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samedi, 03 décembre 2016

Musique et images

Ecouter une musique douce pendant environ deux minutes

Puis sans réfléchir, en 10 minutes,

Décrire les images que cette musique a fait naître en vous.

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fillette au piano.jpg

pixabay

 

J’imagine une fillette devant son piano, qui, appliquée, détache les notes l’une après l’autre. Elle est attentive, anxieuse de na pas en sauter une. Elle oublie la ligne mélodique, soucieuse, pour l’instant de la technique. Soigneusement, elle arrondit les mains, gracieusement, ses doigtes fins ont une frappe nette, régulière, on dirait qu’elle suit un métronome qui battrait silencieusement. Je la vois de dos, elle est tendue, peut-être même sort-elle un petit bout de langue. La mélodie file de son train de sénateur, la fillette soupire « ouf » son corps se décrispe, l’audition est terminée.

Line

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la leçon de piano (auguste Renoir 1889 )

 

Un salon, fin du XIXème siècle, un après-midi d’automne. Une fillette vient de faire ses gammes avec son professeur de musique et elle commence à jouer la partition qu’elle étudie depuis quelques jours. Elle est blonde, ses cheveux bien disciplinés en anglaises sages. Ses doigts s’appliquent sur les touches.

Sa mère brode près de la fenêtre. Sur ses lèvres, un léger sourire témoigne de sa satisfaction. Un livre est ouvert sur la table du salon, une tasse est remplie d’un thé doré et la cheminée emplit la pièce de sa douce chaleur. Un chat angora, les yeux mi-clos ronronne sur son coussin, l’horloge bat la mesure de son tic-tac familier.

La scène respire la sérénité.

Gill

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freepik    par   vectoropenstock

 

Une pièce, blanche, inondée de lumière

Une femme au piano

Les yeux fermés, le visage concentré,

Les doigts si agiles sur le clavier

 

A ses pieds, un enfant

Un garçon, brun, presque moricaud,

Habillé de guenilles,

Le visage tourné vers elle, extasié

 

A la porte, une femme,

Une gitane qui attend le garçon

 

La musique s’arrête

La femme sourit à l’enfant

Qui se lève et quitte la pièce

La main dans celle de sa mère

 

Un moment de douceur partagé

 

Valérie

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lundi, 21 septembre 2015

La marine à l'honneur

Après un jeu qui, à l’aide de photos, nous a permis de trouver les mots suivants :

Opportunisme/peur/indifférence/incertitude/douceur/ironie

Voici la consigne proposée pour ce jour de rentrée :

Vous êtes marin, marin d’eau douce ou navigateur chevronné, marin d’un jour ou capitaine au long cours.  En 25 minutes, écrivez un texte racontant votre première traversée en y incluant les six mots trouvés.

Si vous n’avez vraiment pas le pied marin et que vous préférez la navigation aérienne, racontez votre premier vol. 

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Santa-Maria

wikimédia

 

Récit de marin

         Je regarde devant moi respirer l’océan et une grande douceur m’envahit. Teintée de fierté : n’ai-je pas su convaincre, grâce à mon éloquence et ma ténacité, d’entreprendre enfin ce voyage ? Mais…ce ne fut pas une mince affaire !  Les autorités balançaient entre indifférence et incertitude, comme toujours. On sait ce que c’est. Je rongeais mon frein en silence, m’exhortant à la patience, alors que je bouillais intérieurement. Je crois que je n’ai jamais mangé autant d’œufs de ma vie, pour me calmer les nerfs. J’aurais tellement voulu pouvoir financer mon magnifique projet moi-même ! Hélas ! Pour le réaliser, il me fallait absolument un sponsor. C’est injuste mais  e cosi.

       J’ai finalement remporté le morceau grâce à l’opportunisme des puissants. En leur faisant miroiter les retombées fantastiques qu’offrirait cette traversée. En fait, il n’y a que ça qui marche. J’aurais dû commencer par là.

       Et nous sommes enfin partis. Cap plein Ouest ; ce qui somme toute peut sembler assez ironique (quoique loufoque soit plus approprié) lorsqu’on connait le but du voyage…et que l’on est un bleu de la marine (tiens, elle n’est pas mal celle-là, il faudra que je la replace)…ce qui, bien évidemment, n’est pas du tout mon cas. Ah, Dieu sait s’ils ont ri, ces ignorants, se sont fichus de moi ! Pendant que seul leur répondait mon regard méprisant. Je n’avais pas du tout envie de rigoler à l’époque. De moins en moins d’ailleurs car les jours passent et toujours rien à l’horizon. Les réserves en vivres et en eau douce baissent dangereusement et je lis dans les yeux de mes compagnons, ces hommes qui m’ont pourtant fait confiance, la peur à présent. Cependant, je n’éprouve aucun doute. Sauf un tout petit, de temps en temps. Mais il suffit que je m’encourage, comme le faisait autrefois ma mère en me laissant à la porte de l’école : « Avanti, Cristoforo, filio mio! » pour que je retrouve tout mon allant.

   Quoiqu’il en soit, une chose est sûre, à l’Ouest, il n’y aura rien de nouveau aujourd’hui. C’est pourquoi j’ai envoyé cette andouille d’Amerigo Vespucci prendre son quart au poste de vigie tout à l’heure. Il est gentil mais… En vérité, c’est bien parce que nous avons été à l’école ensemble que j’ai accepté de l’embarquer avec moi.

   Tiens, quand on parle du loup. Il est en train de crier quelque chose. « Plus fort, Rigo ! Quoi ! Que dis-tu ? Terre ? !! » Tous les hommes accourent maintenant  sur le pont et me regardent. Etonnés. Admiratifs. Mais moi je le savais depuis le début, que nous atteindrions les Indes par l’Ouest. Pardi.

                      El Pé

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Barrou Neighbourhood, Étang de Thau, Sète 01

wikimédia

 

Cher papé, chère mamé,

Vous m’accusez d’indifférence parce que vous n’avez pas de mes nouvelles depuis une semaine. Franchement vous exagérez mais je vous pardonne étant donné votre douceur coutumière à mon égard. Je vous raconte ma première traversée maritime, celle de l’étang de Thau, remise de jour en jour depuis 6 mois, étant donné ma peur de l’eau profonde et les incertitudes du temps : un jour le vent, un jour la grève des marins, un autre le trop grand soleil ou le manque de diesel pour faire l’aller-retour. Comprenez mes hésitations, mes réticences devant autant de dangers potentiels. Par opportunisme et prudence, j’ai choisi un bateau peu chargé en enfants, car je le savais, ayant lu tous les livre d’Olivier de Kersauson, les enfants courent de la proue à la poupe, de bâbord à tribord, et plouf, on chavire. Je portais la bouée, les papillons, le gilet de sauvetage quand j’ai embarqué. Les passagers me regardaient avec ironie, cela m’était égal, un noyé n’est pas beau et je suis trop jeune pour mourir. Je regardais le capitaine qui, abandonnant son cabestan et son sextant, répondait au téléphone. Il paraissait perplexe, regardait sa montre, se tournait, l’air pas content, vers son équipage qui buvait je ne sais quoi, peut-être du rhum comme les flibustiers et les pirates. Mon cœur battait comme quand j’étais petit et que je partais à l’école. C’était la même angoisse. Enfin, le captain leva sa casquette et cria dans le mégaphone « le mécanicien n’a plus d’huile pour dégripper les bielles coincées dans les cardans, gardez vos billets et revenez demain. »

Mémé, pépé, je crois que demain sera l’an prochain, j’ai eu trop d’émotions. Je vous embrasse, votre petit fils courageux mais néanmoins bien sage.

Line

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BB Maurienne

 

De Bretagne en Polynésie

Jeune engagé dans la Marine, j’avais été affecté  au CEP Papeete. Par opportunisme, J’étais bien décidé à profiter pleinement de cette chance de faire un merveilleux voyage et je n’avais aucune incertitude à ce sujet : je savais qu’il serait inoubliable.

Nous étions partis de Brest, dans la froidure d’un matin pluvieux de février pour arriver mi-avril en vue de l’atoll de Mururoa, ayant passé 2 mois sur le bâtiment base Maurienne et vécu des escales plus enchanteresses et plus colorées les unes que les autres. Ce que j’en retiens, je crois qu’il me faudrait tout un livre pour le faire partager. Alors, comment condenser cette magnifique aventure en quelques lignes !

Parlerais-je de notre sortie du port, quand, l’hélice ayant heurté une balise, nous avions dû, avant même de passer le goulet, revenir pour réparer l’avarie. Mauvaise augure vous dîtes-vous, mais il en fallait plus pour entamer notre soif de découverte.

Parlerais-je de nos premières escales: les Canaries, Las Palmas. Nous y avions troqué la tenue d’hiver dans laquelle nous étions engoncés contre la tenue d’été plus appropriée à la douceur de la température et à la luminosité du ciel. Puis Les Antilles qui nous avaient carrément vus enfiler le short tant la chaleur était intense. Les Saintes, quelle merveille ! Je n’avais rien vu de pareil, moi le jeune terrien qui n’avait pas beaucoup quitté son Morvan natal.

Parlerais-je de notre passage du canal de Panama. Après une journée d’attente sur un lac d’où dépassaient des arbres, nous l’avions traversé de nuit, tous feux allumés et tous sur le pont, à l’écoute du moindre bruit, à l’affût de la moindre image ; mais tandis que le bâtiment glissait doucement dans l’ombre, la forêt qui nous entourait ne nous renvoyait que des sifflements, des feulements, des bruissements, des grognements, des piaillements, des gazouillis, nous laissant simplement deviner, à travers tous ces sons, la vie intense qui s’y cachait. Ce qui nous saisissait n’était pas de la peur, mais un sentiment d’inquiétude face à ce monde mystérieux qui nous entourait. Seul le clapotis familier de l’eau sur la coque nous ramenait à la réalité. Puis, débarquant à Panama, nous avions vraiment eu l’impression d’être dans une ville sortie tout droit d’un western. Il n’y manquait rien : ni les chapeaux de cow-boy, ni les éperons sur les bottes, ni les portes de saloon ; et le gros taxi jaune que nous avions emprunté était conduit par un noir qui fumait un énorme cigare et se retournait souvent vers nous pour discuter de manière joviale, sans s’inquiéter de la route ! Très couleur locale !

Parlerais-je de notre détour par l’île de Pâques où, après les avoir embarqués au Chili, nous avions déposé le gouverneur et sa femme. Ce jour-là, un brouillard épais s’était abattu sur l’île, la mer était grosse et le bâtiment dérapait sur son ancre ;  impossible pour la délégation dont je faisais partie d’embarquer sur la chaloupe pour rejoindre le bord. Quelle aubaine : nous avions dormi chez l’habitant, visité l’île à cheval, et contemplé les fameuses statues. Impérissable souvenir, partagé par peu de gens à cette époque.

Parlerais-je ? Ah mais j’oubliais le plus important, le passage de la ligne, après Panama. Comment ne pas le relater, c’est un moment incontournable pour le néophyte qui traverse l’équateur pour la première fois. Impossible de montrer de l’indifférence pour ce rituel assez éprouvant même s’il se déroule dans la bonne humeur. Cinglé de haricots secs ou de riz, enduit de farine et d’huile, arrosé à la lance à incendie, plongé dans la piscine du bord à presque en suffoquer, puis  félicité par un beau certificat le mettant  sous la protection de Nérée et lui permettant de voguer en paix sur toutes les mers du monde. Heureusement, il ne se vit qu’une fois, mais je le dis sans ironie, il faut l’avoir vécu.

De quoi parlerais-je encore ? De l’arrivée à Mururoa, et de bien d’autres choses qui mériteraient d’être racontées. Mais ça, ce sera pour une autre fois.

Gill

* à ceux de la classe 65

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pixabay

 

Marin d’eau douce

Vingt-cinq minutes pour me noyer,

Dans l’ironie, l’indifférence,

Morte de peur, vous le voyez,

Dans mon bateau sans consistance.

J’y montais pourtant en douceur

Faisant preuve d’opportunisme,

Arborant un air de bonheur

Tout en redoutant un séisme.

Je me disais « Faut y aller »

Bien que ce fut l’incertitude.

Des vagues, affronter le ballet

Ne fut pas un simple interlude.

Ma coque de noix ne tint pas,

Mon poids dépassant le tonnage.

Ce ne fut vraiment pas sympa

Cette expérience de voyage.

J’écopais l’eau, mine de rien,

Tout en restant près de la côte,

Je ramais comme un galérien

Bravant la pluie qui ravigote.

Mon cauchemar prit bientôt fin,

Arrêtant ma triste aventure,

Me réveillant d’un bond, enfin,

Dans notre atelier d’écriture.

 

Mouty

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