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samedi, 20 juin 2015

Les films font leur cinéma

Après un jeu pour trouver des titres de film, nous avons deux listes de titres.

En 20 minutes, faire le  texte le plus court possible en utilisant obligatoirement les titres de la première liste et au moins deux titres de la  liste facultative.

Le texte doit commencer par « j’aurais voulu être un artiste »

 

                 Liste obligatoire                     liste facultative   

 

                      La grande illusion                           Certains l'aiment chaud

                      Les héritiers                                      Tombouctou

                      West side story                                 Indochine

                      Saint-Laurent                                   Le corbeau

                      La femme du boulanger                Cendrillon

                      Jeux interdits                                    La cité interdite

                      Hatchi                                                  Belle et Sébastien

                      Les orgueilleux                                 Le train sifflera trois fois

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J'aurais voulu être un artiste pour connaître La grande illusion, voyager avec Les orgueilleux et jusqu'en Indochine ; m'amuser avec Hatchi ou être à la montagne avec Belle et Sébastien, porter des vêtements dessinés par Saint-Laurent, sans pratiquer de Jeux interdits comme La femme du boulanger ou Les héritiers, enfin , j'aurais voulu danser dans West side story.

Marie

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J’aurais voulu être une artiste, comme dans West Side Story : danser, chanter, mais c’est la grande illusion, car ce sont les héritiers de grands artistes qui en sont capables.

Je me contenterai de jouer la femme du boulanger, et au lieu de la chatte, j’aurai un chien fidèle comme Hatchi. Mais mes parents les orgueilleux, m’empêcheraient de jouer. Pour eux, ce sont des jeux interdits, surtout quand ils ont vu le film sur le couturier Saint-Laurent. Tout ça, c'est très superficiel, ont--ils dit.

Polo

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J’aurais voulu être un artiste.

Comme Saint-Laurent,la femme du boulanger ou Cendrillon.

J’aurais voulu me livrer à des jeux Interdits, comme les orgueilleux,certains l’aiment chaud ou le corbeau.

J’aurais voulu vivre la grande illusion des héritiers ou de West Side Story.

J’aurais voulu connaître l’amour inconditionnel d'un Hatchi pour son maître ou de Belle pour Sébastien.

J’aurais voulu enfin prendre le train - qui sifflera 3 fois- pour aller en Indochine, àTombuctou ou visiter la Cité Interdite.

 

Valérie

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J’aurais voulu être un artiste. Comme tous les orgueilleux, j’aurais interprété les grands personnages, par exemple, Dior ou Saint-Laurent, plus tard, vieilli, j’aurais remplacé Raimu dans la femme du boulanger et Cendrillon aurait été mon épouse adorée. Hatchi n’aurait pas été à mes côtés, il m’aurait volé la vedette. Un chien, tout juste dans Belle etSébastien car c’était moi, le guide sauvant les skieurs enfouis dans la neige.

J’ai les chevilles fragiles, la voix dissonante, je laisserai West Side Story aux acteurs de pacotille qui savent tout juste lever la jambe sur l’écran.

Les héritiers m’auraient tenté, m’introduire par ruse dans une riche famille, mais depuis ma dernière condamnation, les jeux d’argent sont pour moi jeux interdits.

Mais tous ces rêves avortés ne sont que la grande illusion, le film archi-célèbre dans lequel je suis le soldat caché derrière un pilier, qui souffle dans sa flûte pendant que la caméra zoome sur les évadés qui s’évanouissent dans les lointains.

Line

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J’aurais voulu être un artiste, Saint-Laurent par exemple, toujours accompagné de son fidèle Hatchi. J’aurais habillé tous les orgueilleux de ce monde, les héritiers des grandes familles. Ou alors, j’aurais pu être acteur et jouer à des jeux interdits comme la femme du boulanger. Ou pourquoi pas scénariste ? J’aurais voyagé de la Mauritanie à Timbuktu, en passant par l’Indochine et les Etats-Unis qui m’auraient inspiré West Side Story.

J’aurais eu alors la grande illusion d’être un génie.

Gill

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vendredi, 06 mars 2015

Rite de l'enfance

Pensez à un rite de votre enfance, ou de quelqu’un d’autre, ou imaginez-en un  (rite détesté ou adoré). En 20 minutes, écrivez un texte sur ce rite en y incluant les cinq mots suivants trouvés après un jeu :

 

organiste / tendresse / éperdument / ancre marine / rouge

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Va faire pipi…

 

« Va faire pipi avant d’aller au lit ! » était la dernière phrase qui m’était régulièrement adressée le soir, lorsque j’étais enfant. Régulièrement, méthodiquement, tous les soirs !  C’était devenu un rite qui avait le don de m’exacerber. Il ne fallait surtout pas que je me le fasse répéter deux fois, car j’aurais pris la porte plus vite que je n’aurais voulu.

Dès les premiers mots, ma patience se cabrait, j’y voyais rouge, je serrais les poings. Je précise qu’il fallait se soulager dans « la cabane au fond du jardin ». Celle-ci était à moins de cent mètres, mais c’était dans le noir. Au passage on prenait la lampe électrique sur l’étagère derrière la porte, où trônait une ancre marine depuis des lustres, souvenir sans doute d’une épopée d’un aïeul aventureux. La lampe n’éclairait pas très loin, d’autant plus que la pile montrait souvent des signes de fatigue.

J’allais donc à pas prudents, puis cadencés, en entonnant éperdument une chanson. Assez fort pour faire fuir les bêtes sauvages ou les fantômes qui froissaient les buissons. Les nuits sans lune, je chantais encore plus fort, continuant dans la cabane sans me soucier du temps qui passait. Dans ma tête j’entendais l’accompagnement d’un organiste.

Tout à coup, une voix tonitruante venait de la maison : « Alors ! Qu’est-ce que tu fabriques ? T’es tombée dedans ? »

Dare dare je prenais le chemin du retour, ayant hâte de retrouver mon lit bien chaud où m’attendait une bouillotte les nuits d’hiver, laquelle m’accueillait avec tendresse.

Ces fins de soirées étaient les moments qui m’irritaient et me plaisaient le plus à la fois.

 

Mouty

                                                                                        

 

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Chaque dimanche après-midi, ma mère et moi allions au cinéma. Mon père était au rugby ou à la chasse, mon frère avec ses copains. Ma mère, éperdument inquiète, craignait toujours de me perdre quand elle attendait au guichet. Aussi avais-je toujours un chapeau ou un béret rouge avec une plume pour mieux me voir et une ancre marine brodée sur le côté pour faire joli. Elle emportait des bonbons pour l’entracte, les acheter coûtait trop cher. Avec tendresseet fermeté, elle emprisonnait ma main dans la sienne et me protégeait des malotrus qui voulaient passer avant nous. Je me souviens particulièrement d’un film où le frêle Charlot, musicien des rues, tournait la manivelle d’un orgue énorme qui ne laissait voir que son melon et sa chevelure frisée. En sortant, je dis « maman, je serai organiste », « on verra me répondit-elle, on verra ».  Hélas, vocation avortée, j’ai appris la flûte à bec.

Line

                                                              

 

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La promenade du jeudi

Le rite du jeudi, je l’adorais ! C’était l’époque où nous n’allions pas à l’école ce jour-là et ma mère et moi en profitions pour nous promener dans le centre de Paris ; je me moquais éperdument de tout, je ne pensais qu’à cette sortie. Je vouais une tendresse infinie à ma mère, j’étais encore à l’âge où sa seule présence me comblait, n’étant pas encore entrée dans la préadolescence où l’on ne se satisfait plus de rien.

Tous les jeudis, nous prenions l’autobus, celui à plate-forme où l’on pouvait respirer l’air si particulier de Paris, pour nous retrouver sous les arcades de la rue de Rivoli où les boutiques riches et variées m’émerveillaient. Je me souviens d’une chapellerie où l’on vendait des casquettes avec une ancre marine brodée au dessus de la visière. Je me souviens aussi des vitrines des parfumeries où les rougesà lèvres de grandes marques étalaient leurs couleurs flamboyantes. Et puis il y avait cette pâtisserie, unique pour moi, tant les gâteaux que nous y mangions étaient succulents. Un jour, nous y avons même rencontré l’organiste de Saint-Eustache. Pour terminer notre promenade, avant de rentrer, nous longions le Louvre et flânions dans le jardin des Tuileries.

De ces promenades, je garde un souvenir merveilleux. Si j’aime tant Paris, c’est grâce à ce que ma mère m’en a fait découvrir, c’est grâce à elles.

Gill

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jeudi, 09 janvier 2014

Métier de cinéma

 

 Vous exercez un métier de cinéma – réalisateur, caméraman, acteur….etc. Quel film aimeriez-vous tourner ? 20-25 minutes pour écrire un texte sur ce thème.  Vous pouvez parler de vous ou d’un personnage de votre choix ou encore d’une personne célèbre.

Inclure dans le texte les neuf mots suivants :

Sourire   astuce   anticonstitutionnel   bureau   quant   attaque   muguet   rythmique   kangourou

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JE M’VOYAIS déjà


Star ! Je m’voyais déjà… et j’y suis !

Finies les corvées dans un bureau exigu ! Quant à mon chef au regard douteux, finies les mains baladeuses ! Je craignais tellement ses attaques et ses fourberies que je ne vivais plus. Le matin même où je reçus l’avis d’engagement par la Société « Films Jean PASSE », il avait encore déposé un bouquet de muguet près de l’écran de mon ordinateur.

Le soir, je lâchai mon local confiné avec soulagement pour mon cours de rythmique, ravie d’être, dès la semaine prochaine, aux confins de la planète pour le tournage.

L’Australie me fascinait depuis longtemps pour ses grands espaces, ses kangourous et ses koalas.

J’adressai un radieux sourire à mes collègues pour accompagner mon geste d’au revoir, tout en réfléchissant à l’astuce qui me permettrait de sécuriser ma valise en l’absence du cadenas égaré.

Le lendemain, je pris la route de l’aéroport. La circulation était dense et quelque peu désordonnée. Une manifestation occupait bruyamment le pavé. J’aperçus une partie de banderole portant le mot « anticonstitutionnel ». Des étudiants apparemment. Plutôt tièdes ! Visiblement, ils n’avaient pas connu Mai soixante huit !

Vivement le bout du monde et les aventures de Jane que j’aurai le plaisir d’incarner auprès d’Arnold Schwarzenegger.

 

Mouty

                                                                    

 

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Caméraman,

J’ai toujours voulu  être Caméraman ; j’en ai rêvé depuis ma petite enfance ;  métier qui fait voyager,  filmer les oiseaux , les observer,  en apprendre le plus possible pour mieux les connaitre  bien sûr ; l’astuce qui  me fait sourire aujourd’hui ; exercer le métier de  Caméraman,  mon bureau, monter une toile de tente en pleine nature,  les forêts sont tout indiquées pour cela , pas toujours en France, non,  où l’on trouve du  muguet, mais les forêts d’Asie ou  d’Afrique où l’on peut les camoufler sans soucis en les recouvrant de feuilles,  branches ou mousses  permettant une protection complète pour éviter d’effrayer les oiseaux  mais aussi contre  une attaque de  fauve  qui chasse la nuit ou  tout autre animal curieux comme un kangourou pouvant faire chuter les caméras au sol . Les débuts n’ont pas été faciles,  les Pays Etrangers ont  eux aussi des lois et des règlements qu’ils faut respecter  si on ne veut pas être traité de personne  anticonstitutionnelle ;  tourner un film haut en couleur,  la vie au quotidien des oiseaux, c’est passionnant ; de très longues attentes,  mais le rythme se prend rapidement ,  aussi   quand on cadre la caméra sur un gros plan,  la morphologie,  la couleur du plumage , apport de nourriture , becquée des oisillons piaillant becs grands ouverts où descend la pitance rapportée par l’un des deux parents,  instant sublime d’un grand bonheur,  magie vivante  d’un moment unique, lieu de vie si riche  de diversité encore inconnue,  comment se lasser !   Même la chaleur tropicale qui poisse et colle vos vêtements à la peau,  les trombes d’eau s’abattant sur votre tente,  noyant tout sur le sol, seront compensées par la chaleureuse gentillesse des villageois   vous donnant une   envie toujours plus grande pour continuer ce beau métier.       

Rina

                                                                                       

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Cinéma et monde animal

J’étais un enfant sérieux, très doué pour les mathématiques, les sciences physiques, la biologie ; j’étais patient, opiniâtre, je pouvais rester des heures à observer un brin de muguet posé sur mon bureau pour voir si ses clochettes allaient s’ouvrir ; quant à mon avenir, il était tout tracé : je serais chercheur. Je n’étais pas contre cette idée. La seule chose que je détestais, c’était le Droit. Je ne me voyais pas employer le mot « anticonstitutionnel » toute la journée.

Cependant, j’avais une passion, le cinéma. J’avais envie de vivre la caméra au poing et de partager mes expériences avec le plus grand nombre ; à force de persuasion, je finis par emporter l’adhésion de mes parents et intégrai l’HIDEC.

Frais émoulu de cette prestigieuse école, je me lançai alors dans le documentaire animalier, mon autre passion. Au cours de mes nombreux voyages j’eus la chance de filmer le sourire des hyènes en Ethiopie, l’attaque des lions au Kenya, la rythmique des hordes de singes dans la forêt équatoriale. A force d’astuces, je réussis même à filmer l’entrée d’un petit kangourou dans la poche maternelle : un pur émerveillement.

Mais mon meilleur documentaire, ce fut sans conteste le sauvetage de ce lionceau blanc, blessé, que j’ai filmé mois après mois, jusqu’à ce qu’il devienne un grand et magnifique fauve. Il vit maintenant dans une réserve, protégé du plus redoutable des prédateurs, l’homme, la rareté de son pelage attirant les convoitises et mettant en péril la survie de son espèce. Ce film, « la Renaissance », a été primé à Cannes, vous vous en souvenez sûrement.

Quand je me suis retrouvé un César à la main et que j’ai pensé que j’aurais pu passer ma vie derrière un bureau, je me suis demandé si c’était bien moi et j’ai réalisé à cet instant, que j’étais l’homme le plus chanceux du monde.

Gill

                                                              

 


                    

 



jeudi, 17 octobre 2013

Evocations d'octobre

 

En 20 minutes, dîtes à quoi vous fait penser OCTOBRE

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Photo: www.Photo-Paysage.com (CC BY-NC-ND)
Photo-Paysage.com

Photo : cc by-nc-nd   Bruno Monginoux


OCTOBRE


Les vendanges en retard ou le froid en avance,

Octobre : fin d’été ou début de l’hiver ?

Tu nous surprends souvent avec tes goûts amers.

Tu mélanges les genres ou les mets en balance.

 

J’aime tes couleurs d’or et de gris en marbrure

Les tons discrets, fondus sous l’éclat chatoyant

Des feuilles en goguette qui meurent en chantant

Sous mes pas empressés de fouler la nature.

 

J’aime tes trombes d’eau pourvoyant les légumes

Qui régalent les corps avides de saisons

Marquées par les fourneaux parfumant les maisons

D’arômes de jardins si variés, que l’on hume.

 

Mouty

                                                                            

Photo: www.Photo-Paysage.com (CC BY-NC-ND)

 

Photo-Paysage.com

Photo : cc by-nc-nd    Bruno Monginoux



Octobre, c’est mon mois de naissance

La rentrée des classes de mon enfance,

 Le moment d’oublier vraiment l’été

Pour sérieusement se mettre à travailler.

Ce sont les sauts

Dans les filets d’eau.

Les feuilles rousses

Les champignons qui poussent.

Les bottes de caoutchouc

Pour affronter la boue.

Le soleil qui joue à cache-cache

En se moquant du temps qui passe,

Les gouttes de pluie ridant les flaques

Et tambourinant sur l’asphalte.

Les promenades dans les sous-bois,

La terre humide sous nos pas

Exhalant son parfum douçâtre

Effluve  insolite, un peu âcre.

Ce sont les couleurs chaudes,

Les marrons, les jaunes dorés,

Les rouges et les orangés,

L’esprit, qui loin des vacances,

Se met un peu  en sommeil.

C’est ma saison-repos

Où mon corps va s’adapter,

Se préparer pour affronter

Les frimas de l’hiver

Qui  se rapproche à petits pas ;

Assise devant la fenêtre,

Devant la pluie qui nourrit la nature,

Devant les arbres qui ploient sous le vent,

Je rêve dans une douce somnolence.

Gill

                                                                   

 

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Octobre

 

Nostalgie des grandes journées d'été, ponctuées d'éclats de rire  dans la maison avec  enfants , petits enfants ; fin de vacances , maison qui se vide ; silence tu reprends ta place !!!!! Le manque cruel de ceux qui nous sont si chers repartant chacun vers leur destin . Nous les anciens , qui étions à la fête restons là , le cœur amputé , le vide en nous ; moment de panique , rapidement maitrisé , allons l'été a passé si vite , mais Noel qui arrive va nous occuper , on va se revoir , et puis il y a encore de si belles journées ensoleillées , avec les randonnées , dans une nature qui change tous les jours , nous offrant une telle diversité de couleurs ; les vignes vont se parer d'or , de rouge , de pourpre, se faisant admirer, nous en mettent plein les mirettes , en réchauffant nos cœurs tristes , les couleurs vont éclater de partout , rivalisant à qui mieux mieux ,accaparant de mille façon nos regards émerveillés ; c'est vrai, les jours vont devenir de plus en plus courts , au profit des soirées , nous offrant  la lecture , avec des activités si nombreuses .      A nous  de savoir retrouver un nouveau rythme , en nous bougeant et en faisant travailler nos neurones ; nous sommes toujours vivants , que diable , alors reprenons nous en main , à bas pleurs et chagrins

vive !...... chaque nouveau  changement de saison !

Rina

                                                                      

 

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            Oh Docteur, comment pouvez-vous poser une telle question ? Puisqu’Octobre restera d’abord et avant tout pour moi le mois de la rentrée ! Et oui, je suis d’une génération privilégiée (et Dieu sait si l’on me l’a dit et répété au cours de mon existence !) qui bénéficiait de trois bons mois de vacances en été. L’automne arrivait donc quasiment en douce, sans que nous y prêtions attention…tout absorbés que nous étions par nos parties de ballon prisonnier, béret volé et autres férocités amicales qui occupaient nos soirées.

      Soirées qui certes se raccourcissaient d’un jour à l’autre, mais bast, qui s’en souciaient ?

Certainement pas les enfants, ni les grandes personnes d’ailleurs, assises qui sur des chaises sorties des cuisines, qui sur les fameux « petits bancs » disparus aujourd’hui hélas. Tout le monde « prenait le frais » dans la rue, devant les maisons aux portes grandes ouvertes. Car nous étions en Algérie. Mais il me semble vous l’avoir déjà dit Docteur, non ?

      Les meilleures choses ayant une fin, Octobre finissait cependant par arriver alors même que la cloche de l’école appelait frénétiquement  retardataires et nostalgiques. Et là, par trente cinq degrés à l’ombre, on nous parlait d’elfes et de lutins forestiers dansant dans le brouillard, ainsi que de vieilles femmes ployant sous leurs fagots de bois, toute fantasmagorie dont nous étions à de années-lumière vu que justement cette  lumière éclatante dans laquelle nous baignions repoussait impitoyablement toute velléité de mystère poétique.

          Le soleil en revanche est totalement absent d’une autre réminiscence qui me vient spontanément à l’esprit ; je veux parler des journées d’Octobre. J’ignore pourquoi. Peut-être est-ce le souvenir d’une image dans un livre d’Histoire ? Toujours est-il que je vois toujours Vladimir haranguer la foule au cœur d’un Moscou plongé dans la nuit et sous la neige.

       Ah tiens, deux films viennent à l’instant de jaillir de ma mémoire : Octobre Rouge(en rapport, je suppose, avec ce qui précède) et Marie Octobre, dont j’ai particulièrement aimé la première version. Sans doute parce que la Résistance étant encore toute proche, les personnages s’en trouvaient plus authentiques… Mais vous avez raison, nous ne sommes pas là pour discuter cinéma.

      Comment, vous dîtes ? Je ne parle qu’au passé ? C’est ma foi vrai ! Je ne m’en n’étais même pas aperçue ! Pourquoi le passé ? Parce que voyez-vous, à mon avis, les Octobres d’aujourd’hui manquent par trop de gueule.

      C’est grave Docteur ?

                                      

                                                                   El Pé