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dimanche, 13 mai 2012

Il ne nous reste qu'un sens!

 

                Après avoir trouvé des mots en rapport avec les mots suivants :

                                 vue/ouïe /odorat/goût/toucher

 et rayé les mots communs, chacun choisit un mot dans la liste qui lui reste pour faire                                                    une liste commune:                                                             

                        amer, arôme, visionnaire, froissable


      Ecrire un texte contenant ces quatre mots  sur le thème suivant :

                                   « imaginez que vous n’avez qu’un sens »

                                                  (25mn)

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L’OUÏE

 

J’ai un goût amer dans la bouche. Au figuré bien sûr ! En général, je n’ai pas un esprit froissable, je ne me vexe pas facilement, je suis même souvent trop souple et conciliante, trop tolérante. Mais là, ça dépasse les bornes ! Ce que j’ai entendu est inadmissible ! Et dire que l’ouie est le seul sens qui me reste ! Mais comme dit l’expression : « Il vaut mieux entendre ça qu’être sourd »et dans mon cas ce n’est pas peu dire !

Depuis l’incendie, je ne peux plus sentir les arômes des mets ni les parfums des plantes ni les puanteurs d’ailleurs. Je ne peux plus voir les splendeurs e la nature ni les horreurs, heureusement.

Mon sens du toucher a été altéré par les brûlures sur ma peau et les sensations tactiles me sont impossibles. Je ne goûte plus le doux et l’amer, l’acide et toutes les subtilités de goût intermédiaires que sont le foie gras et les huîtres, le saucisson et les fromages ou tout autre aliment.

Et voilà que moi qui ne peux plus voir, je m’entends traitée de visionnaire. C’est un comble ! Mais bon, passons, je préfère ne pas répéter ce que j’ai entendu.

Il me reste la musique, toute la musique qui est déjà infinie, les bruits de la nature : le ressac de la mer différent selon qu’elle est d’huile ou déchaînée, le bruissement du vent dans la forêt, un ruisseau gazouillant, les pépiements des oiseaux et la multitude infinie des sons qui me permettent d’imaginer la beauté que j’ai connue. Et il me reste aussi à écouter le silence si reposant après le bruit et la fureur de la tempête qui a traversé ma vie.

 

                        Mimi

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L’ODORAT

Je naquis dans une rose, comme toutes les petites filles. Quelle chance ! Penserez-vous. Et bien non, car les fées qui s’étaient penchées sur ma destinée m’avaient privée des sens essentiels : privée de vue, d’ouïe, de goût, de toucher. Cependant, elles m’avaient dotée d’un odorat développé à l’excès qui me permit de me passer très rapidement des autres capacités. Je pus ainsi repérer mes itinéraires selon les arômesportés par l’air ambiant. Je devins visionnaire en fonction des multiples odeurs exhalées par tout ce que je croisais : les jardins fleuris comme celui de Madame Hortense, garni de roses, ou celui de Mademoiselle Cécile avec son chèvrefeuille, le jardin potager du père Martin avec ses choux et ses oignons. J’avais repéré également le bistrot du village, ainsi que le boulanger. Et je finissais aussi par bien connaître le vieux Nestor, célibataire crasseux dont l’âge indéterminé empestait l’écurie du siècle dernier. Je croisais aussi Colette, honorable dame qui devait afficher la soixantaine, et qui fleurait le Guerlain à dix mètres. Un petit paradis d’essences florales. J’aimais les quelques minutes de pause avec elle quand je la rencontrais. Elle me narrait toujours une petite histoire. Comme son homologue, elle écrivait. Des histoires de chats, bien sûr. Et puis il y avait ce pauvre Jules, imbibé d’alcool et de tabac, qui ne pouvait passer inaperçu, à tous les sens du terme sans doute. Il y avait cette odeur de baies sauvages, cueillies au passage lors d’une balade en orée de bois sentant les résineux. Privée de goût, je n’en percevais pas le côté amer. Je marchais en faisant crisser sous mes pas le tapis de feuilles froissables.

Je n’ai toujours pas compris comment j’ai réussi à écrire ce texte, privée de sens dont il est difficile de se passer. Sans doute parce que j’avais été normalement dotée de mes cinq sens lors d’une vie antérieure. Ou que je parcours actuellement une autre vie…

                            Mouty

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toutimages

  

 

LE GOÛT

 

 

 

Si je n'avais qu'un sens, et que ce soit le  goût  le goût seul ;  que peut être la vie de tous les jours avec ce seul sens, je reconnaîtrais l'amertume l'amer ou le sucré ou l'acidulé  je pourrais mastiquer mâcher avaler ce qui les ferait ressortir au palais  mais pour l'odeur les arômes des mets comment humer respirer ressentir,  la vue voir les couleurs les formes les lumières le soleil l'eau ; entendre les bruits les sons les froissementsle toucher,  prendre une matière craquante entre mes doigts  je n'entendrais ni le crissement ni ne sentirais la texture la douceur l'épaisseur le velouté ou le rêche ;  quel handicap  je ne puis me faire à cette idée j'aime trop renifler humer sentir une plante une fleur, chercher d'ou vient un parfum une odeur  écouter entendre apprécier vibrer sur une musique un  chant une  voix  les sons différents que ce soit d'instruments de musique les aigus les graves les chants d'oiseaux  les murmures des rivières le vent qui souffle la pluie qui tombe, les rires des enfants spontanés, les rires en cascades, les rires qui éclatent dans un moment de joie ou de bonheur intense  et voir ; regarder admirer, toutes les couleurs les  formes les lignes la diversité que nous offre la vue de notre nature  la beauté de nos villages de nos montagnes ou forêts de notre architecture lire encore je pourrais apprendre à lire  le braille bien que pour cela il me faut  le sens du toucher que je n'ai pas , alors je crois qu'aucun  visionnaire ne peut imaginer qu'on puisse vivre avec un seul de nos sens pour ma part je ne peut pas y croire , qu'il nous en manque un et c'est déjà compliqué mais  on peut  essayer d'y remédier grâce aux fabuleux progrès de la technologie je pense à la surdité ( par exemple  ) par contre , si la vie nous a nanti de tous nos sens dont les fonctions  ne sont nullement altérées alors utilisons-les,  ces cadeaux inestimables tout en essayant de les protéger au mieux , prenons -en soin ils sont précieux chacun jouant  leur rôle  nous  rendent la vie tellement plus simple, plus facile . 

 

                                 Rina

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 L’OUÏE

 

Voilà, c’est le grand jour, je vais pouvoir assister à cette soirée de gala que j’attends depuis que je suis arrivé. Mais je me présente, je m’appelle Auricule et je viens de la planète Othorinelle. Je suis, il faut bien le dire, un extra-terrestre et mon corps a  la forme de ce que vous appelez ici, une oreille. Sur Othorinelle, notre moyen de communication est uniquement le son ; nous en émettons et en recevons et l’ouïe  est tellement développée chez nous qu’elle nous permet de reconnaître ce que vous appelez « arôme »ou ce que vous appelez « amer », simplement en entendant la réaction sonore  émise  par celui qui le sent. Nous pensons que le son va nous permettre de communiquer avec vous et qu’à travers lui passeront nos émotions et les vôtres ; Vous me prenez peut-être pour un visionnaire mais j’espère bien vous démontrer le contraire quand nous aurons fait plus ample connaissance.

 

Mais pour l’instant, je suis à Paris et monte les marches de l’Opéra ! J’entends le bruit des voitures freinant doucement, les portières qui s’ouvrent et le bruissement des longues robes effleurant la carrosserie puis se dépliant dans un crissement de satin ou autre tissu plus ou moins froissable. Les talons des élégantes parisiennes claquent avec grâce et mesure sur le sol du grand hall. Des voix de toutes tonalités laissent deviner une foule variée. Je me dirige vers la salle et m’installe  à l’orchestre tandis  que les bruits de conversations s’amenuisent  peu à peu pour laisser place au silence. Une salve d’applaudissements pour l’entrée du chef d’orchestre, un léger grincement pour le lever de rideau, et un flot de musique harmonieuse emplit tout mon être ; dans cette musique défilent toutes les émotions de la passion, de la jalousie, de la violence, de la terreur, des regrets. Dans les sons passe toute la vie.  

 

Oui, vraiment, je crois que par l’oreille passe toute la communication du monde et que vous et nous réussirons à nous comprendre.

 

                      Gill    

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jeudi, 10 novembre 2011

Nous donnons l'alarme.......

 


 Notre 1ère consigne du 7 novembre 2011

 

        Ecrivez un texte commençant par la phrase

          " nous donnons l'alarme avec des cris d'oiseaux"

        et finissant par la phrase

          " l'imaginaire fait le reste"

     ayant pour thème:                    

          "LA MALEDICTION"


 

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la malédiction selon Rina

 

 

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Nous donnons l'alarme avec des cris d'oiseaux ; concert de cris d'oiseaux ; mille volières en effervescence, affolement total ;  coups de bec, de pattes , ailes déployées , envol de plumes dans l'atmosphère  mais , est-ce bien des cris d'oiseaux  qui déchirent le silence lourd de cet après-midi d'Aout 1945 ,  été de malédiction , sécheresse intense, manque d'eau pour toute la région , humains et animaux souffrent tant et , s'ajoute à cela cet accident stupide horrible , car les cris viennent de jeunes adolescentes apprenant que la dernière de la couvée se trouve blessée gravement  dû à la malédiction de ce manque cruel d'eau ,
nectar si précieux et nécessaire à la vie de la ferme obligeant les fermiers à des déplacements d'attelages chargés de citernes pour aller la chercher, dès fois très loin cette eau ; et c'est lors d'un de ces déplacements,  au retour,  qu'est arrivé  le pire , l'irréparable, l'enfant refusant de marcher sous le soleil accablant, la mère ne voulant rien entendre, puis cédant sous le poids de la fatigue, épuisée elle même par cette longue marche sous la chaleur infernale, la petite grimpe et s'installe comme elle peut, prête à tout,  plutôt que traîner les pieds sur l'asphalte brûlante, respirant l'air suffocant lui desséchant le gosier , l'engourdissant totalement. La descente s'amorce, le virage arrive vite , trop vite et l'attelage cède sous le poids de la citerne pleine :  descente aux enfers pour l'enfant  hélas , douleur atroce, cris de ses sœurs , cris inhumains se répercutant au-delà des vallons, tétanisant tout le voisinage, puis le galvanisant dans une course folle pour porter secours , savoir ce qui arrive , essayer d'aider, de soulager,  de réconforter,  moments de colère,  douleur puis abattement total, résignation quand la perte de l'enfant est inéluctable,
famille dans la désespérance, année de sécheresse inoubliable , pour tous ces cœurs meurtris, l'imaginaire fait le reste.
 
Rina

 

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la malédiction selon MIMI

 

                                                   

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Nous donnons l’alarme avec des cris d’oiseaux. Nous les six de la bande des Invincibles. La nuit va tomber en ce beau soir d’été, nous sommes cachés dans les fourrés et nous attendons la bande ennemie : les Irréductibles.

Mais il ne faut pas qu’ils détectent notre présence car ils doivent tomber dans le piège préparé pour eux : la chute dans le souterrain du vieux château-fort en ruine.

Ainsi ils seront à notre portée, en position d’infériorité, au-dessous de nous et il n’y aura qu’à les cueillir, morts de trouille.

Pour les distraire afin qu’ils ne regardent pas où ils mettent les pieds, nous avons décidé d’imiter les cris d’oiseaux dès que nous les apercevrons au bout du sentier. Michel est placé en éclaireur et il imite parfaitement le cri de la huppe, du coucou et quelques autres volatiles.

Comme ces garnements sont des braconniers dans l’âme qui se prennent pour de fins limiers, ils vont chercher à situer l’oiseau, le nez en l’air, la truffe au vent.

« Coucou, coucou ». Voilà l’ennemi. Des fanfarons, des fiers-à-bras, des m’as-tu vu ! Nous allons leur rabattre le caquet, les humilier, ils n’oseront pas se montrer demain à l’école et raseront les murs. Il faut leur mettre une déculottée mémorable ! Ils ont entendu parler depuis leur plus jeune âge de la malédiction du château hanté et sont déjà bien conditionnés pour une belle peur bleue. Il suffit de faire quelques bruits insolites, agiter des draps blancs dans la pénombre et ils « vont faire dans leur froc », l’imagination faisant le reste.

 

MIMI

 

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la malédiction selon Gill  

                                           

 

                                                          

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                                                avril!!!!

 

 

 Nous donnons l’alarme avec des cris d’oiseaux, puis avec des hurlements stridents : « Attention, le détecteur de fumée s’est déclenché ; toi, fais sortir tout le monde, et moi je monte voir ce qui se passe. A l’étage, une odeur de brulé me saisit à la gorge et tout à coup je me souviens que ma décoction de sauge mijote depuis un temps infini. Je me précipite : par bonheur, le gaz n’est pas éteint et la casserole sans eau caramélise consciencieusement. Je peux arrêter de trembler, pas d’incendie aujourd’hui et pourtant nous sommes en Avril !

Croyez-vous qu’il puisse y avoir, dans la vie de certains, une période, un jour ou un mois particulier marqué par des évènements importants qui se répètent au fil des ans, heureux parfois mais souvent malheureux ? Moi je pense plutôt qu’il y a des coïncidences, mais quand elles se répètent vraiment fréquemment, il faut avouer que le doute s’installe progressivement.

Récapitulons : je suis née en avril, je me suis cassée la jambe, étant enfant, en avril. Mon frère est né en avril, mes parents ont divorcé en avril. Après mes études, j’ai attendu jusqu’en avril pour trouver ce poste. Je me suis mariée, devinez, en avril. Je n’ai pas eu ma promotion prévue en avril dernier et j’ai perdu mon chat, il y a deux ans, en avril. Croyez-vous que ce soit fini ? Pas du tout : mon père est mort un 29 avril et mon fils ainé a quitté la maison un 2 avril ! Beaucoup d’évènements pour un seul mois, vous ne trouvez pas ?

Les optimistes pensent : « coïncidences » ! Les pessimistes se disent : « pourquoi pas un licenciement en avril,  une maladie en avril, pourquoi pas …..une malédiction !! Et peut-être vais-je………..et l’imaginaire fait le reste.

Gill

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la malédiction selon Marie-Hélène

 

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Nous donnons l’alarme avec des cris d’oiseaux, au début, par peur de briser les tabous.

Puis nous donnons l’alarme avec des cris d’animaux de toutes sortes, du chat au tigre, du chien à l’éléphant. Et c’est pire qu’un tocsin qui secoue l’univers en son fondement, c’est l’ébranlement profond et définitif d’un monde.

Nous maudissons avec une énergie décuplée les bâtisseurs de ce monde pervers :

« Maudits soient ceux qui cherchent le profit avant l’amour !

Maudits soient ceux qui préfèrent l’argent à la paix intérieure !

Maudits soient ceux qui courent après le pouvoir et apprennent à leurs enfants à faire de même !

Maudits soient ceux qui imposent leur loi, leurs convictions et leur religion ; ceux qui prétendent détenir l’unique vérité ; ceux qui croient aimer mais en réalité utilisent ; ceux qui vivent comme s’ils étaient éternels !

Maudits soient ceux qui transforment une planète merveilleuse en un gigantesque dépotoir destiné à leur service et qui se satisfont de la misère humaine !

Maudits soient les indifférents qui préfèrent ne pas savoir, ne pas voir et ne pas comprendre !

L’apocalypse arrive, le vieux monde s’écroule enfin, laissant place à une aube d’espérance. L’imaginaire fait le reste…

Marie-Hélène

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la malédiction selon El Pé 

                  

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          Nous donnons l’alarme avec des cris d’oiseaux. Si j’ose dire et afin de me faire comprendre par les non-initiés. En vérité, le branle-bas de combat fut sifflé à bord du bâtiment

        Si vous le permettez, je voudrais effectuer un bref récapitulatif des évènements, pour ceux qui n’auraient pas bien suivi jusque là.

        Nous nous trouvions dans LA frégate de l Ecole Navale. La seule qu’elle possède à ma connaissance, je veux dire d’époque : trois mats, trois ponts, cent canons et deux cents hommes d’équipage. Ou plus exactement cent quatre vingt dix neuf, puisque moi, comme cela ne vous a pas échappé, je suis une fille. La seule, à ce jour, à être sortie de Navale  major de promo. Enseigne Caroline Surcouf- ça ne s’invente pas- Caro pour les intimes. Comme je vous le disais, nous fêtions le succès de notre promo (pas un seul recalé s’il vous plait) sur le « Formidable »- car La Pérouse, malgré sa triste fin, demeure à jamais vivant dans nos cœurs- et entreprenions, toutes voiles au vent, un super périple autour de l’Afrique. Bref, peu de temps après le départ, nous nous trouvions déjà à dix milles (nautiques) du port de Sète, le temps était radieux et, égayés sur la trinquette, le grand mat et le mat de misaine, nous entonnions, en dignes matelots et en chœur, tous les tubes du répertoire maritime lorsque soudain…et voilà, je reprends le cours du récit…

         Soudain, sans raison apparente, le ciel s’obscurcit, de lourdes nuées noires se mettent à défiler à une vitesse stupéfiante juste au dessus de nos têtes, tandis que la mer, jusque là lissée par une tramontane fraiche mais  caressante, se transforme en l’espace d’une minute en furie déchaînée, le tout accompagné par les hurlements d’un vent ayant décidé de prêter sa voix aux damnés de l’Enfer. « Apocalypse now », je me dis, ne croyant pas d’ailleurs si bien dire car…

          Dans ce décor de cauchemar apparait alors, surgissant des abysses, un brick décharné, aux voiles vraisemblablement trouées par des centaines de boulets de canons et comme pris dans le filet d’une araignée géante, invisible fort heureusement. Et comble d’horreur, des squelettes  vêtus de lambeaux d’uniformes se matérialisent soudain, agrippés dans les filins ou aux bastingages  nous fixant de leurs orbites vides, souriant en claquant des dents de façon diabolique et menaçante ; car nul n’ignore, bien sûr, le sort réservé aux malheureux de rencontre par ce funeste équipage.

     Un cri jaillit  de la poitrine de deux cents jeunes officiers de marine terrorisés : « Nous sommes foutus !!! » ; j’entends même quelques : « Maman !!! » désespérés mais qui resteront cependant anonymes.

     Seul le commandant, debout sur la dunette, belle figure de poupe en vérité, demeure impassible. Est-ce ce qui a impressionné le terrible Hollandais, ou le branle-bas de combat que des sifflets se mettent à émettre, sans en attendre l’ordre hélas ? On ne le saura jamais.  Toujours est-il qu’à l’instant même, le navire maudit disparait, comme happé par une vague monstrueuse, la dernière. La dernière en effet puisque, comme par miracle, la mer se calme, le ciel s’éclaircit tandis que les côtes du Languedoc se devinent à nouveau, là-bas, dans le lointain.

         Il n’y a pas eu de sanctions mais le commandant a consigné, dans son carnet de bord :

« Brève panique de l’équipage à neuf heures huit, engendrée par un fort grain aussi bref qu’imprévu et par la présence insolite de quelques feux de Saint Elme. L’imaginaire a fait le reste. »

                Ou pas.

 

      Dédié à ma fille, marin émérite et capitaine à la fois

                                                                                El Pé

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Nous donnons l’alarme avec des cris d’oiseaux. Les appeaux s’égosillent. La diversité des voix crée une chorale champêtre, leurre parfait pour la gent ailée. Néanmoins, celle-ci se questionne : certains trémolos paraissent bizarres en cette saison. Pas le moindre mouvement dans les branchages. Pas le moindre vol à l’horizon. Et pourtant le chant est là, enveloppant, pénétrant, enivrant.

Est-ce celui des sirènes ? Moi, le rossignol, qu’il est difficile d’égaler dans les cantates, je dois avouer être talonné par cette musique pourtant artificielle. Musique de synthèse, certainement. J’en ai l’ouïe chagrinée, puis ravagée quand le sifflement du merle vient grossir ce qui est devenu une cacophonie grossière.

Malédiction, les sirènes c’était dans la Grèce antique. Ici, elles ont cédé la place aux sorcières qui se démènent dans une rave-party assourdissante.

Tout à coup, sortent des fourrés une dizaine de garnements brandissant leurs appeaux d’un air goguenard et victorieux, radieux de leur bonne blague faite aux oiseaux. Ils ont taillé leurs instruments dans des roseaux, l’imaginaire a fait le reste.

 

Mouty