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jeudi, 02 juin 2016

parents et paysages

En 20 minutes, décrivez vos parents comme s’ils étaient des paysages.

Utilisez  des phrases longues et des phrases courtes sans qu’il soit obligatoire d’associer un paysage à un même type de phrase.

 

parents.jpg

pixabay

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Mes parents

 

Mon père, aux contours nets, aimait le concis, le précis. Pater familias abrupt, yeux perçants, noirs de geai, sourcils broussailleux, peau ravinée, lèvres serrées, coincées entre deux haies de barbe hirsute. Verbe haut. Sûr de ses dires aux accents rocailleux, brumeux parfois, vin ou pastis à l’appui de ses mots saccadés.

Ma mère, tourterelle bleu horizon, chevelure soulevée par la brise iodée, était la muse du foyer. Robes coquettes, fleuries de marguerites ou de coquelicots. Sourire ensoleillé. Visage de nature affable, enveloppante, qui vous roule aussi bien dans le sable chaud que dans la prairie fraichement coupée, au cours d’une conversation torride. Coquine la diablesse, à l’image d’un tournesol perdu dans la tapisserie verte d’un pré. Elégante, dans un jardin aux couleurs de l’arc en ciel.

 

Mouty

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« Papa, Maman, en chantant cette chanson, Papa, Maman, je re’deviens  petit enfant… »

  Une petite fille qui dessine. Sa Maman d’abord. Normal.

Sa Maman, c’est une forêt au clair de lune. Pas n’importe laquelle. Celle de Blanche Neige, qu’elle est allée voir dimanche au cinéma. Un joli camaïeu de verts. Des verts comme les yeux de sa mère, changeants selon les heures et les émotions.

Et des fleurs, partout. Argentées par la lune,  comme ses gestes  à Elle, qui semblaient répandre dans l’air une poudre d’argent impalpable, pareille à celle de la Fée Clochette. Car l’invisible ne l’est pas pour les enfants.

Et puis enfin des tas de petits animaux roux, à commencer par les écureuils, bien sûr. Tous de la couleur de Sa chevelure flamboyante.

Une forêt qui danserait parce que Maman aimait tant danser…

       La petite fille dessine. Son Papa à présent. Une chose est sûre : il faudra beaucoup de crayons bleus car Papa marin devient aujourd’hui Papa –la-mer.

Avec des vagues  et du vent venu du fond de l’horizon pour évoquer sa voix si grave. Avec un ciel tourmenté de nuages pour dire son inquiétude quand ceux qu’il aimait s’apprêtaient à partir. Même pour pas très loin, même pour pas pour très longtemps : «Prends bien soin de toi, surtout sois prudent… »

     La mer oui, mais avec un port, à l’avant du tableau, car Papa, c’était aussi le refuge, la garantie contre les coups durs et la certitude que nous étions aimés.

   Papa, Maman voici mes dessins malhabiles, en guise de chanson. Je sais que vous allez sourire, en les recevant, mais que vous vous dépêcherez de les afficher sur votre frigo, là haut, au paradis…

El Pé

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Paris Night

wikimédia

 

Elle et Lui

Elle, c’est une ville, mais pas n’importe quelle ville. Elle, c’est Paris, le Paris qu’on découvre quand on se promène à Pieds, quand on remonte les Champs Elysées, quand on flâne sur les Grands Boulevards, quand on va du Louvre au Musée de la Marine, de Pigalle au sommet de la Tour Eiffel, quand on respire le Quartier latin, quand on marche du Parc Monceau jusqu’à la Porte des Lilas, quand on embrasse la ville du regard depuis le restaurant de la Tour Montparnasse. Elle, c’est aussi les petites rues où se cache le Paris ancien aux portes surmontées d’écussons, le Paris populaire de Ménilmontant, la rue des Artisans où perdurent certains savoir-faire ancestraux, le Paris des hôtels particuliers, véritables trésors à l’abri des regards. Elle, c’est aussi la Seine, les péniches, le métro, le périph’. Elle, c’est tout ça, et quand je suis à Paris, je suis toujours avec Elle.

Lui, c’est un paysage de roseaux au bord de l’eau. C’est celui qui plie mais ne rompt pas, celui qui s’adapte à son environnement. Le vent souffle autour de lui, tente de le pousser, mais passe au travers. Lui demeure debout. On dirait que le vent n’a pas de prise sur lui, ne l’a pas fait bouger. C’est un paysage reposant, un paysage qui apporte la sérénité, la stabilité. Dans ce paysage on se sent bien, on se sent protégé.

Elle et Lui, si différents, mais si complémentaires.

Gill

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samedi, 17 janvier 2015

Dans la malle du grenier

Chacun écrit 4 objets dont un vêtement  sur un papier. Donne le papier à sa voisine.

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Vous ouvrez la malle du grenier de votre grand-mère. S’y trouvent ces quatre objets.

En 20 minutes, écrire un texte à partir de ces quatre objets.     

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La malle de VALERIE

              Louche/lunettes/lampe/chemise

 

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Dans la malle de ma grand-mère

 

Ma grand-mère maternelle, Mamy, habitait avec ses parents, mes arrière grands-parents, à Provins dans une très grande maison. J'aimais beaucoup cette maison, jolie et pleine de coins et recoins, ce qui nous permettaient, à mes sœurs, mes cousins et moi de disparaître au grand dam de nos aïeuls, toujours cherchant et criant après nous.

 

Quelques années plus tard, j'avais une douzaine d'années, mes arrière grands-parents décédèrent, ma grand-mère décida de vendre la maison et il fallut la vider. Mes parents m’emmenèrent avec eux, pour mon plus grand bonheur, et, pendant qu'ils remplissaient caisses et cartons, je filais au grenier dans l'espoir d'y retrouver des trésors.

 

J'y trouvais, en effet, quantité d'objets hétéroclites, empilés là au fil des années. Berceaux, parcs, trottinettes, bicyclettes, ballons, cerceaux, tous les vestiges de mon enfance. Et puis, dans un coin, une malle. Je m'empressais de l'ouvrir, et reconnut immédiatement des objets ayant appartenu a ma chère grand-mère. Chapeaux de paille, étoles, sacs, quelques robes, de vieilles lettres. Certains retinrent particulièrement mon attention, tant ils ravivaient mes souvenirs.

 

Les lunettes, rondes et en écaille, de mon arrière grand-père, qui lui donnaient l'air sévère, voire rebutant, ce qu'il aimait, c'était le garant de sa tranquillité. La lampe de chevet, en faïence blanche et bleue, de ma grand-mère. Tout me plaisait dans cette lampe, sa taille, plutôt petite, son pied en métal doré, son joli abat-jour blanc, et le dessin de sa faïence, fin et délicat.

 

La chemise de nuit, ainsi que son bonnet, de mon arrière grand-mère, en baptiste blanche, très longue, très stricte, comme elle, et sur laquelle elle mettait une liseuse en dentelle rose. Plus incongru, une louche, une louche en argent qui, dans mes souvenirs, servait à servir le potage chaque soir, potage traditionnel et obligatoire que, nous les enfants, rechignions à manger.

 

A ma demande, mes parents m'autorisèrent à prendre la petite lampe bleue. Je l'ai toujours. Elle est trop petite, dispense peu de lumière, a conservé son fil et son interrupteur d'origine. En un mot, elle n'est pas « efficace », comme tout doit l'être aujourd'hui.

 

Peu m'importe, elle me tient chaud au cœur !

 

Valérie

                                                           

 

La malle de DEDOU

              manteau/casserolle/voiture/cloche

 

fantôme dedou.jpg

 Vecteur de Fond conçu par Freepik

 

Elle vient de s'éveiller, la vieille maison inhabitée qui abritait nos jeux d'enfants. Nous nous y cachions pour attendre le fantôme qui, disait-on, vivait dans les combles. Mais aucun fantôme ne se manifesta.

Au détour d'un couloir, une vieille malle attira notre attention: quel trésor pouvait-elle contenir? Et si le fantôme  s'était dissimulé à l'intérieur? Avec maintes précautions nous avons soulevé le couvercle. Hélas, toujours rien !

De vieux cadres dissimulaient un manteau, un vieux manteau de drap marron, une sorte de houppelande, comme en portaient ces bergers d'antan lorsque ils partaient vers les hauts pâturages lors de la transhumance.

Sous le manteau, une petite voiture modelée et ciselée à la main était à coup sûr l'œuvre du berger durant ses longues journées de solitude.

Parmi ce tas d'objets hétéroclites jetés là au hasard, une casserole de cuivre recouverte de vert de gris ; a-t-elle servi au repas frugal d'un homme de la campagne?

Tout au fond de la malle, une petite cloche bousculée par ce remue-ménage tinta. Elle était oxydée, bien sûr, mais en frottant, on pouvait lire un nom gravé au couteau: biquette ! Etait-ce le doux nom d'une petite chèvre? Le souvenir d'une jeune bergère aperçue un court instant ?

On peut s'imaginer mille choses, faire siens les souvenirs des autres. Ce berger était-il mon grand-père ?

Après tout, pourquoi pas.

Dedou

                                                      

La malle de LILIANE

              veste/carafe/poupée/boîte

clochette,berger

freepik

 

… malle y pense…

       Et voilà : Mémé partie, la maison est à vendre. Il faut donc en faire l’inventaire  afin de conserver-ou non- certains objets. En souvenir exclusivement, vu que la pauvre Mémé ne possédait rien qui vaille même la peine d’aller le vendre Aux Puces. Chacun de mes quatre cousins s’est vu attribuer une pièce, et comme personne ne veut y aller (ça va certainement être pire que tout le reste), c’est moi qui suis désignée volontaire pour le grenier.

0K.  A priori je n’ai rien contre, à l’exception des araignées, mais la curiosité étant la plus forte, je me glisse dans la peau de La Pérouse et part pour l’aventure.

 Je ne suis pas déçue. Au milieu d’un fatras de chaises bancales et de lessiveuses en tôle galvanisée, toutes trouées, je distingue aussitôt une malle en métal, dont la rouille a amplement grignoté la peinture verte, sans toutefois l’avoir totalement dévorée. Pas de cadenas. Chance !! Sitôt ouverte, j’aperçois sur le dessus, impeccablement pliée, une veste. Oui, juste une veste, mais d’uniforme de la Police Montée Canadienne, s’il vous plait ! Que fait-elle donc là ? Et soudain me reviennent à l’esprit les histoires que me racontait Mémé quand j’étais petite, au sujet  de son village natal libéré par des troupes canadiennes, lors de la Première Guerre Mondiale. Alors que mon aïeule, n’est-ce-pas, était une accorte jouvencelle… Quelles intéressantes révélations concernant notre arbre généalogique offre ainsi  cette magnifique découverte, à commencer par le mystère enfin résolu de mon indéfectible attirance  pour Léonard Cohen !

  Encouragée par ce premier succès, je ne tarde pas à mettre à jour ma troisième découverte, à savoir une carafe en cristal ciselé, une vraie splendeur qui avait sans nul doute orné la table de moult gentilshommes…Mais non, je plaisante ! En fait, il s’agit d’une carafe en pyrex que Mémé avait rangé là-dedans je ne sais pourquoi, à coup sûr un jour où elle battait un tantinet la campagne…

    Suit tout un fouillis de draps et serviettes, nettement moins bien conservé que la veste-relique, rien de bien folichon, en tout cas… ce qui l’est davantage, en revanche, c’est la poupée qui apparait soudain. Très style victorien, avec ses anglaises et son teint de porcelaine, ce qui ne l’empêche cependant pas de fermer les yeux quand on la couche, la coquine. Une poupée qui possède un de ces visages dont se sont inspirés de nombreux auteurs de romans et  films d’épouvante (et l’un d’entr’eux est assez récent d’ailleurs). Elle, c’est juré, je vais la garder. Dans ma chambre, afin de m’offrir des cauchemars en technicolor.

      Ah tiens ! Tout au fond de la malle se cache une boîte. Je dis : « se cache » car c’est bien ce que semble faire cette vulgaire boîte à chaussures, consciente à l’évidence de son insignifiance. Que referme-t-elle donc ? Une vieille paire de pantoufles ? Un élevage de vers à soie depuis longtemps trépassés ? M’attendant au pire, je soulève le couvercle…

Ô divine surprise ! La boîte en carton se révèle être un coffret à bijoux, renfermant colliers en or et pierreries, ce n’est pas le moment de détailler. Bien décidée à rester seule maîtresse du trésor, donc à n’en soufflet mots à ces quatre cousins  qui me snobent, bien fait pour eux, je m’emplis les poches de ces joyaux, en bénissant ma Mémé cachottière et si merveilleusement avare !

       Allez va ! Ne vous offusquez pas ! Bien sûr que je vais partager avec ces cousins qui pourtant ne le méritent pas.

       Mais uniquement pour sauvegarder l’honneur de la Police Montée Canadienne !

 

               El Pé

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La malle de LINE

              chemisier/carafe/stylo/casserole

 

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freepik

 

Ma mémé centenaire dort, elle a enlevé ses appareils, elle n’entend rien, je peux monter au grenier et ouvrir sa malle. Faut dire, en temps ordinaire, je n’ai pas le droit d’y toucher. Mais j’ai pris son trousseau de clés et puis hier, elle a un peu forcé sur le champagne que tonton Georges lui versait. Elle a chanté, on a bien ri.

Voyons cette malle. Bof, elle est presque vide. Mais quel beau chemisier rose pâle, transparent, avec un ruban dans les trous-trous, col haut et manches au coude ; Je le prends, je le secoue, la poussière volette. Je suis persuadée qu’elle le portait quand sa mère lui a présenté pépé. Sûr qu’il est tombé amoureux de ce que suggérait le coquin chemisier. Faudra que je vérifie dans l’album photo et que je lui demande de me le donner, la mode rétro est d’actualité. Cette carafe, je me souviens, maman m’en parle avec regret car elle la croit cassée. Qu’est-ce qu’elle va être contente ! Elle va encore me parler des repas d’antan, des dimanches à la campagne et patati, et patata. Passons. Et cette casserole  dont l’émail a sauté ? C’est pour familles nombreuse, c’est vrai, mémé a eu huit enfants, on ne connaissait pas la pilule, un peu Ogino. Quand on videra la maison, direct la déchetterie, rien ne vaut l’inox, quoique, pour mettre des fleurs, elle pourrait servir. Quoi encore ? Ah, un stylo, un des premiers, ceux qui coulaient souvent, tachaient les doigts et le papier. Mémé m’envoyait porter à la poste les lettres qu’elle écrivait à son fils parti faire fortune en Argentine ; je ne l’ai jamais connu, il n’est jamais revenu ; dans le tiroir de sa table de nuit, mémé conserve ses lettres avec de beaux timbres sur les enveloppes,  j’espère que quand on règlera la succession, maman les réclamera pour moi. Je passe la main dans les coins, que du vide. C’est décevant. Dans les romans, on trouve toujours des trésors dans les malles oubliées dans les greniers. Pas dans la mienne, dommage, quelques louis d’or nous auraient bien aidés pour partir en vacances.

Remettons nos trouvailles dans la malle, les clés dans la poche du tablier de mémé. Je vais lui préparer sa camomille. Je l’aime bien, ma mémé, et la malle, extérieurement n’est pas mal…Elle fera un bon coffre à chaussures.

Line

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La malle de NANOU

              chemise de nuit/pipe/clé/lettre

               

Shortnightiewikimédia

 

Je me souviens, par un très chaud après-midi, vous ne me croirez pas, de décembre, pendant les vacances de fin d'année, alors que les adultes faisaient la sieste, certainement accablés par cette canicule hivernale, je volais la clédu garage de mon grand-père, celui qui fumait la pipe et qui habitait en Savoie.

L'ennui m'avait poussé à partir à l'exploration de ce lieu si fermé.

Dans un premier petit réduit, j'y trouvais tous les outils du jardin. Mon grand-père était un passionné à la main verte (d'ailleurs, je me demandais toujours pourquoi car ses mains, elles me semblaient pas vertes du tout).

Dans une deuxième étroite pièce, je découvrais sa réserve d'alcool, vin, génépi, gniole frelatée.

Peut-être  était-ce là la raison de ce garage clos tel un coffre-fort!

Dans le plus vaste espace, de loin le plus intérressant, j'avais tout un univers propice à la fouine qui s'ouvrait à moi. Boites, cartons, tubes, objets divers et variés... Bref de quoi occuper un après-midi d'enfant fantasque.

Au cours de mes pérégrinations de curieuse, je découvris une lettre au fond d'une boite à sucre métallique. Après observation plus détaillée, je m'aperçus que cette lettre était une sorte de message codé, une piste au trésor.

Qu'avait donc mon grand-père de si précieux à cacher?

Mes talents de limière et mon esprit de logique me permirent de dévoiler le contenu de ce papier qui m'amena jusqu'au grenier; jusqu'à une malle dans laquelle je trouvais la chemise de nuit de ma grand-mère, qui avait disparue depuis leur nuit de noce.

NANOU

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La malle de GILL

              égouttoir à vaisselle/moteur/avion/chaussette

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freepik

 

Petit pilote deviendra grand

« Ouf, un peu d’air, ça se soulève au-dessus de moi. Heureusement, car depuis le temps, je commençais à étouffer sous cette espèce de tissu bleu marine qui coince une de mes ailes. On dirait une chaussette  si je ne m’abuse.

  toi, le petit curieux qui vient d’ouvrir le couvercle de la malle  à jouets, oui toi avec tes grands yeux bleus et ta tignasse blonde, écoute-moi donc ; oui, moi, juste  sous ton nez ! Je me présente : je suis l’avion de Paul, enfin ce qui reste du magnifique avion rouge qu’il avait eu pour ses 8 ans, parce que je suis un peu cassé ; tiens, mon moteur est là-bas, dans le coin, près de la deuxième chaussette ; il les portait pour cet anniversaire ; je me demande bien pourquoi on les a gardées, mais c’est sûrement pour le petit avion qui est brodé dessus.

Tu as bien fait d’ouvrir cette malle car depuis que Paul m’y a rangé, je suis un peu à l’étroit et j’ai des envies d’évasion. Il a tellement joué avec moi que je suis un peu déglingué, mais tellement fier d’être à l’origine de ce qu’il est devenu. Tu te rends compte, il est membre de la Patrouille de France. Qui l’eut cru quand il me faisait maladroitement faire des loopings et que j’atterrissais en catastrophe dans les rosiers de sa grand-mère. Et tu vois, là, je reconnais cet égouttoir à vaisselle : Paul utilisait la cuve  pour en faire un hangar à avions ; il l’avait recouverte d’une caisse en carton qu’il avait percée d’une porte ; ingénieux, le gamin ! Non ?

C’est pour cela que lorsque la vieille radio qui est tout au fond de la malle se met en route pour retransmettre de sa voix fêlée  le Salon du Bourget et que j’entends commenter les évolutions de la patrouille de France, j’en frémis  d’aise et des larmes perlent au bord de mon hélice. Je suis ému et je te le dis, à toi qui me regarde d’un air interrogatif, tu peux être fier de ton père !

Si tu me sors de là, fais bien attention à moi, je suis une vieille relique et je suis fragile. Et si tu refermes ce couvercle, pense à me faire prendre l’air de temps en temps, ça me fera plaisir. »

Gill

                                                   

vendredi, 01 avril 2011

la journée de la Femme

 

   La journée de la femme a eu lieu au mois de mars, et pour la célébrer, lors  de

 

             l' atelier du 21 mars, El Pé nous a proposé cette consigne

 

     Faîtes le portrait d 'une femme qui a beaucoup compté pour vous  et, ou

 

                  considérablement influencé le cours de votre vie

 

femme PL.JPG

 

                                                           http://www.Photo-libre.fr/

 

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1 femme.jpg

 

Lisons Sylvaine

 

 

 

C’était une sœur du coté paternel et je ne sais ni pourquoi ni comment nos

attirances au fil des ans se sont consolidées.

Je connais par cœur les tristes périodes de sa vie. Un vécu de souffrance et

de misère.

Tout d’abord les guerres, et l’élu qui revient du Front avec une tuberculose

qui n’épargne aucun combattant.

Un plus tard malheureux dans un premier mariage décousu et la perte d’un

enfant tant désiré. Suivi d’un divorce très mal vu à l’époque.

Un second mariage, mais hélas l’être aimé souffrait de crises d’épilepsie.

Une nouvelle épreuve, des soins nombreux jusqu’au dernier moment.

Malgré tous ses fardeaux elle aimait la vie et par manque d’enfant, choyait

ses neveux et nièces. Son affection et son amour débordaient. Aussi grande

que généreuse elle avait apprit à se battre mais ne nous épargnait rien.

-          les mains propres avant et après les repas,

-          les coudes hors de table, le dos droit,

-          l’autorisation de prendre la parole …..

-          Et tant de recommandations que je ne peux oublier.

Je restais admirative devant son élégance, sa démarche alerte, son port de

tête «belle dame », son tempérament, et je la suivais en respirant le parfum

qu’elle portait et que je persiste moi aussi à utiliser depuis son départ.

Et nous avions la même passion, celle de soigner.

Elle était tante et confidente, l’oreille que l’on guette pour un conseil, la

parole qui rassure et la main qui câline au besoin.

Je lui rendais visite souvent à Paris et j’ai eu la chance qu’elle connaisse

mon mari et mes deux filles. Nous avons vécu de très grands moments de

bonheur. Son portrait trône depuis toujours sur la bibliothèque histoire de

partager encore avec elle notre vie.

Elle me manque c’est certain, Elle le sait j’en suis sûre.

 

                        Sylvaine

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1 femme et son chien.jpg

 

 

Lisons El Pé

 

« On ne naît pas femme, on le devient » disait Simone. Pas Signoret, non. Ni Weil, mais notre très chère Castor alias Beauvoir ; de pour les intimes. Elle a en effet considérablement influencé ma vie, mais elle n’est pas la seule. Combien de femmes, sciemment ou non ont marqué mon esprit et mon âme pour que je devienne femme. Une femme parmi d’autres mais cependant unique, grâce à elles.

Ma mère d’abord, comme de juste. Si belle avec ses yeux verts et sa tignasse rousse ; si gracieuse tandis qu’elle dansait… Quelle fierté de marcher près d’elle, ma main dans la sienne ! C’était un peu de sa gloire qui descendait sur moi ! Et je m’efforçais en retour de lui plaire. Sur ses genoux, j’apprenais à lire, à écrire, à compter. J’aurais tant voulu que cela ne s’arrêtât jamais. Hélas, on me mit à l’école. O rage, ô désespoir !! Mais on se fait à tout..

D’autant qu’à douze ans, j’eus la chance d’avoir comme professeur de français une ancienne maquisarde. Elle entreprit de nous entretenir de la Résistance en illustrant par son propre vécu «  la Rose et le Réséda » d’Aragon. ;

L’illumination !!Je me pris à rêver d’une vie héroïque. Je serai journaliste de guerre ou révolutionnaire ! En dévorant les biographies de Louise Michel , de Rosa Luxemburg, j’aspirais à donner ma vie pour une Cause, noble et juste cela va sans dire… Et puis, au détour d’un bouquin, je découvris Florence Nightingale et décidai, dans la foulée, que je serai infirmière, dans un dispensaire perdu aux confins de la civilisation. La Chine m’attirait beaucoup. Et encore aujourd’hui d’ailleurs.

Mais c’est Colette qui me donna dans l’ordre : le goût, l’envie, la passion d’écrire…Pourvu que l’Eternité existe, que je puisse la rencontrer !

Etre femme, ce n’est pas seulement cela, évidemment, mais ces modèles ont bel et bien forgé mon identité, comme l’on dit dans les milieux bien informés.

Toutefois, c’est à ma grand-mère que je dédie ces lignes, avec ma reconnaissance. C’est elle en effet qui, en toute simplicité, m’a appris ce qu’est la vraie tendresse et aussi à faire pousser les fleurs. C’est finalement le plus important.

 

                         El Pé

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Lisons Mouty


 

 

LA journée de la femme ! Tiens donc… Si je comprends bien, je n’ai qu’un jour pour penser à son influence sur le déroulement de ma destinée ! De toute façon, les autres jours, le comportement des hommes sature mon planning au point de n’y trouver une once de temps pour philosopher sur la place d’une femme dans la société. Pas même la mienne.

Voyons… Il y eut Blanche-Neige, mais vraiment trop bécasse. Il y eut Clochette, trop tête en l’air. Bien avant, Marie, peut-être pas si vierge qu’on veut bien le colporter. Pas si nunuche qu’on veut bien l’y faire passer, avec des yeux bleu clair sur un teint blafard.

Non, la femme, pour moi, fut incontestablement Jeanne d’Arc. La pucelle. Encore une ! Cette petite Jeanne, issue d’un trou de campagne dont personne n’avait encore entendu parler. Son idéal et son courage furent les fers de lance de l’exemple que je m’étais donné de suivre. Je ne raconterai pas son histoire, tout le monde la connaît. Quel que soit le décor dans lequel je me trouve, j’y vois en filigrane sa silhouette de cavalière altière portant haut l’étendard de la victoire, ne craignant ni les ennemis, ni les soi-disant amis, avançant pour bouter qui mal y pense.

 

                                    Mouty

 

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Lisons Gill

 

 

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 http://www.Photo-libre.fr/

  

 

L’ai-je connue ? Est-ce que je l’imagine ? Ou plutôt, elle représente à elle seule toutes les femmes qui m’ont entourée ou que j’ai croisées au hasard de la vie.

Je lui trouvais un charme fou, indéfinissable. Brune aux cheveux frisés, son physique oscillait entre Orient et Afrique du Nord, pourtant elle était bien française, « bien de chez nous », selon l’expression consacrée. Ses lointains ancêtres avaient sans doute beaucoup voyagé, mêlant leur sang à des sangs d’autres rives. Elle aurait d’ailleurs pu être blonde aux cheveux raides, ou rousse aux cheveux ondulés, ce qui caractérisait ce visage fin, c’était ses yeux remplis d’amour qui calmaient les douleurs, apaisaient les tensions ou redonnaient confiance ; mais on y lisait aussi une détermination sans faille et un force indestructible.

Adolescente, elle était révoltée contre la pauvreté, l’injustice, l’intolérance. C’est pour cela qu’elle avait choisi un métier au service des autres ; elle était enseignante mais elle aurait pu aussi bien être médecin, infirmière, éducatrice ou pompier. Elle avait besoin de responsabilités mais pas de reconnaissance. Mais tout cela ne lui suffisait pas, un métier seul, aussi enrichissant soit-il créant  une vie à moitié pleine ou à moitié vide. Elle pensait que l’amour pour un homme était l’essentiel, la part la plus importante de la vie, avec son prolongement, les enfants.

Elle a vécu harmonieusement, avec tout ce qui faisait sa vie. Elle a donné tout d’elle, infatigablement. C’était une femme parfaite. J’ai souvent essayé de lui ressembler dans tout ce qu’elle avait d’excellent. Et puis finalement, je me suis dit peut-être un peu tard que, ne pas chercher la perfection, avoir un brin de fantaisie, savoir se faire plaisir, garder du temps pour soi, c’était cela la clé du bonheur d’une femme.

 

                              Gill