Midilibre.fr
Tous les blogs | Alerter le modérateur| Envoyer à un ami | Créer un Blog

samedi, 15 juin 2013

Incipit: "La marquise..............."

 

 

En vingt minutes, écrire un texte commençant par cette phrase :

« la marquise quittait son hôtel à cinq heures »

 ------------------------------------------------------------------

jogging,marquise,espoir,matin,pacifique,hôtel,silencieux,brillantes,soirées,bouchon,glacière,otaries

 

 Wikimédia  Cannes  La Croisette  Par Gilbert Bochenek

 

 

 

LE JOGGING DE LA MARQUISE


La marquise quittait son hôtel à cinq heures. Son réveil la tirait du lit avant l’aube. Son rituel était alors immuable. Après avoir jeté un regard alangui sur le ciel de lit qui la surplombait - il faut dire qu’il était agrémenté d’un grand miroir circulaire orné de fresques coquines - elle ouvrait sa porte-fenêtre encadrée de rideaux de satin broché et allait prendre quelques grandes aspirations sur son balcon en admirant la Croisette où brillaient encore les réverbères en attendant les premières lueurs du jour sur la mer ambrée. Elle se faisait elle-même une tasse de thé - du Royboss -  et le savourait à petites gorgées en regardant changer doucement la couleur des flots, virant sur l’oranger puis l’azur.

La marquise enfilait alors son jogging et ses Adidas de marche sportive, et, à cinq heures pile, elle franchissait le seuil de l’hôtel pour aller courir le long de la Croisette en revenant par la plage. A cette heure-ci, les lieux n’étaient pas trop encombrés, mis à part quelques fêtards pour la couleur locale.

La marquise aimait faire sa course quotidienne au lever du jour qui transformait les couleurs et les ombres et amenait doucement les bruits de la ville qui s’éveille. C’était sa mise en train. Aller faire du sport en salle n’était pas sa tasse de thé justement. Elle préférait l’espace et la brise légère des journées qui s’annonçaient ainsi favorables à son bien-être. Son jogging était une partie indissociable de sa vie. Après son heure sportive, elle rentrait épanouie à son hôtel, bluffant le personnel de service qui la saluait obséquieusement.

 

Mouty

_______________________________________________________________________________

 

jogging,marquise,espoir,matin,pacifique,hôtel,silencieux,brillantes,soirées,bouchon,glacière,otaries

photo libre

 

 Espoir du matin


La Marquise quittait son hôtel à cinq heures, hiver comme été, invariablement. Son habillement  changeait à peine, car dans ces îles du Pacifique, la température ne varie pas beaucoup au cours des saisons. Un paréo drapé autour de la poitrine et des samaras aux pieds, elle partait pour le bord de mer, à une petite demi-heure de marche. Elle n’était pas peureuse du tout car il faisait nuit jusqu’aux alentours de six heures ; mais qui aurait pu lui vouloir du mal  dans cet endroit.

Ce qu’elle aimait par-dessus tout, c’était voir le soleil se lever sur l’océan encore sombre ; Cette lueur pâle, s’éclaircissant petit à petit, ce halo doré, à peine visible, s’élargissant de seconde en seconde, ce disque sortant de l’horizon puis montant vers le ciel, embrasant l’infini, éclairant de sa chaude lumière, réchauffant les corps et les âmes.

La Marquise restait là, assise, contemplant cette merveille de la nature. Vous vous doutez bien que ce n’était pas une vraie marquise. En réalité, cette marquise-là n’était pas une cliente mais elle était propriétaire du seul hôtel de l’île, une magnifique construction ancienne, et descendante d’un marquis  portugais dont un ancêtre avait découvert l’île. On disait que l’épouse de ce portugais lui ressemblait beaucoup, d’où ce surnom de « Marquise ».

Et savez-vous pourquoi on la voyait là, immuablement, tous les matins ?  Parce qu’à part le lever de soleil, qu’elle voyait comme l’espoir, elle attendait l’arrivée d’un bateau, d’un canot, d’un radeau qui lui ramènerait l’homme qu’elle aimait et qui s’était volatilisé après être parti pour un voyage en mer, il y avait déjà dix ans. Elle ne pouvait croire à sa mort et attendait là jusqu’à sept heures tous les jours. Après, elle repartait sans perdre une once d’espoir, en se disant ; « demain, il sera là, demain ».

Gill

 

_______________________________________________________________________

 

jogging,marquise,espoir,matin,pacifique,hôtel,silencieux,brillantes,soirées,bouchon,glacière,otaries

 François Boucher  wikimédia



La MARQUISE Quittait son hôtel à Cinq Heures , juste au moment ou Mr le MARQUIS sonnait à la porte d'entrée ; il ne risquait pas de se croiser car  Isabelle, la ravissante Marquise de Chaudron , pour la nommer, était sortie par une porte donnant sur une ruelle à l'arrière de L'hôtel particulier des Chaudron ; Joseph , le valet, courut ouvrir  et voyant se matérialiser la silhouette du Marquis devant lui , eut un petit mouvement de recul , vite réprimé ; c'était exceptionnel pour le Marquis de rentrer si tôt , il sentit que quelque chose clochait mais sut rester impassible .

 « Joseph dit -il , je monte à mes appartements , vous m'y apporterez mon dîner s'il vous plait .

-Monsieur est-il souffrant ?

-Euh !!!! non , non , tout va bien Joseph »

dit le Marquis s'esquivant rapidement , un peu trop vite au goût de Joseph ,il avait remarqué le visage au traits tirés du Marquis et son dos vouté comme ployant sous le poids des ans , il savait qu'il ne pourrait pas prévenir Madame la Marquise de ce retour impromptu, ne sachant pas évidement où elle passait tous ses après midi , car ISABELLE était jeune et rester tous les jours dans ce grand hôtel si silencieux ne lui convenait pas du tout , elle aimait s'amuser et aurait aimer y donner de brillantes soirées , le faire vivre, le voir s'illuminer avec les somptueux lustres accrochés au haut plafond ; elle rêvait d'entendre la musique qui ferait tournoyer au son d'une valse les jolies femmes , leur traîne soulevée d'une main , la tête penchée, les yeux dans les yeux  d'un beau partenaire .

Elle se voyait dans les bras de Charles, Charles  qui était fou d'elle, de son corps svelte, qui lui passait tous ses caprices , vous avez compris que ce Charles était son amoureux , depuis longtemps déjà, car le Marquis était bien gentil mais si vieux et  le bruit et surtout, la musique, les fêtes , tout cela l'ennuyait tellement , il préférait passer tous ses après midi, sa petite sieste terminée, dans son club, rejoignant ses chers amis, aussi déprimants et grognons que lui , à jouer au bridge ;il ne rentrait que fort tard dans la nuit et sitôt couché, Isabelle savait qu'il s'endormait comme une masse , elle s'était assurée de la profondeur de son sommeil plusieurs soirs de suite , avant de commencer ses sorties nocturnes , collant l'oreille contre la porte de sa chambre ,entendait les ronflements sonores qui lui procuraient un sentiment de sécurité , elle était tranquille ; alors la belle Marquise s'était organisée ; avec l'accord de Charles, c'est à son Hôtel ,chez lui , qu'elle les faisait, les fêtes , si joyeuses avec de nombreux amis, tous gais et aimant tant rire et s'amuser ; aussi à chacun de ses retour, elle se glissait sans bruit, sur la pointe de ses pieds déchaussés , jusqu'à sa porte de chambre  qui était toujours fermée ,mais  l'huis bien huilé  s'ouvrait sans bruit ; de toute façon depuis longtemps déjà  le Marquis avait aussi délaissé la chambre  de sa si jolie Marquise mais cela n'empêchait pas le pauvre Marquis  de ressentir l'aiguillon de la jalousie le piquer , et se doutant que sa jeune épouse le trompait ; il s'était renseigné , à présent il allait la surprendre , lui demander des explications  ce soir même , ce pourquoi il était rentré si tôt .

Isabelle ne se doutait de rien, confiante , elle fit comme à son habitude, se déchaussa , marcha tout doucement jusqu'à sa porte, et  au moment ou elle introduisait la clé dans la serrure , il surgit devant elle, tel un spectre, allumant toutes les lumières ;elle poussa un cri strident ; « vous mon ami , mais comment , pourquoi, devant ma porte , si tard ? Etes-vous souffrant ?  Le Marquis furieux était livide , il voulut s'avancer , menaçant, vers elle,  lui crier toute sa colère, mais ne put ; aucun son ne sortit de sa gorge , seul un cri puissant s'éleva dans l'air, ses bras se tendirent puis  il s'affaissa au sol comme un pantin ; terrifiée la Marquise était incapable de bouger , mais tout ce bruit avait réveillé le personnel  qui accourait ; se penchant sur le Marquis, le maitre d'hôtel le premier  posa son oreille à l'emplacement du cœur et, constata qu'il ne battait plus ; « Madame la Marquise , Monsieur est mort »  dit-il ,se courbant vers elle ;son cœur a cessé de battre ; blême, Isabelle le regarda  sans avoir l'air de comprendre , puis d'un seul coup elle réalisa et donna toutes les directives pour le transporter dans ses appartements , et appeler le médecin qui devait certifier le décès ,tout n'était à présent qu'une question de temps , de patience ; qu’y pouvait-elle, si son vieux mari , sous le coup d'un forte colère , avait cessé de vivre , il était si vieux et si fatigué, c'était tout à fait normal pour elle ; à présent, se dit-elle, je vais pouvoir enfin vivre à ma guise ,  faire des fêtes autant que je voudrais ;mon ami , je pense à vous avec tristesse , je vous dois beaucoup , mais la vie est si courte savez- vous  !!!!!!!!!

Rina

_____________________________________________________________

Penguins in the zoo of vincennes

wikimédia

 

     La marquise quittait son hôtel à cinq heures. Vêtue d’un imperméable kaki et de bottes en caoutchouc assorties, nul n’aurait pu deviner son titre, et pourtant ! Pourtant elle descendait d’une des plus grandes familles de France, n’en déplaise aux Sans Culottes demeurés parmi nous (moi-même, il y a de cela quelques jours, j’ai chanté « Ah ça ira » avec une telle ferveur que j’en ai eu les larmes aux yeux mais là n’est pas le sujet), d’une des plus nobles familles Ventrebleu !

     Noblesse de sang : l’un de ses ancêtres avait participé aux Croisades avant de mourir de la peste à Tunis, près de Saint Louis, mais l’évènement le concernant avait été beaucoup moins médiatisé, bien sûr.

      Noblesse de Cour : un autre ancêtre, un peu plus récent celui-là, avait eu l’honneur de vivre à Versailles dans une chambre ressemblant à une cage à poules, et qui en avait d’ailleurs l’odeur. Mais diantre quel honneur lorsque Le Roy (Louis XIV en l’occurrence), daignait l’inviter à une partie de piqué, en soirée privée. Sa vie en était illuminée durant des semaines à ce cher marquis…

     Noblesse de bouchon enfin puisque son vin de Bordeaux ultra millésimé provenait de vignobles prenant naissance en bordure des Landes et avaient vu le jeune Mauriac gambader en culottes courtes parmi les pieds de vigne, lorsqu’il était invité pour les vacances au Château.

  C’est vrai, on aurait plutôt vu sortir la marquise en tailleur haute couture et prendre place dans une limousine noire dont le chauffeur, casquette à la main, maintiendrait ouverte la troisième portière droite.

   Mais que nenni. La marquise, chaque jour que le Bon Dieu fait, été comme hiver, toujours vêtue de la même façon, quittait à dix sept heures son hôtel,  particulier et avec vue sur le bois de Vincennes.

    Munie d’une glacière en plastique bleue, elle s’acheminait alors vers le zoo, passait les portes, saluée par les gardiens qui la connaissaient bien…puis elle marchait droit vers le bassin où s’ébattaient phoques et otaries, y pénétrait, s’arrêtant toutefois quand l’eau atteignait le haut de ses bottes et là…

      La marquise lançait des sardines à ses charmants pinnipèdes qui accourraient vers elle avec de joyeux barrissements et moult applaudissements de nageoires. Elle lançait des sardines et récitait des vers.

                                                    El Pé

                                                                                                                      

 

 

lundi, 28 novembre 2011

duo de stylos

 

voici notre 1ère consigne du jour

 

 

 

            1° - vous recevez un message (par mail ou sur votre répondeur, ou par une bouteille à la mer ou tout autre moyen à votre convenance) qui ne vous est pas destiné. Rédigez ce message puis donnez-le à votre voisine.

 

            2°- Racontez votre réaction au message que vous avez dans les mains


Tahiti-16.jpg

© Benoist Sébire


 

Mouty

 

Je me prélasse sur la plage, les vagues lèchent mes pieds. Une bouteille ! Un message !..........j’ouvre.

 « Ma chérie, j’ai découvert l’Eden sur une île des Galápagos. Rejoins-moi vite. Je te serre dans mes bras. ROBINSON »

 Voyons d’abord cette bouteille ! Et bien, c’est une bouteille qui n’a rien d’extraordinaire, une bouteille transparente, d’une contenance d’un litre, qui pourrait venir de l’épicerie du coin, et qui a l’air, ma foi, en assez bon état. Quant au message, il est lui aussi en bon état, même en très bon état, écrit sur du papier dont la couleur lavande est très bien conservée et me paraît familière. Et enfin, la proposition très séduisante d’un Robinson que j’aimerais bien connaître et dont je cherche inconsciemment à cerner la personnalité.

 Alors, fermant les yeux, allongée sur le sable noir tahitien, je me mets à rêver sur cette tranquille plage de Fara Ute qui est déjà un Eden. Je vois Robinson, finement musclé, blond évidemment, les yeux bleus très clairs, les cheveux courts, une petite mèche retombant légèrement sur le front, la peau dorée plutôt que bronzée, la barbe courte et soyeuse. Le bateau qui lui permet de pêcher pour se nourrir est amarré non loin de lui et il prépare tranquillement son matériel en attendant impatiemment mon arrivée. Non loin, des iguanes à la stature impressionnante se chauffent nonchalamment sur les rochers et des otaries sont paresseusement allongées sur le sable. Oui, c’est tout à fait comme cela que je vois « Mon Robinson ». Poursuivant ma rêverie, j’ouvre à demi les yeux et petit à petit Robinson se matérialise ; il est là devant moi. Bien réveillée cette fois, je vois François qui m’observe ; son regard va de mon visage à la bouteille et au message dans ma main et il a ce petit sourire d’enfant farceur que j’adore et qui me fait craquer.

 Alors, sans chercher à comprendre, souriant intérieurement, je réalise que mon Robinson, je l’ai déjà ici avec moi et qu’il n‘est nul besoin d’aller aux Galápagos pour le trouver même si je dois renoncer à côtoyer iguanes et otaries.

 

Gill

________________________________________


galàpagos,iguanes,otaries,ténérife,randonnée,gouffre,help,infierno,jazz,galère,faune,métro,maserati

http://auto.sport.free.fr/photo/MASERATI-222--5152.jpg

 

  Ji Gé

    Crevée ! Super crevée ! Quelle journée !! Ouf, enfin chez soi !

D’abord, envoyer promener les godasses, ouvrir le frigo et se servir un grand verre de lait froid (à la fraise)  , puis se diriger sans trop d’illusions vers le répondeur téléphonique en signal de détresse. A tous les coups une collection mirifique de cuisines et de vacances low cost m’attend, cachée derrière un O1 quelque chose…Je fais donc défiler les messages en absence quand tout-à-coup, derrière effectivement un O1, j’entends ceci : «Bonjour Monsieur, ici la secrétaire de votre garage des Champs Elysées. La Maserati que vous avez commandée est à votre disposition, vous pouvez en prendre possession dès que vous le souhaitez. Passez une excellente journée. »

     Kézaco ? A l’évidence, il y a erreur sur la personne. D’une part je ne suis pas un monsieur, et surtout mon garage n’est pas situé sur les Champs mais à Montimaran (ZA de Béziers pour les non-initiés). « OK, laisse tomber bébé » que je me dis sitôt suivi d’un : « Et pourquoi après tout ? ». Voilà, c’est tout moi ça. Je sais que je suis en train de commettre une bêtise (restons polis) gigantesque mais je fonce quand même. C’est grave Docteur ? Oui ? Tant pis.

     Bref, dans la foulée je compose (tout en prenant soin de masquer le mien) le numéro agréablement fourni par mon gentil répondeur et rode en quelques secondes un super accent snobinard du XVIème. S’en suit donc : 

          « - Suis-je bien au garage des Champs Elysées ?

              - Mais oui Madame

              - Ah Bonjour, c’est au sujet de la Maserati…Je viens de découvrir votre message, en rentrant de la garden party de Nicolas…

                - Oh ! Madame D… ! (J’ouvre ici une parenthèse pour signaler que le D correspond à un personnage très connu de la jet set dont je n’ai malheureusement pas le droit de divulguer le nom)

                - Elle-même.

               -Votre voiture est prête et...

                -Oui, j’avais compris. Je passe demain en début d’après-midi. Mon mari voulait me faire une surprise. Dommage, il sera furieux, le pauvre…

              - Oh ! Je suis désolée, vraîm…

                -A demain mon petit. »

Une nuit agitée, peuplée de rêves à la Scott Fitzgerald, un TGV à pied d’œuvre le lendemain à l’aube et Paris, toujours aussi blonde et pluvieuse, un peu plus tard. Taxi jusqu’au fameux garage (je ne vais pas surgir du métro, non ?) Présentation au « conseiller » sapé Armani qui me dévisage d’un œil surpris, mais se reprend in extremis ; naturellement, mes fringues estampillées Kiabi y sont pour quelque chose mais ces rombières de la haute sont tellement excentriques, n’est-ce-pas ?

             La Maserati est là, d’un bleu outremer à damner un ange. J’ouvre la portière, ô céleste musique, m’assois sur le siège en chevreau blanc, moulant à souhait, mets le contact et…

              …Et ce serait merveilleux si c’était vrai, hein ? Mais hélas, ce n’est qu’un jeu…d’écriture. N’empêche que cela m’a donné des idées. Finalement, c’est le genre de truc qui peut tout-à-fait arriver, non ? Avec un peu de chance…

                Alors promis juré, je serai prête à tenter le coup. Pourvu que ce soit une Ferrari, rouge bien sûr. Pour aller avec le polo au petit cheval que je me suis acheté hier. Parce qu’après tout, on ne sait jamais.

  El Pé

__________________________________


<a href="http://www.photo2ville.com/photos-shanghai/"><img src="hgalàpagos,iguanes,otaries,ténérife,randonnée,gouffre,help,infierno,jazz,galère,faune,métro,maserati

 

 

Rina

 

 « J’ouvre ma boîte électronique. Je sors mes messages. Parmi eux s’en trouve un qui m’intrigue. Je l’ouvre et lis :

-       Vous nous avez contacté pour postuler à un emploi de Gouvernante d’étage à l’hôtel Ibis »

 

Deux mois déjà que je galère pour trouver un emploi. Le dernier s’est envolé avec la délocalisation de la boîte - où je trimais depuis quinze ans - vers la Chine. Mes dizaines de demandes restent sans réponse, même après avoir revu mon CV à la baisse pour mes prétentions salariales. Le découragement commence à me tirer par les basques. Je flemmarde en promenant un regard vague sur l’écran de mon ordinateur.

J’ouvre pour la énième fois ma boîte électronique d’où je balance machinalement tous les messages publicitaires.

 Toujours pas de réponse à mes demandes d’emploi.

 Tout d’un coup, Youpi ! En voici un qui m’intrigue. Je l’ouvre et lis : « Vous nous avez contacté pour postuler à un emploi de Gouvernante d’étage à l’Hôtel Ibis ».

 Tiens, je n’ai jamais contacté d’hôtel Ibis. Ni présenté ma candidature à un poste de gouvernante d’étage dans aucun hôtel.

 Mon emploi précédent dans une concession de véhicules ne me préparait pas à ce job. Et pourtant…

 Et pourtant je sautai sur l’occasion, c’était peut-être l’affaire de ma vie.

 Je répondis : Dame, la trentaine, niveau et expérience confirmés, demande à être reçue pour une rencontre professionnelle concernant le poste de Gouvernante d’étage dans votre hôtel / BAC + 5 / Trilingue / Célibataire sans enfant / Grande mobilité / Immédiatement disponible.

 Réponse : OK. Votre réponse nous convient / Vous donnons rendez-vous à Roissy samedi 19 novembre à 9 h / Prenez vos dispositions pour départ à 11h / Devrez être en poste à l’Hôtel Ibis de Shanghai dès lundi 21 novembre à 8h / Comptons sur vous / A très bientôt.

 

 Mouty

________________________________________

 

 

 


 

poursuivons avec la 2ème consigne

 

           - Décrivez une situation angoissante (lieu, personnages, énigme, suspense) puis donnez votre texte à votre voisine.

 

           - Écrivez la suite du texte que vous avez reçu de votre voisine.


galàpagos,iguanes,otaries,

www.all-free-photos.com


 

Rina

 

 El barranco del infierno. Tenerife. Ce coin perdu de nulle part, un gouffre coincé au fond d’un ravin où j’ai glissé, dérapant sur un sentier de randonnée et dégringolant sans pouvoir me retenir ou m’accrocher et, quand je réussis enfin à m’agripper à une maigre branche flexible qui semble tenir le coup, je découvre que je me trouve tête en bas à l’entrée d’un  gouffre d’où sort un terrible grondement qui doit être de l’eau, des chutes d’eau. Combien de temps tiendrai-je ? Vais-je pouvoir me rétablir et regrimper ? Et d’abord mon portable, atteindre mon portable pour pouvoir prévenir. J’ai été imprudente, je n’ai pas tenu compte des conseils de prudence donnés avant le départ, je vais peut être le payer de ma vie. Mais je me rappelle, un couple me suivait, il n’était pas loin derrière moi, il m’a sûrement vue glisser et disparaître, il va sans doute alerter les secours. Comment vais-je sortir de cette situation inquiétante ?

 El barranco del infierno  à Tenerife.Si je sors vivante de cette situation périlleuse, je me souviendrai toujours de ce lieu au nom maudit. Pourvu que cette appellation ne soit pas prédestinée : le ravin de l’enfer ! Pourvu que ce ne soit pas l’entrée, la bouche de Satan, la gueule du monstre qui avale les âmes qui passent un peu trop près, à portée !

 La position est périlleuse : cramponnée à une branche souple, tête en bas ou presque.

 Je n’ai qu’une main libre pour essayer de saisir mon portable et si je l’ai, il ne faudra pas le lâcher. Je vais déjà commencer à hurler pour alerter le couple qui me suivait ou d’autres randonneurs. « Au secours !Au secours !Help !SOS ! Je commence à fatiguer, je ne tiendrai pas longtemps. Il faut absolument rétablir une position plus confortable et plus sûre, ne serait-ce que pour pouvoir attraper le portable qui se trouve…va savoir où !? Où l’ai-je rangé la dernière fois ?

 Bon, pas de panique, calmons nous, prenons les choses dans l’ordre le plus logique, le plus chronologique, le plus opérationnel, le plus utile. D’abord essayer de me redresser sans à coup car le bruit autant que le vide au-dessous sont inquiétants.

 Voilà, ça va mieux, le rameau tient le coup, moi aussi pour le moment…Je vais essayer de remonter. Cette racine au-dessus semble bien plantée, j’essaie. Ouf !ça tient. Encore un point d’ancrage pour les mains et d’appui pour les pieds. Au secours, je suis là !

Ah ! J’entends un appel venu d’en haut. On m’a repérée ! Courage, on en sortira de ce ravin de l’enfer ! J’ai la chance d’avoir seulement glissé et de n’être pas blessée.

 Ouh !ouh ! Je suis là ! Pour le moment ça va. Pourvou qué ça douré ! Comme disait Laetitia Buonaparte, la mère de Napoléon .Mais ça n’a pas duré pour eux.

 Comment puis-je faire de l’humour dans une telle situation ? L’humour sert justement à dédramatiser les situations graves. Et là, nous y sommes en plein !

 Allez, je remonte. Repérer les points d’appui…Moi qui ai horreur de l’escalade, je suis servie ! Je vois là-haut une main qui se tend, des visages qui me sourient. Je retrouve le sol ferme. Je n’oublierai jamais el barranco del infierno !

 

 Mimi

______________________________

 

http://www.vracimages.com

 

galàpagos,iguanes,otaries,ténérife,randonnée,gouffre,help,infierno

 

 

 

 

 

 

 

          

 

                         

galàpagos,iguanes,otaries,ténérife,randonnée,gouffre,help,infierno

               

 

 

                

 

                                                                   

 

       

Mimi

Des amis qui jouent dans un groupe de jazz m’ont invitée à aller les écouter ; mais ils se produisent dans un quartier de la ville plutôt mal famé et j’appréhende de m’y rendre seule, de nuit, avec ma voiture. Le lieu du « concert » est une salle en sous-sol d’un immeuble de banlieue et les spectateurs-auditeurs sont les habitants du quartier qui connaissent les musiciens, mes copains. J’arrive là, le lieu est sombre, enfumé, très bruyant, empli de toute une faune hétéroclite et de tous âges depuis des bébés dans des poussettes jusqu’à des vieilles se croyant encore des miss et des vieux basanés, blanchis, chenus, ridés.

Que suis-je venu faire dans cette galère ?

Galère, galère, c’est peut-être un peu vite dit. Il est vrai que je n’arrive pas ici très détendue: j’ai eu du mal à me garer et j’ai dû aller à pieds plus que je ne l’aurais voulu. J’aurais dû prendre le métro, mais à cette heure ce n’est pas mieux. Je crois que j’ai d’emblée trop d’à priori sur ce lieu et ces gens et il faut plutôt que je me calme et que j’essaie de trouver mes copains. Cela ne va pas être très facile dans cette atmosphère embrumée. C’est vrai que toute cette fumée de cigarettes me gêne mais après tout, comme j’ai fumé aussi, je n’ai rien à dire.

Peu à peu, mes yeux s’habituent à l’obscurité et je vois que la couleur de peau dominante est le noir. Mais tout ce noir est joyeusement enveloppé dans des coloris voyants, certes, mais gais ! Tous ces spectateurs du quartier ont l’air parfaitement bien dans leur peau. De place en place des visages plus clairs, blancs, semblent tout à fait intégrés à la riante assistance. Je m’aperçois que le bruit est un mélange de rires, de conversations bruyantes mais enjouées, de babillements et de cris d’enfants, de voix haut perchées de femmes qui s’interpellent. En regardant bien toute cette assemblée, je la trouve de plus en plus sympathique.

Ah, tiens, je vois un de mes copains, là-bas. Je vais essayer de le rejoindre si j’arrive à traverser cette foule compacte. Après m’être faufilée entre tous les boubous chamarrés, j’arrive enfin près de lui. Un sourire de bienvenue et me voici présentée à tout un tas de ses amis du quartier, embrassée, serrée dans des bras accueillants et invitée à partager les boissons, les sandwichs, bref, adoptée. Alors nous écoutons ensemble cette musique que j’adore, en nous déhanchant en rythme jusque très tard dans la nuit. Les enfants s’endorment au son de la clarinette et les « vieux » s’assoupissent dodelinant de la tête en  musique. Je passe une excellente soirée et au moment de partir un petit groupe propose de m’accompagner à ma voiture. Finalement, heureusement que je l’ai prise car à cette heure très tardive,  il n’y a plus de métro.

Gill

_______________________________________________________

 

 

galàpagos,iguanes,otaries,ténérife,randonnée,gouffre,help,infierno,jazz,galère,faune,métro,maserati,hôtel,ibis,shangaï,pic-vert,grenier  http://www.toutimages.com/

 

 

Gill

 

« La maison au milieu des bois, dans les Landes, n’a rien d’inquiétant, bien qu’il fasse déjà nuit, mais ce sont les coups qu’on entend de façon régulière et dont on n’arrive pas à déterminer l’origine, qui créent ce climat d’inquiétude, presque de peur. Le chien s’agite et furète dans tous les coins de la maison, semblant s’attarder à côté de la cheminée vers la petite porte qui monte au grenier. Les enfants sont immobiles au milieu de la grande pièce, demandant s’il y a des voleurs dehors, et ne semblent pas rassurés par leur père qui leur dit de ne pas s’inquiéter. Quant à moi, je vérifie que les trois portes qui donnent sur l’extérieur sont bien fermées. Ma mère, toujours très calme pourtant, semble légèrement impressionnée. Tout le monde lève la tête car les coups répétés semblent provenir maintenant du grenier. Et si des gens mal intentionnés avaient pénétré dans la maison ! Il n’y a pas de voisins très proches, pas de téléphone, donc pas d’aide !

 La régularité des coups inquiète. Au plus fort de l’angoisse, ils s’arrêtent. Le silence qui s’ensuit devient terrifiant. Il paralyse. Les respirations s’arrêtent. L’absence de tout bruit est pire que les sons dont on ignore l’origine. Soudain, les coups repartent. Des martèlements secs, rapides, enchaînés les uns aux autres. Puis, une pause. Interminable… Un coup de vent claque une porte entr’ouverte. Elle était pourtant  fermée tout à l’heure ! Un coup d’œil circulaire : ma mère n’est plus là ! Sortie ! Inconsciente du danger !

Soudain, venant de l’extérieur, un grand éclat de rire. Le rire saccadé de ma mère, inextinguible. J’entrebâille la porte et prends de l’assurance en voyant l’air hilare de ma mère qui se tient les côtes. Après avoir repris son souffle, elle nous explique alors avoir découvert le manège d’un pic-vert noctambule qui a emménagé ses pénates dans le tronc servant de mat à la maison pour soutenir l’arêtier. Ses coups de bec répétés en cadence sur le tronc sont transmis par la boiserie du grenier. Amplifiés, ils parviennent au rez-de-chaussée, intrigant les non initiés. Et si nous avions approfondi l’inscription portée sur le fanion flottant en haut du mat… « La Maison du Pic ». Ce n’était pas le nom du tertre voisin, mais bel et bien celui de cet oiseau squatter des endroits forestiers ou des bords de rivières.

 

 Mouty