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mardi, 04 juin 2013

La machine à explorer le temps

 

Vous entrez dans une machine à explorer le temps et appuyez sur les commandes. Vous vous retrouvez à une époque différente. En 25-30 minutes, racontez. Votre texte devra comporter quatre mots choisis au hasard dans des livres :

            Aube    mouchoirs    relative    tard

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2CV liliane.jpg

freepik


Julien avait été fortement marqué par « Retour vers le Futur ». Le Film.

C’est certainement ce qui détermina plus tard sa vocation de physicien. Modeste thésard dans une équipe de chercheurs au CNRS- branchée sur les nanoparticules mais cela n’a pas une importance primordiale pour la suite du récit-il fabriquait dans le garage de ses parents, en grand secret et à ses heures de loisir une machine à explorer le temps.

    N’ayant malheureusement pas à sa disposition une De Laurean, il avait tant bien que mal bricolé sa vieille Deux Chevaux-héritée de sa grand-mère- et, alors que ce dimanche matin s’annonçait plutôt brumeux, il décida soudain de mettre son invention à l’épreuve.

     A peine installé derrière le volant, il opéra sur le tableau de bord quelques réglages spatio-temporels, rendus assez aléatoires compte tenu du caractère plutôt spartiate du véhicule, inspira un grand coup, mit le contact…

    Il y eut un éclair aveuglant et avant même de dire « Ouf », de deuche et pilote se retrouvèrent sur l’herbe d’un pré noyé par la brume dans ce qui semblaient être les premières et timides lueurs d’une  aube  naissante.

    Julien chaussa ses lunettes alors que dans le même temps de courageux rayons de soleil parvenaient à traverser les nuages, ce qui eut pour effet immédiat de dévoiler un bien étrange spectacle.

   A l’évidence, deux hommes venaient de se battre en duel car les pistolets qu’ils tenaient fumaient encore. L’un d’eux, ressemblant férocement à Barry Lyndon (dans le film de Kubrick) appuyait contre sa cuisse gauche un mouchoir taché de sang.

     « Mince alors, j’ai débarqué en Irlande au XVIIIème siècle !! » hurla, fou de joie, l’imprudent jeune homme. D’autant plus imprudent que, jaillissant de la voiture, il s’avança de quelques pas, désirant, muni de son portable, prendre la scène en photo sous son meilleur angle.

     Hélas ! Miraculeusement réconciliés, les duellistes en jabots de dentelles ainsi que leurs quatre témoins tout de noir vêtus accourraient vers lui, animés, à première vue, d’intentions rien moins qu’amicales. Le sosie de Barry Lyndon surtout, dont la gravité de la blessure, finalement, se révélait toute relative.

 Julien n’attendit pas de faire plus ample connaissance avec ces gentlemen. Il se précipita vers sa machine et ne prit même pas le temps de s’assoir avant d’actionner les manettes tandis que six visages patibulaires se pressaient déjà contre les vitres. Puis ce fut l’éclair blanc et par bonheur le retour au point de départ.

     Il s’aperçut alors, avec une consternation bien compréhensible, que son portable avait disparu, tombé sûrement au cours de sa fuite. Quel dommage ! De toute façon, il était trop tardpour faire demi-tour, d’autant que la bagnole avait pété une durite. N’empêche, grâce à lui, quelqu’un recevrait peut-être bientôt un appel venant du passé ! Brusquement, à l’idée qu’un possible paradoxe temporel était sur le point de s’accomplir, le pauvre garçon fut empli d’effroi, puisque tout le monde le sait, n’est-ce-pas, ce genre de chose entraine inexorablement la fin du monde. Mais il se ressaisit assez vite cependant, pensant, à juste titre, que jamais des contemporains de Louis XV ne découvriraient comment faire fonctionner cette petite merveille de la technique moderne qu’est un I phone.

      Julien fit réparer la voiture et peu après, son second voyage l’emmena au cœur du XXVIIème siècle. Vous et moi aimerions beaucoup connaitre le récit de cette aventure, naturellement. Mais çà, comme dit le papa de Mowgli, çà, c’est une autre histoire.

           El Pé

                                                            


Listed Völuspá Dwarves by Frølich wikimédia

 

 

A  l'aube  de toute cette technologie moderne , le nouveau millénaire , l'ère fantastique , nouvelles inventions, changements si rapides , pour une ancienne comme moi , qui n'arrive ni à maitriser ,ni à suivre , alors j'ai inventé ma propre machine , un engin qui doit me permettre d'explorer le temps à mon rythme ; je laisse aux radoteurs  qui pleurent le temps de leur jeunesse , sortir leurs  mouchoirs , il faut savoir  relativiser , après tout il n'est jamais trop tard pour se lancer, et là, je suis toute excitée à l'idée du grand départ , je suis curieuse  de voir ce que je vais découvrir si ma folle invention se met en route , alors j'appuie sur les pédales et je me sens soulevée et emportée a une vitesse vertigineuse qui me fait traverser les nuages ; hourra je vole !!!!!, la tête me tourne , tel un fétu de paille tournoyant dans l'air , je fonce surement vers une nouvelle planète , j’ai l'impression de  ne plus rien contrôler, mes pieds perdent les pédales et dans une terrible secousse qui me font reprendre mes esprits, j'ouvre les yeux un peu secouée , et ébahie , je regarde autour de moi ; ma parole ; je suis au paradis, un air léger me caresse le visage, j'entends des oiseaux chanter , je sens la douceur du soleil sur mon corps , tout n'est que beauté et lumière , quel beau jardin , des parterres de milliers de petites fleurs de toute les couleurs tapissent le sol , des arbres fruitiers minuscules croulent de fruits juteux si j’en juge  par les abeilles qui les butinent , dessous j’aperçois circulant , gais et  insouciants tout une foule de petits êtres , tout a l'air d'être fait pour des enfants ici , des chalets de couleur vive semblent abriter des humains hauts comme trois pommes et cette piscine ; mais je rêve, ce sont des lilliputiens qui se baignent , ils sont si petits , et je réalise que j'ai atterri sur une planète de nains , où  tout est à l'échelle de leur taille , je ne peux absolument pas descendre de mon engin, je vais tout piétiner , si je marche avec mes pieds géants , je vais les écraser , ces malheureux ; baissant les yeux, je sens des chatouillement sur mes chevilles , ils grimpent sur mes jambes , ils veulent me toucher , mais je n'ose pas ouvrir la bouche, rien que le souffle de ma voix va les affoler  et les faire chuter au sol , je ne veux pas , il faut que je fasse redémarrer mon engin avant de provoquer une catastrophe , dans la si belle harmonie de ce peuple ou ils vivent si tranquilles , vite, une petite secousse des pieds les fait fuir et, dans un coup de pédale, je sens que je prends de la hauteur ouf !!!!!!, je respire , j'espère pouvoir retourner sur ma planète  sans soucis , mais je renouvellerai l'expérience et  d'abord pour maitriser la direction de mon engin , je vais me pencher sur l'apprentissage de toutes les nouvelles technologies  qui nous donnent à tous la fabuleuse envie de vivre pour découvrir encore et toujours .
Rina

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Moliere2wikimédia

 

 

EXPLORER LE TEMPS


Je suis sortie de ma machine à explorer le temps à l’aube. Je ne reconnus plus ma ville dont les rues avaient rétréci ou disparu. Les immeubles haussmanniens étaient remplacés par des maisons en torchis et à pans de bois, et qui s’étaient rapprochées de façon indécente, laissant franchir d’une fenêtre à l’autre des quolibets ou des poses hardies, des images de personnes avinées, plus ou moins dénudées. Je pataugeais au milieu de la ruelle, au milieu d’une foule bigarrée, dans un cloaque nauséabond, évitant de justesse des contenus de seaux balancés depuis les étages.

J’errais comme une âme en peine tout le jour, n’arrivant pas à capter les sujets de conversation dans un français farfelu, tronqué, imagé, ou bafoué.

Où suis-je tombé ? Me dis-je, pas en pays étranger, les trognes ressemblant relativement à la mienne. Le soir avançait à grand pas. Les chandelles allumées dans les maisons m’incitaient à franchir une porte avant qu’il ne soit trop tard.

Le froid commençait à engourdir mes membres. Je sentais la crève m’envahir. Mon nez coulait, et j’avais utilisé mon stock de mouchoirs. Je m’essuyais avec la manche de ma veste.

Je débouchais sur une place de marché où se mêlaient les marchands de légumes, de volailles, d’œufs, de soupe, et divers camelots hélant les passants.

Sur une charrette-estrade officiait une troupe de théâtre qui déversait des tirades captivant les spectateurs. Je fus clouée de surprise : Jean-Baptiste Poquelin lui-même, et sa suite d’acteurs, déclamant leurs rimes sataniques !                                                                        

Mouty

                                                                     


Le paradis terrestre avec la création d’Ève - par Jan Brueghel le Jeune wikimédia

 

 

Voyage d’anniversaire

Je me suis levé à l’aube  et il n’est pas tard quand je monte dans la machine à explorer le temps construite par mon grand ami, le docteur Euréka. Mon impatience est relative  car je sais depuis longtemps que je dois attendre le jour de mon 17ème  anniversaire  pour y monter, ce que j’ai fait patiemment. Ce jour est arrivé et avant d’en franchir le seuil, je m’éponge le front avec mon mouchoir et je m’installe, faisant un petit signe au professeur.

Porte fermée, je mets en marche, le cœur battant, et pousse sur le levier doucement, puis de plus en plus fort. J’ai l’intention de remonter très loin  dans le temps, pour voir à quoi ressemblait mon quartier, des siècles auparavant. Quand, estimant mon voyage suffisamment long  je veux remonter le levier, impossible d’y parvenir ; ce n’est qu’après un temps qui me paraît interminable  que le levier remonte seul et que la machine s’arrête.

Je sors, un peu étourdi, et me trouve dans un décor splendide : verdure, fleurs odorantes aux couleurs magnifiques, lacs, cascades, au loin, l’océan d’un côté, les montagnes de l’autre. Spectacle idyllique pour moi qui n’ai eu pour univers qu’une barre HLM de banlieue ; Des animaux déambulent tranquillement sans se soucier les uns des autres ; Chaque espèce est représentée ; je n’en ai jamais vu autant cohabiter dans la plus parfaite harmonie. Mais pas d’humains ! Où sont-ils donc ? Tiens, un chemin. J’y vais. Tout au bout, un homme de dos, à la haute taille et aux cheveux argentés, penché sur un ouvrage  qui semble particulièrement délicat.

Je m’approche. « Bonjour », dis-je ; L’homme se retourne et laisse entrevoir son œuvre. J’en suis stupéfait : un jeune homme est là, allongé sur une table, semblant dormir.

« Il est beau n’est-ce pas, Bientôt il sera en mesure de vivre et je lui donnerai une compagne. A eux deux ils peupleront ce beau monde  que j’ai déjà créé et feront de très belles choses. Mais dis-moi, toi qui viens de loin, la vie est-elle belle, à ton époque. Raconte-moi ce qui va se passer pour mes créatures et leurs descendants ».

Alors je me remémore mes cours d’histoire à l’école et je raconte à l’homme aux cheveux d’argent les disettes, les épidémies, les crimes, les guerres, les attentats, les armes de destruction, enfin tout ce que je sais sur ce que les hommes ont fait au cours des siècles. Attristé tout à coup, il me regarde, puis tourne la tête vers sa créature en attente de vie et me dit : « ce que tu me dis est bien loin de ce que je pensais et désirais. Je ne sais pas si je dois poursuivre ». Puis il se retourne et le dos courbé reste immobile, semblant se plonger dans une réflexion qui ne fait que commencer.

Alors je me précipite derrière lui et lui débite en bloc, pêle-mêle les courageux, les charitables, les progrès de la médecine, la découverte des vaccins, la beauté des arts, le rire des enfants, les grandes inventions,  Mère Térésa, L’abbé Pierre….. Parce que tout d’un coup, j’ai envie de pouvoir rentrer à mon époque.

Alors dans ses yeux je vois une lueur d’espoir.

Gill

                                                                

mercredi, 19 octobre 2011

imagine une prison...2ème consigne

 

Vous avez été condamné. Une piqûre vous endort. Vous vous réveillez  dans le désert, à perte de vue. Que faîtes-vous ?  20 mn

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Dive piqure

 

j’ouvre un œil. Et puis deux.

Du sable à perte de vue,

Je n’en crois pas mes yeux.

Incommensurable cette étendue.

 

Un grain de sable. Deux grains.

Non, ce n’est pas un jeu.

C’est un monde sans fin.

Je suis perdue. Je fais un vœu.

 

Vœu d’évasion : je suis servie !

L’imagination se détend,

Et je suis encore en vie !

Droguée ? Non, je m’en défends…

 

Le LSD, quel bonheur !

Je vois des fleurs à l’infini

Au milieu du sable farceur.

Mirage. « Mirage » avez-vous dit ?

 

Miracle répond mon intérieur.

La cocaïne me connait par chœur.

Divine piqûre dont je me méfie…

A vrai dire Non ! Hypocrisie.

 

Mouty

 

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Condamnée ! Condamnée pour la vie entière à manger une plaquette de chocolat tous les matins du monde !...Quelle histoire !...On a beau varier la composition du chocolat et la proportion d’amandes, de noisettes et de raisins secs qui l’accompagnent, une plaquette quotidienne ça fait vraiment beaucoup…

Et puis voilà que ce matin, allez savoir pourquoi, je devais être en overdose, il paraît que le chocolat a des vertus hallucinatoires), je me réveille seule en plein désert !

Pour une surprise, c’en est une vraie et une bonne !

Pas une plaquette de chocolat à perte de vue… le rêve ! Fini le bruit du papier que je déchire et de la feuille d’alu que j’écarte, terminé les doigts collants et gras de chocolat qui fond avant d’être dans la bouche, oublié le goût du cacao légèrement écœurant et qui imprègne le palais pour longtemps…

Le désert est à moi et un nouveau dessert aussi : la petite oasis là-bas me promet ses dattes, une eau pure et courante et le lait de la chevrette qui court sous les palmiers. Quel bonheur !...

A moins qu’il ne s’agisse d’un mirage, ce serait terrible !

Mais non, tout cela est aussi vrai que dans un joli rêve, la preuve est que celui-ci est déjà effacé.

Marie-hélène

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La sentence était tombée. Le diagnostic était formel. J’étais condamnée par une maladie dégénérative qui ne pourrait être soulagée que par des piqûres biquotidiennes et je les attendais impatiemment car elles apportaient un soulagement, hélas temporaire.

Malheureusement le traitement avait pour effet secondaire des cauchemars et des hallucinations assez traumatisants.

Ainsi, un jour, je me trouvai dans le désert à perte de vue, avec une soif inextinguible  et la brûlure du soleil sur ma peau à vif, éblouie par une lumière implacable. C’était une sensation très pénible, angoissante, insupportable. Que faire pour se sentir mieux ?marcher ?se coucher ? s’ensabler ?se retourner de temps en temps pour ne pas griller ?Je n’avais jamais été confrontée ni même pu imaginer une telle situation !Quelle était la bonne solution à adopter ?et j’étais seule, si seule !Inutile d’appeler, personne ne viendrait à mon secours !

Dans mon délire angoissant, je poussai un gémissement, un hurlement involontaire qui fit accourir l’infirmière à mon chevet. Elle me réveilla. Ouf ! Merci ! Un grand verre d’eau s’il vous plaît !

 MIMI

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L'Afrique du nord, les serpents, les mygales et scorpions,  l'air chaud et sec, tous ces dangers effrayants me viennent à l'esprit en me réveillant dans une immensité désertique, du sable, des dunes,  le désert à perte de vue,  la tête lourde, les tempes battantes j'essaie de m'assoir rassemblant mes souvenirs ;  voyons est-ce un rêve ?  Que fais-je ici ? Le soleil brûlant fait vibrer l'air devant mes yeux éblouis,  mon esprit engourdi commence à s'éclaircir que s'est-il passé ? À mes côtés apparait l'image encore floue d'un marocain la tête  enturbanné, un chameau en laisse, quelle bestiole venimeuse m'aurait piquée; m'inoculant son venin si fort qu'il m'aurait condamnée  à la paralysie  momentanément ? Et pourquoi sui-je sur le sol enveloppée d'une couverture  bariolée ?  D’un seul coup la réalité me revient, je suis dans le sud du Maroc  en vacances  faisant  une ballade à dos de chameau, la douleur brutale de la piqure  ressentie au pied droit puis le noir complet, la chute sur le sable. Avec ma raison revenue, la douleur du pied se rappelle à moi je vois la rougeur de la peau tendue et gonflée, et ressent  dans la bouche le goût amer du breuvage que le chamelier me forçait à boire.
je m'en remettrai, ça va, mais quelle peur, et quel dommage d'interrompre cette promenade  que j'avais tant attendue, dans quelques jours surement, je sais déjà que je la referai  !!!!!
 
 Rina

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Merci mon Dieu, je ne suis pas morte puisque je suis dans le désert. Ce n’était donc pas la piqûre fatale ; on pouvait se le demander avec ce simulacre de procès, dans ce pays où règne la corruption.

Etre dans le désert, c’est une chose, en sortir, en est une autre. La condamnation, ce doit être cette épreuve pour sortir de là. Mais de quel désert s’agit-il ? Suis-je au Koweït et dans une dizaine de kilomètres verrai-je les tours de Koweït-City, ou suis-je dans la Danakil et me faudra-t-il des mois pour arriver sur les hauteurs d’Addis Abeba ? Comment vais-je résister à la chaleur du jour et au froid de la nuit et comment vais-je étancher ma soif ?

Je regarde autour de moi : des dunes, des dunes et des dunes, pas la moindre végétation. Du sable, du sable, et en haut, le soleil. A l’optimisme de mon réveil fait place une légitime inquiétude. Il faut bouger, c’est sûr et d’ abord retirer ce pull qui me tient chaud et le transformer en turban protecteur pour ma tête.

Je démarre, pleine de courage et d’entrain et je marche droit devant moi pendant ce qui me paraît des heures. Rien, sinon la soif qui me tenaille et la chaleur qui me brûle. Mais cette soif et cette brûlure, qui devraient m’anéantir, ne m’empêchent pas d’avancer. Je les ressens comme une torture permanente qui n’altère pas mes capacités physiques. La nuit me glace, le jour me cuit et j’avance toujours sans rien trouver.

Je ne sais pas combien de temps dure cette épopée avant que je ne me mette à penser avec terreur que j’ai peut-être été condamnée à errer éternellement dans le désert, avec cette souffrance permanente. Je veux que cela cesse. Je capitule et je m’allonge face au sol. Mon courage a disparu, je refuse d’avancer. J’enfonce mon nez dans les grains, puis mon visage entier, je vais me fondre dans le sable, m’incorporer à cette matière, devenir sable moi-même. Alors, peut-être un jour, un terrible vent me soulèvera, m’emportera loin de ce désert et je pourrai ressortir sous ma forme initiale, débarrassée de cet enfer, ma peine purgée.

Gill

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                                                   http://colombo.pagesperso-orange.fr/index.html

 

 

             D’abord, quand ils m’ont arrêtée, je n’ai pas eu peur. Je m’y attendais. Lire un livre interdit est un crime encourant un châtiment sévère, je le savais. J’avais pris le risque, je payais. Normal.  Mais je n’aurais jamais pensé .Quand la condamnation est tombée : « Peine extrême, à exécuter immédiatement », je me suis mise à trembler. Parce qu’on n’a jamais revu un seul condamné à cette peine. Tous disparus, envolés, volatilisés. La mort pour un livre ? Non !!! J’ai hurlé, me suis débattue. En vain. Une aiguille a perforé mon bras, un liquide terriblement brûlant s’est répandu dans mon corps…et puis plus rien. Le noir. Le néant.

             Je me réveille à l’instant. Cela veut dire que je ne suis pas morte. C’est déjà une bonne chose. Je me sens un peu étourdie, mais ça va. Où  suis-je ? Dieu seul le sait, et encore. Dans une sorte d’immense cuvette sableuse on dirait. Complètement plate et désertique. Pas un buisson, pas un caillou n’en vient rompre l’effrayante rectitude, et bordée d’une ceinture de montagnes noires, pas très élevées à première vue. Où suis-je donc ? Sur Terre ? J’en doute, ou alors dans un passé ou un futur très éloignés.

             Près de moi, mon vieux sac à dos de rando. Délicate attention. A  l’intérieur quelques provisions, fort appétissantes ma foi, mais tout juste suffisantes pour une journée. Pourquoi ? Ah, j’y suis ! Le salut évidemment se situe derrière les montagnes et je dois y parvenir en un seul jour. Ou deux, en me rationnant. Oh ! Finalement, la peine n’est pas bien grave, ça ressemble plutôt à un jeu, genre télé- réalité.  Bon. Mais quelle distance vais-je devoir parcourir ? Impossible à dire .Inutile par conséquent de lanterner. En route.

            Je marche depuis des heures, je ne sais pas exactement combien. Dix ? Onze ? Le soleil n’a pas bougé. Toujours aussi haut dans le ciel. Je suis épuisée et mes provisions aussi. J’ai envie de me coucher là sur le sable et de dormir, dormir…

             Mais non !!!Le salut est derrière la montagne, surtout ne pas l’oublier ! Le salut ! Quelle forme prendra-il ?  Celle d’une source, jaillissant au sein de vertes frondaisons, d’un charmant village, où me restaurer, me reposer, d’une ville peut-être où je commencerai une nouvelle vie. Courage !!

             J’avance. J’avance toujours. J’ai presque atteint le sommet de la montagne. Je souffre affreusement. Pieds et mains en sang, peau brûlée par le soleil, gorge sèche. J’ai tellement, tellement soif !! Mais ça y est ! J’atteins enfin le sommet,. Prenant appui sur les bras, utilisant mes dernières forces je me hisse et…

               Horreur ! Exactement le même paysage m’attend de l’autre côté, se répétant certainement ainsi à l’infini : une cuvette sableuse et grise couronnée de montagnes. Quant au soleil, il est toujours aussi haut.

              Alors, de lassitude et de découragement, je me laisse tomber au sol. La pente m’entraine et glissant, roulant, je finis au terme d’une course folle par atteindre le sable de la cuvette. Là je ne bouge plus et attends la mort. Avec un peu de chance, elle ne tardera plus.

              Je ferme les yeux et les rouvre aussitôt. Dans un bruit terrifiant, moitié crissement, moitié grondement, le sable s’effondre devant moi, dégageant un cratère. Une créature monstrueuse en surgit. Monstrueuse par la taille car elle fait bien cinq mètres de haut ….oui même si elle ressemble vaguement à un homme.  Sauf que huit tentacules remplacent bras et jambes. Je veux crier mais aucun son ne sort de ma gorge. A  ce moment précis le monstre ouvre une bouche d’un rouge incandescent pour me dévorer ou me sourire ou les deux à la fois. J’ai très peur. A la vitesse de l’éclair, il fonce sur moi, me saisit…et se met à me bercer en fredonnant douce

                              El Pé

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