vacances tant attendues; rendez-vous compte, Paris-Orléans, 150 kilomètres, au moins 3heures !    

   Notre petite troupe arrive sur le quai, repère le wagon de 3èmeclasse dont la masse nous domine,  monte les hautes marches et se retrouve dans le couloir à la recherche du compartiment où nos places sont réservées. Nous y voilà ! Un voyageur est déjà installé, lisant son journal. Les bancs de bois de l’année dernière sont toujours là ; je m’en souviens, tellement ils sont inconfortables mais cela ne fait rien, j’aime ce train car il nous fait voyager de corps mais aussi d’esprit; il a beau être bruyant, mélange de bruits métalliques, de grincements, de crissements, j’aime être dedans, c’est pour moi le début de l’aventure. Notre père referme la porte du compartiment puis installe les valises, non sans mal car elles sont lourdes, sur les rangements de bonne contenance prévus pour six voyageurs au dessus de nos têtes, sauf la mienne qui contient tous mes trésors dont je ne veux pas me séparer malgré l’insistance de ma mère contrariée par mon entêtement ; je tiens bon ! Ma poupée, ses vêtements, mon nounours et ma dînette resteront sous mon étroite surveillance. Assise bien droite sur les sièges si durs qu’on ne risque pas de s’y endormir, la famille attend le départ ; le quai se vide, les portes sont fermées, coup de sifflet du chef de gare et le train s’ébranle bruyamment et à petite vitesse pour sortir lentement de Paris, accompagné des signes d’au revoir de ceux qui restent.

   Mon père sort alors un journal, pour passer le temps, mes sœurs et ma mère lisent des magazines ou des livres et moi je regarde le paysage qui défile doucement: des champs colorés, des arbres, du vert, du jaune et l’écharpe de fumée de la locomotive passant devant la fenêtre légèrement ouverte par laquelle s’insinuent de noires escarbilles de charbon. Aux arrêts fréquents se répète le même spectacle d’un flot de voyageurs se croisant, descendant, montant, en famille, tous autant chargés de bagages les uns que les autres, et les annonces nasillardes et incompréhensibles du haut-parleur informant des arrivées et des départs ; encore un coup de sifflet…et un autre. Le train roule si lentement entre deux gares qu’on a le temps d’apprécier le paysage et de rêvasser. Un ou deux arrêts en rase campagne ne nous étonnent nullement. Aux Aubrais, nœud ferroviaire, un arrêt un peu plus long nous permet de nous dégourdir les jambes dans le couloir et de regarder la vie fourmillante de la gare.

   Et puis une micheline de campagne à deux wagons, vue sur une autre voie, nous fait comprendre que nous arrivons bientôt. Mon père descend les bagages et chacun récupère le sien. Le voyage prend fin, nous sommes prêts à descendre dans la petite gare bien connue où commence notre période de détente ; nous pouvons prendre notre temps, le train ne repartira pas avant que tout le monde soit descendu.

            Gill

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mardi, 20 mars 2012

mots pêle-mêle

 

Tirer au sort deux papiers. Sur chacun d’entre eux se trouvent  six mots

1/ écrire le texte le plus court possible en utilisant les mots du premier papier  (10mn)

2/ écrire un texte long en utilisant les mots  du second papier (20mn)

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Jeu     vase          muguet             blond         poisson         bon             

 

           écouter   élastique           assemblée         pyramide

 

                     vieillard           ordures           peine  

 

peindre                                neige                               oubli

 

                       anglais           locomotive

 

                                           professeur

 

                          escargot  ........................................................etc   

 

 

 

Le CHAT MANGE la SAUCE près du TUYAU d’ARROSAGE coulant dans le VASE de la STATUE

 L’Anglais aux cheveux roux qu’elle venait d’épouser marchait comme un canard dans le jardin. Il trébucha sur une petite locomotive qui trainait.

 

Le vieillard traversa la salle d'un pas élastique, le cœur léger il se mit à assembler la pyramide. 

 

Au lever du jour le professeur tire l’escargot du lierre dans son plus simple appareil. Il montre ses cornes.

 

 Le PROFESSEUR MONTRE l’ESCARGOT qui grimpe au LIERRE et il LEVE l’APPAREIL pour le photographier.

 Le chat mange la sauce qui sort du tuyau d’arrosage près de la statue. Le vase est plein.

Le GRAND-PERE berce le BEBE qui PLEURE de CHALEUR et l’OISEAU regarde la SOURIS

 Par jeu, la fillette garnit ses cheveux feu des fleurs de pêcher du vase chinois.

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M/Y/D/S – Images animalières

 

 

 

Il était une fois une grenouille vivant dans un étang, insatisfaite de sa condition de batracien et qui rêvait d’être un humain. Il était une blonde venue se mirer dans la mare qui tomba son collier dans les eaux troubles, un long collier de jais noir comme le charbon. Elle se mit à pleurer, roulée en boule sur la berge car c’était un cadeau de son cher papa. La grenouille eut pitié de la fille et plongea pour récupérer le bijou. Elle remonta avec le collier dans sa grande bouche et la demoiselle avec un sourire divin la remercia. La grenouille éblouie par sa grâce juvénile se changea en prince et tomba instantanément en amour.

Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants qui adoraient la baignade et autres jeux aquatiques.

 

Mimi

 



Photo : cc by-nc-nd - Bruno Monginoux - www.Photo-Paysage.com


L'enfant faillit oublier de prendre le sac d'ordures posé sur le sol de l'entrée, il revint sur ses pas et s'en empara; son cœur en peine  il songea  à sa mère immobilisée par une chute pendant plusieurs jours; son quotidien allait être dur avec toutes les tâches qu'il devrait accomplir pendant ce temps d'immobilisation si subit, mais quand il sortit dehors et qu'il vit le sol recouvert de son magnifique manteau de neige, il sourit et pensa : c'est irréel, magique, ce paysage est à peindre, il admira les branches du pin  parasol raidies, ployées, semblant résister de toutes leur force pour ne pas se casser ; il en secoua une qui semblait sur le point de céder, allégée, elle se releva fièrement  il reçut en riant  une giclée de neige qui lui glaça le visage, se retournant il vit les creux sombres que ses pas avaient laissé sur le sol ,c'est dommage se dit-t-il de marcher sur ce tapis immaculé ; il faudrait le laisser vierge de toute trace , ça dure si peu, puis il oublia qu'il devait se presser il allait être en retard à l'école , mais saisi d'une joyeuse allégresse il se baissa et se mit à faire des boules de neige qu'il envoya au loin, s'amusant quand une boule atteignait la cible imaginée et qu'une pluie de perles retombait sur le sol en crépitant, il retrouvait toute la joie l'insouciance de l'enfant qu'il était.

 

                      Rina 

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M/Y/D/S - Images animalières

 


 

TITUS

Marie-Chantal et son chien Titus arrivèrent une demi-heure à l’avance au concours de l’Agility-Club. Le temps maussade imprégnait d’une bruine fraiche qui ravivait les couleurs des visages et donnait une mine resplendissante à la végétation au moindre rayon de soleil. Les supports de bois destinés à la gymnastique canine semblaient vernis. Les imperméables étaient de sortie en prévision des caprices du temps. Marie-Chantal avait endossé son anorak et chaussé des vieux baskets pour affronter le terrain boueux en courant auprès de son chien.

Titus escalada l’escalier glissant pour accéder à la poutre d’où s’envola brusquement un oiseau, sans doute à la recherche de petite vermine. Surpris dans sa course, Titus fit un faux pas et tomba lourdement en gueulant désespérément. A défaut du vétérinaire occupé dans son cabinet de campagne par un autre chien handicapé, un médecin qui se trouvait là diagnostiqua une fracture de la jambe. Il aida Marie-Chantal à le transporter dans sa voiture.

Le concours avait tourné court.

 

                             Mouty

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 J’adore fouiner dans les objets du passé ! Que ce soit chez un antiquaire ou dans un grenier,  l’ancien me fascine et fait courir mon imagination. Un éventail de dentelle peut m’entraîner dans un château et je me mets à entendre une musique à la Lully et à voir tournoyer et virevolter de longues robes aux riches étoffes dans une vaste salle aux mille lumières, style Galerie des Glaces à Versailles.

Je peux aussi, attirée par un vieux costume de clown, me transporter avec délice sur la piste d’un petit cirque de province où toute la famille montre ses dons d’artistes aux enfants riant à gorge déployée. Et hop un jongleur par ci, et hop, une écuyère par là, un chien savant, des lapins sortant d’un chapeau !

Un gros portefeuille de cuir, et je me retrouve alors dans un très élégant club du XIXème siècle où des messieurs en habits, le visage encadré d’épais favoris, un gros cigare à la main, discutent gravement politique et finance.

Ou alors, une pile de magazines « Nous deux », me faisant un clin d’œil,  me ramène plus près, dans les années 50. Je m’imagine en bonne petite ménagère attendant amoureusement un mari TRES  occupé par des tas de choses TRES sérieuses, beaucoup plus importantes que mes petites préoccupations de femme romantique née pour le rendre heureux !

Et bien voilà, avec six mots, on peut tout faire, même un voyage à travers les siècles.

      Gill

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