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mardi, 31 octobre 2017

"Le fantôme attrape......à minuit" en incipit

Après un jeu où chacun a trouvé un mot, nous obtenons la phrase suivante

« Le fantôme attrape subrepticement la jambe du grand-père dans les oubliettes, à minuit »

En 20 minutes, écrivons un texte dont l’incipit sera cette phrase

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CabourgHotel

wikimédia

 

   Le fantôme attrape subrepticement la jambe du grand père dans les oubliettes à minuit. La chute est vertigineuse : le couloir formé par la galerie souterraine débouche dans un livre : le grand père s'affale entre les pages 453 et 454 ! un peu sonné, il réussit à se relever tant bien que mal. Une jeune fille l'aide et lui rend sa canne, qui vient juste d'arriver par le tunnel : c'est une belle jeune femme, brune, élancée, quelque peu mystérieuse, qui exhale par intermittence un parfum d'océan, mêlé d'odeur de sable fin.

« Bonjour monsieur ; vous me reconnaissez ? Vous m'avez lue la semaine dernière ! Je m'appelle Albertine, on s'est rencontrés à Balbec.

« Bonjour mademoiselle ; ah oui ; Balbec, les jeunes filles en fleurs, la plage, la jetée, la promenade vers le grand hôtel ; bien sûr ! Ça va mieux, on va pouvoir remonter à la surface, donnez-moi la main.

-Mais non, monsieur, mais c'est impossible !

-Ah bon, mais pourquoi ?

-Il n'y a qu'un seul moyen de retourner sur la terre, c'est de tourner les pages, mais je n'existe que de la page 453 à la page 754, après je vais mourir, ce sera l'autre livre, Albertine disparue !

Le vieillard tourne alors les pages, patiemment, s'immerge dans la lecture : page 752, 753, 75.......la jeune fille disparaît. Le grand père court de page en page, puis ralentit et comprend :  les jeunes filles sont des êtres de fuite, des passantes, dont les charmes sont proportionnels à la rapidité du passage. 

Louis

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Apparition Château des Carpathes

wikimédia

 

« Le fantôme attrape subrepticement la jambe du grand-père dans les oubliettes à minuit … »

Grand-père hurle : « Hé !! Ma jambe !!! ça ne va pas !!!!  Qu’est-ce qu’il vous prend ? »

 « J’avais faim ! »  Rétorque le fantôme.

 « D’accord, d’accord, mais vous vous êtes trompé de jambe, celle-ci est en bois !!! »

 « Non, non, dit le fantôme, je ne me suis pas trompé. Depuis 500 ans que je hante ce château mon estomac s’est fragilisé et je ne digère que les végétaux »

 « C’est bien gentil, mais comment je vais sortir de ce trou sur une seule jambe ??? »

 « Pas de problème, je vais vous aider ! »

Le fantôme empoigne le grand-père sous les aisselles et s’envole vers la sortie tout là-haut. Le grand-père est un peu effrayé mais le vol se passe bien, le voilà à l’air libre sur la terre ferme !! Ouf !  Il n’y a plus qu’à tailler une nouvelle jambe de bois !!Le fantôme, après avoir salué le grand-père, s’envole vers son château bien-aimé la recherche de quelque chose à se mettre sous la dent, en effet la jambe de bois de grand-père lui avait laissé un fort mauvais goût dans la bouche !!!

 

Christine

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pixabay

 

Le fantôme, la consigne et l’atelier

« Le fantôme attrape subrepticement la jambe du grand-père, dans les oubliettes, à minuit »

A quoi va servir cette phrase ? vous demandez-vous. Et bien cette phrase est un incipit et fait partie de la consigne de l’atelier d’écriture.

Mais qu’est-ce qu’un incipit, me dires-vous, et une consigne ? Et pour commencer, qu’est-ce qu’un atelier d’écriture ?

Voyons, c’est un endroit où l’on écrit, comme dirait Monsieur de La Palisse, mais pas dans un atelier d’usine, non, dans une salle située dans un lieu culturel.

Peut-on écrire tout ce qui nous passe par la tête, vous dîtes-vous ? On peut, oui, mais en obéissant à certaines règles : thème, durée, poème, dialogue…..etc. En fait, l’animateur dirige ce qui nous passe par la tête. Il nous amène doucement là où il veut. C’est ça la consigne. L’animateur, c’est le capitaine qui dirige le bateau, notre cerveau, pour l’amener à bon port, c’est-à-dire à faire un récit cohérent, bien écrit, étoffé, drôle, intéressant, qui tient tous les auditeurs en haleine, qui les fait rire ou pleurer, suscite leur admiration, bref, qui les fait applaudir à notre prose. L’incipit, ce sont les premiers mots du texte qu’il nous demande d’écrire. Vous voyez, il nous engage à suivre une piste qu’il a tracée pour nous.

Vraiment, il faut savoir faire un récit ayant toutes ces qualités pour participer à un atelier d’écriture, vous inquiétez-vous ? Mais non, rassurez-vous, car on peut toujours détourner la consigne, bien que ce ne soit pas conseillé, n’étant pas très respectueux pour l’animateur qui a passé beaucoup de temps à la concevoir. Donc, à n’utiliser qu’en cas de sévère panne d’inspiration ! Mais dans la situation présente, il suffit d’aimer écrire et d’avoir un peu d’imagination.

Reprenons cette phrase et trouvons-lui une suite, comme il est demandé. Malheureusement, comme nous avons perdu tout notre temps en explications et que la consigne devait être effectuée en 20 minutes, il nous en reste très peu pour écrire un petit texte pas trop absurde. Essayons d’être concis.                                

« Le fantôme attrape subrepticement la jambe du grand-père, dans les oubliettes, à minuit. » Instantanément, grand-père, qui pensait pouvoir profiter pleinement du lieu et s’adonner à son jeu favori –se mettre dans la peau d’un prisonnier du Moyen-Age– et qui n’apprécie pas qu’on le dérange dans son divertissement, se souvenant d’avoir été champion de boxe dans son jeune âge, lui décoche un violent uppercut qui le projette brutalement contre le mur sur lequel il s’assomme. KO le fantôme ! Alors grand-père qui, il faut l’avouer, est quand même un peu original pour préférer à sa chambre et à son lit douillet les oubliettes de son petit mais confortable château, peut s’endormir tranquillement, à même le sol de pierre, en quête de sensations fortes, en oubliant cet intermède fâcheux et en rêvant jusqu’à demain matin à tous ceux qui ont peuplé ces lieux au cours des siècles passés et à toutes les intrigues qui s’y sont nouées »                                               

Voilà, c’est rapide, écrit correctement, court, ce qui fait qu’on n’a pas le temps de s’ennuyer en écoutant. C’est un peu farfelu, je le concède, mais……….la consigne est respectée !

 

Gill

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samedi, 17 janvier 2015

Ecrire la suite

Après un jeu qui nous a permis de trouver cinq mots

Mensonge/melon/beuverie/bicyclette/refaire

nous devons, en 20minutes, écrire un texte qui va commencer par :

« elle (il) avait tellement insisté que j’avais fini par accepter de la (le)  remplacer »

qui comprendra les cinq mots 

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dromadaire,cuite,fantôme,opéra

 

Elle avait tellement insisté que j’avais fini par accepter de la remplacer. Evidemment, tout reposait sur un mensonge si énorme que tout le monde et elle en particulier y avait crû. Je m’étais inventé des diplômes obtenus dans le lointain pays du Kazakstan, le plus éloigné de nos propres facultés. Moi qui pour expérience professionnelle ne connaissait que le ramassage des melons deux mois par an, je m’attribuais un niveau d’études supérieures quatre étoiles.

C’était un soir de beuverie, alors qu’après quelques vodkas coupées de coca-cola, elle pleurait après une remplaçante qui lui permettrait de réaliser son rêve : l’apprentissage de l’équitation à dos de dromadaire en Egypte. Mes idées n’étaient pas claires, loin de là. Assise, je tanguais sur ma chaise comme lorsque enfant, j’apprenais l’art de monter à bicyclette, une belle rouge offerte par un oncle généreux. Le lendemain, au réveil, je paniquais. Pas moyen de revenir en arrière, j’avais signé mon contrat, elle était partie par un avion low-cost, arriverait-elle jusqu’aux Pyramides ? Un verre d’eau gazeuse et un cachet illuminèrent mon cerveau. Je tenais la solution : je ferai mes cours inspirés de la lecture de l’annuaire que plus personne ne consultait car on préférait internet, je donnerai mes cours, enfin la lecture des pages jaunes au 1er semestre, les pages blanches au 2ème semestre, en espéranto prononcé avec l’accent cockney américain. Et cela marcha.

S’étant amourachée du conducteur de dromadaire, elle ne revint pas. J’eus un CDI, la considération de mes supérieurs, le respect de mes étudiants qui tous furent reçus, et pour moi, une retraite assurée.

Si c’était à refaire, bien sûr que je le referais.

Line

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dromadaire,

freepik

 

Elle avait tellement insisté que j'avais fini par accepter de la remplacer.

Et oui! Je l'ai remplacée, elle a tellement insisté...

Je n'en pouvais plus de ses mensonges réguliers, de ses non-dits, de ses évitements, de ses jugements sur mes breuveries entre amis.

Pourtant, elle en avait eu aussi des beuveries, des soirs d'ivresse, l'été, couchée sur le canapé extérieur, titubante, délirante.

Que de mauvais souvenirs! Les siens, les miens. Ma première cuite, jeune, trop jeune! Je ne pouvais même plus rentrér, c'est ma bicyclette qui me portait.

Je reproduisais ses comportements.

Puis, des années plus tard, j'en ai eu assez, je lui ai exprimé par courrier mes douleurs, mes souffrances, mon désarroi face à ce passé si triste, si douloureux. Mon courrier, elle l'a mal vécu. Elle n'a pas supporté, supporté ces vérités si vraies et si ignorées, enfouies. Elle m'en a voulu, énormément! Comment pouvais-je dire tout ça, tout haut. J'étais une ingrate, je devenais une ennemie, une folle qu'il fallait enfermer. Alors je me suis enfermée, moi, comme une grande, une grande que je voulais devenir. 7 mois, plus qu'une moitié d'année. Je suis revenue sereine et affirmée, délivrée de mon passé, délivrée de la mélancolie, délivrée de mes angoisses, emplie d'envies et de projets.

Elle a commencé à exiger une explication, exiger encore et encore à me bourriner le melon. Elle a tellement insisté que j'ai coupé, tout coupé et je l'ai remplacée dans mon coeur. Elle ne me le brisera plus!

Et si c'était à refaire, je le referais.

 

LE STYLO NOIR

                                                       

 

          

Opera Garnier Grand Escalierwikimédia

 

Le fantôme de l’Opéra

Il avait tellement insisté que j’avais fini par accepter de le remplacer. En effet, Philippe, mon copain étudiant avec moi à l’école d’architecture de La Villette, effectuait des petits boulots pour avoir un peu d’argent. Il était gardien de nuit à l’Opéra. Et oui, vous ne le savez peut-être pas, mais il y a des gens qui arpentent le bâtiment, la nuit, malgré le système de surveillance sophistiqué. Ayant un empêchement pour le soir-même, mais peut-être n’était-ce qu’un gros mensonge et voulait-il simplement une nuit de liberté, il m’avait convaincu de prendre sa place au pied levé. C’est donc pour cela qu’après un court trajet à bicyclette depuis chez moi, je m’étais retrouvé, refait, devant l’Opéra Garnier.

Je suis maintenant dans la salle, surplombée du lustre gigantesque, devant l’impressionnant rideau rouge, fermé. Je me laisse envahir par la magie du lieu et, installé confortablement dans un fauteuil de velours écarlate, fermant les yeux,  je me remémore les spectacles que j’ai vus ici, quand j’étais plus jeune, avec mes parents : le chef d’orchestre qu’on applaudit tandis qu’il salue, les instruments qui s’accordent, le silence qui se fait, le rideau qui s’ouvre…

Un petit toussotement, un peu plus loin, attire mon attention ; devant mes yeux ébahis, un homme, habillé fin XIXème me regarde avec intérêt et étonnement.

« - Que faîtes-vous là ? Me dit-il

  - Et vous ? Et d’abord qui êtes-vous donc ?

  - Mais mon cher, je suis Charles Garnier, enfin son fantôme devrais-je dire. Le SEUL fantôme de l’Opéra, à ne pas confondre avec l’invention de Gaston Leroux ! En fait, quand je suis mort, je me suis demandé quel lieu serait le plus agréable à hanter de temps en temps : mon magnifique Opéra, le casino de Monte Carlo, l’observatoire de Nice ? Et bien sûr, mon cœur a opté pour cette superbe réalisation qui porte mon nom. Si vous voulez, suivez-moi, je vais vous le faire visiter ; vous allez le découvrir comme jamais personne ne l’a fait !

Je me mets donc à suivre Garnier tout en l’écoutant.

« - Regardez, nous sommes au 5ème sous-sol, là où est toute la machinerie. Savez-vous que le bâtiment central est construit sur une cuve d’eau qui le leste, où il y a des carpes et même un poisson-chat. Et la machinerie, comme je l’ai vue évoluer en près d’un siècle et demi. Rendez-vous compte, de manuelle elle est maintenant complètement informatisée. Quel progrès ! »

Et Garnier continue à me faire passer des coulisses aux loges des artistes, de la bibliothèque avec partitions et manuscrits anciens, maquettes de décors, de costumes, au restaurant. Il me fait observer, dépité, le plafond de Chagal que je connais déjà et qui n’avait pas été apprécié par tout le monde dans les années 60. Il me fait monter sur les toits où je découvre une vue époustouflante de tout Paris et ces ruches amoureusement surveillées et entretenues par un ancien accessoiriste.

« - Les abeilles trouvent dans Paris un réservoir de fleurs et de verdure et leur miel est merveilleusement bon » observe-t-il.

Enfin, il s’arrête devant la scène et ouvre pour moi le grand foyer qui la prolonge et je reste là, séduit de nouveau par cet endroit magique. J’y vois défiler des noms célèbres : Georges Skibine, Serge Lifar, Claude Bessy, Rudolf Noureev, Patrick Dupont…et bien d’autres. 

« - J’espère que le petit Millepied, qui a remplacé Brigitte Lefèvre à la direction de la danse, aura des idées de génie. » conclut Charles, pensif, avant de prendre congé.

Le matin est là et je m’apprête à partir, les yeux pleins d’étoiles. C’est alors qu’en sortant de la salle ma tête heurte un pilier, je m’écroule, sonné, puis ouvrant un œil, l’instant d’après je me retrouve allongé sur mon lit, la tête comme un melon. A côté de moi, l’ouvrage de Charles Garnier, « le nouvel opéra de Paris », que j’ai commencé à lire ; non loin, Philippe est endormi, avachi dans un fauteuil et je comprends alors, émergeant petit à petit, que tout ceci n’est que la suite d’une nuit de beuverie.

Gill

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dimanche, 09 mars 2014

Miroir, mon beau miroir................

Vous vous regardez dans une glace. Que voyez-vous ? En 15  minutes écrivez un texte où vous le racontez.

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creature100.gif

dinosoria

 

Ma grand-mère me l’avait bien dit : « Il ne faut jamais se regarder dans une glace à minuit car on risque d’y voir le diable… »

  C’est ce qui venait de m’arriver.

La soif m’avait réveillée en pleine nuit. Une soif terrible, comme celle que l’on peut éprouver après une anesthésie générale ou quand on est dans le désert depuis très longtemps*. Aussi, au lieu d’aller jusqu’à la cuisine située à l’autre bout de l’appart, ai-je opté pour le raccourci de la salle de bains afin d’avaler, cul sec, deux grands verres (à dents) d’eau…Avant de jeter, machinalement, un coup d’œil dans la glace, au dessus du lavabo.

   Mal m’en a pris.

Une créature verdâtre, aux yeux rouge sang a surgi brusquement. Sa chevelure immonde, hirsute, dessinait deux cornes de chaque côté de la tête, tandis qu’une mimique d’effroi, singée par pure moquerie, se lisait sur son visage…si tant est que l’on pouvait appeler ça un visage.

  En réalité, son regard diabolique tentait de m’hypnotiser, avec succès ma foi puisque je sentais mon corps se pétrifier de seconde en seconde.

    Etait-ce Satan, Lucifer ou quelque démon moins connu du grand public qui venait de m’apparaitre ? Toujours est-il que dans un instant il traverserait le miroir pour m’emporter dans une géhenne dont l’Etna en éruption ne peut en fournir qu’une très faible idée.

    Je me mis à hurler !

   Etait-ce l’incongruité de ce hurlement perçant le silence de la nuit ? Sûrement car la mémoire me revint alors. Juste assez pour réaliser que jamais, et surtout le soir, je n’avais été fichue de  digérer un curry indien.

                                                                                      El Pé

*Jean- Patrick Capdevielle je t’aime toujours.

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Der Sprechende Spiegel

wikimédia

 

La maison est ancienne, propre mais vide, semblant abandonnée. Il reste cependant un miroir contre le mur qui fait face à la fenêtre, et attiré comme par un aimant, je m’y dirige, et tout doucement, un peu inquiet de ce que je vais y voir, je regarde. RIEN, je ne vois rien. Je me touche, je fais des gestes et toujours rien ne se reflète. Par quel prodige est-ce possible ?

Pourtant, dans ce miroir, il y a bien longtemps, un homme jeune, dans la force de l’âge, s’est regardé. Brun, les yeux gris, plutôt beau, il était heureux. Derrière lui, dans ce miroir, il voyait un salon douillet, une jeune femme blonde qui brodait et dehors, dans l’encadrement de la fenêtre ouverte, trois enfants plein de vie riaient aux éclats.

Mais quand était-ce ? Il y a un, deux siècles ? Je ne sais plus. Il y a tant de temps que je traîne ma vie de fantôme sans avoir voulu revenir dans cette maison qui fut si joyeuse. Je n’avais jamais osé me regarder dans un miroir ; j’avais si peur de voir un être horrible. Et bien je le sais maintenant, les autres ne me voient pas et moi, je ne me vois pas non plus. Il n’y a que moi qui vois les autres ; Je ne suis rien. Triste vie que celle d’un pauvre fantôme solitaire !

Gill 

                                                              

lundi, 20 mai 2013

Quand la réalité rejoint la fiction

 

 


En 15 minutes, écrire un texte auquel vous donnerez un titre, comprenant les dix mots suivants :

             astrologie      hallucinant      balisage      soubresauts  

                       toxique     transparence      malédiction  

                     fumerolles      victime(s)      conservatoire 

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champignon-veneneux_mouty.jpg

freepik

 

 

BALADE EN FORET

En cours d’astrologie, Elliot avait découvert un monde hallucinant. Il en était resté obsédé et se sentait souvent projeté chez les extra-terrestres. Au cours d’une randonnée d’automne dans la magnifique forêt orléanaise qui avait bercé les rêves de son enfance, il perdit de vue le balisage de la piste tandis que sa Deudeuche faisait des soubresautsinquiétants dans les ornières de plus en plus profondes. Il se retrouva enlisé, au milieu de champignons toxiques. Il leva les yeux au ciel et distingua dans la transparence du feuillage une sorcière hideuse lui assénant sa malédiction. Aux alentours, des fumerolles sortaient de terre. Il se dit qu’il était sûrement victime d’une hallucination. Il installa des branchages sous les roues de sa fidèle compagne de balades, procéda à une marche arrière hasardeuse jusqu’au dernier croisement où il fit demi-tour pour reprendre le chemin de la ville par lequel il était venu, soulagé de laisser derrière lui une atmosphère diabolique qui l’oppressait.

Quand il eut rejoint la petite route de campagne, il arrêta sa voiture quelques instants pour respirer intensément. Il vérifia si sa guitare était toujours couchée sur la banquette arrière, et prit allègrement la direction du conservatoire. 

    Mouty

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Somuna12 029wikimédia

 

 

Soirée Techno dans la nature

Quelle drôle d'ambiance,  dans ce grand champ au milieu de nulle part ; ce soir , ombres 
hallucinantes , tremblotantes, balisage limitant la zone utilisée pour la danse, des personnages fantomatiques  se découpant dans un clair de lune où  les fumerolles  de joints s'élevant vers le ciel  troublent l'atmosphère devenant toxique  au fur et à mesure qu'avance la nuit ; pourtant , l'astrologie  délivrée par l'annonce de la fête avait mentionné l'absolue transparence  de cette grande soirée ; malédiction  dans ce total brouillard où  plus rien ne semble réel , même la réunion de tous les poisons à portée de mains, sûrement mis là par le diable lui même . Tentation cruelle , est-ce l'imaginaire qui flotte  dans cette brume,  un mirage apparu soudain devant des yeux troubles ? Il va y avoir de malheureuses victimes , pauvres hères qui, après maints soubresauts  dans l'aurore pointant , seront amenés dans une de ces tente  où leur seront prodigués les soins qui les ramèneront à la dure réalité de la vie , affreux concert , conservatoire  donnant libre court à tous ces abus qui amènent tant de souffrance et parfois la mort.

Rina

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freepik

 

 

Le fantôme du Conservatoire


            Evidemment, tout le monde connait le fantôme de l’Opéra. Mais qu’en est-il de celui du Conservatoire ? De Béziers. On s’interroge sur les travaux en cours  et le balisage mis en place (qui ressemble d’ailleurs étrangement à une scène de crime !), oui, on s’interroge…mais jusqu’à ce jour pas de réponse. Il est donc temps que toute la transparence soit faite sur cette affaire proprement hallucinante comme on va le voir, dans laquelle d’ailleurs et contrairement aux dires de certains, l’astrologie n’est strictement pas en cause.

          Hélas en réalité il s’agit d’une malédiction.

Mais relatons les faits chronologiquement, c’est toujours mieux quand on le peut :

          Tout s’est passé il y a quatre ans, à la veille de Noël. Quatre musiciens répétaient une petite pièce baroque, dans une salle reculée de l’établissement lorsque soudain un brusque silence succéda à la musique. Ce silence n’alarma aucune des rares personnes encore présentes sur les lieux, et encore moins le gardien que rien, venant des quatuors à cordes n’étonnait plus guère. Ce n’est que très tard dans la soirée, en faisant sa ronde habituelle, qu’il découvrit les musiciens gisant inanimés sur le sol.

        La PJ, après une enquête menée rondement puisqu’en moins de quinze minutes, annonça à la presse que ces quatre personnes avaient été victimes de fumerolles toxiques émanant du sous-sol ; conclusion d’autant plus crédible qu’une puissante odeur de souffre empuantissait encore l’atmosphère.

          L’on décida donc d’entreprendre des travaux pour assainir cet établissement qui, circonstance aggravante, accueillait un nombre important de petits biterrois comme le veut la réputation de notre ville hautement mélomane.

       Malheureusement, ces (onéreux) travaux ne serviront à rien. Car, ce que les gens ne savent pas, c’est qu’il ne s’agit nullement de phénomènes géophysiques, mais bel et bien d’un soubresaut de l’Histoire auquel nous avons assisté!

       En effet, le château de La Devèze, transformé en conservatoire- d’art dramatique, musique et danse- abrita autrefois pendant une fort courte période, un jeune  violoniste. Ce bel artiste était venu pour charmer autant qu’assurer la grande fête que le propriétaire du château donnait à l’occasion de la Noël.

         Ce qui devait arriver arriva.

Le jeune violoniste tomba amoureux de la belle châtelaine et réciproquement.

Quant au vieux mari, jaloux et c’est bien normal, il fit disparaitre son rival dans une cuve d’acide sulfurique, judicieusement dissimulée sous le plancher de la chambre qu’occupait le dit rival. Chambre plus tard transformée en salle de répétitions…

           Ceci expliquant cela, il est par conséquent fort peu probable que les travaux actuellement en cours puissent changer quoique ce soit à l’affaire. Et c’est tant mieux ! Le violoniste a bien le droit de se défouler, de temps à autre en jouant quelques farces à nos contemporains ; farces d’ailleurs inoffensives puisque les quatre musiciens s’en sont tirés sans dommage. Je le sais. J’y étais.

       El Pé

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mercredi, 21 mars 2012

Devant ma tombe

 

 

Imaginez-vous devant votre propre tombe au cimetière. Vous lisez votre épitaphe.

                                 Rédigez-la. Exprimez vos sentiments.

cc by-sa  

tombe à Saint-malo.jpg

 

                     Tombe  de Chateaubriand sur le grand Bé à Saint Malo   Rémi Jouan

Wikipédia

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épitaphe pochard mouty.gif123 Gifs 

 

 

 

EPITAPHE

Gloup ! J’en reviens pas ! Après en avoir bavé de cheminer sous une pluie battante - que d’eau ! Que d’eau ! - en faisant crisser les graviers sous mes semelles usées, je tombe en arrêt, c’est le cas de le dire, sur une tombe grise en béton, moussue, discrète, secrète. Une sorte de tombe fantôme : c’est MA tombe ! Les bras m’en tombent ! C’est bien mon nom qui figure sur la plaque rouillée : Arthur BOISSANSOIF - 19 Mars 1972 / 19 Mars 2012. C’est aujourd’hui justement…

Je suis sidéré, démantibulé. Un chagrin incommensurable m’envahit. Il déborde, comme la fontaine désuète plantée au cœur du cimetière. Les larmes de pluie mêlées aux miennes obstruent mon regard. D’un revers de manche j’essuie le trop-plein. J’ai du mal à déchiffrer l’épitaphe écrite d’une main malhabile :

Ci-git le plus heureux des soudards

Celui pour qui la vie oublia la tendresse

Et qui trouva un verre par un heureux hasard,

Le remplit, le vida, recommença jusqu’à l’ivresse.

Souvenez-vous toujours de ce pilier de bar

Qui attendait dimanche pour boire le vin de messe.

Il venait du néant, et allait nulle part,

Ignorant les baisers, ignorant les caresses.

Il voyageait à pied, et quelquefois en car,

Désabusé surtout par des tas de promesses,

Usé et bousillé par de nombreux nectars

Jusqu’à la fin. C’est là que le bât blesse.

Je trouvais dans cette épitaphe ce qui me résumait le mieux. A quoi bon en rajouter ?

Adieu mon pauvre Arthur !

 

                            Mouty

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freepik

 

épitaphe funanbule mimi.jpg

 

 

« Ici gît celui qui a rempli sa vie avec du vide. »

Eh oui ! J’étais funambule et j’ai marché au-dessus des canyons et des avenues de New York d’un gratte-ciel à l’autre. Cela m’a permis de voyager dans le monde entier à la recherche des sites les plus célèbres, les gorges les plus dangereuses, de traverser au-dessus des cascades bouillonnantes, écumantes depuis les chutes du Niagara jusqu’au Zambèze.

En effet j’avais besoin de remplir ma vie avec du vide et plus le vide était vide, profond, plus je me réalisais. La poussée d’adrénaline devenait de plus en plus nécessaire et indispensable à ma vie comme un drogué à besoin d’augmenter sa dose de plus en plus souvent.

Mais qu’ai-je fait d’autre ? Rien ! Je n’ai pas eu d’épouse, de famille car qui aurait voulu d’un fou qui met sa vie en danger chaque jour ? Qui aurait accepté d’avoir des enfants d’un père toujours absent, toujours en quête de plus d’aventures périlleuses et qui risque de ne pas revenir vivant ?

 Je n’ai rien construit. J’ai été d’un égoïsme sans borne et ma vie a été un vide sidéral !

Juste des rencontres occasionnelles avec des admiratrices qui parfois, auraient bien voulu me retenir ; mais même dans leurs bras, je pensais à mon prochain défi et je m’enfuyais en courant, lâchement, sous le prétexte de ce qui m’attendait. En fait, j’ai fait tout ça pour fuir la vraie vie, fuir la réalité du quotidien avant qu’elle ne m’enchaîne. Surtout pas de routine, de soucis ou de plaisirs communs à tous !!

J’étais égoïste et aussi d’un orgueil démesuré : « Moi, je ne suis pas comme les autres, je suis au-dessus du lot, c’est le cas de le dire d’ailleurs ! »

Bon maintenant il est un peu tard pour prendre conscience de tout ça. J’aurais dû faire une psychanalyse mais il était inconcevable que je reste au même endroit, à me regarder le nombril pendant des mois et des années !

Et voilà le résultat : la vie a passé quand même et je suis « celui qui a rempli sa vie de vide. »

                       Mimi

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wikipedia

 

 Après avoir succombé à un guet-apens tendu par ceux que je gênais, me voilà devant ce qui sera désormais chez moi : une tombe toute simple, avec cette seule inscription

                                            Ici est un homme

                                             Epris de justice

                    Qui a pris aux riches pour donner aux pauvres

                             Qui a combattu au côté des opprimés

                         En utilisant toutes les méthodes à sa portée

                                  Peut-être en a-t-il blessé certains

                                     Mais la fin justifie les moyens

Oui, c’est bien moi. Je crois que j’étais prédestiné à la vie que j’ai eue. Je suis né en détestant l’injustice et tout petit, je me demandai déjà pourquoi certains avaient faim, tandis que d’autres jetaient les restes, tellement ils étaient repus. Je me demandais pourquoi certains avaient froid alors que d’autres s’emmitouflaient dans de douces et chaudes fourrures. Je me demandais pourquoi certains, se croyant supérieurs, en opprimaient d’autres.

Bien sûr, j’ai vécu à une certaine époque mais je crois que  j’aurais  pu vivre avant ou après. Je suis intemporel. Maintenant que je suis mort,  je n’ai nulle honte de ce que j’ai fait. Je n’ai pas toujours bien agi mais j’ai agi pour le bien, pour le bien de ceux qui souffrent. Ceux qui m’aiment m’ont toujours fait confiance et sont fiers de moi. Ceux qui me traquaient, les cupides, les puissants, les tyrans, ont eu raison de moi,  mais j’ai semé des graines d’idées de justice un peu partout ; elles germeront et d’autres, dans les siècles à venir auront certainement la même épitaphe que moi sur leur tombe. Nous aurons tous tenté de faire un monde plus juste.

                   Gill

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On approche de Novembre. J'aime flâner dans le vieux cimetière si beau avec ses milliers de tombes fleuries ; j'en admire une particulièrement, bien  entretenue, j'imagine que c'est moi qui suis là, vie de travail, de don de soi,  de souffrance, de joie, de quelques moments de bonheur, vie passée à la vitesse de l’éclair, 

 

2O ans, 40 ans,  60 ans et plus, on continue le chemin il faut bien le finir ce chemin, et à présent me voilà sous ces fleurs ; où est passée mon âme ?  Mais c'est le diable que je vois, il tournoie, essaie de me séduire avec des propositions mirobolantes : en enfer tu ne manqueras pas de chaleur viens faire un tour tu retrouveras des amis, vois comme on est gai ici, on chante, on rit, laisse moi te guider. Mais je refuse toute ces offres. Voilà Dieu à présent avec  ses promesses de Paradis, le ciel la paix le jardin d'éden, ses fruits ne sont plus défendus, tu peux en croquer à volonté, l'air léger la sérénité, tu seras gâtée, on saura t'apprécier et t’aimer, suis  moi, tu as fais un bon parcours sur terre, tu mérites le ciel. Ma parole c'est pire que sur terre ici, c'est à celui qui aura le plus de tour dans son sac pour attirer le client, mais j'hésite, je ne suis pas sure d'être prête, je crois que je n'ai pas terminé ma vie sur la planète terre, je veux encore voir le jour se lever le soleil la réchauffer de ses chauds rayons, la pluie faire pousser les plantes et les fleurs, je veux voir mon petit fils grandir. La panique me prends, laissez-moi partir, il me semble que j'ai crié, j’ouvre les yeux, je suis vivante, je vois des gens derrière moi me regarder d'un drôle d'air, ils  doivent penser que je suis un peu dérangée, heureusement ce n'est qu'un rêve imaginaire. Ouf, il y aura bien des levers de jour et des couchers de soleil qui vont se succéder avant que je ne sois sous une tombe, même bien entretenue. 

 

                                   Rina      

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Photo : cc by-nc-nd - Bruno Monginoux - www.Photo-Paysage.com

      Passants, méditez ceci :

       J’ai été ce que vous êtes

        Vous serez ce que je suis.

Quoi !! Qui a osé ? Détourner ainsi Ronsard, lui, l’amoureux de la vie et de la jeunesse ! Graver ses vers –dentelle sur une sinistre plaque de marbre mortuaire ! Quel sacrilège ! Pire, quel mauvais goût ! Je vais agripper l’objet et le jeter dans la première poubelle venue…Hélas, mes mains le traversent, impuissantes…

       Parce qu’il faut que je vous dise : je suis morte. Depuis ? Oh, est-ce-que je sais, moi ? On ne mesure pas le temps, dans l’Eternité. Mais ça ne doit pas faire bien longtemps, il reste encore quelques fleurs pas trop fanées sur ma tombe.

     Comment ça s’est passé ? Attendez que je me rappelle. C’est fou ce qu’on oublie vite l’Avant lorsqu’on a rejoint l’Après ! Ah oui, ça me revient : Le crépuscule. La pluie. Le passage clouté. La grosse voiture noire qui me fonce dessus. Un bruit infernal de freins et de tôle et puis… plus rien.

       Réveil dans un espace éblouissant de clarté qui ressemble à un hall de gare. Des queues interminables devant des guichets tout au fond. Des flics bizarres déguisés en anges et portant des brassards rouges de police…jusqu’à ce que je réalise qu’il ne s’agit pas d’un déguisement. La situation s’éclaire et même pas peur. Je demande doucement au Pakistanais à turban qui me précède : « Vous êtes mort vous aussi ? », il hausse les épaules.

 « Evidemment ! ». Il a l’air contrarié. Je parie qu’il imaginait le Passage autrement. Moi aussi. Enfin, j’arrive devant le guichet. Derrière, encore un ange. Il tape mes coordonnées sur son ordi et m’assène : « CP, à droite. »

Je me retrouve dans une sorte de grande cour pavée avec une foultitude de gens. Dont certains (et oui) de ma connaissance. Je m’approche de l’un d’eux, disparu depuis au moins cinq ans, temps terrestre. Il n’a pas l’air surpris de me voir. Tant mieux. Je m’exclame alors : « Tiens comme on se retrouve ! Mais dis-donc, ça fait un bail, toi, que t’es m…

-Mort ? Allez, n’aie pas peur des mots. D’ailleurs, il vaut mieux t’habituer à celui-ci parce que tu sais, tel que c’est parti, ce n’est pas près de finir.

-Je m’en doute. Mais on est où, là ?

-Au CP. Cour Purgatoire si tu préfères…

-Ah bon ? Et qu’est-ce-qu’on y fait ?

-Rien. Et c’est ça le pire. On s’em…nnuie que c’est rien de le dire. La Punition, tu vois. Jusqu’au test.

-Le test ?

-Ouais. Ils te renvoient un bref instant sur Terre, et là, te font subir l’épreuve.

-Oh Mama mia ! De quoi s’agit-il, tu es au courant ?

-C’est la surprise. Si tu réussis, tu entres au Paradis, sinon, tu retournes au CP. Ah excuse-moi, mais j’entends crier mon nom. Chouette, je vais descendre, souhaite-moi bonne chance ! »

        Ce que je fais en tâchant d’éluder la question, fort peu charitable, de savoir si c’était ou non sa première descente Ici-bas, puis me prépare à m’enquiquiner ferme pendant …Un siècle ? Deux ? Mille ? Mais miracle, mon nom retentit soudain. Je m’avance au hasard, sens un souffle chaud passer sur moi…et me retrouve au cimetière de Béziers, devant mon épitaphe, ce qui a le don de me mettre en boule illico presto. Ah les parents et amis, parlons-en !! D’autant que, tel que c’est rédigé, on dirait vraiment que ça vient de moi, une dernière volonté quoi ! Jamais de la vie ! Moi j’aurais dit…j’aurais dit…Et soudain curieusement je me mets à sourire, toute colère, frustration ou vanité évanouie. Allons, tout va bien, si c’est ainsi qu’ils me voyaient, les parents et amis… il faut l’accepter. Finalement,  ils ont cru me faire plaisir, les pauvres !

        Aussitôt, portée par une note de musique (un fa dièse en fait) je m’envole et n’en crois pas mes yeux ! Je suis au Paradis ! Si vous saviez comme c’est…Mais désolée, je n’ai pas le droit d’en parler. Vous aurez la surprise. A toute.

              El Pé

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