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dimanche, 13 mai 2018

Les cinq sens sont là !

En 20 minutes, écrire un texte en utilisant les cinq sens 

vue / ouïe / odorat / goût / toucher

En utiliser un par phrase si votre texte est court, ou un par paragraphe si votre

texte est plus long.

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petit déjeuner christine.jpg

pixabay

 

ODE AU PETIT DEJEUNER

 

Desayuno, colazione, breakfast, Frühstück … en d’autres  termes : le petit-déjeuner !!!

Existe-t-il une parole  plus douce à l’oreille ?!!!

C’est le mot que je préfère dans les pays que je découvre, quel doux son : chantant en italien - la colazione , savoureux en espagnol – el desayuno , militaire et sec en allemand  mais ô combien délicieux – Frühstück , pratique et droit au but chez les anglo-saxons, c’est une affaire sérieuse que ce breakfast.

Je pénètre le cœur battant dans la salle à manger, ce temple hôtelier qui rompt le jeun. Les bruits délicieux de cette activité matinale me remplissent de joie :

cliquetis des couverts sur les assiettes, grésillement du lard sur la plaque chauffante, conversations feutrées, le pop du grille –pain qui éjecte une tartine dorée à souhait.

Mes yeux ne savent plus où regarder, il y a tant de bonnes choses à voir !!! Des pains variés, des viennoiseries sublimes, des bols remplis de confitures artisanales, des jus de fruits aux teintes fraîches, de la charcuterie, du fromage, des œufs, des céréales de toutes formes et couleurs, des yaourts fermiers. Que choisir, que manger, quel cruel dilemme.

Tout d’abord choisir une table, effleurer la nappe damassée, aller chercher une assiette, se servir, couper une épaisse tranche de pain complet odorant, vérifier sa fraîcheur d’un doigt discret, tâter une pêche afin d’être sûr qu’elle sera juteuse et sucrée.

La machine à café répand l’odeur entêtante du café torréfié à la perfection, plus loin le fumet velouté du chocolat attire les amateurs de cette fève exotique. Le parfum du bacon grillé à point chatouille les narines. Les viennoiseries tout juste sorties du four exhalent un parfum divin !!

La tête me tourne, j’entends, je vois, je touche, je sens et maintenant je vais déguster !!!

La grande finale, le point d’orgue : la dégustation …

  • jus de pamplemousse acidulé et bien frais
  • pain complet aux saveurs d’antan
  • beurre salé … sublime
  • fines tranches de jambon légèrement fumé
  • confiture de cerises au goût si délicat
  • croissant croustillant à l’extérieur et divinement moelleux à l’intérieur, la perfection

Le tout accompagné d’un grand café au lait mousseux, liquide brûlant, princier !

Décidemment le petit-déjeuner est bien le repas du roi (ou de la reine !).

 

Christine

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pixabay

 

     Durant la descente de l ‘engin, il s’emplit les yeux de larmes grâce au paysage qui s’étendait sous lui. Rien ne l’avait préparé à ça. Aucun cours, aucun stage ne lui avait permis d’envisager cette féérie de couleurs. D’autant qu’il était six heures (heure locale) et qu’une aurore luxuriante peignait le ciel mieux que n’auraient su le faire les plus grands maitres de sa connaissance.

       L’engin se stabilisa. La porte s’ouvrit et aussitôt une odeur impossible à identifier s’engouffra dans l’habitacle, pourvue d’une force telle qu’elle faillit le renverser. Il courut au téléspectogramme à cristaux liquides, merveilleuse machine qui analysait tout. Elle lui apprit que l’odeur était un mélange de bouse de vache, de blé mur et de jasmin. Rassuré, il respira alors à pleins poumons, manière de s’habituer très vite et fit un pas à l’extérieur.

        Aussitôt l’assaillirent les chants d’oiseaux. Enfin, si l’on peut employer cette terminologie guerrière, car dès les premières trilles perçues-ô miracle, en toute harmonie- ce fut pour lui (auteur-compositeur-interprète averti bien qu’amateur) un véritable enchantement et dès lors, un sourire béat ne cessa plus d’éclairer sa physionomie.

       Alors, fou de joie, il courut à travers champs, bosquets et forêts, caressant avec tendresse tout ce qui se trouvait sur son passage, y éprouvant un plaisir d’une intensité inconnue jusqu’ici. Et il y serait sûrement encore s’il n’avait découvert, allongée sur la mousse, une bien étrange créature.

      Très jolie, si l’on aime le surréalisme, endormie, à coups sûr. Elle sentait bon, ne produisait aucun son pour le moment et quand il se hasarda à l’effleurer, à peine, à peine, la douceur de la peau était d’une douceur inimaginable.

     Il soupira d’aise puis, pris d’une inspiration soudaine, il se pencha au dessus de la créature et, tout doucement, promena sa langue sur ce qui lui servait probablement de visage. C’était délicieux : crémeux, sucré et salé à la fois. Miam !

     Clarisse ouvrit les yeux à ce moment précis et poussa un cri strident. Au dessus d’elle se tenait un monstre à deux têtes, muni d’une bonne douzaine de tentacules  et d’une langue d’un mètre de long qui lui inondait la figure d’une bave visqueuse Elle voulut se lever et fuir mais le monstre, ouvrant alors la gueule, dévoila une double mâchoire, toute hérissée de dents énormes. Ce fut malheureusement la dernière vision de notre pauvre Clarisse.

 

 El Pé

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pixabay

 

Caramel, comme tous les matins, après avoir fait une toilette comme seuls les chats savent le faire, descendit, de son pas élastique et souple, les trois marches qui menaient au jardin. Il traversa rapidement la petite allée gravillonnée trop bosselée, trop dure, qu’il n’aimait pas du tout sentir sous ses pattes, pour se retrouver le plus rapidement possible dans le petit carré d’herbe que sa maîtresse entretenait avec soin pour lui. Il se mit à croquer avec délice les petites tiges tendres dont le goût lui procurait tant de plaisir. C’est alors qu’un bruit d’ailes le fit tressaillir, ses oreilles se dressèrent et tout sont corps se mit à l’affût. Il demeura accroupi, frémissant, prêt à bondir. Levant la tête vers l’olivier, il aperçu l’oiseau qui le narguait depuis plusieurs jours, une petite mésange à tête bleue qui semblait se moquer de lui tant elle pépiait avec force. Elle ne semblait pas le craindre et ce matin –là, elle avait raison, Caramel n’étant pas d’humeur chasseresse, mais plutôt enclin à lézarder à l’ombre du grand arbre. Il s’y abandonna toute la matinée, et ce n’est que vers midi qu’une odeur agréable le fit sortir de son sommeil, l’odeur des crevettes pour lesquelles il était prêt à tout, tant il les aimait. Il savait que sa maîtresse partagerait avec lui, aussi, il se leva d’un bond et couru vars la maison.

Gill

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dimanche, 13 mars 2016

Printemps des poètes 2016

Pour nous associer au Printemps des Poètes qui fête le grand vingtième

ou cent ans de poésie, d’Apollinaire à Bonnefoy,

chacun choisit un poème dans une sélection composée de textes de

Jacques Prévert, de Paul Eluard, de Raymond Queneau,

d’Eugène Guillevic, de Robert Desnos,

de Blaise Cendrars, d’Andrée Chedid

 Puis, en 15 minutes, chacun écrit un poème à la manière de celui qu’il a choisi.

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Mouty a choisi « la girafe » de Robert Desnos

 

La carafe

 

La carafe et la pirouette…

Temps pluvieux et temps d’azur

Rendent mon humeur secrète.

Temps brumeux et temps d’or dur,

Tous deux me tournent la tête.

Temps pluvieux et temps d’azur,

La carafe me console.

Temps brumeux et temps d’or dur 

Le vin nouveau me désole.

Temps pluvieux et temps d’azur

Se bousculent dans ma tête.

Temps brumeux et temps d’or dur,

Ce n’est pas toujours la fête.

Temps pluvieux et temps d’azur,

L’hiver autour des carafes…

Temps brumeux et temps d’or dur.

Mouty

 

Mouty a choisi « Jeunesse » d’Andrée Chedid

 

Vieillesse 

 

Tu cries.

Tu hurles ton désarroi,

L’univers en saccades

Qui débordent de ton cœur.

Tu clames.

Tu honnis la terre entière.

Tu n’en peux plus de ton corps.

Tais-toi,

Te dit-on d’un air condescendant.

Mais tu n’as cure des dames patronnesses.

Tu es dans la vieillesse.

Mouty

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Marie a choisi « Complet blanc » de Blaise Cendrars

 

Je m'avance sur la neige dans ma tenue bleue

Achetée à Annecy

Aux pieds j'ai mes grosses chaussures achetées à Méribel

Mes mains sont au chaud dans mes gants  rapportés de Chamonix

Ma poche est gonflée de chocolat Lanvin

Parfois je hume sur mon bras le monoï de Tahiti

Je fais crisser la neige sous mes pas et chausse mes skis

J'ai mes grosses lunettes noires et mon bonnet coloré,

de ceux qu'on ne trouve qu'à Lima

Je suis armée, emmitouflée, chapeautée plus qu'un esquimau

Heureuse comme un pinson

Riche comme une reine

Libre comme une femme.

Marie

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Claudie a choisi « Premier jour » de Jacques Prevert

 

Le dîner

 

Des oignons rouges dans le chaudron
Des mains blanches dans la farine
Une grande louche dans le pot
Une mouche dans l’abat jour
Un feu pétillant dans la cheminée
Des enfants autour de la table
Un rouet devant la fenêtre
Un chat tigré dans le fauteuil
Une cuillère dans la bouche
Un sourire sous la moustache
Une famille dans un instant de bonheur.

Claudie

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Gill a choisi « déjeuner du matin » de Jacques Prévert

 

Promenade du matin

 

Il a mis le collier

Sur mon cou

Il a attaché la laisse

Au collier

Il a pris la laisse

A la main

Sans me caresser

Je l’ai suivi

Excité et joyeux

Il m’a fait monter en voiture

Sans me regarder

Il m’a emmené en forêt

Je me suis dit, joyeux 

C’est jour de promenade

Il a marché

Sans un mot

A un arbre il m’a attaché

Il a posé un bol d’eau

Et il s’est éloigné

Sans une caresse

Sans une parole

Sans se retourner

Je l’ai suivi des yeux

Aussi loin que j’ai pu

Je me suis assis

J’ai attendu

Et puis j’ai compris

Qu’il avait osé

Alors je me suis couché

Et désespéré

J’ai gémi.

Gill

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