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samedi, 07 mai 2016

Cartes au hasard

Disposez deux tas de cartes sur la table, face cachée, un pour les chiffres, l’autre pour les figures. Tirer une carte au hasard dans chaque tas.

 

En 20 minutes, écrire une histoire en utilisant ces deux cartes : la première dans le paragraphe d’introduction du texte, la deuxième pour le terminer. L’action se passe dans une ville, dans un établissement public.

 

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jeu cartes mamdou.jpg

pixabay

 

Mamadou est à la Préfecture. Il a sous le bras un épais dossier, plein de papiers d’identité. Depuis un mois, il vient régulièrement dans ces bureaux pour faire renouveler sa carte de séjour. Sans cesse, on lui demande un nouveau justificatif : une fois la quittance de loyer avait plus de trois mois, l’autre fois la photocopie de sa fiche de paie n’était  pas droite, puis sa photo était trop sombre. Comment faire une photo claire quand on s’appelle Mamadou ?

Ce matin avant de partir de chez lui, il a tiré une carte dans le paquet qui traîne toujours sur l’étagère du salon : « 4 de carreau », ça peut être un bon signe a pensé Mamadou.

Il regarde les agents de la préfecture sortir de leur bureau et appeler les demandeurs comme lui. Il s’inquiète, il ne voudrait pas être reçu par la « Dame de pique », une mégère sévère et peu aimable qui a un mot désagréable pour chacun. Son tour approche : « Est-ce que ça va marcher aujourd’hui ? » se demande-t-il. Ouf, la dame de pique appelle la personne qui attendait juste avant lui.

Un moment après, Mamadou sort de la préfecture, l’air léger, mais sachant que dans un an il devra recommencer ce cirque.

Claudie

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pixabay

 

La dame de cœur

« Deux de carreau ! » La carte était tombée avec force sur le tapis vert, annoncée d’une voix tonitruante par un homme au regard vitreux, à la trogne avinée et à la chevelure hirsute, ni coupée ni lavée depuis un certain temps apparemment. Cet homme des bois ou de l’errance était entré dans le bistrot en titubant, s’imposant à une table de trois individus qui semblaient en attendre un quatrième. Il tombait donc à pic, mais comme une pierre dans la mare. Les esprits étaient déjà échauffés dans une atmosphère enfumée et douçâtre de transpiration non contenue. Les odeurs de café et de pastis se mélangeaient à celles du vin et de la bière, sous la lumière grise de l’hiver, filtrée par des vitres douteuses où des générations de mouches avaient laissé leurs traces.

Soudain, la porte s’ouvrit sur une femme frigorifiée, emmitouflée dans un gros manteau de laine qu’elle déboutonna immédiatement pour supporter la chaleur ambiante. Cette femme, en atteignant l’éclairage central, se révéla d’une beauté surprenante : une sirène venue égayer la compagnie.

« Atout cœur » annonça l’un des joueurs de cartes.

« Je monte : dame de cœur » ! rétorqua son voisin en regardant la belle étrangère à l’allure d’Alice au pays des merveilles.

Mouty

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mercredi, 02 décembre 2015

Le sac: un visage, une vie

Les objets suivants sont sortis d’un sac noir qui n’est pas à vous.

Mots croisés / cigale en céramique / carnet / pense-bête / flacon de parfum / petit paquet de gâteaux / lettre déchirée / lettre froissée / paquet de mouchoirs / brosses à dents / rouge à lèvres / poudrier / petit cœur avec l’inscription « maman » / ombre à paupières / miroir-brosse / stylo / étui à lunettes

 

contenu sac.jpg

En 20 à 25 minutes, écrire un texte nous éclairant sur la propriétaire du sac et ce qu’elle faisait avant qu’il ne soit entre vos mains.

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freepik        par sxc

 

Inventaire

 

-Je vous jure, m’sieur le Commissaire, que je l’ai trouvé ce sac !

-Ouais, bien sûr Jojo. Je sais bien que tu ne vas pas me dire le contraire…Mais dis-moi un peu, quand l’agent Blanchard t’a arrêté, avec ce sac à la main, t’allais où ? Hein ?

-Mais au commissariat, je me tue à vous le dire !

-Admettons. Et tu l’as trouvé où, ce sac ?

-Cela fait trois fois que je vous le dis, M’sieur le Commissaire ! Sur un banc du Plateau des Poètes…Abandonné, qu’il était…

-Bon. Robert, vide-donc le sac sur la table. Là, voyons un peu : de quoi se coiffer, se maquiller : OK, une jeune femme. Carnets, agendas, stylo : employée de bureau à l’évidence. Cigale en plâtre, petit cœur avec « maman » écrit dessus : sentimentale à coup sûr la gazelle. Une midinette, quoi. D’ailleurs, le sac lui-même, style fillette, en dit long à ce sujet, pas besoin d’aller chercher les psys de la PJ. Ah oui, des crackers : tout le repas de midi de la midinette, manière de garder la ligne en faisant des économies.

     Bon. Passons aux choses sérieuses : deux lettres. L’une déchirée, l’autre chiffonnée ; Robert, toi qui aimes ça, reconstitue le puzzle de la première pendant que j’essaie de déchiffrer la seconde… Mais avant tout, dis-donc, Jojo, tu ne remarques rien d’anormal ?

-Non, M’sieur le Commissaire, je ne vois pas…- -

-Tu ne vois pas ce qui manque ? Ça ne te saute pas aux yeux ?

-Ben non M’sieur…

-Il manque le portefeuille et le porte-monnaie, abruti ! Allez, avoue ! Tu les as chourés en route, pas vrai ?

-Non, j’vous jure, M’sieur le Commissaire !!

-Tu parles ! Allez Robert, fouille le.-

-Y avait pas de portefeuille. Juste un porte-monnaie en pastique rouge avec un billet de cinq euros dedans. J’ai pris l’argent et j’ai jeté le porte…

-Ouais. On verra ça plus tard. La lettre. Passe-moi mes lunettes, Robert. Alors : « Ma chérie, bla blabla, bla bla, bla », en fait, le mec lui annonce qu’il se barre. Et toi, Robert, le puzzle ?

-Ca y est, Commissaire. Regardez, ça ressemble à une lettre d’adieu : « Je demande pardon … » Quoi, qu’est-ce-qu’il y a? Oh ! C’est Garcia, il veut vous dire quelque chose Commissaire.-

-Oui Brigadier, je vous écoute

-Commissaire, c’est pour vous prévenir qu’on vient de découvrir une femme décédée au Plateau. Elle avait la tête enfoncée dans le bassin aux poissons rouges. Avec toute la vase et les saletés que balancent les touristes, c’était pas beau à voir…

-Je m’en doutais. Alors Jojo, tu ne dis-rien ? Va falloir te mettre à table bonhomme, et fissa !

-Mais que voulez-vous que je dise, M’sieur le Commissaire ? Cette pauvre fille, se foutre en l’air pour un mec, si c’est pas malheureux ! En pleine jeunesse, et belle comme tout…

-Ah ! Tu viens de te trahir, crapule ! Comment tu le sais qu’elle était belle, hein ? C’est toi qui lui as flanqué la tête sous l’eau !!

Je vois la scène comme si j’y étais. Il n’y avait personne à cette heure-là. Tu as remarqué la nana, et tu t’es assis près d’elle avec l’intention de lui piquer son sac et te cavaler avec. Seulement la fille, déprimée, a lié conversation, et t’a raconté un peu sa vie. Toi alors tu as saisi l’occasion de pouvoir voler sans témoin, sûr que l’on prendrait la mort de la fille pour un suicide.

             Seulement Jojo, tu as commis une erreur, une erreur colossale ! Pourquoi, si elle avait eu l’intention de mourir, aurait-elle déchiré sa lettre d’adieu ? Allez, ça s’est effectivement passé comme ça n’est-ce-pas ? Avoue !

-Oui

-Et tout ça pour cinq euros ! Robert, passe-lui les menottes.

-Voilà, c’est fait. Commissaire, vous êtes vraiment très, très fort !!

-Ouais. Je sais.

 

               El Pé

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freepik             Conçu par Kreativkolors-freepik.com

 

 

Le sac en dit long…

Mon Dieu, je vais être en retard au gala de danse de Ludivine. Impossible, elle ne me le pardonnera pas deux fois ! L’année dernière, déjà, j’ai dû déployer des trésors de diplomatie pour qu’elle comprenne que je n’avais pas oublié mais qu’une réunion de bureau m’avait retardé. Et oui, même un samedi après-midi, cela arrive. De plus, sa mère ne m’avait pas facilité la tâche. Il faut dire qu’Elodie n’a jamais supporté que je fasse passer mes réunions professionnelles avant nos enfants.

Bon, un appel sur mon portable maintenant. Ah, c’est Elodie ; qu’est-ce qui ne va pas encore ?

« Allo oui Elodie, qu’est-ce qui se passe, je suis prêt à partir. Quoi ton sac noir avec la fleur? Tu l’as oublié chez moi quand tu es venu chercher Ludivine hier soir. Non je ne l’ai pas vu ; où exactement ? Au pied du fauteuil rouge. Bon je vais voir et oui, je te le rapporte ; à tout à l’heure. »

Toujours aussi tête en l’air Elodie. Ah le voilà son sac, coincé entre le fauteuil et la table basse. Et zut, j’ai tout fait tomber, j’aurais dû me douter qu’il n’était pas fermé, comme d’hab’. Il fallait bien que ça arrive maintenant !

Quel fatras d’objets hétéroclites, elle n’a pas changé. Bon je vais tout remettre sans prendre trop de précautions : son sac est toujours mal rangé.

Les mots fléchés, son parfum préféré – toujours le même –, des gâteaux pour ses petites faims – elle a toujours grignoté –, sa brosse à dents, son rouge à lèvres, son ombre à paupières et son miroir-brosse, pour être toujours impeccable – pas comme son sac –, des mouchoirs, le petit cœur de Ludivine et la cigale en céramique de Nathan qu’elle a toujours avec elle, son stylo, son pense-bête et son carnet pour pouvoir noter la moindre idée pour écrire un jour ses mémoires, dit-elle – elle s’y prend à l’avance – et son étui à lunettes de soleil, évidemment sans les lunettes.

Tiens, des lettres. Celle-ci est déchirée et je reconnais mon écriture. Oh c’est vieux, ça, elle date d’avant notre divorce. Elle l’a déchirée et conservée ; je ne le savais pas. Et celle qui est froissée, je parie que c’est sa réponse ; je n’ai même pas besoin de regarder, je le sens.

Bon, tout est rangé. Il n’y a pas à dire, dans ce sac, il y a tout Elodie : sa vie, ses pensées, sa manière d’être. J’en ai fait l’inventaire et c’est elle que je vois, tellement complexe, aussi distraite qu'elle peut être concentrée, mélange d’élégance, de fantaisie mais aussi de rigueur, agaçante mais si attachante, sur mon canapé rouge. Et cela me rend mélancolique. Pourquoi avons-nous divorcé déjà ?

Allez, il faut que j’y aille sinon je serai vraiment en retard. Et n’oublions pas le sac !

Gill

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mercredi, 09 avril 2014

Un Printemps pas comme les autres

 En 25 minutes, écrire un texte sur le thème « Un printemps pas comme les autres »

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freepik

 

 

Un Printemps pas comme les autres

 

Il vient, il va, ce personnage.

Il apporte tant de bonheur

Qu’il remonte à fond tous les cœurs

Après une année de voyage.

 

Et oui, vous l’avez deviné :

Qui vous met sur l’escarpolette,

Verdit le pré de la guinguette ?

C’est le PRINTEMPS tout satiné.

 

Arrivé dès Janvier, la chance !

Ouvrant les portes des maisons,

Eteignant les derniers tisons,

Il a installé son ambiance.

 

Va-t-il durer ou capoter ?

Devenir saison malheureuse ?

Transformer les sentes visqueuses

En allées pour y cahoter ?

 

Son arrivée est-il présage

D’un été plutôt ambitieux

Ou bien maussade et pluvieux 

Qui met fin à tous les ramages ?

 

Mais les oiseaux braillent en chœur

La chanson « Que la vie est belle »,

Du pinson à la tourterelle

Ils s’époumonent avec bonheur.

 

Un « printemps » c’est le temps qui passe.

Il n’a cure de nos tourments.

Alors, profitons du moment.

Il faudra bien que je m’y fasse…

 

Mouty

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       Les fleurs des marronniers  avaient poussé en avance, cette année-là, et c’était un régal de voir leurs chandelles roses et blanches égayer (entre autres) les avenues de Bagneux et du XVème. Il faisait tellement beau ! Avec un ciel si bleu, si joyeux depuis la mi-avril ! Ce qui m’avait permis d’étrenner ma robe de grossesse « demi-saison », rose pâle et plissée devant, qui ne laissait rien ignorer de mon état. Dont d’ailleurs j’étais très fière ! Un premier, vous pensez… Aussi chaque jour je me promenais, hum, disons plutôt que j’arpentais le trottoir à grandes enjambées, depuis mon domicile jusqu’à la Porte d’Orléans. Quatre bons kilomètres aller et retour. On m’avait dit :(le dit-on encore ?) : « Les derniers mois, il faut marcher, c’est important ! ».Alors j’y allais de bon cœur, j’y passais des heures.

       Parce que, pour tout dire, je n’avais aucune envie de rester enfermée à la maison. D’abord il faisait trop beau pour ça ; ensuite j’avais tricoté assez de brassières pour habiller toute la crèche municipale ; et surtout…je m’ennuyais, seule, toute la journée, mon jeune mari ne bénéficiant, lui, d’aucun congé-maternité.

       Alors je me promenais. Et mes pas me conduisaient chaque jour un peu plus loin, dépassant la Porte d’Orléans jusqu’à parvenir, un beau jour, à Denfert-Rochereau. Sauf que ce beau jour-là, le célèbre lion avait visiblement du mal à sommeiller comme d’habitude, à cause du vacarme et de l’agitation qui régnaient autour de lui.

        J’avais vingt ans, j’étais ravie. Un peu effrayée certes, mais ravie quand même. Une porte cochère m’ayant fourni un abri jugé imprudemment suffisant, j’assistai dès lors à un spectacle fantastique : des centaines de jeunes couraient, criaient, lançaient des pavés arrachés aux rues avoisinantes…aussitôt poursuivis par un bataillon de CRS bottés, casqués, armés de matraques, de boucliers et de bombes lacrymogènes. « Est-ce une révolte ? Non Sire, une révolution. » Génial.

       La révolution se rapprochant dangereusement de mon abri et l’ambiance se faisant de plus en plus chaude, je décidai d’opérer une retraite stratégique et de rentrer chez moi. Ce qui me prit pas mal de temps à force d’essayer d’éviter le théâtre des combats, très étendu cependant.

 Le soleil venait de se coucher lorsque j’arrivai enfin, complètement crevée, et prête à recevoir un bon savon-somme toute mérité- par mon mari, rentré du boulot depuis longtemps. Ô surprise il n’en fit rien, bien trop impatient qu’il était de m’apprendre la grande nouvelle : « Tu sais quoi ? A partir de demain, c’est la Grève Générale ! Et elle durera jusqu’à la Victoire ! »

      Chic ! Je ne l’écoutais plus que d’une oreille me raconter les meetings et AG qui avaient occupé sa journée, jubilant en revanche en mon for intérieur. Chic chic chic ! Il allait rester avec moi et nous irions désormais ensemble aux manifs !! Que de moments exaltants en perspective ! Sauf…

         Sauf que le lendemain matin, à cinq heures et avec quinze jours d’avance comme les marronniers  naissait mon fils aîné, qui, dès cet instant, dormirait toujours un poing serré posé près de sa tête.

            C’était le 13 Mai 1968.

 

         El Pé

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Odeon-Mai1968

wikimédia

 

Un nuage de gaz autour de moi, le nez qui pique, les yeux qui pleurent, une énergie hors du commun, des rêves de changement, une excitation jamais ressentie depuis et une tendresse particulière, gardée dans mon cœur depuis 45 ans pour ce Printemps-là, un printemps pas comme les autres.

Jeune fille sérieuse, élève appliquée et consciencieuse à l’école, au lycée, à la fac, je commençais tout juste à travailler. Ma famille m’avait appris à ne pas revendiquer tout le temps et pour tout, mais simplement pour ce qui en valait la peine. J’avais le goût du travail bien fait ancré dans l’âme et je faisais ce que j’avais à faire sérieusement, sans contester.

Quand soudain, en ce printemps-là, la revendication commença sur les bancs de la faculté, pour courir partout dans les usines, les bureaux, les familles, bref, partout dans Paris, puis peu à peu dans toute la France. Et je réfléchis à tout ce que j’entendais et je me dis, moi aussi, qu’il y avait des choses, beaucoup de choses à changer. Et je fis la grève, comme tout le monde, et c’est ainsi que je me retrouvai au Quartier Latin, dans les rues dépavées, pleurant dans les effluves des gaz lacrymogènes, la main dans la tienne, devant des rangées de militaires casqués chargés de maintenir l’ordre dans un Paris devenu anarchiste.

J’ai vu la Sorbonne menacée d’incendie, le théâtre de l’Odéon abritant un ramassis de militants aux discours enfiévrés et revendicateurs. J’ai écouté bien des orateurs ventant les mérites de changements et de vie meilleure. J’ai vécu des embouteillages monstrueux sur la place de la République où l’on voyait la police capituler et l’automobiliste lambda régler la circulation.

La révolution prenait des allures de fête en ce magnifique mois où le soleil brillait autant que les idées nouvelles.

Puis les esprits se sont calmés et la vie a repris avec quelques changements quand même. Maintenant j’ai vieilli et j’ai vu d’autres grèves, entendu d’autres revendications, mais je n’ai jamais plus ressenti un tel élan collectif qu’en ce drôle de printemps, qu’en ce mois de mai 1968.

Gill

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mardi, 02 juillet 2013

Carnet de voyage imaginaire

 

Mon carnet de voyage imaginaire sur un séjour ou une pérégrination non vécu(e), dans un pays qui n’existe pas. Rédigez-le en 25 mn.

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By Trevor H      dinosoria

Licence creative commons Attribution paternité Share Alike 3.0 unported

 

 Mon carnet de voyage

Ou

Voyage au cœur de l’imaginaire


Lundi                  Beau temps.  Quelques effilochées de nuages dans l’azur turquoise.

                   Rencontré deux êtres fabuleux, mi-anges, mi-démons. Irrésistibles.

                   Ils m’ont mise en contact avec un loueur de ciel bleu ou de ténèbres.

 

Mardi                 Il pleut. Des gouttes d’or dégoulinent des feuilles de palmier. Crésus est dans l’affaire. J’en ai la nausée.

 

Mercredi   Le vent s’est levé. Un sirocco à décorner les cocus. Insupportable. Je ne sors pas ma tête de mon sac à viande.

                   Programme de la journée : RIEN.

 

Jeudi          Surnaturel ! Des hommes-papillons volettent autour de ma tente ! Je plante en vitesse quelques muriers. Ils finiront bien par s’y poser ces inconscients…

 

Vendredi   La rivière a grossi. Les ondées ont transformé le timide ruisseau en gorges de cascades. Dans quelques bassins  d’eau claire et moins fougueuse s’ébattent des sirènes. C’est le Paradis !

 

Samedi      Tout a une fin…

                   Je range ma tente dans son fourreau et garnis mon sac à dos avec mes restes d’absinthe, de cigarettes roulées à la main, de gnole maison, et de comprimés d’ecstasy destinés à soulager mes migraines.

 

Vive les voyages et leurs surprises insoupçonnées !

 

Mouty

                                                                                                     

 

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   Rampe de lancement d’Ariane

Par Philippe Semanaz / Philou.cn (username on Flickr) [CC-BY-SA-2.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0)], via Wikimedia Commons

 

Il est beau mon carnet de voyage , je viens de me l'offrir  et je vais l'étrenner rapidement car  j'ai des idées plein la tête sur un voyage imaginaire , toutes les étapes y figureront.

Jour 1 /
Départ pour la base spatiale de Kourou en Guyane ;avec une préparation intense  de plusieurs années je me dois d' être opérationnelle , installation, positionnement , repérage des objets usuels , protection , lancement vers le ciel , décollage dans une épaisse fumée bouchant toute vue , mais attachée solidement dans l'habitacle , je ne verrai rien , je ferme les yeux , me concentre.
Jour 2 /
Après l'immobilisation forcée  dans cet espace étroit, je me détache et apprends à flotter , je me sens toute engourdie , je ne maîtrise pas du tout cette façon de flotter , je m'agrippe et réussis à attraper mon repas déshydraté , un sachet contenant des petits morceaux , sans goût aucun , j'ai le tournis , je regarde autour de moi,  nous sommes tous aussi maladroits.
jour 3/
Nuit si courte , peu de repos , comment parvenir à dormir assis , impossible ; s'habituer aux bruits de la cabine  dont le ronronnement des moteurs si désagréable,  qui me rends sourde .
jour 4/
Les voix hachurées arrivant de la planète terre plus le grésillement des machines qui se mélangent, produisent un drôle de son ;
ça vient, ça part, ça semble tournoyer au-dessus de nos têtes, effet spectaculaire, tonalités complètement déformées .
jour 5/
On s'habitue à tout , même si l'engourdissement du corps se fait de plus en plus pesant , et les vibrations constantes, les objets s'échappant de nos mains pesant une tonne , qu'on doit rattraper au vol ( c'est le cas de le dire).
jour 6/
Préparation pour une descente déjà, !!!!!! nous devrions nous poser en douceur, sur une planète vierge de toute vie , excitation qui monte , appréhension aussi , nous tenons difficilement en place .
jour 7/
c'est le jour « J » j'ai l'impression d'être en plein rêve , ou cauchemar ,on y est arrivé , que va-t-on trouver? Comment allons nous nous mouvoir , tout n'est que questionnement.
jour 8/
ça y est , le sas s'ouvre , nous allons nous extirper , nous lever, sortir de cet engin , , marcher  vers un inconnu total , vers l'avenir peut-être !!!!!!!
Rina

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freepik



Lundi 24 Juin

Sommes en route depuis dix jours. Toujours rien. Que le ciel et la mer. Vincent affirme que tout va bien. J’aimerais avoir son optimisme.

Jeudi 27 Juin

Les provisions d’eau douce s’épuisent. On aurait déjà dû atteindre l’objectif. J’ai très peur et surtout très soif. Regrette amèrement de m’être embarquée dans cette aventure, d’abord je n’ai pas le pied marin et puis… Vincent est-il aussi infaillible que cela ? L’amour rend aveugle.

Mercredi- Peut-être

J’ai perdu la notion du temps tellement je me sens faible à cause du rationnement d’eau et de nourriture. Mais je crois que nous approchons. La mer a brusquement changé d’aspect. On dirait une grande flaque de lait. Etrange.

Même jour. 1O heures

Une aurore boréale vient d’apparaitre, en plein jour. Le ciel est devenu verdâtre et une tempête se lève. Les vagues sont énormes…et incroyablement  blanches. Nous allons sûrement mourir.

11heures

Vincent crie qu’il ne contrôle plus rien et le navire se met maintenant à tourner en rond, en cercles de plus en plus étroits. Et de plus en plus vite.

11heures 08

Nous voilà entrainés dans un tourbillon gigantesque mais je n’ai pas peur. Vincent me tient enlacée et sourit. J’ai confiance.

11heures 12

C’est magnifique !! Nous sommes à plusieurs centaines de mètres de profondeur et nous descendons toujours. Je suis entourée de couleurs inconnues et une sorte de musique d’orgue se fait entendre. Les yeux de Vincent brillent. Les miens aussi sûrement.

11heures 14

La mer, puis la terre viennent de s’ouvrir soudain et un milliard d’étoiles apparaissent. Je réalise que nous venons de franchir la porte du continuum espace/temps. Vincent murmure à mon oreille : « Bienvenue dans la Sixième Dimension ma poule. »

                              El Pé

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samedi, 12 novembre 2011

malédiction: 2ème consigne

 pour terminer l'atelier de ce début du mois de novembre, faisons l'acrostiche du mot

                                                     MALEDICTION               (10mn)

                                                         

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http://www.toutimages.com/

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Macchabées, morts-vivants, zombies

Au cimetière, la nuit,

Les sectes sataniques,

En sabbat diaboliques,

Damnent les âmes des

Innocents défunts

Couchés sous les dalles,

Tombes et stèles.

Ils dansent sans fin

Orgie démoniaque

Nécromancie orgiaque.

MiMi

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Malheur d'être dépendant d'un mauvais penchant
A l'heure ou d'autres rient aiment ou chantent
Lui se débat dans un cauchemar vivant
Echéance fin de débat houleux 
Dans un monde de fous furieux
Idéalisme sans adhésion cohérente
Commun à tous  « la réflexion »
Tourmente, turbulence dans les caboches éclatant
Illusion de la notion du temps
Ouverture au monde forcément
Numérique virtuel innovation  
 
rina

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Misérables sont les hypocrites

Absents de la place politique sont les purs

Le pouvoir est perverti

Et nous le savons tous

Diriger détruit l’être humain

Il n’a pas la force intérieure suffisante

Car la puissance l’aveugle

Tout comme l’argent le séduit

Il cherche à oublier sa fragilité

Or la mort le rattrapera un jour

Ni lui ni moi n’y échapperons

Marie-Hélène

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Mégalomanes souvent

Avides de souveraineté 

Luttant sans merci pour le pouvoir

Eradiquant l’opposition

Dictant leurs conditions, les tyrans

Imposent leur volonté

Créent des brigades à leur image

Tuent toutes formes de rébellion

Ignorent la pitié.

Oui, je le crois vraiment, la

Naissance de ces hommes est une malédiction

Gill

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 Moment terrible

Alarme

 

Lourdeur

 

Effarés

 

Diffus

 

Imaginaire

 

Cœur brisé

 

Tyrannique

 

Irradiation

 

Ornières

 

Noir complet.

 

 

 

Mouty