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samedi, 16 janvier 2016

Lettre et réponse à deux plumes

Écrivez sur un papier le nom d’un personnage et le nom d’un objet pour faire une pioche. Tirez au sort un papier.

 

En 25 minutes écrivez une lettre à qui vous voulez en vous mettant à la place du personnage tiré au sort, et comportant le nom de l’objet. Mélangez-les.

Tirez une lettre au sort et en 25 minutes rédigez la réponse.

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Hans Trapp

wikimédia

 

Chers tous, lettre universelle,

Depuis des années, je punis tous les enfants qui n’ont pas été sages ; ces enfants qui ont tiré la langue, chapardé des bonbons, cassé leur vélo, qui n’ont pas appris leurs leçons. Et je me rappelle plus particulièrement celui qui a mis une louche en équilibre au-dessus de la porte pour faire peur à sa grand-mère. Mon fouet a bien travaillé : un petit coup sur les fesses de celui-ci, une tape sur les mains de celle-là. J’ai surveillé pendant des années toutes les polissonneries des uns et des autres, étant plus clément pour ceux qui avaient des regrets, plus sévère pour ceux qui étaient fiers.

Aujourd’hui, je vous annonce que je prends ma retraite, et j’en suis bien content :

Vous pouvez aller faire fouetter vos gosses ailleurs…

Meilleures salutations.

Le Père Fouettard                                      Claudie

 

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Cher Père Fouettard,

Enfin, une bonne action de ta part. Tu as compris qu’il valait mieux ne pas s’incruster sur la scène à l’instar de certains animateurs de la télé qu’on en a marre de supporter. Toi, on te supportait par la force des choses car tu faisais partie du paysage audiovisuel propre au Père Noël et à Saint-Nicolas. Tu nous collais un peu la trouille mais ça nous émoustillait, avides de savoir si notre sabot serait bien rempli malgré la flopée de bêtises et de petits larcins que nous avions commis.

Père Fouettard, Bonne Retraite ! Mais je crois que tu vas nous manquer tu sais, car derrière ton visage de massacreur nous devinions un peu de bonhommie et de mansuétude pour les pauvres gosses égarés de la morale que nous étions. Je me permets de te rappeler, mais cela tu le sais sûrement, que la retraite est le moment du bénévolat, et qu’en cas de défaillance de ton successeur tu seras, à l’occasion, le bienvenu, histoire de nous remémorer nos frousses anciennes et de les comparer avec les actuelles.

Allez, sans rancune Père Fouettard, et peut-être à bientôt.

Un pauvre gosse                              Mouty

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Charlemagne-by-Durer

wikimédia

 

Chers élèves du Royaume de France

Bien installé dans mon fauteuil préféré, mes pantoufles favorites aux pieds, je voudrais vous souhaiter la bienvenue dans l’école de l’an 789, une école qui accueillera les fils bien nés autant que ceux de condition modeste. Vous allez tous pouvoir accéder à la connaissance. Plus d’ignorants, plus d’analphabètes. Vous deviendrez tous en mesure de lire un manuscrit, de signer un document, de faire les comptes de vos futurs commerces.

Vous apprendrez la lecture, l’écriture, le calcul, la religion, l’histoire de votre pays et la géographie du monde. La terre n’aura plus de secrets pour vous.

En échange, vous vous engagerez à respecter ceux qui vous enseigneront, ainsi que les classes qui vous accueilleront. Vous observerez la plus grande politesse vis-à-vis de vos maîtres et de vos camarades.

Certains d’entre vous, ayant le goût de l’étude, transmettrons peut-être à leur tour leur savoir ou deviendront de grands écrivains ou d’éminents mathématiciens.

Saisissez l’’opportunité qui vous est donnée d’acquérir la liberté par la connaissance.

Croyez-moi, mon école réinventée et développée ira loin !

Charlemagne  Roi de France                          Gill

 

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 Votre Majesté

Après avoir pris connaissance de votre missive, je tiens à me présenter. Je suis un écolier du vingt et unième siècle et c’est très gentil à vous de me souhaiter la bienvenue, mais vous savez, je vais à l’école à reculons. Je n’aime pas les mathématiques et pour écrire maintenant, il y a l’ordi qui corrige les fautes d’orthographe, alors pourquoi s’en faire.

Même si je fais un effort pour faire tout ce que vous dîtes, c’est pour avoir le dernier smartphone avec tous les jeux qui existent, que mes parents, trop contents de mes notes, vont m’offrir.

Alors, mon cher Roi de France, continue de caresser ta barbe fleurie dans tes pantoufles et ton fauteuil préféré.

Nicolas                                                         Dedou

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fanfan-el-invencible.jpg

Mon cher Gérard,

Je t’ai cherché partout, au Paradis, évidement, impossible de te trouver. Où t’es-tu donc planqué ? Oui, oui, je suis d’abord allé trouver Molière, qui t’avait vu, m’a-t-il dit, il y a une dizaine d’années. Je te parle en temps terrestre, tu l’auras compris. Même qu’il m’a demandé de te passer le bonjour, quand je te verrai. Bref, tu n’y étais pas. Chez plusieurs réalisateurs de cinéma, ce fut la même chanson. Ouais, ils t’avaient rencontré, à un moment ou un autre, mais de Gérard au présent…macach bono.

Aussi, en désespoir de cause, je t’écris cette petite lettre, que je remettrai à l’Archange Gabriel, afin qu’il te la fasse parvenir. Avec lui, je suis tranquille, il a l’habitude des commissions délicates.

Tout ça, pour te dire, mon cher Gérard, que depuis que j’ai vu, sur grand écran céleste, le film dans lequel tu joues mon personnage, je suis devenu un de tes fans les plus accros. D’autant que tu apportes à mon personnage une dimension que je n’ai pas eue. Oui, quand il s’agit des nanas, n’en parlons pas, et même quand tu charges l’ennemi au son du clairon, tu restes classieux. Je l’avoue ce n’était pas mon cas.

Je t’invite, je t’attends jeudi prochain à 11 heures, à la cafet de Marie-Madeleine. J’ai hâte d’y être.

Bien à toi,

Fanfan                                        el Pé

 

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Mon cher Fanfan,

Ta lettre m’a beaucoup touché. Je me suis bien amusé à jouer ton personnage. J’ai essayé de lui donner le meilleur de moi-même dans la drôlerie, l’audace et la vivacité. Je te remercie d’avoir eu des aventures aussi pittoresques, tu étais à ta manière un personnage hors du commun, même si tu minimises tes talents.

Je ne suis pas étonné que tu m’aies cherché partout. Dans ma vie, même si elle ne fut pas très longue, j’ai côtoyé tant de personnages, d’auteurs, de réalisateurs de mon temps et de temps plus anciens. Mon âme les cherche à travers les nuées et l’Eden. Pour ceux que j’ai retrouvés, certaines rencontres furent mornes, d’autres joyeuses, d’autres suaves et langoureuses.

Aussi, pour un peu changer d’air, j’accepte ton invitation, je serai jeudi prochain à 11H à la cafet Marie-Madeleine.

Salutations,

Gérard Philipe                    Claudie

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Jean-Francois Champollion 1828 29

wikimédia

 

Chère mémé, cher pépé,

Vous vous plaignez de mon silence….mais non, je ne suis pas un ingrat oublieux de mes devoirs familiaux. Mais le chameau qui emporte le courrier jusqu’au bateau à Port-Saïd ne se dépêche pas, il rêve à sa retraite dans une oasis, entouré et servi par un harem de jeunes et dociles chamelles. Que vous raconter ? Ma vie est monotone : les ouvriers creusent dans le sable jusqu’à ce qu’ils exhument un fragment plus ou moins gros de pierre couvert de signes mystérieux que j’ai baptisés hiéroglyphes. Contrôlez avec le dictionnaire l’orthographe de ce mot barbare. Un jour, j’ai cru qu’on avait déterré les tables de la loi – vous savez que Moïse les a perdues dans la traversée du désert. Déception, c’était une recette de cuisine qui commençait ainsi : « prenez une casserole, remplissez-là d’eau, faites-là bouillir au soleil. » Après je ne sais plus car je n’ai pas achevé le déchiffrage de l’alphabet ancien égyptien. Tout savant Champollion que je sois, je ne suis pas arrivé à lire l’écriture des pharaons en entier. A ma décharge, je dirai que le roseau affûté utilisé par les scribes trouait souvent les papyrus. D’où de grandes difficultés de compréhension qui retardent mon retour. Portez-vous bien et attendez-moi bien patiemment. Votre petit-fils qui vous embrasse sur les deux joues.

Champo.                                  Line

 

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Mon cher petit,

Ces nouvelles de toi sont les bienvenues car il est vrai que tu ne nous en donnes pas souvent. Je sais, Port-Saïd, c’est loin, mais il faudrait surtout penser à changer le vieux chameau qui emporte le courrier. De grâce, mettez-le à le retraite au milieu de ses chamelles, et prenez-en un jeune et bien fringant qui assurera le travail avec célérité et dynamisme.

Déterrer les tables de la loi, ce serait effectivement très satisfaisant pour toi, mais je vais te dire : Moïse n’avait qu’à y faire attention. C’est incroyable d’être aussi négligeant. Enfin ce problème n’est pas le plus grave, car moi, ce qui m’ennuie beaucoup, c’est que tu n’aies pas réussi à déchiffrer la fin de cette recette de cuisine. Tu sais comme pépé aime la cuisine exotique. Cela l’aurait changé de l’éternel gratin de pommes de terre.

Aussi mon petit, tu vas me faire le plaisir de te mettre rapidement à la tâche pour me déchiffrer cette écriture récalcitrante. Débrouille-toi, révise-moi ton alphabet ancien égyptien, renseigne-toi auprès de tes savants confrères sur l’écriture des pharaons et ne reviens qu’avec cette recette complète. Nous pourrons peut-être alors te pardonner tes trop rares missives.

Travaille bien, mon petit Champo. Nous t’attendons impatiemment, la batterie de cuisine au garde à vous.

Mémé et pépé qui t’aiment               Gill

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Jacques-Louis David, The Coronation of Napoleon

wikimédia

 

               Bien chère Joséphine,

     Me voici, encore une fois, loin de toi, de ta douceur, de ton amour, sur les sentiers de la guerre.

     Ce sacre d’empereur, pour lequel j’ai tant bataillé, m’aura mené sur tous les fronts, tant à l’Est qu’à l’Ouest.

     Certes, mes victoires m’ont apporté gloire,, célébrité et puissance. Mes défaites, elles, furent terribles.

     Ma volonté de conquêtes aura couté la vie de milliers d’hommes, courageusement morts au combat. La vision de ces charniers, après chaque bataille, les cris déchirants des survivants m’interrogent parfois sur la légitimité de ces guerres incessantes.

   Alors, ma douce, je pense à toi, à ta peau si douce, grâce à la louche de lait d’ânesse que tu mets chaque fois dans ton bain, à tes bras, à ta bouche…

     A bientôt donc, je t’aime.

                                                                                              Napoléon                     Valérie

 

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        Décidemment, tu ne changes pas, mon Napo adoré. Toute une littérature pour parler de tes batailles, de tes victoires et de tes états d’âme… en fait de toi-même, mon grand chéri à l’ego surdimensionné…pour terminer par une charge à la hussarde-bien sûr on ne se refait pas- en trois lignes. Grâce auxquelles, n’est-ce-pas, je dois me sentir délicieusement femme. Une femme parfumée au lait d’ânesse certes, mais avant tout aimée, comblée, en un mot : HEUREUSE.

       Mais je commence à en avoir l’habitude, mon biquet, aussi en ai-je pris mon parti.

Tu seras content de savoir que ta Joséphine est devenue sage, pour ne pas dire philosophe. Ecoute un peu :

     Je m’éclate comme pas permis à la Malmaison et je ne te remercierai jamais assez de m’avoir offert cette somptueuse demeure. Elle adoucit, un peu, la tristesse due à ton absence. Car tu me manques terriblement, mon chéri, aussi j’essaie de l’oublier en dépensant ton argent comme une petite folle, en toilettes, bijoux, banquets et tout ce qui s’en suit.

     Mais, comme tu me manques toujours malgré tout, j’ai fait en sorte de m’entourer de beaux jeunes gens, portant bien l’uniforme et gentiment planqués à l’abri de la guerre grâce à leurs relations.

       Cela dit, amore mio comme l’on dit dans ta famille, je ne m’endors jamais sans penser à toi. Sans m’imaginer que tu es près de moi, là, dans notre lit et que j’embrasse passionnément ton beau torse dénudé… Mais j’arrête car poursuivre dans cette voie...risque de te faire plus de mal que de bien.

           Toute à toi,

Ta Jojo qui te kiffe* très fort.

*J’ai appris ce mot d’un de tes capitaines au retour de ta campagne d’Egypte.

                                                                                                      

     JO                                                  El Pé

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jeudi, 11 décembre 2014

Conte de Noël pour petits et grands

Imaginer un conte qui comprendra 4 parties à écrire en 20minutes chacune.

 

1ère partie 

Camper les personnages (humains, animaux, objets, ou fictifs)  et leur environnement (lieu, temps, etc.). Penser aux éléments (eau, feu, etc.). Mettre en éveil nos cinq sens (vue, ouïe, toucher, goût, odorat)  L’histoire peut être contemporaine  ou passée, elle peut se dérouler à notre époque ou au temps jadis, il y a peut-être des siècles. Ce peut être un rêve ou la réalité.

Inclure dans le texte les cinq mots suivants :

fanfreluche / tonnerre / plumier / sang / hexagone. 

 

2ème partie

Un évènement insolite et inattendu se produit.

Introduire dans ce paragraphe les vers suivants extraits du poème de Guillaume Apollinaire, Le pont Mirabeau :

                Vienne la nuit sonne l’heure

Les jours s’en vont je demeure

 

3ème partie

Journée de blues ou journée de liesse.

Arrive un voyageur mystérieux qui va changer le cours des choses.

 

4ème partie

Fin de l’histoire.

Insérer dans ce paragraphe  les cinq mots suivants :

Noël / lumière(s) /  soir /disparaitre (conjugué) / douceur

Terminer éventuellement par une morale.

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Le conte de LINE

 

 

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freepik

 

A Noël, c’est traditionnel, il faut écrire un conte pour le journal télévisé. Il ne doit ni faire peur (donc pas Dracula) ni faire pleurer (donc pas Blanche-neige ou Peau d’Ane). Allons-y. Il était une fois ….il ou elle ? Va pour il, cela nous changera. Il était une fois un vilain monsieur qui ressemblerait à mon voisin qui excite son chien contre tous les locataires. Va-t-il habiter en forêt, au bord de la mer ? Non, le héros du conte pourrait habiter dans mon immeuble. Et d’abord comment s’appelle-t-il ? C’est écrit sur sa boîte aux lettres : Justin. Mais pas le Justin Bridoux du saucisson, mon Justin à moi est végétarien. Donc mon conte va se dérouler dans notre hexagone, la rue où il promène son chien, zigzagant sur le trottoir entre les poubelles qui ne sont pas décorées et les meubles de rebut. Quand je le regarde, il parait bien propre sur lui, mais son chien Médor aurait besoin d’un lavage parfumé. Justin suce toujours des bonbons, jamais il ne gronde son chien qui aboie et qu’on n’a pas envie de caresser. Personne ne sait s’il avait une femme que l’on ne peut imaginer portant des fanfreluches. Justin a le teint un peu foncé. Ou il ne se lave pas ou c’est un sang mêlé. Parfois, de son cabas émergent du papier, une règle, un plumier. Il m’intrigue. Mais tonnerre de Brest, comment entamer le dialogue avec un être pareil ?

Le téléphone sonne, c’est le rédacteur « ça avance ? Fais-moi de l’original, du jamais vu, du jamais entendu, un conte qui convienne aux grands et aux petits, et surtout au directeur de la chaîne ». Je soupire et râle « et puis encore ? Un peu de poésie, peut-être, pour ne pas oublier la magie de Noël ? » « Bonne idée répond-t-il  case moi dans ton texte vienne la nuit, sonne l’heure,les jours s’en vont, je demeure, nuit de Noël, sonne minuit, le jour est fini, le spectateur demeure devant son poste ». C’était, je devais en convenir, une demande insolite, un évènement inattendu. Cela ne m’aidait pas dans mon écriture, au contraire, cela compliquait ma tâche. Collée à la vitre je regardais Justin. Il n’avait pas le profil d’un humain heureux à qui papa Noël aurait apporté, non des joujoux mais plein de gâteries, et surtout, les sourires chaleureux d’enfants et l’aide d’une main bienveillante. Pour une télé où forcément tout le monde devait apparaître joyeux, il ne pouvait convenir pour un conte enchanteur. Planté sur le trottoir, immobile, il attendait que Médor termine des besoins qu’il ne ramassait jamais. Je m’apprêtais  en soupirant  à revenir à mon bureau, quand je vis Justin se figer plus encore, lâcher la laisse de Médor qui en profita pour courir après un chat, ouvrir les bras, murmurer un  ah émerveillé ; une dame aussi âgée que lui marchait à petits pas menus dans sa direction. Ils se regardaient, muets. Justin avait l’air extasié de qui aurait vu le Père Noël en personne.

Il me sembla que les lumières des lampadaires brillaient d’un plus grand éclat, semblables à celles de Justin et de la dame. Quand ils se rejoignirent, je compris que c’était sa femme (Justin avait une alliance) qui, en ce soir de Noël plein de douceur venait le chercher. Les cloches carillonnaient, les étoiles palpitaient, l’atmosphère sentait l’encens et la myrrhe. Se prenant par la main, ils s’envolèrent et disparurent.

Un nouveau locataire remplaça Justin, il adopta Médor. Il s’appelait Loué (pas celui des poulets élevés en plein air) il était gentil et serviable.

Il ne faut jamais désespérer: le rêve peut devenir réalité, mon conte est achevé.

Line

                                                                  

 

Le conte de Gill

 

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freepik

 

Grève chez le Père Noël

Le père Noël est assis dans son atelier, la tête dans les mains, l’air hébété. Son bonnet de travers penche tristement, son costume rouge, fripé, a perdu de son éclat et paraît aussi désespéré que celui qui le porte. Nous sommes au matin du 24 décembre et rien n’est près! Les chaînes de fabrication de jouets sont à l’arrêt, les ouvriers sont en grève, bloquant l’accès aux machines, brandissant des pancartes et scandant des slogans revendicatifs : de la main d’œuvre supplémentaire, augmentation de la ration de bonbons, du chocolat pour le goûter, des pauses supplémentaires pendant les fêtes ! Et tout cela parce qu’il paraît que la grève, c’est à la mode dans l’hexagone. Impensable.

Par contre, le Père Fouettard, avec sa longue barbe sombre et ses cheveux hirsutes, va et vient d’un air satisfait dans sa superbe usine, où ses ouvriers super-disciplinés et encore plus féroces que lui fabriquent avec un sourire démoniaque des milliers de martinets au manche rouge sang, des monceaux de tonnerre, et de puissants éclairs pour transformer la nuit de Noël en un gigantesque orage.

Le Père Noël, devant son plumier inutile dont aucun crayon ne sort pour noter les commandes honorées se demande bien comment il va sortir de cette triste situation. A quoi vont servir toutes les fanfreluches destinées à orner les paquets cadeaux.

 

Le Père Fouettard, qui se frotte les mains, se souvient alors, avec une pointe d’agacement, d’un Noël où des parents avaient jeté au feu un de ses martinets qu’il avait subrepticement déposé au pied du sapin familial. « Bah,  se dit-il, cela fait partie des échecs. Ce sont des choses qui arrivent. Il faut dire que cet enfant, qui s’appelait Guillaume, était particulièrement sage ; il disait sans cesse ces mots : vienne la nuit, sonne l’heure, les jours s’en vont, je demeure ». A peine a-t-il prononcé le mot « nuit » que toutes les lumières s’éteignent et que toutes les chaînes de fabrication s’arrêtent. Courant partout, tapant du pied, criant comme un beau diable, il s’aperçoit avec horreur qu’il va perdre son avance sur le Père Noël.

 

Les deux usines à l’arrêt, c’est un moindre mal, mais la situation est complètement bloquée. Que faire ? C’est alors que, jugeant la situation très préoccupante pour tous les enfants de la planète, arrive un personnage aux cheveux longs aussi blancs que sa robe ; sans hésiter, sachant qu’ils sont amoureux l’un de l’autre, il va chercher la fille du Père Noël et le fils du Père Fouettard, prénommés respectivement Marie-Noëlle et Jean-Balthazar (si l’on en croit Jacques Dutronc) et se présente : je suis Mac Gyverix, expert en potion magique et résolution rapide de tout problème. J’ai un plan pour que tous les enfants du monde puissent avoir leur commande le jour J. Et Mac Gyverix se met à s’affairer, faire bouillir liquides, herbes, aromates, filtrer, assaisonner, enfin, bref, à concocter deux chaudrons de potion : l’une, stimulante et euphorisante pour les ouvriers du Père Noël et l’autre, également euphorisante mais contenant un puissant tranquillisant. Marie-Noëlle et Jean-Balthazar sont chargés de distribuer ces potions aux ouvriers de leurs pères respectifs.

 

En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, les potions ont fait effet. Côté père Noël, les ouvriers, euphoriques, ne songent plus à revendiquer quoi que ce soit, et leur énergie stimulée est à son comble. Les chaînes se remettent à fonctionner à toute vitesse. La mauvaise humeur a disparu pour laisser place à une agitation joyeuse et efficace. Côté Père Fouettard, la lumière est revenue comme par miracle mais les ouvriers, gavés de potion calmante, s’assoient ou s’allongent les uns après les autres avec des sourires de satisfaction béate. Leur patron a beau tempêter, pas question pour eux de faire le moindre effort.

En un clin d’œil, toutes les commandes de Noël sont honorées. Ce soir, tout est prêt à partir et les lutins vont charger la hotte. Demain, 25 décembre, les cadeaux seront au pied des sapins et la douceur et la joie seront au rendez-vous. Même quand tout semble perdu, il ne faut jamais désespérer.

Gill

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Le conte de MOUTY

justin,médor

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SOUVENIR DE NOEL D’UN VIEUX PICHET ET D’UNE BOUTEILLE

 

I - Le pichet en céramique campe au bout de la table. Il désaltère la famille depuis plus d’un demi-siècle. Il maintient l’eau du puits au frais. Son bord ébréché témoigne d’une l vie de travail intense. Un clin d’œil à sa voisine, la bouteille de rouge, semble prouver que ces deux abreuvoirs sont de connivence de longue date.

Le pichet : - sais-tu, vieille copine, ce qu’on fera ce soir ? C’est la nuit de Noël. J’ai bien peur qu’on nous relègue au fond d’un placard : nous ne sommes plus très présentables…

La bouteille : - t’as raison, nous sommes des vieilles branches bonnes à cacher. La vue de nos atours risquerait de faire tâche. Ecoute, cachons-nous, le rideau bienvenu du bout de l’étagère saura nous protéger des malintentionnés. Sa jolie fanfreluche sera Noël pour nous. J’entends déjà la fête aux accents de tonnerre. Pousse-toi vieux pichet  à côté du plumier et de la belle rose rouge sang.

Le pichet : - Et bien crois-moi ma bonne, des has-been comme nous, y en a plein l’hexagone !

 

II - Blottis dans la pénombre, le pichet, la bouteille, le plumier, le cendrier et la pipe de bois chuchotent leur passé à la rose attentive : souvenirs et fraicheur meublent une conversation animée, quasi silencieuse.

Soudain, la comtoise au tic-tac monotone s’éveille : il est bientôt minuit !

« Vienne la nuit, sonne l’heure

Les jours s’en vont, je demeure »

clame-t-elle.

Un vent frisquet entre dans la pièce. Une présence impalpable frôle les murs. Une houppelande rouge caresse la bouteille.

« - Non mais ! » dit celle-ci.

Un nuage échevelé, comme dans un ciel d’hiver, la suit.

« - C’est une barbe blanche » dit le pichet.

Du coup, on se remémore les Noëls précédents.

 

III - Les fêtards arrivent en trombe. Ils s’éparpillent dans la pièce, grande cuisine salle à manger où brille un feu de joie dans la cheminée aux abords noircis.

La messe est terminée. Les psaumes ont fait place aux chansons de corps de garde.

Pichet et dive bouteille n’en reviennent pas : il y a toujours du nouveau par rapport aux années précédentes. Les enfants ont grandi. Bien grandi…

La rose fait sa précieuse, elle n’avait jamais entendu des paroles aussi licencieuses.

Et le Père Noël apparait, tout blafard de frimas mais gardant le nez rouge.

« - Ce vieux bougre m’avait oubliée l’an dernier » dit la pipe. « Va-t-il me récupérer ? »

Père Noël - ou Père Bacchus - entonne un cantique égrillard, laissant la maisonnée interloquée.

« - Beau Noël que voilà ! » dit la vieille bouteille, constatant béatement l’oubli des cadeaux sur la passerelle du ciel.

« - Et bien, dit le pichet, on remettra la fête. Si ce n’est aujourd’hui, ce sera pour demain ! ou peut-être plus tard ! ou peut-être jamais…

 

IV - ça pourrait être ici la fin de cette histoire, si les petits enfants, réveillés de bonne heure, n’avaient chassé les grands qui ne pensaient qu’à boire. A leur tour ils chantent Noël. Dans la douceur. Les lumières du soir ont disparu. Les jouets, par miracle, dorment sous le sapin.

Ah ! Quelle affreuse peur d’un conte qui s’effondre, alors que la réalité fait battre tous les cœurs !

Et notre beau pichet a retrouvé sa table où l’on rejoint la bouteille vidée, le cendrier, la rose fatiguée.

Tiens, la pipe a réintégré la poche du Père Noël ! Y sera-t-elle encore l’année prochaine ?

« - Encore un an d’attente, se dit le pichet. Une ébréchure de plus ou pire ? »

Mouty

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 à suivre.......