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samedi, 17 janvier 2015

Dans la malle du grenier

Chacun écrit 4 objets dont un vêtement  sur un papier. Donne le papier à sa voisine.

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Vous ouvrez la malle du grenier de votre grand-mère. S’y trouvent ces quatre objets.

En 20 minutes, écrire un texte à partir de ces quatre objets.     

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La malle de VALERIE

              Louche/lunettes/lampe/chemise

 

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Dans la malle de ma grand-mère

 

Ma grand-mère maternelle, Mamy, habitait avec ses parents, mes arrière grands-parents, à Provins dans une très grande maison. J'aimais beaucoup cette maison, jolie et pleine de coins et recoins, ce qui nous permettaient, à mes sœurs, mes cousins et moi de disparaître au grand dam de nos aïeuls, toujours cherchant et criant après nous.

 

Quelques années plus tard, j'avais une douzaine d'années, mes arrière grands-parents décédèrent, ma grand-mère décida de vendre la maison et il fallut la vider. Mes parents m’emmenèrent avec eux, pour mon plus grand bonheur, et, pendant qu'ils remplissaient caisses et cartons, je filais au grenier dans l'espoir d'y retrouver des trésors.

 

J'y trouvais, en effet, quantité d'objets hétéroclites, empilés là au fil des années. Berceaux, parcs, trottinettes, bicyclettes, ballons, cerceaux, tous les vestiges de mon enfance. Et puis, dans un coin, une malle. Je m'empressais de l'ouvrir, et reconnut immédiatement des objets ayant appartenu a ma chère grand-mère. Chapeaux de paille, étoles, sacs, quelques robes, de vieilles lettres. Certains retinrent particulièrement mon attention, tant ils ravivaient mes souvenirs.

 

Les lunettes, rondes et en écaille, de mon arrière grand-père, qui lui donnaient l'air sévère, voire rebutant, ce qu'il aimait, c'était le garant de sa tranquillité. La lampe de chevet, en faïence blanche et bleue, de ma grand-mère. Tout me plaisait dans cette lampe, sa taille, plutôt petite, son pied en métal doré, son joli abat-jour blanc, et le dessin de sa faïence, fin et délicat.

 

La chemise de nuit, ainsi que son bonnet, de mon arrière grand-mère, en baptiste blanche, très longue, très stricte, comme elle, et sur laquelle elle mettait une liseuse en dentelle rose. Plus incongru, une louche, une louche en argent qui, dans mes souvenirs, servait à servir le potage chaque soir, potage traditionnel et obligatoire que, nous les enfants, rechignions à manger.

 

A ma demande, mes parents m'autorisèrent à prendre la petite lampe bleue. Je l'ai toujours. Elle est trop petite, dispense peu de lumière, a conservé son fil et son interrupteur d'origine. En un mot, elle n'est pas « efficace », comme tout doit l'être aujourd'hui.

 

Peu m'importe, elle me tient chaud au cœur !

 

Valérie

                                                           

 

La malle de DEDOU

              manteau/casserolle/voiture/cloche

 

fantôme dedou.jpg

 Vecteur de Fond conçu par Freepik

 

Elle vient de s'éveiller, la vieille maison inhabitée qui abritait nos jeux d'enfants. Nous nous y cachions pour attendre le fantôme qui, disait-on, vivait dans les combles. Mais aucun fantôme ne se manifesta.

Au détour d'un couloir, une vieille malle attira notre attention: quel trésor pouvait-elle contenir? Et si le fantôme  s'était dissimulé à l'intérieur? Avec maintes précautions nous avons soulevé le couvercle. Hélas, toujours rien !

De vieux cadres dissimulaient un manteau, un vieux manteau de drap marron, une sorte de houppelande, comme en portaient ces bergers d'antan lorsque ils partaient vers les hauts pâturages lors de la transhumance.

Sous le manteau, une petite voiture modelée et ciselée à la main était à coup sûr l'œuvre du berger durant ses longues journées de solitude.

Parmi ce tas d'objets hétéroclites jetés là au hasard, une casserole de cuivre recouverte de vert de gris ; a-t-elle servi au repas frugal d'un homme de la campagne?

Tout au fond de la malle, une petite cloche bousculée par ce remue-ménage tinta. Elle était oxydée, bien sûr, mais en frottant, on pouvait lire un nom gravé au couteau: biquette ! Etait-ce le doux nom d'une petite chèvre? Le souvenir d'une jeune bergère aperçue un court instant ?

On peut s'imaginer mille choses, faire siens les souvenirs des autres. Ce berger était-il mon grand-père ?

Après tout, pourquoi pas.

Dedou

                                                      

La malle de LILIANE

              veste/carafe/poupée/boîte

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freepik

 

… malle y pense…

       Et voilà : Mémé partie, la maison est à vendre. Il faut donc en faire l’inventaire  afin de conserver-ou non- certains objets. En souvenir exclusivement, vu que la pauvre Mémé ne possédait rien qui vaille même la peine d’aller le vendre Aux Puces. Chacun de mes quatre cousins s’est vu attribuer une pièce, et comme personne ne veut y aller (ça va certainement être pire que tout le reste), c’est moi qui suis désignée volontaire pour le grenier.

0K.  A priori je n’ai rien contre, à l’exception des araignées, mais la curiosité étant la plus forte, je me glisse dans la peau de La Pérouse et part pour l’aventure.

 Je ne suis pas déçue. Au milieu d’un fatras de chaises bancales et de lessiveuses en tôle galvanisée, toutes trouées, je distingue aussitôt une malle en métal, dont la rouille a amplement grignoté la peinture verte, sans toutefois l’avoir totalement dévorée. Pas de cadenas. Chance !! Sitôt ouverte, j’aperçois sur le dessus, impeccablement pliée, une veste. Oui, juste une veste, mais d’uniforme de la Police Montée Canadienne, s’il vous plait ! Que fait-elle donc là ? Et soudain me reviennent à l’esprit les histoires que me racontait Mémé quand j’étais petite, au sujet  de son village natal libéré par des troupes canadiennes, lors de la Première Guerre Mondiale. Alors que mon aïeule, n’est-ce-pas, était une accorte jouvencelle… Quelles intéressantes révélations concernant notre arbre généalogique offre ainsi  cette magnifique découverte, à commencer par le mystère enfin résolu de mon indéfectible attirance  pour Léonard Cohen !

  Encouragée par ce premier succès, je ne tarde pas à mettre à jour ma troisième découverte, à savoir une carafe en cristal ciselé, une vraie splendeur qui avait sans nul doute orné la table de moult gentilshommes…Mais non, je plaisante ! En fait, il s’agit d’une carafe en pyrex que Mémé avait rangé là-dedans je ne sais pourquoi, à coup sûr un jour où elle battait un tantinet la campagne…

    Suit tout un fouillis de draps et serviettes, nettement moins bien conservé que la veste-relique, rien de bien folichon, en tout cas… ce qui l’est davantage, en revanche, c’est la poupée qui apparait soudain. Très style victorien, avec ses anglaises et son teint de porcelaine, ce qui ne l’empêche cependant pas de fermer les yeux quand on la couche, la coquine. Une poupée qui possède un de ces visages dont se sont inspirés de nombreux auteurs de romans et  films d’épouvante (et l’un d’entr’eux est assez récent d’ailleurs). Elle, c’est juré, je vais la garder. Dans ma chambre, afin de m’offrir des cauchemars en technicolor.

      Ah tiens ! Tout au fond de la malle se cache une boîte. Je dis : « se cache » car c’est bien ce que semble faire cette vulgaire boîte à chaussures, consciente à l’évidence de son insignifiance. Que referme-t-elle donc ? Une vieille paire de pantoufles ? Un élevage de vers à soie depuis longtemps trépassés ? M’attendant au pire, je soulève le couvercle…

Ô divine surprise ! La boîte en carton se révèle être un coffret à bijoux, renfermant colliers en or et pierreries, ce n’est pas le moment de détailler. Bien décidée à rester seule maîtresse du trésor, donc à n’en soufflet mots à ces quatre cousins  qui me snobent, bien fait pour eux, je m’emplis les poches de ces joyaux, en bénissant ma Mémé cachottière et si merveilleusement avare !

       Allez va ! Ne vous offusquez pas ! Bien sûr que je vais partager avec ces cousins qui pourtant ne le méritent pas.

       Mais uniquement pour sauvegarder l’honneur de la Police Montée Canadienne !

 

               El Pé

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La malle de LINE

              chemisier/carafe/stylo/casserole

 

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Ma mémé centenaire dort, elle a enlevé ses appareils, elle n’entend rien, je peux monter au grenier et ouvrir sa malle. Faut dire, en temps ordinaire, je n’ai pas le droit d’y toucher. Mais j’ai pris son trousseau de clés et puis hier, elle a un peu forcé sur le champagne que tonton Georges lui versait. Elle a chanté, on a bien ri.

Voyons cette malle. Bof, elle est presque vide. Mais quel beau chemisier rose pâle, transparent, avec un ruban dans les trous-trous, col haut et manches au coude ; Je le prends, je le secoue, la poussière volette. Je suis persuadée qu’elle le portait quand sa mère lui a présenté pépé. Sûr qu’il est tombé amoureux de ce que suggérait le coquin chemisier. Faudra que je vérifie dans l’album photo et que je lui demande de me le donner, la mode rétro est d’actualité. Cette carafe, je me souviens, maman m’en parle avec regret car elle la croit cassée. Qu’est-ce qu’elle va être contente ! Elle va encore me parler des repas d’antan, des dimanches à la campagne et patati, et patata. Passons. Et cette casserole  dont l’émail a sauté ? C’est pour familles nombreuse, c’est vrai, mémé a eu huit enfants, on ne connaissait pas la pilule, un peu Ogino. Quand on videra la maison, direct la déchetterie, rien ne vaut l’inox, quoique, pour mettre des fleurs, elle pourrait servir. Quoi encore ? Ah, un stylo, un des premiers, ceux qui coulaient souvent, tachaient les doigts et le papier. Mémé m’envoyait porter à la poste les lettres qu’elle écrivait à son fils parti faire fortune en Argentine ; je ne l’ai jamais connu, il n’est jamais revenu ; dans le tiroir de sa table de nuit, mémé conserve ses lettres avec de beaux timbres sur les enveloppes,  j’espère que quand on règlera la succession, maman les réclamera pour moi. Je passe la main dans les coins, que du vide. C’est décevant. Dans les romans, on trouve toujours des trésors dans les malles oubliées dans les greniers. Pas dans la mienne, dommage, quelques louis d’or nous auraient bien aidés pour partir en vacances.

Remettons nos trouvailles dans la malle, les clés dans la poche du tablier de mémé. Je vais lui préparer sa camomille. Je l’aime bien, ma mémé, et la malle, extérieurement n’est pas mal…Elle fera un bon coffre à chaussures.

Line

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La malle de NANOU

              chemise de nuit/pipe/clé/lettre

               

Shortnightiewikimédia

 

Je me souviens, par un très chaud après-midi, vous ne me croirez pas, de décembre, pendant les vacances de fin d'année, alors que les adultes faisaient la sieste, certainement accablés par cette canicule hivernale, je volais la clédu garage de mon grand-père, celui qui fumait la pipe et qui habitait en Savoie.

L'ennui m'avait poussé à partir à l'exploration de ce lieu si fermé.

Dans un premier petit réduit, j'y trouvais tous les outils du jardin. Mon grand-père était un passionné à la main verte (d'ailleurs, je me demandais toujours pourquoi car ses mains, elles me semblaient pas vertes du tout).

Dans une deuxième étroite pièce, je découvrais sa réserve d'alcool, vin, génépi, gniole frelatée.

Peut-être  était-ce là la raison de ce garage clos tel un coffre-fort!

Dans le plus vaste espace, de loin le plus intérressant, j'avais tout un univers propice à la fouine qui s'ouvrait à moi. Boites, cartons, tubes, objets divers et variés... Bref de quoi occuper un après-midi d'enfant fantasque.

Au cours de mes pérégrinations de curieuse, je découvris une lettre au fond d'une boite à sucre métallique. Après observation plus détaillée, je m'aperçus que cette lettre était une sorte de message codé, une piste au trésor.

Qu'avait donc mon grand-père de si précieux à cacher?

Mes talents de limière et mon esprit de logique me permirent de dévoiler le contenu de ce papier qui m'amena jusqu'au grenier; jusqu'à une malle dans laquelle je trouvais la chemise de nuit de ma grand-mère, qui avait disparue depuis leur nuit de noce.

NANOU

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La malle de GILL

              égouttoir à vaisselle/moteur/avion/chaussette

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freepik

 

Petit pilote deviendra grand

« Ouf, un peu d’air, ça se soulève au-dessus de moi. Heureusement, car depuis le temps, je commençais à étouffer sous cette espèce de tissu bleu marine qui coince une de mes ailes. On dirait une chaussette  si je ne m’abuse.

  toi, le petit curieux qui vient d’ouvrir le couvercle de la malle  à jouets, oui toi avec tes grands yeux bleus et ta tignasse blonde, écoute-moi donc ; oui, moi, juste  sous ton nez ! Je me présente : je suis l’avion de Paul, enfin ce qui reste du magnifique avion rouge qu’il avait eu pour ses 8 ans, parce que je suis un peu cassé ; tiens, mon moteur est là-bas, dans le coin, près de la deuxième chaussette ; il les portait pour cet anniversaire ; je me demande bien pourquoi on les a gardées, mais c’est sûrement pour le petit avion qui est brodé dessus.

Tu as bien fait d’ouvrir cette malle car depuis que Paul m’y a rangé, je suis un peu à l’étroit et j’ai des envies d’évasion. Il a tellement joué avec moi que je suis un peu déglingué, mais tellement fier d’être à l’origine de ce qu’il est devenu. Tu te rends compte, il est membre de la Patrouille de France. Qui l’eut cru quand il me faisait maladroitement faire des loopings et que j’atterrissais en catastrophe dans les rosiers de sa grand-mère. Et tu vois, là, je reconnais cet égouttoir à vaisselle : Paul utilisait la cuve  pour en faire un hangar à avions ; il l’avait recouverte d’une caisse en carton qu’il avait percée d’une porte ; ingénieux, le gamin ! Non ?

C’est pour cela que lorsque la vieille radio qui est tout au fond de la malle se met en route pour retransmettre de sa voix fêlée  le Salon du Bourget et que j’entends commenter les évolutions de la patrouille de France, j’en frémis  d’aise et des larmes perlent au bord de mon hélice. Je suis ému et je te le dis, à toi qui me regarde d’un air interrogatif, tu peux être fier de ton père !

Si tu me sors de là, fais bien attention à moi, je suis une vieille relique et je suis fragile. Et si tu refermes ce couvercle, pense à me faire prendre l’air de temps en temps, ça me fera plaisir. »

Gill

                                                   

dimanche, 11 mars 2012

la vitrine de l'antiquaire

 

Choisir une couleur.

                 Choisir une étoffe

                             Choisir un chiffre.

                                         Choisir une époque.

  Donnez votre sélection à votre voisine

  Vous (ou un personnage de votre choix) êtes face à la vitrine d’un antiquaire, un

objet provoque un souvenir. Racontez en utilisant les qutre paramètres reçus.

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wikimédia

mariage médiéval.jpg

je déambule, flânant sans but aucun à Paris,  dans le onzième arrondissement, jetant ici et là un regard dans les vitrines que je dépasse sans m'arrêter  mais soudain mon regard se pose sur un mannequin paré d'un costume de couleur rouge , un beau rouge qui flamboie et lance des éclairs qui miroitent dans le reflet du soleil matinal ;  je me recule pour mieux l'admirer, tiens, je suis devant la vitrine d'un antiquaire au n°  12.  A l'intérieur, un fouillis de toute sorte d'objets mais,  c'est ce mannequin vêtu de cette si magnifique robe de satin semble-t-il, qui  me frappe ; je plonge  dans une époque si lointaine, le moyen âge, mon regard scrute et enveloppe ce tissus qui semble vivre, suit les volutes qui disparaissent dans le creux des plis plongeant sur le sol bougeant au gré d'un courant d'air tournoyant légèrement; je la vois la belle moyenâgeuse avançant  dans les longs couloirs si froid de son château tenant un pan de sa large robe d'une main, la tête haute, le regard fier, dédaignant les cavaliers qu'elle croise perchés sur les montures de leur chevaux, sabots 

claquants, résonnants dans les murs au sol nu ;  j'entends le froufrou  du satin qui bruisse affleurant le carreau puis je l'aperçois au loin qui se fait  engloutir tout entière par  un pan de tenture, le dédale des corridors s’estompent, puis le château du moyen âge et ses cavaliers et chevaux. Restent devant mes yeux le mannequin et son costume rouge qui ont su m'amener dans ce beau rêve.  

 

Rina

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gif.supertoinette.com

 

mariage adultes.jpg

Pendant un court séjour à l’Isle sur Sorgue, ville par excellence des antiquaires du sud de la France, nous baguenaudions avec mes deux filles d’une boutique à l’autre juste pour le plaisir de se replonger dans les ambiances surannées évoquées par les objets hétéroclites, de toutes provenances, de toutes matières plus ou moins précieuses et rares, de toutes natures.

Soudain, je tombai en arrêt, comme un chien de chasse devant le gibier, en voyant dans une vitrine une robe en jersey léger, bleu-roi, d’un beau bleu profond et lumineux à la fois. Et je plongeai dans mon enfance. J’avais neufans. C’était après la dernière guerre et pour la fête du village, fin mai, ma mère m’avait confectionné une petite robe à mes mesures avec les restes de tissu de la sienne. Ainsi nous avions la même tenue. J’étais très fière de l’arborer sur les manèges et j’appréciais les remarques des gens sur ma ressemblance avec ma mère accentuée par cet effet vestimentaire. Aujourd’hui nous dirions que j’étais son clone. Et mon père était fier aussi de tenir à son bras les deux femmes de sa vie.

J’expliquai tout cela à mes filles ce jour-là.

Un an plus tard, ma seconde fille se mariait et j’eus une agréable surprise, parmi beaucoup d’autres, comme sait en réserver une telle fête. La mariée et sa fille de 9 ans- quelle coïncidence !-portaient la même robe, le même bouquet ; et le marié avait aussi son petit clone dans un costume trois pièces : mon petit-fils de 11ans.

Et bien sûr, les photos sont très belles.

 

Mimi

mariage enfant.gif

gif.supertoinette.com

 

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Gian Lorenzo Bernini

Musée national du Château de Versailles et des Trianons, salon de Diane, Versailles

 

 

La statuette

 

 

 

 

 

Ah ! Ces brocantes porteuses d’histoires, de souvenirs. Je flâne devant les boutiques. L’étalage des objets triture mon imagination. Un bibelot, une étoffe, une couleur me font voyager dans le temps. Méli-mélo d’évènements heureux ou malheureux. Une bribe accrocheuse me plonge dans le passé. Je me laisse engloutir par un amas d’objets disparates qui, simultanément, m’émerveillent, me parlent, me font revivre des bouts de puzzle de ma vie.

 

Je tombe en arrêt devant une statuette représentant Louis XIV, étiquetée N° 6, d’époque récente semble-t-il. La porcelaine, cependant, est d’un vécu affirmé. Quelques éraflures. Rhingrave et justaucorps, bien qu’élimés, arborent encore leur couleur violette sur une chemise de soie blanche au tour de cou élégamment noué.

 

Le fard a disparu, mais le souverain devait en être badigeonné à souhait pour présenter un visage avenant sous sa perruque poudrée.

 

J’imagine les jeux d’épaules et de nuques des donzelles de la cour, jouant de leurs charmes, poitrine offerte sous un décolleté généreux pour capter l’attention de Sa Majesté. L’histoire est là, dans cette vitrine. Cependant, j’imagine aussi un passé récent. Un cadre romantique lorsque la statuette fut offerte à sa destinataire pour marquer un heureux évènement, ou bien dramatique quand elle fut mise au rebut après des obsèques où il fallut se débarrasser de tout ce qui encombrait… Son voyage n’était pas terminé. Elle pouvait encore faire rêver.

 

 

 

Mouty

 

 

 

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lampe 2.jpg

wikipédia

 

 

Michèle habite tout près d’Aix en Provence, très jolie petite ville où elle aime flâner dans les rues piétonnières, et c’est ainsi qu’elle se retrouve aujourd’hui devant la vitrine de son antiquaire préféré. Son regard gourmand glisse sur les objets divers disposés avec art sur des étoffes chatoyantes et elle imagine autant d’histoires survenues au cours des siècles ; soudain, ses yeux sont attirés par une lampe à pétrole installée sur un tissu de satin bleu joliment plissé : cuve en cristal agrémentée de petites feuilles délicatement gravées, surmontée d’une cheminée à renflement permettant à la flamme de s’épanouir et reposant sur un pied de marbre gris clair et un socle presque noir.

Immédiatement elle se sent transportée à paris, dans les années 50, chez sa meilleure amie, Noëlle. Un soir sans électricité car les coupures de courant sont assez fréquentes, et toute la famille autour de la table avec cette lampe au milieu, éclairant de sa faible lueur des visages souriants et aimés. Famille idéale : accueillante, unie, joyeuse, pour elle dont les parents ne s’entendent pas très bien, très occupés par leurs activités  professionnelles, ce qui la laisse souvent livrée à elle-même. En un instant ce seul objet la transporte dans ce monde de l’enfance puis de l’adolescence dont elle est bien loin maintenant et qu’elle a presque oublié. Coïncidence d’ailleurs, hier elle a projeté de donner à sa petite-fille de sept ans un collier d’ivoire reçu de la mère de Noëlle pour sa communion. Elle a l’impression que ces objets veulent l’amener à se souvenir de ces moments joyeux.

Le regard toujours sur la lampe, elle revient à la réalité. Pendant un instant, l’envie de l’acheter est très forte puis finalement, elle reprend sa route se disant qu’il n’est pas nécessaire de posséder un objet pour se souvenir. Tout est là, dans le cœur.

Gill

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              Le Marais dix heures du matin. Heure délicieuse pour flâner dans une ville quand il fait beau ! C’est le cas aujourd’hui. Le soleil a choisi ce quartier de Paris pour égayer place et arcades. Quelques uns de ses rayons parviennent même à redonner un petit coup de jeune aux vitrines des antiquaires. D’ordinaire, chiner n’est pas, tant s’en faut, mon hobby favori ; à la rigueur, la visite des musées et encore ! Que voulez-vous, les objets du passé ne me parlent pas, désolée…mais ce matin, allez savoir pourquoi, je m’attarde aux devantures, souris à quelque vestige de siècles révolus…Tiens, en voilà un justement : un coffret, à peine plus grand qu’une boîte à chaussures et recouvert de satin, d’un bleu un peu fané. Il aurait  appartenu à Madame de Maintenon, indique une vignette très discrète. Je le crois volontiers. La simplicité de l’objet dénonce le Jansénisme de la royale compagne, ennemie, comme on le sait, de toute forme de bling-bling.

              Qu’a donc bien pu contenir cette boîte ? Quels secrets, Quelles tendresses peut-être ? Et pendant que je m’interroge, ma mémoire, elle, décide de faire l’école buissonnière et de remonter le temps loin, loin, jusqu’à redécouvrir un autre coffret. Modeste également mais d’un tout autre style, un peu plus petit aussi. Lui est recouvert de minuscules coquillages et sur son couvercle on peut lire : Souvenir de Marseille. Ma grand-mère l’avait ramené d’un de ses rares voyages en métropole et depuis il trônait sur l’étagère du « cosy », meuble indispensable à toute chambre des années 50,  se dressant fièrement à la tête du lit. Vintage en diable, le coquin.

            Les Jeudi et Dimanche après-midis, allongée près de ma Mémé sur (et non dans) le lit, j’étais sensée faire la sieste. Il faisait si chaud dès le mois de Mars en Algérie ! Aussi tout le monde y allait de son petit somme. Tout le monde sauf moi. Car, dès que ma grand-mère était endormie, je me saisissais du coffret marseillais et m’employais à en détacher une petite dizaine de coquillages. Ils devenaient, selon les jours, enfants diablotins, héros de Nous Deux (que je dévorais la nuit en cachette) ou armée du débarquement en Normandie. Ainsi, grâce à mes contes des mille et une siestes, je passais de façon fort agréable cette heure  sacrosainte…mais tant détestée des enfants.

   Ma grand-mère a toujours fait semblant de ne s’apercevoir de rien, même quand son joli souvenir s’est mis à ressembler de plus en plus au cou déplumé d’un dindon. Il est vrai toutefois que pour elle, l’Art d’être Grand-Mère n’était pas de la littérature…

             Et me revoilà devant la vitrine de l’antiquaire, imaginant mes petits coquillages s’égrenant au fil des ans, comme les cailloux du Petit Poucet…Il me vient alors curieusement le désir de rassembler leurs fantômes, dans une boîte, plus gentille que celle de Pandore, puisqu’elle me ferait voyager dans le temps, dès que j’en soulèverais le couvercle…

            Tiens, je vais entrer demander le prix du coffret de satin bleu. Je sens, derrière mon dos, Madame de Maintenon qui sourit déjà.

 

                                                                 El Pé

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