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dimanche, 13 mars 2016

Le dernier jour

En 20 minutes, écrivez un texte libre sur le thème

« C’est le dernier jour »

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chomage.jpg

pixabay

 

 Le dernier jour                

       Par habitude, il a failli ranger son bleu dans le placard, ne s’en ravisant qu’à la dernière seconde, avec un sourire amer. Alors, il le jette dans un coin avec ses souliers dits « de sécurité » par-dessus.

   Quant au placard, François (appelons-le François) a vite fait de le vider : un tee shirt de rechange  pour le cas où, trois bouquins policiers qu’il devait rendre à Manu depuis six mois et enfin une photo de sa femme et de ses deux gosses datant d’au moins dix ans. De l’époque où l’on avait le temps de les montrer aux copains, de bavarder, de rigoler pendant que l’on se changeait. Juste avant d’aller boire un coup ensemble au bistrot d’en face , manière de ne pas se séparer tout de suite, après la journée de boulot.

     C’est bien fini tout ça. Depuis un bail. La télé peut-être ? Allez savoir…

 Les autres, autour de lui, se changent en silence, gênés. Il les comprend. Il sait bien qu’ils ne peuvent rien y faire, même s’ils avaient imaginé tout autrement son départ. Avec le pot, la canne à pêche à moulinet et le discours du patron- enfin l’autre, pas le nouveau, qu’on ne voit jamais et qui parait-il, sort d’une grande école de commerce-. Bref, un départ à la retraite normal. Pas forcé. Pas avec trois ans d’avance pour cause de compression de personnel. Pas avec cette étiquette de « chômeur de longue durée » qui va lui coller à la peau sitôt passée la porte de la boite.

   Dernier jour. Après avoir bossé quarante ans dans cette usine. Dernier jour. Les yeux lui piquent un peu. Allons, faut pas s’attarder. Il remonte d’un coup sec la fermeture éclair de son blouson, lance un « Salut les gars » un peu enroué auquel répond le « Salut François » tout aussi enroué du chef d’équipe, repris par celui, à peine audible, des copains. Il les comprend. Ils sont en train de se dire : « A qui le tour demain ? »

     Il sort. Seul. Dehors il pleut. Quelle vacherie. Manquait plus qu’ça.

 

               El Pé

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pixabay

 

C’est le dernier jour

C’est le dernier jour : Ouf !

« Vive les vacances » dit-on. Et bien, moi, je dis « vive la rentrée ». C’est beau les petits anges quand ça dort, mais le reste du temps c’est souvent la galère ! Pourtant vous l’avez bien voulu puisque vous vous êtes proposée de garder la progéniture de votre descendance en dehors de la période scolaire…

A la tendresse des regards de vos enfants, vous avez constaté que vous tapiez juste dans le type de cadeaux que vous pourriez leur faire. Mais vous avez aperçu des œillades vipérines accompagnées de quelques petits gestes de désappointement, si ce n’est d’exaspération chez la deuxième génération. Pour la bande de minus ça ne voulait pas dire « vacances à la mer », mais « vacances à la campagne ». Vous les soupçonniez alors de préparer des coups fumants pour vous en faire voir des vertes et des pas mûres. Avec juste raison, la suite confirmant votre impression non avouée de temps d’esclavage.

Vous aviez pourtant organisé votre planning pour le plaisir de tous : stage de planche à voile pour les deux plus grands, stage d’équitation pour les deux suivants, dont ils revenaient avec des poux grâce aux bombes qui passaient de tête en tête, stage de natation pour les deux cadets, petits loisirs créatifs, et cocooning pour les deux derniers.

En résumé, des heures de taxi, de ménage, de courses, de préparation de bouffe, de toilette, sans compter les pipis au lit, les chamailleries, et j’en passe.

Et les activités qui se bousculaient, se chevauchaient, vous transformant en zombie avant la fin de chaque soirée, du premier au dernier jour.

A la fin, vous n’avez même plus la force de dire « Ouf ».

 

Mouty

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Statue Of 'Justice' Old Bailey

wikimédia

 

Le dernier jour du condamné

Oui, je le sais, demain, à cette heure-ci, je serai ailleurs, en Enfer sans doute. Cela ne me changera pas, je me suis habitué à la chaleur du feu.

Je suis ce qu’on appelle communément un tueur en série. Quoique !  Quand on dit tueur, on dit mort, et quand on dit mort, on dit corps. Et personne n’a jamais retrouvé les corps des personnes que j’ai censément tuées. Bien sûr, on a retrouvé un petit carnet noir, des restes calcinés dans des villas que j’ai occupées, mais pas de corps, j’insiste.

Demandez à ma femme, je suis un bon père, je suis un bon époux qui subvient très correctement aux besoins de sa famille. Demandez à mes parents, j’ai été un enfant désiré, d’où mon prénom d’ailleurs, chéri de son père et de sa mère.

Certes, je suis un escroc, mais entre le vol et l’assassinat, il y a de la marge. Quant à mes nombreuses conquêtes, ces femmes qui m’ont offert leur argent, je n’y peux rien si je les ai séduites. Je n’ai pas un physique attrayant et pourtant, je plais. Et grâce à Monsieur le Président de la Cour d’Assises, ma femme sait maintenant que je l’ai trompée !

Lors de mon procès, j’ai bien senti que mon éloquence remplie d’ironie et de bons mots m’attirait la sympathie du public et je pensais qu’il en serait de même pour les jurés qui parviendraient à un autre verdict. Cela n’a pas été, je ne les ai pas séduits, j’ai joué, j’ai perdu. La peine de mort…..ils ont prononcé la peine de mort….. et mon recours en grâce a été rejeté.

Aussi, aujourd’hui, c’est mon dernier jour. Demain, à l’aube, j’emporterai mon secret avec moi. N’ayant jamais avoué les crimes dont on m’accuse, je partirai « avec mon petit bagage », laissant les questions sans réponses, alors, je sais qu’on parlera longtemps de moi.

Mon prénom, c’est Henri Désiré, mon surnom, « le Barbe-Bleue de Gambais »

Gill

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mardi, 10 juin 2014

Le plus beau jour de ma vie

 

En 20 minutes écrire un texte se terminant par

« Ce fut le plus beau jour de ma vie »

En y introduisant les mots suivants

Poches / futé / rubans / dîne

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Gavroche (Les Misérables).jpg
« Gavroche (Les Misérables) » par Émile Bayard — Originally from en.wikipedia; description page is/was here.. Sous licence Public domain via Wikimedia Commons.

 

Mon nom est Gavroche. Cela vous dit quelque chose ? Oui, sûrement ! Victor Hugo, n’est-ce-pas ? Et bien sachez que le père Hugo, c’est à moi qu’il doit sa renommée. Mais oui mais oui.  Pourquoi ? Parce que moi voyez-vous, je suis le vrai Gavroche. De Ménil muche M’sieurs Dames. Et que ce soir-là, comme tous les soirs, je marchais l’estomac  vide sur les Grands Boulevards. Faut dire que je suis un p’tit futé. J’explique : c’est dans les beaux quartiers, où se promènent les belles madames à rubans qu’on se fait du pognon. Ou pas, ça dépend. Bref  je suivais alors un quidam bien mis donc qui, logiquement, devait avoir les poches bien garnies. Vous l’aurez deviné, le truc c’est justement d’arriver à soutirer un portefeuille ou une montre à gousset, sans que le bonhomme s’en aperçoive. Et pour ça, vous pouvez me faire confiance, j’en connais un rayon.

       Mais cette fois-là, bernique ! A peine avais-je effleuré le gilet de ce monsieur qu’une main de fer saisit la mienne pour ne plus la lâcher. « Ah ! Ah ! Je t’y prends, polisson !! » Ce fut ses seules paroles. Moi, je tremblais, tentant d’échapper à l’étau qui me maintenait prisonnier, certain que le bourgeois allait sur le champ quérir la maréchaussée…Mais à l’évidence, il n’en avait pas l’intention, du moins dans l’immédiat…

      Sans me lâcher, il m’examina assez longtemps d’un air bizarre, en hochant la tête, puis, me tenant toujours aussi fermement, il me fit pénétrer dans une brasserie sise à deux pas de là. Je la connaissais bien sûr, je passais devant tous les soirs, mais je ne me serais jamais douté que c’était d’une telle splendeur à l’intérieur : une féerie de miroirs gigantesques, de nappes blanches et de lumières.

       Il me fit assoir à une table, pris place auprès de moi, appela le garçon (qui accourut aussitôt) et passa commande, tandis que je m’enivrais de merveilles et de fumets affriolants montant des cuisines.

        Les plats commandés arrivèrent. « C’est pour qui, Monsieur Hugo ? » s’enquit le garçon. D’un signe de tête, le dénommé Monsieur Hugo me désigna.

         Devant moi s’étalait un festin : poulet rôti, tartes à la crème et j’en passe. Je demeurai pourtant coi, n’osant y toucher. «- Quel est ton nom, petit ?  m’interrogea mon bienfaiteur.

-Gavroche M’sieur

-Et bien dîne Gavroche, bon appétit. »

Je ne me fis pas prier.

     Certes, certes, d’aucuns diront qu’avec ses ventes de livres et ses droits d’auteur, Victor Hugo fut bien remboursé du repas offert, et ce, en grande partie grâce à moi, convenons-en.

N’empêche, n’empêche, ce fut le plus beau jour de ma vie.         

             El Pé

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freepik

 

Jour de Pâques ce dimanche , j’ai seize ans  et je vais étrenner un corsage neuf très futé ; il se ferme avec des petits nœuds de rubans de couleur rouge qui bougent à chacun de mes mouvements ; je peux aussi les défaire et les laisser pendre.  j’aime les toucher , ils sont si soyeux sous mes doigts , je sens mon cœur battre très fort dessous , avec lui je me sens belle , je sais qu’on va admirer mon beau corsage si original avec ses deux petites pochesà rabat où je peux glisser mes petits secrets  et mon mouchoir brodé à mes initiales que j’ai parfumé ;  parfum qui m’enveloppe et me suit quand j’avance, toute fière vers mes copines ; je les vois écarquiller de grands yeux en poussant des exclamations, des « ho » , « ha »  de surprise ; elles l’envie mon beau corsage et voudraient bien en porter un identique, et ce soir,  on dîne à la maison avec mes cousins et cousines et je vais me pavaner avec mon corsage à rubans rouges ,  je sais que je vais susciter beaucoup d’envie  parmi elles ;  plus tard il faudra que je l’enlève et alors en le posant sur le dossier d’une chaise , je vais lui murmurer : « Tu sais, grâce à toi aujourd’hui, ce fut le plus beau jour de ma vie » .  

 Rina

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Premier jour

Pendant que je dîne, ce soir, je me remémore – c’est la date qui veut cela- ce jour très particulier de ma vie. Je me dis que c’est un jour miraculeux qui aurait pu ne pas exister tant il résulte d’une alchimie savante de mystères et de circonstances diverses.

Je ne suis pas la seule à l’avoir vécu, mon fils, qui est sans doute en train de se promener les mains dans les poches, dans un pays lointain, l’a vécu aussi ; tout le monde l’a vécu mais ce n’est peut-être pas un bon jour pour tout le monde. Pour certains, c’est le commencement d’un long chemin de souffrance, pour d’autres, d’un itinéraire passionnant, pour d’autres encore, le début de la gloire.

Pour moi, ce fut un conte de fées, le résultat d’une rencontre improbable entre un regard futé et un regard pétillant, le résultat d’un amour passionné et sincère. Pendant plusieurs mois, j’ai baigné dans une atmosphère feutrée où m’arrivaient des sons assourdis, de la musique, des voix chantantes ; j’étais bercée, au chaud, protégée.

Puis un jour, je me suis sentie comprimée, poussée, une lumière m’a aveuglée. J’étais un peu affolée ; puis on m’a posée sur une peau douce et c’est là que je t’ai vue pour la première fois. Tu me regardais avec amour, des rubans retenaient tes cheveux blonds et j’étais dans tes bras, maman. Si ce jour n’avait pas existé, je n’aurais pas su ce qu’était la vie et combien elle était précieuse. C’est pourquoi je crois pouvoir dire que ce fut le plus beau jour de ma vie.

Gill

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LE PLUS BEAU JOUR DE MA VIE

Le soleil entrait indiscrètement dans la chambre par les volets entrebâillés. Martin ouvrit péniblement les yeux, les frotta, et se mit à détailler les objets qui encombraient les étagères de la petite bibliothèque encadrée par les deux fenêtres. Peu de livres, bizarrement, mais des objets hétéroclites qui semblaient lui conter une histoire. Celle des occupants habituels sans doute, qui avaient libéré la pièce le temps de leurs vacances. Une aubaine certainement pour tante Madeleine qui piochait ça et là quelques petits revenus supplémentaires en hébergeant des touristes de passage.

Martin reluqua un vide-poches en porcelaine de Limoges dans lequel étaient roulés des rubans blancs de diverses longueurs. Souvenirs de mariage, jugea-t-il.

Il tira « Le petit futé » d’un coin d’étagère où étaient entassés divers prospectus concernant balades et patrimoine de la région. Il le feuilleta rapidement, s’attarda sur quelques pages et le remit à sa place. J’aimerais bien savoir où l’on dîne ce soir, ce bouquin présente surtout des boui-bouis.

Je souhaiterais pourtant offrir un repas aux chandelles à Charlotte pour son anniversaire. Mais dans cette putain de région il n’y a que des restos de ploucs. Bon, je vais lui acheter un bijou, puis ce sera la pizzéria. On aura peut-être mieux à faire que de passer une soirée entière à table…

Je pourrai ainsi dire plus tard : « Ce fut le plus beau jour de ma vie ».

Mouty

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