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dimanche, 13 mars 2016

La journée de la femme 2016

Après un jeu qui nous a permis de trouver trois mots tirés au sort

bonheur, Noël, travail

en 15 minutes, faites le  portrait d’une femme

existant ou imaginée, aimée ou détestée, à qui vous voudriez  ressembler ou pas, que vous plaigniez ou que vous enviez et comportant les trois mots.

Terminez votre texte en disant si la journée de la femme a un aspect positif pour celle dont vous avez fait le portrait.

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pixabay

 

Journée de la femme

Elle domine le monde du haut de son mètre quatre-vingt huit. Du moins croit-elle le dominer. Ses lunettes cerclées d’or et ses bijoux signés confirment son appartenance à un « autre monde ». Elle regarde par-dessus ses luxueux binocles dont le port adoucit la ligne de son nez aquilin. La bienveillance feinte ne masque pas toujours la fulgurance du regard qui en dit long sur sa réelle personnalité. Instable, revêche, voire malveillante quand la jalousie vient la taquiner, elle ne tarde pas à se dévoiler et à vous lasser de sa compagnie. Vipère à souhait, et moralisatrice par-dessus le marché, elle n’en finit pas de vous coller si par lassitude vous avez trop laissé passer ses observations. Elle ressent alors un sentiment de domination qui la réconforte et la stabilise dans une supériorité qu’elle éprouve avec délectation. Elle ne se rend pas compte à quel point son attitude est pitoyable et ridicule.

Vous ne la haïssez pourtant pas, il y a longtemps que vous avez constaté que la bêtise n’a pas de limites : il faut faire avec.

Elle déteste le travail qu’elle juge réservé aux sous-couches de la société, mais elle adore s’occuper d’œuvres de charité où elle peut parader en tant que bienfaitrice : Noël chez les vieux, kermesses chez les enfants, que du bonheur apporté aux autres !

C’est elle, et elle seule, qui organise la journée de la femme, car elle croit la représenter bien entendu. Il en faut bien des « comme elle » pour positiver à cent pour cent !

 

Mouty

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pixabay

 

On dirait, à la voir, le bonheur personnifié. Que ce soit à Noël, à Pâques ou en n’importe quelle occasion, elle essaie sans cesse de lui faire plaisir. Elle est toujours tirée à quatre épingles malgré tout le travail qu’elle a. Ils donnent, eux deux et leurs enfants, l’image d’une famille idéale.

Pourtant, elle est la seule à savoir ce qui peut arriver à tout moment : les reproches, les brimades, les coups, si par malheur quelque chose lui déplait, mais par n’importe quels coups, ceux qui font mal sans se voir. A chaque fois il dit qu’il regrette, qu’il ne recommencera pas, qu’il l’aime et qu’elle le sait. A chaque fois elle se persuade qu’il dit vrai. Il était si tendre au début.

Elle a beau se dire que ce n’est pas normal qu’il agisse ainsi, elle lui trouve toujours des excuses. Après tout, peut-être a-t-il raison, tout ce qui arrive est sa faute, à elle. Et puis que ferait-elle sans lui ? Où irait-elle avec les enfants ?

Peut-être un jour quelqu’un saura-t-il lui ouvrir les yeux, lui faire comprendre qu’elle n’est qu’une victime face à un manipulateur et lui donner la force de la quitter, avant l’ultime coup de trop.

Alors, oui à la journée de la femme, ne serait-ce que pour rappeler que 365 jours par an il faut penser à elle et avoir, présente à l’esprit, la certitude que tout n’est pas acquis, que beaucoup reste encore à faire.

Gill

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lundi, 21 avril 2014

Journée exceptionnelle!

Choisir un objet de plage parmi les suivants et, en 20 minutes, faîtes-le raconter une journée ou  une aventure exceptionnelle dans sa vie.

Transat/chapeau/lunettes de soleil/serviette de plage/glacière/ballon raquette/maillot de bain /sandwich

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Auguste Renoir - Le Déjeuner des canotiers

wikimédia

 

Le jour de gloire du canotier

Le plus beau jour de ma vie est passé et je sais qu’il ne se reproduira plus. Mais ce que j’ai vécu, je le souhaite à tous.

Je ne suis pourtant pas un anonyme, moi le canotier. Je ne suis pas un simple chapeau parmi tant d’autres. Certains de mes confrères furent célèbres, comme ceux de Maurice Chevalier ou Fred Astaire ou encore ceux portés par les personnages de Maupassant ou représentés sur une des toiles de Renoir. Et cette gloire rejaillit un peu sur nous tous.

Quant à moi, jusqu’à maintenant, j’avais eu une vie très satisfaisante, bien qu’ordinaire, trônant sur la tête d’un honnête père de famille dans les années trente et qui m’avait consciencieusement rangé en très bon état, quand j’étais passé de mode. Depuis une trentaine d’années, je continuais tranquillement ma vie, devenu objet décoratif, exposé sur un pan de mur parmi d’autres chapeaux ayant chacun une qualité particulière, ancienneté, rareté, élégance ou exotisme. Ainsi, je voyais défiler la vie de la maison jour après jour.

Jusqu’au moment où je me retrouvai, lors d’une répétition théâtrale, sur la tête de monsieur César Olivier, cafetier de son état, en grande conversation avec son ami Panisse ; et j’écoutai les mots de Marcel Pagnol, vous savez le fils de joseph, dans la bouche de César, avec cet accent chantant que je n’avais jamais eu l’occasion d’entendre.

Et puis ce fut le jour « J », la représentation, moi, nettoyé, brossé, lustré, élégant, qualifié de « joli chapeau accompagnant un beau costume », juché sur le chef d’un acteur ; moi en plein lumière, trônant, saluant, acclamé par une salle pleine de respect. La gloire, la consécration vous dis-je ! Cela ne s’oublie pas et j’ai les larmes aux yeux en vous le racontant.

Allez, je peux retourner à ma fonction décorative, raconter mon jour de gloire ; je serai à jamais unique, brillant sur ce mur comme une étoile au firmament, repensant sans cesse à ce moment béni.

Gill

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journée,exceptionnelle

freepik

 

Ce matin très tôt, toute la maison est en éveil. Valérie avait prévu une journée à la plage. Hier, chez le charcutier, j'avais entendu parler de jambon, pâté, etc…. J’ai tout de suite compris qu’on allait faire appel à mes services, car il faut bien l’avouer, je suis pratique, sympa et je ne tiens pas trop de place. Et voilà le pain tranché, tartine de beurre, jambon, œuf dur, salade, cornichons. Je suis superbe avec toutes ces couleurs! Et appétissant ! Oh là là ça se gâte, on m'enferme, on me serre. Au secours ! J’étouffe, je transpire, je n'aime pas ça ; j'espère que mon calvaire sera de courte de durée .Maintenant, je suis au frais, mais enfermé tout de même. Que la vie est dure !


Quelques heures passent, enfermé dans mon igloo ; enfin sonne l'heure du repas, je vais être libéré de ma torture. Les enfants applaudissent, crient de joie : la nichée a faim.


Devant l'euphorie, la petite chienne aboie, elle aimerait participer à la fête, et comme personne ne semble faire attention à elle, s’approche doucement et clac!!! Me voilà happé dans sa gueule ; en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, me voilà emporté. Entre ses crocs je n’en menais pas large, j’étais secoué, balloté, j'en ai perdu mes cornichons.
Toute la famille court après ce satané animal, et moi je n'avais pas prévu cette fin pitoyable déchiqueté, assaisonné de sable, prêt à finir ma brève existence dans l'estomac de l'animal favori de la maison.

Dedou

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Zofia Barwińskawikimédia

 

Le chapeau  ou  La capeline entremetteuse

Je m’appelle Capeline. J’eus mes heures de gloire au siècle dernier, quand la bonne présentation exigeait de sortir « coiffée » selon l’expression consacrée, en particulier les jours de cérémonies.

Depuis quelques années, je reviens sur les têtes, les jours de noces, ou bien sur les plages. J’abrite Chantal d’un soleil malfaisant pour son teint. Si mes larges bords prouvent leur efficacité dans ce domaine, ils ont quelques inconvénients les jours de vent.

La semaine dernière, le vent marin sema la panique sur la plage. Il me prit à bras le corps et me transforma en aéronef s’élevant dans les airs avant de foncer comme une fusée sur les apprentis bronzés. C’est ainsi que je fis une belle peur à un CRS en le frappant traitreusement derrière la tête, plongeai sur le poitrail d’un touriste alangui, renversai le biberon d’un bébé affamé, balayai les serviettes et les verres d’une paillote.

Je poursuivis mes pérégrinations mouvementées jusqu’à ce qu’un volleyeur, habitué des passes surprenantes, m’agrippât brutalement. Il m’enfonça sans ménagement sur son crâne hirsute, et fit un tour de plage à la recherche de la dame à qui j’appartenais. Justement, elle était belle, assortie à son chapeau.

Il me tendit gentiment, avec quelques courbettes, un grand sourire, des mots gentils et prometteurs. La galanterie masculine n’a pas encore totalement disparu… 

Depuis cet incident, je suis le témoin de chuchotements hardis qui se renouvellent tous les jours.

Mouty

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Classic-swimsuitwikimédia

 

Et voilà, cela devait arriver, je pressentais qu’aujourd’hui serait un jour maudit quand Madame a ouvert brutalement l’armoire puis le carton dans lequel je dormais plié dans un papier de soie. Hier chéri, maintenant au rebut, tel est le triste destin d’un maillot de bain. Pourtant, maintenant que me voilà dévolu au nettoyage des vitres, je pense avec nostalgie et tristesse à ce que j’ai connu, subi et endurerai. J’étais un charmant une pièce, bleu avec des fleurs blanches, des nœuds sur les épaules, fier de mon élasticité de bon aloi. Pendant un été, mon ingrate maîtresse m’a arboré au bord de la piscine, suscitant l’admiration de tous les mâles, la jalousie des femelles. Début octobre, après quelques tours de machine, un poudrage au talc, j’ai entamé mon long sommeil hivernal. Mais le soleil brillait, l’eau pure de la piscine glougloutait. Madame se rappela mon existence. C’est qu’avec la crise, Monsieur avait serré les cordons de la bourse, je me sentais indispensable.

 Donc ce matin, en maugréant après l’avarice de son époux, Madame m’extirpa de ma boîte. Elle me tourna dans tous les sens, fit la moue car les fleurs étaient un  peu passées, le bleu moins éclatant. En soupirant, Madame pensa « je ferai avec, peut-être que mon mari obtiendra une prime ». Elle essaya d’introduire son corps en moi. Je dis bien essaya car elle n’y parvint pas du premier coup. Elle me considéra en tendant les bras puis fit une deuxième tentative, faisant comme une obèse voulant rentrer dans du 38. Elle arriva à ses fins, cambra fièrement son corps et mon tissu se distendit lâchement, les seins jaillirent des bonnets, les fleurs tombèrent. Je compris en un éclair que l’hiver m’avait desséché et que Madame avait pris trois kilos. Elle me jeta violemment par terre. Je gisais, déchiré, inutilisable et j’entendais Madame qui reprochait violemment son manque d’humanité à son mari lequel lui répondait « eh bien tu iras cul nu, tu n’avais qu’à ne pas manger autant ».

Triste fin pour qui a brillé tout un été.

Line

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