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lundi, 18 juillet 2016

Au printemps à Béziers

En 25 minutes, écrire un texte selon les consignes suivantes :

Lieu : Béziers

Endroit : indifférent

Saison : Printemps

Personnages : un marchand de bonbons, une fleuriste, un passant

Sujet : un sport

Un objet : une crotte de chien

Un animal : un kangourou

Et qui se termine par « Ce que femme veut, Dieu le veut ! »

 

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Les allées Paul Riquet

wikimédia

 

Les Allées de Béziers

Les Allées de Béziers, au printemps, comme à leur habitude, fourmillent de passants. C’est jour de marché. Les produits alimentaires y côtoient les fleurs aux teintes vives, tandis que le confiseur fait tinter les clochettes de son crochet de pâte à berlingots. Un kangourou en peluche trône sur une étagère derrière lui : c’est sa mascotte. Des éclats de voix fusent d’un peu partout. Rien d’étonnant avec les surexcités du foot en cette période « d’Euro 2016 ».

« France-Roumanie c’était extra » clame un passant, s’adressant au confiseur. Celui-ci, Portugais exilé, croit bon d’ajouter son grain de sel, si ce n’est de sucre, même si son match s’est soldé par un résultat nul. Mais avec un zéro partout, le Portugal est bien le meilleur du monde !

La fleuriste qui ne veut pas être en reste vante la Russie. Elle n’a d’yeux que pour Vladimir, « le plus beau et le plus brillant des joueurs ! »

« Merde ! Encore une crotte de chien ! » hurle le passant en raclant sa semelle sur le basalte. « Toujours aussi dégueulasse cette ville d’enfoirés ! On devrait passer tous les clébards à la casserole ! »

« On devrait mettre un flic derrière chaque chien » susurre la fleuriste.

« Et pourquoi pas ? » tonitrue le passant, « Après tout, ce que femme veut, Dieu le veut ! »

 

Mouty

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samedi, 06 février 2016

Dieu ou Diable

Après un jeu qui nous a permis de trouver les expressions et mots suivants

sang - mauve - ami - nu comme un ver - main

En 20 minutes, écrire un texte les comportant et

Commençant par :

« Oui, bien sûr, Dieu existe, je l’ai rencontré »

ou

se terminant par :

« J’avais rencontré le diable en personne »

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pixabay

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Le berger

Elle se faisait du mauvais sang. Beaucoup de mauvais sang. Adèle se complaisait depuis son enfance dans cet état second. Cela faisait partie de sa personnalité tapissée de viscosité mauve qui lui donnait l’impression d’être dans un bain d’argile.

Son ami, las de cette compagne grisâtre, avait fini par la lâcher pour reprendre sa vie de berger dans les Alpages. Là-haut il respirait à pleins poumons. Dans une nature luxuriante au mois d’avril. Les fleurs inondaient les prairies que Dieu avait magnifiées de sa palette chatoyante. Dieu ? Ou peut-être bien le diable… C’était trop beau, trop surnaturel : tout pour attirer le plus fieffé des mécréants.

Et puis ce berger, proche de l’innocence, portait maintenant dans son cœur la belle petite Héloïse, cuisinière et serveuse au refuge voisin accroché derrière le mamelon qui égayait l’horizon avec ses levers de soleil magiques. Elle lui était pratiquement tombée dans les bras un jour où, se croyant seul au monde, il se promenait nu comme un ver. On devine la suite.

Il lui avait alors demandé sa main.

Quand elle rentra au chalet, à la nuit tombante, en matière d’excuse elle bredouilla à son patron : « j’avais rencontré le diable en personne ! »

 

Mouty

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Dans le matin mauve, la charrette avançait lentement. La famille d’Oscar avait décidé de quitter les terres hostiles où rien ne poussent. Il avait pris sa femme, ses enfants et mis sur sa vieille charrette le peu d’objets qui lui restait encore. La main de l’homme n’avait pas réussi à domestiquer cette terre ingrate ; Il y avait pourtant sué sang et eau. Malgré son travail acharné et méticuleux, aucune récolte n’était venue.

En montant ici, sur les hauts comme on disait, il avait espéré gagner de nouvelles terres, offrir à sa famille un peu de confort et un air plus pur. Après trois ans d’efforts, sa femme avait perdu sa joie de vivre, ses enfants étaient plus chétifs qu’avant, lui était devenu rugueux et sec.

Ses parents et même son ami Pierre avaient essayé de le dissuader. Ils lui avaient : là-haut, ce n’est que cailloux et herbe sèche. Aujourd’hui, il se voyait arrivé à la ferme, plus pauvre qu’avant, nu comme un ver. Il avouerait à tous, que dans ces solitudes, il avait rencontré le diable en personne.

Claudie

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Marc, un ami d'enfance m'avait donné rendez-vous à vingt-deux heures. La nuit noire et glacée ne me donnait pas envie de sortir mais j'avais promis de le retrouver pour l'écouter, il avait besoin de présence. Je me suis donc décidée à revêtir ma cape mauve et à me lancer dans le froid. Je serais vite arrivée, il n'habitait pas loin.

         L'avenue longue et déserte était bien éclairée, j'avançais vite . Alors que je ralentissais en tournant dans sa petite rue , vers la caserne des pompiers, une main m'a happée au passage. J'ai tourné la tête et écarquillé les yeux en découvrant un homme nu comme un ver dont la bouche laissait goutter du sang telle celle d'un vampire. Elle s'agrippait à mon bras pour me tirer dans la caserne. Je me suis dégagée en hurlant, suis partie en courant avec l'impression que j'avais rencontré le diable en personne.

 

Marie

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Oui bien sûr, dieu existe, je l’ai rencontré et je le rencontre plusieurs fois par semaine. Monsieur Dieu, c’est le père de mon meilleur ami.

Il est concepteur de jeux vidéo. En plus, Comme il est très adroit de ses mains, pour se détendre, il fabrique des maquettes et quand je vais chez lui, je pourrais rester des heures à les regarder. Il a un grand garage et toute une partie est réservée à ses constructions ; Il y a quelques temps, mon copain m’a montré sa dernière création : un jardin extraordinaire, luxuriant, avec des végétaux si variés qu’on y trouve même un pommier dont on voit distinctement les petites pommes rouge sang. Tous les animaux de la création y figurent, jusqu’au serpent, et il y a même deux petites statuettes, un homme et une femme, nus comme un ver, comme s’ils venaient de naître, dont le visage reflète nettement le bonheur. Au dessus du jardin, il a construit une grande voûte, d’un beau bleu comme le ciel, avec quelques touches de mauve. C’est magnifique et quand on regarde ce jardin, on est envahi par une sensation de calme. Monsieur Dieu est vraiment doué car il n’a mis que sept jours pour faire cette maquette.

Malheureusement, il y a eu récemment une inondation dans le garage et le jardin a été détruit. Par précaution, il avait gardé des modèles de ses statuettes, -un couple de chaque espèce- qu’il avait rangés dans un petit bateau construit précédemment. C’est une chance, ce sera plus facile pour réaliser un autre jardin.

Quant à mon copain, c’est un vrai leader. Tout le monde l’écoute ; Dans notre groupe c’est lui le chef. Il n’a même pas besoin de commander, nous le suivons sans nous poser de question. Quelquefois, il a quand même de drôles d’idées ! Il dit : « si l’on te frappe sur une joue, tends l’autre » ou « pardonne à ceux qui t’ont fait du mal ». Les copains et moi avons du mal à faire ça. On n’est pas des saints ! En plus, il a une sorte de don. Quand l’un de nous se fait mal, il suffit qu’il nous touche pour que la douleur s’atténue. Il a un fluide magique, c’est sûr.

Nous sommes treize copains dans la bande et Luc et Matthieu sont très doués en français. Alors ils écrivent ce que nous pouvons appeler nos aventures. Ils disent que comme cela, nous n’oublierons rien, même quand nous serons grands.

En tout cas, c’est vraiment mon meilleur copain et l’autre jour je lui ai dit : « tu sais, moi je ne trahirai jamais ». Il m’a répondu : « en es-tu sûr, Pierre ? Tout peut arriver »….. N’importe quoi !

En y réfléchissant bien, je me dis que monsieur Dieu et son fils sont vraiment des gens pas comme les autres.

Gill

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samedi, 16 mars 2013

Nos animaux de compagnie parlent

 

      Votre animal familier parle de vous. En 20 minutes, écrire ce qu’il dit.

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titi.jpg

 

 

Je te regarde du coin de l’œil. Toi tu me tournes le dos mais je sais que tu me vois. Tu prépares en secret tes potions, tes pommades, tes pansements ; tu es inquiète, je le sens ; Tu te dis : « Mon Dieu, que vais-je inventer cette fois-ci pour le soigner ? La douceur, le raisonnement ? Allez mon Titi, montre ta patte, tu n’auras pas mal ; la fermeté ? Coucher là, pas bouger ; la ruse ? Viens mon toutou chercher la croquette. Oui, que vais-je inventer ! »

Je vois ton dos courbé, ton application à disposer fioles et compresses. Tu es stressée ; tu le sais, ce sera dur, car peureux comme je suis, je vais tenter de m’échapper, me tortiller au risque de me faire encore plus mal. Et pourtant je sais que tu m’aimes et que personne au monde n’est si doux que toi pour me soigner. Tu te dis : « ce chien est pire qu’un enfant, il a toujours quelque chose. Tu es désolée de me faire mal mais tu ne perds pas ton temps en jérémiades ; cela ne sert à rien de tergiverser ; ce qui doit être fait le sera ; Tu es celle qui prend les décisions, je le sais et je te fais confiance. Tu es celle à qui je peux confier ma vie, je le sais aussi, alors je m’abandonne à tes soins.

Après, quand viendra la caresse, si douce sur mon corps douloureux, je te sentirai soulagée, et sous ta main réconfortante, le calme reviendra et les yeux fermés, apaisé, j’oublierai tout.

          Gill

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http://www.bzho.com

 

 

Je m'appelle Tigre , j'ai la même robe que lui ; on me prend souvent pour un vrai Tigre  mais je n'en suis pas un ; elle aussi, Rina , me le serine souvent , ta robe couverte de ces magnifiques rosaces te fais ressembler a un vrai félin , un tigre , non plus-tôt un Léopard , avec tes yeux vert émeraude tu es splendide , tu es le plus beau , le plus admiré ; des fois elle me saoule , comme aujourd'hui , alors je lui tourne le dos, assis sur mon derrière , enroulant ma queue autour de mes pattes , faisant semblant de ne pas voir qu’elle a pris la laisse pour me sortir ; mais où vas-tu encore m'amener  aujourd'hui , tu ne sais donc toujours pas que je déteste qu'on touche à mon pelage , je viens de le lisser toute la matinée ; après toutes ces mains qui l'auront tripoté hérissé emmêlé dans tous les sens, tous ces enfants qui accourent m'appelant Tigre , Tigre , approche-toi , une caresse , moi , moi , ils sont fous , tu ne vois donc pas que je n'en peux plus , sors-moi de là avant que je le fasse en crachant dos rond queue gonflée pour que tu comprennes enfin que ça suffit ; mais Tigre ce ne sont que des enfants et ils te montrent leur affection , il te faut accepter ces compliments , non ? Enfin elle semble lire la colère dans mon regard : bon , j'ai compris je t'entends , on y va , tu peux peut-être te montrer gentil et patient avec ces enfants , tu les connais ; oui oui , un peu ça va , je le sais que je plais mais allons ailleurs ; je crois savoir ce que tu veux , tu veux voir si ta copine Hôhara montre le bout de son nez peut-être , là tu pourras bicher , je suis sûre que tu ne l'a pas encore vue ; mais tu me prends pour un idiot ou quoi , je l'ai aperçue avant toi mais attends je dois me refaire beau je ne peux pas l'approcher avec mon pelage tout emmêlé ; ne t'en fais pas , tiens regarde je te le remets en place avec un caresse, tu sais que je t'aime et, ne veux que te faire plaisir, voilà , tu peux te pavaner à présent , tu as belle allure , elle va se pâmer à ton approche ; mais tu ne comprends donc rien , c'est moi qui à sa vue vais fondre , vois  comme elle est élégante et belle , je me sens tout gauche ,et si intimidé ; mais non regarde , elle t'attend , tu peux ronronner avec elle, tu luis plais, vous allez bien vous entendre ; là, j'avoue que sans toi Rina , je ne connaitrais pas tout ce bonheur , tu sais si bien ce que j'aime et  tu fais tout pour je vive et m'épanouisse
heureux.
               Rina

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Chatpersan

wikimédia

 

 

Je me présente : je m’appelle…non pas Henri, mais Sacha. Quelques esprits chagrins diront de moi (je les entends d’ici) : « Que nous importent les élucubrations d’un chat de gouttière ! ». Il ne faut pas s’y arrêter ! ». Mes pensées sont profondes et sensées. La preuve ? Et bien tiens, aujourd’hui, je vais vous parler d’El Pé.

              Qui est El Pé ?  D’aucuns (les mêmes que tout-à-l’heure, en fait) déclareraient qu’El Pé est ma maîtresse. Les cuistres !! C’est absolument faux ! Primo : MES maîtresses, j’en fais tout de suite mes épouses, les choisissant d’ailleurs toujours avec une grande moustache. Secundo : le maître des lieux, c’est moi et nul autre. Incontestablement. Et El Pé le sait bien, elle qui s’ingénie, normal, à me rendre la vie douce et agréable.

         Elle fait ce qu’elle peut, pauvre créature. J’aurais mauvaise grâce à lui dénier sollicitude et bonne volonté, cependant, parfois, elle m’énerve terriblement ! Spécialement quand elle me susurre à l’oreille : « Sacha, le Pacha, le beau Chat » tout en me grattant sous le menton. C’est délicieux, je ne dis pas le contraire. C’est délicieux…un moment. Seulement voilà, El Pé, malgré tous ses efforts- et ils sont nombreux, je le reconnais-demeurera à jamais un être humain. Et comme tel totalement dénué du sens de la mesure, tout au moins telle qu’elle s’entend chez la gente féline. Pauvre fille, c’est son drame. Elle en fait toujours trop ou pas assez. Trop, je ne reviendrai pas là-dessus, quant à « pas assez »…Un exemple : Me voici confortablement installé sur ses genoux, par un après-midi d’hiver, tandis que pluies et vents font rage dehors. J’adore. Nous sommes si bien, seuls tous les deux, que je daigne, plissant de contentement mes yeux au vert troublant, oui parfaitement que je DAIGNE ronronner, heureux de régaler ma compagne de cette musique dont elle raffole, en mélomane avertie…Et bien n’ose-t-elle pas, la traîtresse, se lever brusquement, prenant tout juste la peine de me déposer sur un coussin, et encore pas le plus moelleux ! Pourquoi me brutaliser de la sorte ? Parce qu’une sonnerie est venue briser l’harmonie de l’instant. Son horripilant entre tous qu’émet le téléphone, cet objet redoutable et détesté, quelle saisit alors avec une hâte, une quasi avidité de très mauvais gout. Comment le préférer à moi ? Moi son confident mais aussi moi merveille de la nature et petit dieu de l’Egypte ancienne, les gens savaient vivre alors !

        Mais tant pis, je lui pardonne. Tout. Ses faiblesses et ses imperfections, ses éclats de rire qui blessent mes oreilles délicates…. Et aussi ses larmes qui me paniquent et m’attristent à la fois durant des heures. Je lui pardonne parce que je l’aime. Et qu’elle le sait.

             El Pé

                                                                                            

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C’EST LE PIED !


Je suis dans un cocon, je le sais, tu me l’as dit cent fois. Pour ne rien te cacher, je suis tout à fait d’accord avec toi. Mais… Quand tu hausses le ton je me sens misérable. Je me demande bien ce que j’ai pu te faire ! Quoique…  mon pipi au salon n’est pas fait pour te plaire ! Ni mes jappements brusques qui te font sursauter… Il faut pourtant que je te dise à quel point tes genoux me sont si familiers et confortables, c’est mon asile de prédilection. Je m’y laisse glisser dans des rêves de promenades et de bonne chaire. Au fait, quand j’entends les premiers tintements de casseroles et d’ustensiles de cuisine, je te porte aux nues, sachant que des fumets sympathiques vont bientôt  exciter mes narines avant de chatouiller mes babines et ma gorge. J’attends là,  espérant un bout de friandise échappé de la planche à couper.  C’est le pied, sauf quand le tien, d’un mouvement agile fait taire mon impatience.

Je supporte, stoïque, tes mouvements d’humeur, tes moments d’énervée, même l’aspirateur !

Et quand tu prends la laisse pour aller en balade, fou de joie, je gambade en tous sens, oubliant mes malheurs. Il est vrai que ceux-ci ne sont pas bien terribles. J’adore ces sorties qui m’emmènent humer les odeurs des copains, des copines, et autres. Même au bout d’une laisse j’apprécie fort l’espace.

Mais j’apprécie aussi  de prendre le chemin de la maison douillette où je vais, avec joie, retrouver ton giron.

Oui, c’est le pied !

 

Mouty

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mercredi, 21 mars 2012

Devant ma tombe

 

 

Imaginez-vous devant votre propre tombe au cimetière. Vous lisez votre épitaphe.

                                 Rédigez-la. Exprimez vos sentiments.

cc by-sa  

tombe à Saint-malo.jpg

 

                     Tombe  de Chateaubriand sur le grand Bé à Saint Malo   Rémi Jouan

Wikipédia

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épitaphe pochard mouty.gif123 Gifs 

 

 

 

EPITAPHE

Gloup ! J’en reviens pas ! Après en avoir bavé de cheminer sous une pluie battante - que d’eau ! Que d’eau ! - en faisant crisser les graviers sous mes semelles usées, je tombe en arrêt, c’est le cas de le dire, sur une tombe grise en béton, moussue, discrète, secrète. Une sorte de tombe fantôme : c’est MA tombe ! Les bras m’en tombent ! C’est bien mon nom qui figure sur la plaque rouillée : Arthur BOISSANSOIF - 19 Mars 1972 / 19 Mars 2012. C’est aujourd’hui justement…

Je suis sidéré, démantibulé. Un chagrin incommensurable m’envahit. Il déborde, comme la fontaine désuète plantée au cœur du cimetière. Les larmes de pluie mêlées aux miennes obstruent mon regard. D’un revers de manche j’essuie le trop-plein. J’ai du mal à déchiffrer l’épitaphe écrite d’une main malhabile :

Ci-git le plus heureux des soudards

Celui pour qui la vie oublia la tendresse

Et qui trouva un verre par un heureux hasard,

Le remplit, le vida, recommença jusqu’à l’ivresse.

Souvenez-vous toujours de ce pilier de bar

Qui attendait dimanche pour boire le vin de messe.

Il venait du néant, et allait nulle part,

Ignorant les baisers, ignorant les caresses.

Il voyageait à pied, et quelquefois en car,

Désabusé surtout par des tas de promesses,

Usé et bousillé par de nombreux nectars

Jusqu’à la fin. C’est là que le bât blesse.

Je trouvais dans cette épitaphe ce qui me résumait le mieux. A quoi bon en rajouter ?

Adieu mon pauvre Arthur !

 

                            Mouty

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freepik

 

épitaphe funanbule mimi.jpg

 

 

« Ici gît celui qui a rempli sa vie avec du vide. »

Eh oui ! J’étais funambule et j’ai marché au-dessus des canyons et des avenues de New York d’un gratte-ciel à l’autre. Cela m’a permis de voyager dans le monde entier à la recherche des sites les plus célèbres, les gorges les plus dangereuses, de traverser au-dessus des cascades bouillonnantes, écumantes depuis les chutes du Niagara jusqu’au Zambèze.

En effet j’avais besoin de remplir ma vie avec du vide et plus le vide était vide, profond, plus je me réalisais. La poussée d’adrénaline devenait de plus en plus nécessaire et indispensable à ma vie comme un drogué à besoin d’augmenter sa dose de plus en plus souvent.

Mais qu’ai-je fait d’autre ? Rien ! Je n’ai pas eu d’épouse, de famille car qui aurait voulu d’un fou qui met sa vie en danger chaque jour ? Qui aurait accepté d’avoir des enfants d’un père toujours absent, toujours en quête de plus d’aventures périlleuses et qui risque de ne pas revenir vivant ?

 Je n’ai rien construit. J’ai été d’un égoïsme sans borne et ma vie a été un vide sidéral !

Juste des rencontres occasionnelles avec des admiratrices qui parfois, auraient bien voulu me retenir ; mais même dans leurs bras, je pensais à mon prochain défi et je m’enfuyais en courant, lâchement, sous le prétexte de ce qui m’attendait. En fait, j’ai fait tout ça pour fuir la vraie vie, fuir la réalité du quotidien avant qu’elle ne m’enchaîne. Surtout pas de routine, de soucis ou de plaisirs communs à tous !!

J’étais égoïste et aussi d’un orgueil démesuré : « Moi, je ne suis pas comme les autres, je suis au-dessus du lot, c’est le cas de le dire d’ailleurs ! »

Bon maintenant il est un peu tard pour prendre conscience de tout ça. J’aurais dû faire une psychanalyse mais il était inconcevable que je reste au même endroit, à me regarder le nombril pendant des mois et des années !

Et voilà le résultat : la vie a passé quand même et je suis « celui qui a rempli sa vie de vide. »

                       Mimi

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 Après avoir succombé à un guet-apens tendu par ceux que je gênais, me voilà devant ce qui sera désormais chez moi : une tombe toute simple, avec cette seule inscription

                                            Ici est un homme

                                             Epris de justice

                    Qui a pris aux riches pour donner aux pauvres

                             Qui a combattu au côté des opprimés

                         En utilisant toutes les méthodes à sa portée

                                  Peut-être en a-t-il blessé certains

                                     Mais la fin justifie les moyens

Oui, c’est bien moi. Je crois que j’étais prédestiné à la vie que j’ai eue. Je suis né en détestant l’injustice et tout petit, je me demandai déjà pourquoi certains avaient faim, tandis que d’autres jetaient les restes, tellement ils étaient repus. Je me demandais pourquoi certains avaient froid alors que d’autres s’emmitouflaient dans de douces et chaudes fourrures. Je me demandais pourquoi certains, se croyant supérieurs, en opprimaient d’autres.

Bien sûr, j’ai vécu à une certaine époque mais je crois que  j’aurais  pu vivre avant ou après. Je suis intemporel. Maintenant que je suis mort,  je n’ai nulle honte de ce que j’ai fait. Je n’ai pas toujours bien agi mais j’ai agi pour le bien, pour le bien de ceux qui souffrent. Ceux qui m’aiment m’ont toujours fait confiance et sont fiers de moi. Ceux qui me traquaient, les cupides, les puissants, les tyrans, ont eu raison de moi,  mais j’ai semé des graines d’idées de justice un peu partout ; elles germeront et d’autres, dans les siècles à venir auront certainement la même épitaphe que moi sur leur tombe. Nous aurons tous tenté de faire un monde plus juste.

                   Gill

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On approche de Novembre. J'aime flâner dans le vieux cimetière si beau avec ses milliers de tombes fleuries ; j'en admire une particulièrement, bien  entretenue, j'imagine que c'est moi qui suis là, vie de travail, de don de soi,  de souffrance, de joie, de quelques moments de bonheur, vie passée à la vitesse de l’éclair, 

 

2O ans, 40 ans,  60 ans et plus, on continue le chemin il faut bien le finir ce chemin, et à présent me voilà sous ces fleurs ; où est passée mon âme ?  Mais c'est le diable que je vois, il tournoie, essaie de me séduire avec des propositions mirobolantes : en enfer tu ne manqueras pas de chaleur viens faire un tour tu retrouveras des amis, vois comme on est gai ici, on chante, on rit, laisse moi te guider. Mais je refuse toute ces offres. Voilà Dieu à présent avec  ses promesses de Paradis, le ciel la paix le jardin d'éden, ses fruits ne sont plus défendus, tu peux en croquer à volonté, l'air léger la sérénité, tu seras gâtée, on saura t'apprécier et t’aimer, suis  moi, tu as fais un bon parcours sur terre, tu mérites le ciel. Ma parole c'est pire que sur terre ici, c'est à celui qui aura le plus de tour dans son sac pour attirer le client, mais j'hésite, je ne suis pas sure d'être prête, je crois que je n'ai pas terminé ma vie sur la planète terre, je veux encore voir le jour se lever le soleil la réchauffer de ses chauds rayons, la pluie faire pousser les plantes et les fleurs, je veux voir mon petit fils grandir. La panique me prends, laissez-moi partir, il me semble que j'ai crié, j’ouvre les yeux, je suis vivante, je vois des gens derrière moi me regarder d'un drôle d'air, ils  doivent penser que je suis un peu dérangée, heureusement ce n'est qu'un rêve imaginaire. Ouf, il y aura bien des levers de jour et des couchers de soleil qui vont se succéder avant que je ne sois sous une tombe, même bien entretenue. 

 

                                   Rina      

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Photo : cc by-nc-nd - Bruno Monginoux - www.Photo-Paysage.com

      Passants, méditez ceci :

       J’ai été ce que vous êtes

        Vous serez ce que je suis.

Quoi !! Qui a osé ? Détourner ainsi Ronsard, lui, l’amoureux de la vie et de la jeunesse ! Graver ses vers –dentelle sur une sinistre plaque de marbre mortuaire ! Quel sacrilège ! Pire, quel mauvais goût ! Je vais agripper l’objet et le jeter dans la première poubelle venue…Hélas, mes mains le traversent, impuissantes…

       Parce qu’il faut que je vous dise : je suis morte. Depuis ? Oh, est-ce-que je sais, moi ? On ne mesure pas le temps, dans l’Eternité. Mais ça ne doit pas faire bien longtemps, il reste encore quelques fleurs pas trop fanées sur ma tombe.

     Comment ça s’est passé ? Attendez que je me rappelle. C’est fou ce qu’on oublie vite l’Avant lorsqu’on a rejoint l’Après ! Ah oui, ça me revient : Le crépuscule. La pluie. Le passage clouté. La grosse voiture noire qui me fonce dessus. Un bruit infernal de freins et de tôle et puis… plus rien.

       Réveil dans un espace éblouissant de clarté qui ressemble à un hall de gare. Des queues interminables devant des guichets tout au fond. Des flics bizarres déguisés en anges et portant des brassards rouges de police…jusqu’à ce que je réalise qu’il ne s’agit pas d’un déguisement. La situation s’éclaire et même pas peur. Je demande doucement au Pakistanais à turban qui me précède : « Vous êtes mort vous aussi ? », il hausse les épaules.

 « Evidemment ! ». Il a l’air contrarié. Je parie qu’il imaginait le Passage autrement. Moi aussi. Enfin, j’arrive devant le guichet. Derrière, encore un ange. Il tape mes coordonnées sur son ordi et m’assène : « CP, à droite. »

Je me retrouve dans une sorte de grande cour pavée avec une foultitude de gens. Dont certains (et oui) de ma connaissance. Je m’approche de l’un d’eux, disparu depuis au moins cinq ans, temps terrestre. Il n’a pas l’air surpris de me voir. Tant mieux. Je m’exclame alors : « Tiens comme on se retrouve ! Mais dis-donc, ça fait un bail, toi, que t’es m…

-Mort ? Allez, n’aie pas peur des mots. D’ailleurs, il vaut mieux t’habituer à celui-ci parce que tu sais, tel que c’est parti, ce n’est pas près de finir.

-Je m’en doute. Mais on est où, là ?

-Au CP. Cour Purgatoire si tu préfères…

-Ah bon ? Et qu’est-ce-qu’on y fait ?

-Rien. Et c’est ça le pire. On s’em…nnuie que c’est rien de le dire. La Punition, tu vois. Jusqu’au test.

-Le test ?

-Ouais. Ils te renvoient un bref instant sur Terre, et là, te font subir l’épreuve.

-Oh Mama mia ! De quoi s’agit-il, tu es au courant ?

-C’est la surprise. Si tu réussis, tu entres au Paradis, sinon, tu retournes au CP. Ah excuse-moi, mais j’entends crier mon nom. Chouette, je vais descendre, souhaite-moi bonne chance ! »

        Ce que je fais en tâchant d’éluder la question, fort peu charitable, de savoir si c’était ou non sa première descente Ici-bas, puis me prépare à m’enquiquiner ferme pendant …Un siècle ? Deux ? Mille ? Mais miracle, mon nom retentit soudain. Je m’avance au hasard, sens un souffle chaud passer sur moi…et me retrouve au cimetière de Béziers, devant mon épitaphe, ce qui a le don de me mettre en boule illico presto. Ah les parents et amis, parlons-en !! D’autant que, tel que c’est rédigé, on dirait vraiment que ça vient de moi, une dernière volonté quoi ! Jamais de la vie ! Moi j’aurais dit…j’aurais dit…Et soudain curieusement je me mets à sourire, toute colère, frustration ou vanité évanouie. Allons, tout va bien, si c’est ainsi qu’ils me voyaient, les parents et amis… il faut l’accepter. Finalement,  ils ont cru me faire plaisir, les pauvres !

        Aussitôt, portée par une note de musique (un fa dièse en fait) je m’envole et n’en crois pas mes yeux ! Je suis au Paradis ! Si vous saviez comme c’est…Mais désolée, je n’ai pas le droit d’en parler. Vous aurez la surprise. A toute.

              El Pé

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