Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

vendredi, 08 décembre 2017

Arrêt sur image

Chacun choisit une image représentant un animal.

En 15 minutes, écrire un texte inspiré par cette image.

----------------------------------

image,animal,sauvage

pixabay

 

C'est beau un requin ! Admirez comme il se déplace avec grâce dans son milieu naturel, mais c'est dangereux aussi, et il vaut mieux ne pas investir son environnement.

Vous comprenez je pense que je parle des requins qui peuplent nos océans car les autres…ceux que nous connaissons, que nous côtoyons dans notre environnement !!! Comment les éviter ? Ils sont également féroces et leur dents même bien blanches soignées et bien alignées sont de redoutables armes lorsqu'elles rayent le parquet.

 

Dedou 

_________________________________

 

image,animal,requi,crocodile,chat,lion

pixabay

 

LE CHAT

 

Georges a bien dormi, il en avait besoin : il a fallu transporter le corps jusqu'à la voiture, le fourrer dans le coffre, l'enterrer tant bien que mal dans la forêt en pleine nuit avec cette terre qui refusait de s'ouvrir. Mais ça va, c’est fait, on ne reparlera plus de Fredo, terminé ! Georges se sert un café, bien serré. Le commissaire Bettina semble désorienté : l'interrogatoire n'a rien donné, c’est pas lui, c'est pas Georges, c'est sûr maintenant. Le commissaire prend congé avec la formule consacrée : «si vous avez quoique ce soit de nouveau vous m’appelez ». Il se prépare à quitter les lieux. Soudain, un miaulement. Il se retourne. Un chat, blanc, immaculé, le fixe du regard : immobile, les yeux exorbités, avec une certitude dans le regard : il sait, il ne sait pas ce qu’il sait mais il sait ! Georges sent la sueur couler dans son cou, il titube et s’effondre, dynamité par l’évidence: «saloperie de chat !»

 

Louis

_______________________________

 

image,animal,requi,crocodile,chat,lion

 

L’incroyable histoire de Coco, le crocodile

 

            A voir comme ça, il a l’air paisible, affalé comme il l’est sur une berge du Nil. Et les passagers qui descendent le fleuve bleu lui jettent à peine un coup d’œil, blasés à présent. C’est qu’ils en ont vu des crocos tout au long de cette croisière. A en avoir une indigestion !  A croire que les agences de voyages les disposent du Caire à la frontière, exprès. Ils passent donc, et pas un ne prend une photo de Coco.

            Et pourtant, s’ils savaient !

    S’ils savaient qu’il y a un peu plus de 3000 ans, un jour, à cet endroit précis d’ailleurs, il découvrit là, au milieu des roseaux, un panier. Avec, à l’intérieur, un nouveau-né rose et potelé, appétissant  à souhait.

Sa première idée fut de gober-youp- cette petite friandise… et puis finalement non. Bien au contraire, Dieu seul sait pourquoi*. Il monta donc la garde près de l’enfant toute la soirée et toute la nuit, ne dormant que d’un œil, comme seuls les crocodiles-et encore pas tous- savent faire, afin de le protéger de la convoitise  de ses parents et amis, attirés par des pleurs très affriolants.

Immobile, vigilant, il demeura fidèle à son poste jusqu’à ce qu’un groupe de jeunes filles matinales finisse par découvrir à leur tour le panier, s’attendrir devant son contenu et emporter le tout vers le palais du pharaon.

Les regards des touristes indifférents glissent sur le vieux crocodile. Ignorants que sans ce vieux, très vieux crocodile, le monde, à coup sûr, aurait été bien différent. C’est pourquoi Yahvé, de bonne humeur ce jour-là, offrit à Coco, en récompense… l’immortalité.

 

El  Pé

*Bien sûr.

______________________________________

 

image,animal,requi,crocodile,chat,lion

pixabay

 

L’avertissement

Tous sont réunis autour du Roi Lion.

Ils sont tous là ! Tous ont répondu à l’appel pour examiner et résoudre leur problème commun, sous peine d’extinction de leur race : le Prédateur, l’Homme, celui qui, si on le laisse faire, si on ne l’arrête pas à temps, va faire de cette terre, par sa méchanceté, sa vénalité, sa bêtise, un désert d’où seront absents tous les animaux de la création, sauvages comme domestiques. Pas un n’est épargné, ni les éléphants pour leur ivoire, ni les rhinocéros pour leur corne, ni les lions pour le plaisir de la chasse programmée. Les uns sont tués pour leur fourrure, les autres pour leur viande, d’autres encore pour leurs prétendues vertus sur la vigueur de l’homme. Tous suscitent sa convoitise.

« Mes amis, dit le lion, cessons de nous comporter en victimes, faisons face, défendons-nous ! Au lieu d‘attendre la mort, attaquons ! Chacun d’entre nous ira répandre cette parole au fin fond de la savane, les oiseaux s’envoleront pour la porter dans les villes et les campagnes du monde entier afin d’exhorter touts les espèces à nous rejoindre. Le nombre vaincra.

Dans les semaines qui vont suivre va se produire une vague d’attaques inexpliquées contre les hommes, partout dans le monde. On verra même certains animaux domestiques se rebeller contre leurs maîtres. Puis aussi soudainement qu’elle avait débuté, elle cessera. Tout rentrera dans l’ordre. Pensez-vous que ces phénomènes inciteront les humains à réfléchir à leur conduite ? Il vaudrait mieux pour eux…………car dans la savane, nous veillerons et attendrons, prêts à bondir de nouveau.

Dès maintenant, faites attention à ce qui se passe autour de vous. Regardez votre chien, votre chat, votre hamster, regardez bien ses yeux. N’avez-vous pas l’impression qu’il vous observe d’une manière inhabituelle............? »

Gill

___________________________________________

 

 

lundi, 20 mars 2017

Le "E" est absent

En 20 minutes, à la manière de George Pérec, écrire un petit texte

sans utiliser la lettre « E » et comportant le mot

 Congo

--------------------------

Matadi07

wikimédia

 

                  Saga Africa

 

             Simba n’oublia jamais qu’un soir, il naviguait sur un bras du Congo quand…

      Quand un courant coquin poussa son canot non loin du bord. Simba, pas trop confiant, scruta la nuit.

        Soudain, grand, fort, surgit du noir un lion.

         La mort arrivait. Il suffirait d’un bond.

Mais non. Un flux amical ou plutôt d’amour, unit alors Simba à l’animal. On aurait dit pour toujours.

            « Salut à toi, ô mon ami, mon roi » murmura un garçon abasourdi, admiratif aussi.

             Mais sa voix chassa l’animal.

Simba n’oublia jamais qu’un soir, il naviguait sur un bras du Congo quand…

                           

  El Pé

___________________________________

DogonSirige2

wikimédia

 

Czardas, mazurka, polka, rigaudon, fox-trot, java, cotillon sautillant, piano fortissimo, vivacissimo.

Tango lascif, bal d’antan, jupons tourbillonnants, sanglots longs du violon.

Congo, bonobo, tam-tam, maracas, abyssin, nyala, troïka

Mots aux sons musicaux, qui vont tintant, vibrant dans tout mon corps. Visions d’ors chatoyants, carmins flamboyants, indigos ou cobalts profonds.  Mains frappant congas, doum doum ou balafon, pas tapant au sol, bras dansant dans l’air.

Puis d’un coup, boulot, dodo. Fini. Ciao lointains horizons, bonjour trottoir.

Gill

________________________________________

lundi, 14 mai 2012

J'ai croisé un regard

 

 

Ouvrir un livre au hasard et noter la première lettre en haut de la page de gauche. Recommencer l’opération afin d’obtenir 7 lettres. Trouver un mot avec ces lettres (possibilité de changer 2 lettres)

 

                               en 20-25mn, écrire un texte contenant les mots trouvés:

                             muscle, bile, doigts, lampes

   sur le thème suivant : « vous croisez un regard inconnu qui vous parle. Racontez »

---------------------------------------------------------------------------------------------------

chien,petite,fille,mémé,malice,ride,lion,cirque

Photo  libre

 

 UN REGARD

 

 Je croise les doigts. Toutes les lampes de la ville viennent de s’éteindre. Je commence à me faire de la bile. Mon chien, sur le qui-vive, tend ses muscles. Une attente insupportable a succédé à un bien-être douillet et rassurant. L’écran noir de mon téléviseur reste muet. L’instant d’avant, j’avais croisé, au travers de cette fenêtre ouverte sur le monde, le regard d’une petite fille brune, belle comme une fleur. Un regard qui vous parle, dont on ne peut se détacher. Une interrogation innocente qui se scotche à votre pupille. Du velours, de l’espoir, de la confiance qui mérite d’être respectée. Son visage s’est effacé de l’écran, mais pas de ma mémoire. Il s’est imprégné sur ma rétine, dans mon cœur, sans que j’y prenne garde. « La petite fille au manteau rouge » me dis-je, ayant, malgré moi, baptisé le tableau. Elle voletait, légère, avec une grâce de libellule. Ses ailes transparentes frissonnaient au moindre souffle. Ma petite libellule, tu t’es évaporée comme dans un enchantement maléfique, mais je sens que les dieux te protègent. Je pense très fort à toi pour atténuer mon angoisse. Angoisse de la fin du jour ? De la fin du monde ? Une simple panne d’électricité ne va tout de même pas faire chavirer la terre ! Je te reverrai sûrement un jour : je demeure imprégnée de l’intensité de ton regard.

                        Mouty

________________________________________

 

chien,petite,fille,mémé,malice,ride,lion,cirque

toutimages

 

 je ressens un besoin express de sortir, trouver un peu de calme de détente après cette journée chargée d'émotion , c'est vrai je me fais peut-être trop de bile pour peu de choses, je suis nouée comme un cep de vigne mes muscles tendus m'interpellent, allez, un tour au parc me fera le plus grand bien il est si apaisant ce parc avec ses parterres éclatant de fleurs ses arbres aux essences rares je l'adore et y marcher en longeant les allées bordées d'arbustes fleuris embaumant l'air m'enchante, avançant d'un pas tranquille  je vois venir vers moi une petite mémé  marchant à petits pas qui me regarde le visage tout plissé de mille petites rides, fière,  tête bien haute , dos droit mais c'est son regard vif pétillant de malice qui me scrute cherchant à me sonder qui m'interpelle plus elle s'approche et plus je remarque le bleu si intense de ses yeux accrochant les miens je me sens happée par ses yeux ils semblent ne plus vouloir me lâcher il veulent me parler ils me disent des choses mais quelles choses, je l'imagine sous une  lampe les soirs d'hiver ses doigts  tenant un ouvrage s'affairant dans sa maison à la préparation d'un bon gâteau pour la joie de ses petits enfants ,  nous nous dépassons et je me retourne pour voir si elle aussi fait la même chose  oui !!!!  l'espace d'un instant je le recroise son regard rieur puis elle disparaît au détour de l'allée j'ai l'impression que les yeux de cette mémé si expressifs me disent tout ce qu'elle a traversé durant son voyage sur terre,  sûrement  un parcours plein de joie de moments de bonheur bien rempli surement ce parcours mais aussi  avec tout  ce qu'on peut recevoir de  déception de chagrin j'ai l'impression  que tout cela  a glissé sur elle, passé sans la marquer, l'atteindre , cette femme est une sage, son regard me la dit, il faut savoir relativiser, prendre la vie comme elle vient, comme a dû le faire cette petite mémé aux regard si explicite .

                           Rina

_____________________________

                                        

chien,petite,fille,mémé,malice,ride

freepik

 

 

Regard félin

 

En attendant avec impatience que soit montée la cage aux fauves, je me remémore ma rencontre avec celui que j’ai hâte de revoir sur la piste.

 

Hier, en allant visiter la célèbre ménagerie du grand cirque de passage dans ma ville, je l’ai vu, élégamment assis à l’écart des autres, une balle jaune dans ses griffes. Sa belle tête semblait me fixer. Alors nos regards se sont croisés et ne se sont plus quittés pendant cinq bonnes minutes, le temps que j’y lise toute sa vie.       J’étais prêt à le plaindre car j’aurais compris qu’il soit déprimé, obligé de se montrer en train de faire le beau ou de sauter dans un cercle de feu, lui, le roi de la jungle, alors qu’il rêvait de courses et de grands espaces. Et bien figurez-vous que je me trompais. J’ai lu dans son regard tout autre chose. Il me disait : « Je suis né ici et n’ai jamais rien connu d’autre ; j’ai été élevé entre mon père et ma mère qui étaient déjà les vedettes du spectacle et étant lionceau, je voyais leurs yeux briller de plaisir quand crépitaient les applaudissements ; je rêvais moi aussi de devenir une vedette, de former un duo complice avec mon dompteur, un homme honnête et d’une grande patience qui savait tout obtenir par le jeu et les récompenses ». Enfin, avant que nos regards ne se quittent, ses yeux m’ont  dit qu’il était heureux et fier de ce qu’il faisait et qu’il espérait bien me voir au spectacle le lendemain afin de me faire admirer ses prouesses.

 

Voilà pourquoi aujourd’hui je suis si impatient et que mes doigts tapotent fébrilement mon genou.  La cage est enfin montée et seules quelques lampes restent allumées ; la musique s’arrête et je le vois entrer, majestueux, ses muscles souples entraînant son corps magnifique, ses yeux tournés vers moi, l’air triomphant. Je ne me fais pas de bile car je sais qu’il sera récompensé par un tonnerre d’applaudissements. Mais en le regardant évoluer, je me demande, l’espace d’un instant, si j’ai bien lu toute cette histoire dan son regard, ou celle que j’ai voulu y lire.

 

                 Gill

________________________________________________________

 

chien,petite,fille,mémé,malice,ride,lion,cirque

freepik

 

 

     C’était pourtant un jour tout-à-fait ordinaire. Je m’en souviens très bien ; même si je n’avais  alors que deux ans.

      Ordinaire dans la mesure où à cet âge-là, tous les jours de l’année se ressemblent plus ou moins, sauf Noël et les anniversaires. Ce n’était ni l’un ni l’autre, rien qu’un Dimanche d’automne, mi-bile mi-gaîté, comme il en existe tant à Paris, tout au long de l’année.

       Qu’est-ce-qui a pris à mes parents de m’emmener au Jardin des Plantes cet après-midi là ? Alors que je jouais si bien avec Socrate, notre Berger des Pyrénées, entre les pattes duquel j’adorais disparaître, bien pelotonnée dans sa fourrure blanche. Socrate ! Ma cabane à moi, ma nounou, mon garde du corps, mon meilleur copain ! Oui, qu’est-ce-qui leur a pris ? Mais c’est toujours comme ça avec les grandes personnes : c’est lorsque l’on s’amuse le mieux qu’ils viennent nous enquiquiner ! Bref, c’est une gamine hurlante, puis chouineuse qu’ils trainèrent de force le long des allées du Jardin des Plantes. Une gamine que rien ne parvenait à dérider ; ni le manège, ni la barbe à Papa, ni le ballon rouge échappé d’ailleurs sournoisement juste après son acquisition. De guerre lasse, mon père proposa de visiter la Ménagerie, au grand dam de ma mère qui, de nature délicate, en redoutait particulièrement les odeurs musclées.

       Le destin prit soudain une accélération brusque.

La cage était située  au fond de la galerie (éclairée hélas par des lampes au néon), mais j’aperçus tout-de-suite son occupante. Ou plutôt le regard de celle-ci. Happée par ses yeux d’émeraude, je lâchai subrepticement la main de ma mère et courus vers la Panthère Noire. Là, les doigts agrippés aux barreaux, je plongeai mes yeux dans deux yeux verts magnifiques, tandis qu’une langue gigantesque me râpait doucement le visage. L’entrevue dura à peine trois ou quatre secondes. Je fus saisie par des tas de mains appartenant, entre autres, à ma famille, aux gardiens, au public, puis tirée violemment en arrière, parmi les cris d’effroi de tout ce beau monde. Mais ces quelques secondes avaient suffi.

       Le regard du fauve s’était imprégné en moi. Je pouvais voir désormais la jungle et la savane, les chasses excitantes et les siestes alanguies mais surtout je vivais le bonheur inouï de ressentir la parfaite élasticité, la parfaite puissance d’un corps splendide qui me hissait au rang des plus belles créatures du monde. Oui, car depuis lors, chaque nuit de pleine lune, je me transforme en panthère noire et parcours avec ivresse les rues de la ville. Jusqu’ici, personne ne s’est douté de quoi que ce soit. Sans doute parce qu’il ne m’est pas encore permis de chasser.

                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                             Ma mère chérie, ma mère féline avait eu le temps de me prévenir, autrefois : « Quand tu auras quatre ans, pas avant. »

         J’aurai quatre ans la semaine prochaine.

                              El Pé

 

  PS Avec un grand merci aux films : La Féline et Cat People qui eux, pour le coup, m’ont beaucoup imprégnée.

________________________________________________________