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vendredi, 29 mars 2013

Ecrivez la suite

 

    en 20-25 minutes écrire un texte à la suite d’un des incipit suivants :

« Dans la chambre, le piano était collé au pied du lit et constamment encombré » (les champs d’honneur. Jean Rouaud)

« Il marchait en batteur de brousse un peu incliné vers l’avant, à foulées nonchalantes et rapides » (le lion. Joseph Kessel)

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Renoir, Pierre-Auguste - Two Girls at the Piano 1892wikimédia

 

 

Le piano de Lise

« Dans la chambre, le piano était collé au pied du lit et constamment encombré ». Le piano, vestige d’une splendeur passée, qui avait séjourné dans un environnement beaucoup plus digne de lui ; heureusement que c’était un quart de queue, parce que plus grand, il n’aurait pas pu être sauvé et serait exilé on ne sait où. Maintenant, on ne l’entendait plus beaucoup, car pour y accéder, c’était tout un problème ; Lise devait attendre que sa mère ait quitté sa chambre pour se frayer un chemin et atteindre le tabouret.

Autrefois, quand son père était encore là, le piano trônait dans le grand salon et Lise en jouait tous les jours ; elle était très douée disait son professeur particulier et les mélodies qui naissaient sous ses doigts étaient si harmonieuses que les invités l’écoutaient pendant des heures sans ennui. C’était l’époque des riches soirées et le piano était entouré et frôlé par des robes vaporeuses aux tissus soyeux. Du champagne pétillait dans des coupes en cristal de Bohème et les conversations discrètes et élégantes commentaient les dernières poésies à la mode.

Puis un jour, de mauvais placements, la perte de sommes fabuleuses, la ruine, le discrédit, puis le suicide ; terminées les coûteuse leçons de piano et les belles soirées. Sa mère et elle, seules, sans revenus, le déménagement, l’abandon de tous les meubles précieux, tous, sauf le piano. Lise n’avait pas pu se résoudre à se séparer de ce compagnon de tants d’heureux moments. Mais dans ce tout petit logement, où l’installer ? Salon trop petit pour y loger plus que le nécessaire ; restait la chambre où il sert maintenant d’étagère plus que de piano. Mais cela ne fait rien, il est là, et Lise espère en des jours meilleurs où il retrouvera sa splendeur d’antan.

Gill

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i l marchait en batteur de brousse ,un peu incliné vers l'avant, à foulées nonchalantes et rapides, avec ses muscles jouant sous sa peau huileuse , ses pieds semblaient danser , si légers, effleurant le sol couvert de hautes herbes coupantes de la savane, donnant l'impression de les frôler sans aucune gène , la machette levée tranchant tout ce qui pouvait entraver son chemin , le nez dans le vent , reniflant la moindre petite odeur, les oreilles en alerte, tête haute , son arc à l'épaule , ce chasseur de fauves , de singes , aussi d'antilopes, le premier qui se trouvera sur son chemin , car s'il chasse, c'est uniquement pour se nourrir, lui et  toute sa tribu qui compte sur la viande dépecée qu'il ramènera , pour partager un repas dans une fête , où chants et danses accompagneront joyeusement  la cuisson de l'animal embroché sur une longue barre, chair grillant et  crépitant dans d'agréables parfums , ce festin tant espéré , il doit le trouver . Pour l'instant en alerte , il s'immobilise, repérant des traces sur le sol moussu , le reste du groupe suit, un peu en retrait, espérant un signal pour s'avancer à ses côtés ; quel animal sera pris au piège aujourd'hui ? Comment se passera la traque? Les fléchettes empoisonnées ne laissent aucune chance mais  certains courent et tombent loin , devenant invisibles  sous toute cette forêt si dense , et ils doivent courir et chercher longtemps ; ça y est , il l'a aperçu , ajustant son arc , il se positionne , et lentement se met à ramper le plus près possible de la cible. Elle est aux aguets , mais ne peut l'apercevoir , malgré son flair , elle sait qu'elle est en danger et semble paralysée de terreur , alors d'un seul geste très précis il lance sa flèche qui atteint l'antilope au cou. Affolée elle se met à courir mais le poison agit si vite ; elle s'écroule lentement s'affaissant sur ses pattes fines , et là, tout le groupe retient sa respiration ; comptant les minutes , le chasseur lance le signal , le groupe entre en mouvement ; se mettant en marche, accélérant le pas , ils savent qu'ils doivent être rapides, chacun sait ce qu'il doit faire , trouver l'animal, étendre la bâche, le dépecer , le couper  en gros morceaux , tout se passera en quelques minutes , rien ne restera pour les charognards . Epuisés , ils se passent la gourde à tour de rôle , se désaltérant avec délice , puis reprennent la marche du retour, joyeux  malgré la chaleur moite et insupportable qui les ralentit , avec le lourd fardeau qui  changera d'épaule au fur et à mesure  de leur avancée , rejoignant le village où déjà  montent les clameurs de joie et le grand feu de flammes rouges s'élançant vers le ciel , qui sera prêt pour leur arrivée . Une folle impatience les fait accélérer le pas ,à l'idée de la nuit à venir qui sera écourtée par la fête en grande pompe qui les attend.


Rina

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Masaï story

      IL MARCHAIT EN BATTEUR DE BROUSSE, UN PEU INCLINE VERS L’AVANT, A FOULEES NONCHALANTES ET RAPIDES. « Coupez ! cria le metteur en scène, ce n’est pas mal Koko, mais ça manque un peu de naturel ! Allez, on s’arrête dix minutes et on reprend. »Puis il alla rejoindre le whisky qui l’attendait près de sa chaise-longue à l’ombre d’un palmier touffu.

      Lionel Bongo, alias Koko, considéra le metteur en scène avec un sourire un tantinet narquois. Manquer de naturel, lui !! Alors que toute une généalogie de guerriers masaïs lui avait légué force et majesté ! Alors que cette même brousse avait entendu son cri de nouveau né ! Alors qu’il tenait son prénom du fameux rite ancestral : à savoir qu’un garçon devait tuer un lion avant de devenir un homme.

       Comment le gros type rouge, hirsute et suant l’avait-il appelé ? Koko. Oui, c’est ça, Koko. Lionel regretta un bref instant les caprices de la vie qui l’avaient conduit au cours Simon, puis à une certaine notoriété théâtrale. Avec nostalgie, il se dit combien il aurait été voluptueux d’embrocher avec la sagaie qu’il tenait encore à la main les mots dans la gorge de ce blaireau. Mais enfin, il fallait manger en attendant que les portes de la Comédie Française puissent enfin s’ouvrir devant lui. Il préféra hausser les épaules avec un ostensible mépris. C’est alors qu’un grand cri retentit. Lionel tourna la tête et aperçut un énorme boa qui descendait le long du palmier, lentement mais sûrement, en direction d’un metteur en scène, blême, immobile et fasciné de terreur.

      Le monstre avait la gueule démesurément ouverte ; elle se balançait à quelques centimètres de la tête de l’homme, prête à l’engloutir. Pour commencer.

       L’instant d’après Lionel avait lancé sa sagaie. Elle se ficha dans l’arbre, juste au dessus de la tête du serpent. Ce dernier, effrayé peut-être, prudent à coup sûr, choisit de battre en retraite  et disparut parmi les herbes de la savane. Heureux d’avoir atteint son but, Lionel lui adressa par la pensée un amical salut.

       Quant au metteur en scène, lui, il claquait  des dents d’une façon qui faisait plaisir à voir. Une sagaie vint se ficher à ses pieds, il leva alors les yeux. Lionel se tenait près d’elle, très droit et bien découpé sur le bleu implacable du ciel d’Afrique.

      « Avec les compliments de Koko, Bouana ! Tourner en décor naturel entraine toujours de petits désagréments. On finit par s’y faire, vous verrez. »

       Puis il se dirigea, d’un long pas tranquille, vers sa tente. La script girl lui sourit. Il lui rendit son sourire. Allons, le tournage était terminé pour aujourd’hui et la vie…belle pour longtemps.

                               El Pé

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LE PIANO

 

 

Dans la chambre, le piano était collé au pied du lit et constamment encombré. Ses touches d’ivoire jauni attestaient un vécu long et besogneux. Sans doute avait-il enchanté ce lieu où s’étaient succédées quelques générations. D’héritage en héritage il avait apprécié les caresses ou endossé stoïquement les assauts de doigts effilés, ossus ou trapus. Il gardait en lui, particulièrement bien conservées, les traces des doigts d’enfants qui, par la suite, avaient grandi et s’étaient échappés de la maison ou vers le grand large.

Edouard avait aussi grandi dans la même maison mais ses gammes avaient été de courte durée. Il n’aimait ni le piano, ni les autres instruments de musique. Il ne goûtait que les concerts de haut niveau écoutés sur sa vieille chaine. Il aimait trop la perfection pour s’entendre marteler des discordances insupportables.

Lors du dernier héritage familial, la maison ancestrale vendue, Edouard avait récupéré ce piano qui renfermait des souvenirs inoubliables : des sons, mais aussi une ambiance et des odeurs qui lui rappelaient son enfance et des êtres chers maintenant disparus.

Edouard, à ce jour vieux célibataire, avait fait transporter le piano dans son petit deux-pièces. La modeste salle de séjour étant trop petite pour l’accueillir, il l’avait collé au pied de son lit, dans sa chambre déjà passablement encombrée par des monticules de livres et de revues anciennes. Une fois les étagères remplies, la paperasse avait continué à s’entasser dans un angle entre la fenêtre et le mur du fond, puis sur le piano. Sur l’ébène défraichi du couvercle rabattu sur les touches, puis sur le dessus où l’avaient rejoint le cendrier la plupart du temps débordant de mégots, un compotier vide poches, et une boîte à chaussures dans laquelle s’amassait le courrier depuis de nombreuses années.

Edouard aimait avoir tout sous les yeux, sous la main. Un regard ou un simple geste suffisaient à le maintenir dans une nostalgie qu’il affectionnait. En un instant il retrouvait un espace de vie passée. Il se laissait alors aller à rêver, blotti dans son cocon familier.

Le piano aurait-il une autre vie après celle-ci ?

 

Mouty

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samedi, 16 mars 2013

Nos animaux de compagnie parlent

 

      Votre animal familier parle de vous. En 20 minutes, écrire ce qu’il dit.

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Je te regarde du coin de l’œil. Toi tu me tournes le dos mais je sais que tu me vois. Tu prépares en secret tes potions, tes pommades, tes pansements ; tu es inquiète, je le sens ; Tu te dis : « Mon Dieu, que vais-je inventer cette fois-ci pour le soigner ? La douceur, le raisonnement ? Allez mon Titi, montre ta patte, tu n’auras pas mal ; la fermeté ? Coucher là, pas bouger ; la ruse ? Viens mon toutou chercher la croquette. Oui, que vais-je inventer ! »

Je vois ton dos courbé, ton application à disposer fioles et compresses. Tu es stressée ; tu le sais, ce sera dur, car peureux comme je suis, je vais tenter de m’échapper, me tortiller au risque de me faire encore plus mal. Et pourtant je sais que tu m’aimes et que personne au monde n’est si doux que toi pour me soigner. Tu te dis : « ce chien est pire qu’un enfant, il a toujours quelque chose. Tu es désolée de me faire mal mais tu ne perds pas ton temps en jérémiades ; cela ne sert à rien de tergiverser ; ce qui doit être fait le sera ; Tu es celle qui prend les décisions, je le sais et je te fais confiance. Tu es celle à qui je peux confier ma vie, je le sais aussi, alors je m’abandonne à tes soins.

Après, quand viendra la caresse, si douce sur mon corps douloureux, je te sentirai soulagée, et sous ta main réconfortante, le calme reviendra et les yeux fermés, apaisé, j’oublierai tout.

          Gill

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Je m'appelle Tigre , j'ai la même robe que lui ; on me prend souvent pour un vrai Tigre  mais je n'en suis pas un ; elle aussi, Rina , me le serine souvent , ta robe couverte de ces magnifiques rosaces te fais ressembler a un vrai félin , un tigre , non plus-tôt un Léopard , avec tes yeux vert émeraude tu es splendide , tu es le plus beau , le plus admiré ; des fois elle me saoule , comme aujourd'hui , alors je lui tourne le dos, assis sur mon derrière , enroulant ma queue autour de mes pattes , faisant semblant de ne pas voir qu’elle a pris la laisse pour me sortir ; mais où vas-tu encore m'amener  aujourd'hui , tu ne sais donc toujours pas que je déteste qu'on touche à mon pelage , je viens de le lisser toute la matinée ; après toutes ces mains qui l'auront tripoté hérissé emmêlé dans tous les sens, tous ces enfants qui accourent m'appelant Tigre , Tigre , approche-toi , une caresse , moi , moi , ils sont fous , tu ne vois donc pas que je n'en peux plus , sors-moi de là avant que je le fasse en crachant dos rond queue gonflée pour que tu comprennes enfin que ça suffit ; mais Tigre ce ne sont que des enfants et ils te montrent leur affection , il te faut accepter ces compliments , non ? Enfin elle semble lire la colère dans mon regard : bon , j'ai compris je t'entends , on y va , tu peux peut-être te montrer gentil et patient avec ces enfants , tu les connais ; oui oui , un peu ça va , je le sais que je plais mais allons ailleurs ; je crois savoir ce que tu veux , tu veux voir si ta copine Hôhara montre le bout de son nez peut-être , là tu pourras bicher , je suis sûre que tu ne l'a pas encore vue ; mais tu me prends pour un idiot ou quoi , je l'ai aperçue avant toi mais attends je dois me refaire beau je ne peux pas l'approcher avec mon pelage tout emmêlé ; ne t'en fais pas , tiens regarde je te le remets en place avec un caresse, tu sais que je t'aime et, ne veux que te faire plaisir, voilà , tu peux te pavaner à présent , tu as belle allure , elle va se pâmer à ton approche ; mais tu ne comprends donc rien , c'est moi qui à sa vue vais fondre , vois  comme elle est élégante et belle , je me sens tout gauche ,et si intimidé ; mais non regarde , elle t'attend , tu peux ronronner avec elle, tu luis plais, vous allez bien vous entendre ; là, j'avoue que sans toi Rina , je ne connaitrais pas tout ce bonheur , tu sais si bien ce que j'aime et  tu fais tout pour je vive et m'épanouisse
heureux.
               Rina

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Chatpersan

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Je me présente : je m’appelle…non pas Henri, mais Sacha. Quelques esprits chagrins diront de moi (je les entends d’ici) : « Que nous importent les élucubrations d’un chat de gouttière ! ». Il ne faut pas s’y arrêter ! ». Mes pensées sont profondes et sensées. La preuve ? Et bien tiens, aujourd’hui, je vais vous parler d’El Pé.

              Qui est El Pé ?  D’aucuns (les mêmes que tout-à-l’heure, en fait) déclareraient qu’El Pé est ma maîtresse. Les cuistres !! C’est absolument faux ! Primo : MES maîtresses, j’en fais tout de suite mes épouses, les choisissant d’ailleurs toujours avec une grande moustache. Secundo : le maître des lieux, c’est moi et nul autre. Incontestablement. Et El Pé le sait bien, elle qui s’ingénie, normal, à me rendre la vie douce et agréable.

         Elle fait ce qu’elle peut, pauvre créature. J’aurais mauvaise grâce à lui dénier sollicitude et bonne volonté, cependant, parfois, elle m’énerve terriblement ! Spécialement quand elle me susurre à l’oreille : « Sacha, le Pacha, le beau Chat » tout en me grattant sous le menton. C’est délicieux, je ne dis pas le contraire. C’est délicieux…un moment. Seulement voilà, El Pé, malgré tous ses efforts- et ils sont nombreux, je le reconnais-demeurera à jamais un être humain. Et comme tel totalement dénué du sens de la mesure, tout au moins telle qu’elle s’entend chez la gente féline. Pauvre fille, c’est son drame. Elle en fait toujours trop ou pas assez. Trop, je ne reviendrai pas là-dessus, quant à « pas assez »…Un exemple : Me voici confortablement installé sur ses genoux, par un après-midi d’hiver, tandis que pluies et vents font rage dehors. J’adore. Nous sommes si bien, seuls tous les deux, que je daigne, plissant de contentement mes yeux au vert troublant, oui parfaitement que je DAIGNE ronronner, heureux de régaler ma compagne de cette musique dont elle raffole, en mélomane avertie…Et bien n’ose-t-elle pas, la traîtresse, se lever brusquement, prenant tout juste la peine de me déposer sur un coussin, et encore pas le plus moelleux ! Pourquoi me brutaliser de la sorte ? Parce qu’une sonnerie est venue briser l’harmonie de l’instant. Son horripilant entre tous qu’émet le téléphone, cet objet redoutable et détesté, quelle saisit alors avec une hâte, une quasi avidité de très mauvais gout. Comment le préférer à moi ? Moi son confident mais aussi moi merveille de la nature et petit dieu de l’Egypte ancienne, les gens savaient vivre alors !

        Mais tant pis, je lui pardonne. Tout. Ses faiblesses et ses imperfections, ses éclats de rire qui blessent mes oreilles délicates…. Et aussi ses larmes qui me paniquent et m’attristent à la fois durant des heures. Je lui pardonne parce que je l’aime. Et qu’elle le sait.

             El Pé

                                                                                            

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C’EST LE PIED !


Je suis dans un cocon, je le sais, tu me l’as dit cent fois. Pour ne rien te cacher, je suis tout à fait d’accord avec toi. Mais… Quand tu hausses le ton je me sens misérable. Je me demande bien ce que j’ai pu te faire ! Quoique…  mon pipi au salon n’est pas fait pour te plaire ! Ni mes jappements brusques qui te font sursauter… Il faut pourtant que je te dise à quel point tes genoux me sont si familiers et confortables, c’est mon asile de prédilection. Je m’y laisse glisser dans des rêves de promenades et de bonne chaire. Au fait, quand j’entends les premiers tintements de casseroles et d’ustensiles de cuisine, je te porte aux nues, sachant que des fumets sympathiques vont bientôt  exciter mes narines avant de chatouiller mes babines et ma gorge. J’attends là,  espérant un bout de friandise échappé de la planche à couper.  C’est le pied, sauf quand le tien, d’un mouvement agile fait taire mon impatience.

Je supporte, stoïque, tes mouvements d’humeur, tes moments d’énervée, même l’aspirateur !

Et quand tu prends la laisse pour aller en balade, fou de joie, je gambade en tous sens, oubliant mes malheurs. Il est vrai que ceux-ci ne sont pas bien terribles. J’adore ces sorties qui m’emmènent humer les odeurs des copains, des copines, et autres. Même au bout d’une laisse j’apprécie fort l’espace.

Mais j’apprécie aussi  de prendre le chemin de la maison douillette où je vais, avec joie, retrouver ton giron.

Oui, c’est le pied !

 

Mouty

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