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jeudi, 03 février 2011

consigne de Mouty 13/12/2010

 

A partir de la photo d’un animal hybride, raconter une histoire commençant par « Il était une fois » et se terminant par une moralité. (25 mn)

 

 

 

CroconetteL1040857q1.jpg

Il était une fois une reinette sautillante qui passait son temps à gambader dans l’herbe fraîche à la recherche de nouveaux terrains de jeux. Elle avait la particularité de pouvoir faire des bonds époustouflants en hauteur et en longueur. C’est ainsi qu’elle avait parcouru en sautant par-dessus les océans et les montagnes, des milliers de kilomètres, et qu’elle connaissait presque tous les coins et recoins du globe terrestre. « Mais ma foi » se dit-elle un jour, « il faudrait bien que je m’arrête quelque part et que j’explore en détail un petit lopin de terre pour connaître ceux qui le peuplent. »

C’est ainsi que ses sauts la portèrent sur les berges hospitalières du Nil bleu et qu’elle se mit à observer ce qui l’entourait. D’énormes éléphants à tête de tigre, des hippopotames à tête d’oiseau, des aras à corps d’antilope, des girafes  à grande langue, tout un monde dont elle n’avait jamais soupçonné l’existence. Et puis là, dans l’eau, quelque chose de bizarre : un long museau plein d’écailles avec une rangée d’impressionnantes dents dont les pointes lançaient des éclats de lumière, des yeux mi-clos derrière puis, RIEN ; et oui, elle voyait bien, c’était une tête toute seule prolongée par cette monstrueuse mâchoire aux dents  acérées, prêtes à s’enfoncer avec délectation dans des chaires bien tendres. A quoi pouvait-elle bien servir si elle ne pouvait pas se mouvoir. Et pourtant, cette mâchoire avait tout pour être la reine la plus crainte de la terre.

Alors la reinette se mit à cogiter : pourquoi ne pas s’ associer à cette force aux crocs pointus pour ne plus craindre personne, elle si petite et si vulnérable, toujours obligée de sauter encore plus haut, encore plus loin, pour échapper au pire .

Cette géniale idée en tête, elle alla soumettre sa proposition à la longue mâchoire, tout en restant à bonne distance de sa future associée qui trouva l’idée à son goût, ayant passé des années à se morfondre de son immobilisme.

L’affaire fut réglée promptement et la mâchoire et le corps s’associèrent, les sauts de l’un animant les dents de l’autre. Ils devinrent absolument invincibles.

Moralité : mieux vaut être fort et effrayant que faible et petit.

Gill

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croconette

 

 

CROCOCANE

 

Il était une fois un petit crocodile orphelin d’une mère qui avait fini sa vie chez les sacs Hermès. Un au-delà de luxe me direz-vous…

N’empêche que le petit croco, sachant tout juste nager, dût rechercher sa pitance tout seul, près des rives du fleuve aux eaux glauques : l’Orb, pour ne rien vous cacher.

Il avisa un groupe de canetons, filant ventre à l’eau dans le sillage d’une maman cane bien replète. Il se tapit derrière une roche moussue, prêt à sauter sur cet escadron appétissant. Tout à coup, un tintinnabule assourdissant fit vibrer ses tympans et détourna son attention. La fée Clochette était là, fort en colère ; elle veillait à la bonne marche de la nature, du temps où les petites filles en assuraient la sécurité avec la plus grande efficacité.

-      Croco, tu ne touches pas à cette famille pleine d’avenir, sinon il t’en coûtera !

-      M’en coûtera ? M’en coûtera ?

répondit Croco en sautant goulûment sur Mère Cane dont il ne fit qu’une bouchée. Il grandit ainsi, avec sa ration journalière de canetons de plus en plus dodus.

Quand il revit Clochette, celle-ci l’amena vers le miroir d’une flaque d’eau claire. Quelle surprise de découvrir que sa tête de croco surmontait un corps de canard !

-      Maintenant tu t’appelleras Crococane ! lui dit Clochette.

 

Moralité : Attention à ce que vous mangez ! Evitez les andouilles, les boudins, et bien d’autres choses encore, sinon il vous en coûtera !

 

Mouty

 

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                                                 Eléphant-Koala

 

Il était une fois, dans le bush australien, au bord de la Murray river, un koala qui vivait sur son eucalyptus et ne le quittait que pour aller sur l’arbre voisin soit pour rencontrer sa chérie, soit pour une réunion communautaire.

Sa nature le poussait à l’indolence et surtout le manque de variété dans l’alimentation le rendait assez anémié et imperturbable. Il s’ennuyait ferme sur son arbre à dormir, somnoler et manger toujours le même menu : de l’eucalyptus, encore de l’eucalyptus, toujours de l’eucalyptus !!La vie manquait vraiment de piquant ! Or, il rêvait d’aventures. Mais comment faire ? Les seuls animaux qu’il voyait étaient les kangourous qui bondissaient au pied de son arbre et il trouvait que ça c’était déjà mieux que sa vie à lui.

Or, un jour, on ne sait par quel hasard incroyable, il vit arriver dans sa forêt un énorme animal gris avec un long bras au milieu de sa tête et de grands éventails sur les côtés qu’il agitait en marchant. C’est énorme ! C’est monstrueux ! Comment est-ce possible ? Qu’est ce que c’est ? Se demanda-t-il. Il le regarda passer à sa hauteur lentement, lourdement, il faisait trembler le sol. Malgré sa stupéfaction, comme notre koala rêvait d’aventure, il s’arma de courage, surmonta son appréhension et interpella la bête au passage :- « oh là, qui es tu ? »

-« Je suis un éléphant d’Afrique exilé en Australie à cause de la traite des animaux. J’ai réussi à m’évader mais c’est difficile pour moi de vivre ici car je ne trouve pas beaucoup de nourriture qui me convienne. Heureusement, il y a la rivière pour boire et me baigner mais il me manque aussi des congénères. »

-« Si vous voulez nous pouvons faire connaissance et je vous aiderai à vivre ici et vous, vous me raconterez votre monde. L’Afrique, qu’est-ce que c’est ?

Ainsi, ils sympathisèrent et essayèrent de partager leur vie mais tout était beaucoup trop différent : leur monde, leur mode de vie, leur corps…Le koala ne pouvait pas s’éloigner de son arbre, son garde-manger et l’éléphant, bien qu’herbivore, n’aimait pas trop les plantes qu’il ne connaissait pas .L’éléphant promena bien le koala sur son dos pour lui montrer le paysage mais le koala avait le mal de mer car il n’était pas habitué au mouvement.

 

Moralité : Chacun doit se satisfaire de sa condition et il y a souvent loin du rêve à la réalité.

 

MIMI