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vendredi, 25 novembre 2016

Cinq rêves au choix

              Notez sur un papier cinq rêves que vous aimeriez voir se réaliser                        au cours de votre vie.

     Donnez la feuille à votre voisine de droite qui va entourer un de ces rêves           avant de vous la rendre.

En 20 minutes écrivez un texte ayant ce rêve pour thème

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Der Sprechende Spiegel

wikimédia

 

Le rêve de Line : être belle

Où sont la fée carabosse ? et la vilaine sorcière à cheval sur son ballet d’Halloween ? je rêve d’une télé qui représenterait des femmes boutonneuses au nez crochus, édentées, ridées, en un mot des laides mais des vraies. Parce que j’en ai assez de ces beautés fatales, tueuses sans pitié, éteignoirs de mon physique quelconque, de mon visage marqué par les ans qui courbent mes épaules. Embellir, voilà un désir stupide car irréalisable, être une autre. J’aspire à voir autre chose que ce que j’aperçois chaque matin dans mon miroir, j’aimerais dire comme la méchante reine « miroir, mon beau miroir, suis-je la plus belle ? » entendre une voix mélodieuse susurrer « mais oui, peut-être même, bon sang mais c’est vrai » comme aurait clamé l’inspecteur Bourrel. Me retrouver dans le corps de la sulfureuse Ava Gardner, avoir les yeux profonds de Michèle Morgan, la grâce de Romy Schneider, l’élégance – mais pas les rondeurs -  de Catherine Deneuve, et là, il faut que je réfléchisse, l’assurance de Josyane Balasko, parce que celle-là n’est vraiment pas canon. Peut-être que cet idéal, on l’aurait virtuellement avec l’ordinateur. Dans la réalité, cette femme ultra-parfaite, on la mettrait sur un piédestal, à l’écart des femmes jalouses.

Bon, je reste ce que je suis, anonyme parmi des millions de mes semblables, la femme passe-partout, universelle dans sa singularité.

Line

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belle,ridées,crochus,édentés

 

Le rêve de Gill :     Etre spectateur du tournage d’un film    

« Le rêve de votre vie », vous vous souvenez peut-être de cette émission qu’on entendait à la radio dans les années 60. Je ne sais plus qui l’animait mais je me souviens que les participants sélectionnés présentaient chacun leur rêve et le gagnant le voyait réalisé.

J’ai connu l’une des gagnantes de cette émission. Elle souhaitait assister au tournage d’un film à grand spectacle et ce fut « Lawrence d’Arabie ». Quand elle évoquait cet épisode de sa vie, on avait l’impression qu’elle avait vécu une merveilleuse expédition et que nous la partagions avec elle tant le récit qu’elle en faisait était vivant. Que ce soit la découverte d’Aqaba, en Jordanie, où s’implanta l’équipe, la vision de centaines de bédouins qui jouèrent les figurants, les records de chaleur, l’ensablement des camions, l’impossibilité de filmer les femmes, que ce soit le désert d’Alméria en Espagne et Séville, où fut tourné en partie le film, Le Caire, Jérusalem et Damas étant déjà trop modernisées pour servir de décor,  que ce soit la personnalité des acteurs ou la motivation de l’équipe qui resta intacte au fur et à mesure des mois malgré les difficultés, tout concourut à lui faire vivre une extraordinaire aventure qu’elle garda toute sa vie, intacte, en mémoire.

Alors moi qui ai le même rêve, je ne me demande pas si elle a pu, lors de la projection, se laisser emporter par ces images grandioses et l’histoire de cet homme à la personnalité contrastée, ayant vu en détail tout l’envers du décor et connu tous les rouages du tournage. Je suis sûre que oui, car c’est là toute la magie du cinéma et le talent de l’acteur : savoir emmener le spectateur dans son monde à chaque projection et autant de fois qu’il apparaît et savoir lui faire oublier tout ce qui n’est pas l’histoire qu’il fait vivre.

Installons-nous devant l’écran avec un regard neuf, avec notre sensibilité, notre candeur, pour recevoir les images, les émotions, les sentiments, sans penser à autre chose, et nous serons comblés……..ou pas !

Gill

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jeudi, 07 février 2013

Imaginez la suite

 

 

 Vous êtes dans la situation suivante:

« Ma valise est fermée. Je suis prête à partir, quand….. »

 En 20-25 minutes, imaginer la suite.

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Ma valise après des tribulations de plus d’un demi-siècle. Nous avons bourlingué ensemble…Elle a perdu son brillant… Sa dernière fonction fut « Caisse à outils ». Maintenant elle attend dans mon grenier…Mnq

valise.JPG

 


MA VALISE

Le tic-tac de mon réveil scande mon insomnie. Je me demande s’il aura encore la force de sonner à l’heure. Quelques respirations adéquates à la relaxation restent inopérantes. Cet automne de la fin des années cinquante est pluvieux et triste. Je vais quitter le bercail familial : j’attends ma feuille de route qui me précisera mon affectation dans un département de l’Est de la France.

Ma valise est fermée. Cadenassée devrais-je dire. Elle est en bois. Fabriquée artisanalement par mon oncle pour son séjour dit « de pacification » en Algérie, elle n’avait dormi que six mois au grenier avant de reprendre du service. J’y avais entassé des livres, mon dictionnaire et quelques fringues qui étaient loin de remplir les armoires à l’époque. Cette valise avait un avantage : elle était pour moi un accompagnement familial. Mais aussi un inconvénient : son poids qui me cassait le dos. Elle pesait un âne mort disait-on chez moi. Et les roulettes n’avaient pas encore été adaptées à ce genre de bagage.

Bref, elle est là, prête à partir pour des tribulations insoupçonnées. Elle arbore avec fierté une carapace passée au brou de noix et à l’encaustique. Elle semble me dire : « Alors, tu viens ? »

Je suis prête à partir aussi, vers un monde nouveau que je ne connais pas. Ce n’est pas une exploration,  mais presqu’une aventure.

Chaque jour qui passe sans l’arrêt du facteur devant ma boîte à lettres appesantit un peu plus l’inquiétude sur mes épaules. Mes nuits ne connaissent plus un brin de sérénité. Pourtant, je suis ravie de larguer les amarres. Je refais de mémoire l’inventaire du contenu de ma valise et ressasse des extraits de mes bouquins. Au dernier moment, il faudra que j’ajoute dans ce fourre-tout : ma trousse, mon cahier sur lequel je tiens mon journal, mon réveil, quelques objets de toilette préparés sur un bord d’étagère, une paire de chaussures et mes mules.

Après quelques jours d’attente devenue insupportable, un télégramme ! Mon affectation ! Et mon départ précipité : c’est pour demain. A genoux sur ma valise, je la cadenasse pour la dernière fois et Adieu mon enfance !

 Mouty

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Carnival in Rio de Janeiro

wikimédia

 

 

 

Ouf , ça y est , elle est fermée cette satanée valise ; bouclée , je la soulève , la repose, tire sur la tige et la fais rouler ; je peux partir , mon sac à dos avec mon billet , mes papiers et mon petit dictionnaire , je n'ai plus qu'à attendre le taxi qui m'amènera à l'aéroport , et , à moi une semaine sous le chaud soleil  de RIO , j'ai pensé que ce moment n'arriverait plus depuis le temps que je me prépare , quitter l'hiver avec sa grisaille , le Brésil c'est la première fois que je vais découvrir ce pays , on dit que les gens qui y vivent sont si gais et aiment la danse à la folie ; c'est vrai que déjà le climat chaud se prête à la joie et  la bonne humeur ; je vais voir un peu de ce fameux carnaval , si réputé , mais sûrement très bruyant  avec la déambulation des chars minutieusement fleuris et  parés de couleurs chaudes et multicolores , animés et accompagnés de toutes sortes d'écoles de Samba , qui se disputent le meilleur prix pour la danse ; la cohue qui se bouscule , faisant avancer tout ce monde qui se déhanche sur place , aux sons mélangés de toutes sortes d'instruments  dans les rues bondées , me donne le frisson et j'appréhende un peu, mais  je suivrai le mouvement me dis-je , peut-être que je regarderai du balcon de ma chambre tout simplement , ce sera plus sage ; je me vois déjà flânant sur les si belles promenades, le long des plages ; j'en ai eu un petit aperçu par les photos sur internet , je vais ouvrir grands, yeux et oreilles car le Portugais, langue parlée ne m'est pas familière et je la maitrise mal , il va me falloir jongler avec mon petit dico précieux , pour me faire comprendre ; j'y suis déjà , mais un coup de sonnette strident me tire de mon rêve , le taxi , vite , il sera toujours possible de revoir les quelques phrases usuelles qui vont me permettre  d'échanger avec les habitants là-bas , durant le voyage dans l'avion ; pour le moment je quitte la maison !!!! Tout à ma joie et follement excitée !!!!!!!!,
          

Rina

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CamOp 03wikimédia

 

 

Le déchirement

Ma valise est fermée, devant la porte. Je suis prête à partir, quand dans ma tête se met à défiler tout ce que j’ai vécu ici. Prête à partir, le suis-je vraiment ? Obligée de partir, plutôt.

Je suis née ici, dans cette grande maison.  J’y ai vécu toute ma vie, dans ce cadre idyllique de nature sauvage, parmi les animaux de la réserve, avec mes parents qui y sont enterrés puis avec l’amour de ma vie. Je n’ai pas eu d’enfant, mais le travail, les recherches, les soins m’ont accaparée pendant toutes ces années, sans laisser de place à autre chose. J’ai été à la fois la femme de mon mari, sa collaboratrice, sa confidente, son assistante, sa secrétaire. Tout à nos travaux, nous n’avons pas eu conscience de la rébellion qui s’organisait dans le pays, nous avons vécu ici comme dans un cocon, imperméable au monde extérieur qui changeait.

Et puis tout s’est enchaîné très rapidement ; il y a eu cette avancée des rebelles, puis ces attentats pas très loin, puis cet attentat ultime où il a perdu la vie. Tout s’est écroulé alors, au chagrin s’est ajouté l’impossibilité de rester ici ; trop dangereux. Nos fidèles indigènes sont partis, s’éparpillant dans la nature, pour échapper aux représailles certaines. Quant à moi, je me suis promis de quitter aussi ce qui avait été ce havre de paix, et me voilà au seuil de ce départ.

Une dernière fois, je fais le tour de la maison, je parcours  les chambres, la vaste véranda, le salon, tous chargés de souvenirs heureux, puis je me retrouve désemparée devant la porte. Je ne puis me résoudre à abandonner tout cela ; pour aller où, pour retrouver qui ? Tout ce que j’avais, tout ce qui me reste est ici. Alors, mon regard se pose sur un bidon d’essence resté dan un coin ; ma décision est prise très vite,  tout naturellement. Calmement,  tout à fait consciente de ce que je vais faire, je l’ouvre, puis sort une allumette et la craque…

   -« Bon, là, zoom avant sur la main de Claire, zoom, zoom  jusqu’à ce qu’elle lâche l’allumette. Parfait, COUPEZ ! Fabuleux, Claire, tu as été sublime avec cette expression de désespoir palpable confinant à la folie. Une seule prise suffira. Il ne reste plus qu’à incorporer les flashbacks dans cette scène  et le film est terminé. Je sens que ce sera un triomphe, mes enfants ! Le César de la meilleure actrice au moins ! »

Gill

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