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lundi, 18 mai 2015

Un moment du quotidien

Ma madeleine (25 mn)

A travers une spécialité culinaire décrire avec minutie le décor, l’ambiance, l’entourage, les opérations d’un moment que vous appréciez ou avez apprécié particulièrement.

Employez dans le texte les dix mots suivants :

arguments, binocles, carottes, direction, énormément, farce, girouette, honneur, ironie, jamais. 

Terminer par « Et je pèse des mots dans la balance de cet instant ». Extrait d’un poème d’Octavio Paz : Issue (Liberté sur parole)

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chocolat-chaud.jpg

freepik   par sxc.hu

 

Mon chocolat au lait

Le chocolat au lait du matin, préparé par ma grand-mère, était « mon chocolat », et celui de ma grand-mère bien sûr, qui n’avait pas son égale pour le préparer.

Les matins d’hiver où le givre égayait les vitres de ma chambre - il n’y avait pas d’autre chauffage que celui de la cuisinière émaillée qui ronflait déjà au moment où j’entrais dans la cuisine. Là, c’était le paradis : chaleur enveloppante, odeur de chocolat, bref, le pied.

C’était une pièce plutôt sombre, éclairée seulement en son centre par une ampoule faiblarde couverte de chiures de mouches et pendant tristement au bout d’un fil torsadé.

Sur le bord de l’évier en pierre, des carottes rutilantes après un bain sous la pompe attendaient patiemment la suite. Sur le bout de la table, la farce de chair à saucisse serait bientôt tassée dans les pommes de terre creusées en leur centre par un petit outil magique qui fabriquait des tire-bouchons. Le chat ronronnait à mes côtés en entrouvrant ses yeux de biche.

Ma grand-mère ajustait ses binocles avant de prendre la direction du fourneau où patientait une petite casserole de lait chaud. Elle y râpait alors une demi-barre de chocolat noir avant de remuer en donnant deux ou trois tours de bouillon. « Grand-mère, un peu plus » lui disais-je. « Il ne faut pas en mettre énormément me rétorquait-elle, ça te ferait mal au foie ! ». Je lui parlais alors des forces dont j’avais besoin pour accomplir le chemin de l’école, de la nécessité de ne pas faiblir pendant les cours jusqu’à midi. Elle restait imperturbable. A bout d’arguments, je laissais tomber ma plaidoirie, je savais qu’elle était inutile. Je sentais tout de suite après envahir mes narines par les effluves divines du liquide chaud coulant dans mon bol. « Arrête de faire la girouette, tu vas te brûler » me lançait ma grand-mère alors que je fondais de bonheur. Je crois qu’elle mettait son pointd’honneur à me faire le meilleur chocolat du monde. Je ne l’oublierai jamais.

Ironie de la transmission culinaire, je ne parviens pas aujourd’hui à réaliser un aussi bon chocolat. Et je pèse mes mots dans la balance de cet instant.

Mouty

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freepik par sxc.hu

 

Art culinaire

Quelle farce ! Quelle ironie ! Une consigne sur l’art culinaire ! Le mot, déjà, me donne envie de prendre la direction opposée à ma feuille. Parole d’honneur, je n’apprécie jamais de me trouver dans une cuisine, et comme je ne suis pas une girouette, aucun argument ne peut me faire changer d’avis. Ne me parlez pas de carottes, navets, bœuf ficelle ou veau marengo.

J’insiste. RIEN ne peut me faire changer d’avis…… Quoi que ! Un mot, un seul, le mot « chocolat » peut me faire prendre le chemin des fourneaux. Oui, la bouillie au chocolat de mon enfance. Je revois nos trois têtes brunes penchées sur la casserole où lait, maïzena et cacao se mélangeaient doucement pour former un liquide onctueux et chaud, à l’arôme puissant. Je revois ma sœur aînée tournant avec art le breuvage afin qu’il ne soit ni trop liquide, ne trop épais et surtout sans  grumeaux pour être dégusté sans attendre. Je me brulais un peu la langue mais comme j’appréciais énormément, avec outrance même, cette sorte de crème chocolatée réconfortante, je faisais juste une petite grimace, mi-douleur, mi-contentement, avant d’avaler avec délice.

Nous n’avions pas besoin de binocles pour lire cette recette, nous la savions par cœur, comme nous saurions la réaliser encore aujourd’hui les yeux fermés. Mais il y manque sanas doute notre jeunesse pour l’apprécier pleinement « et je pèse mes mots dans la balance de cet instant ».

Gill

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Angoisse, chagrin, désespoir (25mn) 

Décrire un instant malheureux avec la même minutie, en employant les mêmes mots que la consigne précédente. Le texte se termine par la même phrase

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Place Saint Jacques Metz

wikimédia

 

Départ pour l’inconnu

Je débarquai à Metz un 1er Octobre pluvieux et froid après un voyage depuis le sud-ouest de la France assez angoissant et mouvementé pour rejoindre mon premier poste de travail : j’allais vers un Nord inconnu, peut-être inhospitalier. Une journée de train qualifié d’Express mais n’ayant rien d’un TGV. La traversée de la Seine à pied sur le pont balayé par le vent entre les gares d’Austerlitz et de l’Est, en portant péniblement ma lourde valise en bois chargée de bouquins, fut un supplice. Puis, direction Strasbourg en côtoyant des voyageurs parlant allemand ou alsacien, langues totalement étrangères pour moi.

Ironie du sort, je n’avais pas prévu un tel changement de température. Je sortis de la gare de Metz complètement frigorifiée. Je longeai un petit marché où les denrées alimentaires voisinaient avec les brocantes et les puces. Binocles, carottes, girouettes, charcuterie… Jamais je n’avais vu des choses aussi hétéroclites sur si peu d’espace. Enormément de bric à brac baigné par les odeurs de légumes ou de viande. Un clown, sous un parapluie troué, racontait des blagues en faisant des farces aux passants.

Je pris la direction de l’hôtel en mettant mon point d’honneur à porter ma valise sans défaillir. Jamais je n’avais été aussi harassée, transpercée de froid.

Mon train avait pris du retard, et j’arrivai à l’hôtel quinze minutes après l’heure limite imposée. Je fus accueillie assez froidement, à l’image du temps, par un cerbère qui me fit perdre tous mes moyens. Je serais entrée dans un trou de souris. J’en oubliai tous mes arguments préparés à titre d’excuse. Moi, d’habitude si diserte, je restai coincée, muette. Et pourtant je pesais mes mots dans la balance de cet instant.

Mouty

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freepik     par sxc.hu

 

La tache de la honte !

Sagement assises derrière leurs pupitres, trente têtes brunes et blondes, penchées sur un cahier de dessin, s’attachent à reproduire avec énormément de soin, un panier de légumes avec carottes, poireaux et navets, ou une église surmontée d’une girouette. J’en suis à la phase délicate du dessin de la flèche indiquant la direction du Nord. Voilà, c’est terminé. Il faut que je fasse honneur à ma mère qui a toujours eu le 1er prix de dessin. Jamais elle ne me pardonnerait si c’était médiocre. Il ne me reste plus qu’à écrire mon nom à l’encre sur la feuille.

Malheur, un gros pâté, j’ai pris trop d’encre ! Je vais attendre qu’il sèche puis gommer avec le côté crayon, cela ne devrait pas abîmer le papier. Ah, cela ne gomme rien, il faut essayer le côté plus râpeux. Je frotte je frotte et je finis par percer le papier. Quelle farce, quelle ironie ! Plus de pâté mais un gros trou. Que vais-je faire, moi qui suis si soigneuse d’habitude. Je vais me faire gronder et quand je pense au visage anguleux et aux petits yeux cruels surmontés de binocles de mademoiselle Jorbier, je frémis d’angoisse. Elle ne va voir que ce gros trou bordé de bleu et son regard va me fusiller.

« C’est terminé mesdemoiselles », entends-je. Et elle commence à passer dans les rangs. Evidemment, arrivée vers moi, elle s’arrête, j’entends comme un grognement d’indignation, et n’osant la regarder, j’imagine son visage rouge de colère.

«  Mademoiselle vous me décevez. Je ne vous imaginais pas reine du gommage. C’est un argument pour vous punir, vous le savez. Vous serez notée zéro en soin. Vous quitterez le premier rang et irez au fond de la classe pour une semaine. Vous n’êtes plus digne d’être devant le tableau, et je pèse mes mots dans la balance de cet instant. »

 

Gill

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lundi, 11 novembre 2013

Gourmandise, quand tu nous tiens!

 

En 15 minutes, utiliser les mots

       âcreté       dégoût      insipide       nauséabond       répugnant

dans un texte qui commence par

                  Quand la gourmandise devient une drogue

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Quand la gourmandise devient une drogue, certes, c’est plutôt préoccupant puisque la gourmandise, même occasionnelle, est un vilain défaut. Quoique. Mais de là à la ranger au nombre des péchés capitaux ! D’autant que... 

           Il était une fois, il y a de cela fort longtemps, un loup. Un magnifique loup gris, au regard doré et oblique à souhait. Très délicat de surcroit, ce qui amusait beaucoup ses congénères, nettement moins raffinés.

Ces derniers par exemple pouvaient à la rigueur concéder que la viande de ragondin possédait une certaine âcreté et que celle du petit, bien que tendre, était plutôt insipide. Le grand loup quant à lui, considérait ces bestioles comme parfaitement répugnantes quelque soit leur âge. Et pas seulement les ragondins ! Ainsi, un profond dégoût lui soulevait le cœur lorsqu’une odeur (qu’il jugeait) nauséabonde se dégageait d’une proie abattue la veille, alors que le reste de la meute, en revanche, s’en régalait à qui mieux avec force quolibets à son égard. Les cuistres !

      Aussi ce jour là le grand loup gris observa-t-il avec moult circonspection le beau morceau de chair bien fraiche (à l’évidence une énorme entrecôte d’auroch) que le petit d’homme avait déposé sur la grosse pierre plate. Manifestement à son intention…Puisque l’enfant, loin de s’enfuir épouvanté en l’apercevant, comme le faisaient toutes les créatures, s’était accroupi sur le sol en souriant, et il était resté ainsi un long moment, immobile. Puis il avait posé l’entrecôte sur la pierre  avant de tourner les talons et repartir tranquillement vers son village. Evidemment, le premier mouvement du loup avait été l’esquisse d’un bond, afin de se jeter sur l’enfant (qui sentait délicieusement bon !) et de le dévorer. Mais quelque chose émanant de ce gamin l’avait retenu. Quoi donc ? Ce regard, ce sourire, cette incroyable confiance ?  Ou peut-être le secret espoir que ce cadeau tout frais du jour et dont il se délectait fort, ne serait pas le dernier ? Qui sait ?

      Le loup revint le lendemain. L’enfant aussi. Avec une belle tranche de cerf cette fois. Et le miracle se reproduisit des jours durant. A présent le grand loup gris ne vivait plus que dans l’attente de ces moments bénis au cours desquels sa nature délicate se trouvait enfin comblée. Des moments de pur bonheur dont, il devait bien l’avouer, il ne pouvait plus se passer.

      Jusqu’au soir où le petit d’homme arriva au rendez-vous les mains vides. Ô désespoir ! Ô consternation ! Deux grosses larmes, suivies de beaucoup d’autres, jaillirent des yeux obliques.

    « Suis-moi » dit simplement l’enfant. Et bien que l’animal entendit pour la première fois le son d’une voix humaine, il comprit aussitôt et s’empressa d’obéir. Ils parvinrent peu après au village et y demeurèrent. C’est ainsi que le Chien entra dans l’histoire de l’humanité.

El Pé

                                                                                           


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Quand la gourmandise devient une drogue , la boulimie me guette , je suis incapable de résister , quand je suis à la maison surtout , j'ouvre sans arrêt porte de frigidaire et de placards ; je plonge les mains et  j'avale , j'enfourne , je ne regarde même pas , c'est un besoin vital, je ne puis résister; au contraire ,une force qui me détruit me pousse à me goinfrer, il n'y a pas d'autre mot ; sucré  salé , tout y passe ; puis ensuite le dégoût , quand l'âcreté des ingrédient remonte dans ma gorge ;répugnant !!!!!!, je cours vomir avec des haut-le-cœur  nauséabonds  me laissant toute pantelante . Résister à toute cette nourriture  insipide , comment ? je sais qu'après je suis malade, mais je recommence ; il va me falloir de l'aide , je le sens , il faut que je m'arme de courage et que je franchisse le pas ,c'est déjà un départ  que d'y penser, mais il faut continuer et tenir bon !!!!!!

Rina

                                                                            

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Quand la gourmandise devient une drogue, alors que maman dit : 

    - « comment peux-tu manger ces cochonneries ! L’aspect est répugnant ; Elles pourraient être insipides, ce serait un moindre mal, mais elles ont une âcreté épouvantable, sans parler de l’odeur nauséabonde qu’elles dégagent. Elles me dégoûtent ! »

 mes oreilles entendent :

    - « ces bonbons sont beaux, appétissants, colorés, sucrés à point, avec un parfum enchanteur et réconfortant »

 Quand je les vois, ces bonbons, verts, rouges, violets, au fond du coquillage, dans la vitrine du boulanger, je n’ai qu’une envie, en acheter un et commencer à le lécher voluptueusement encore et encore jusqu’à ce qu’il n’y ait plus aucun goût au fond de la coquille ; c’est ma drogue. Un terminé, je pense déjà au prochain et ma langue, sans cette saveur sucrée qui la comble, se sent désemparée, en manque. Rien de ce que peut dire maman ne peut m’atteindre et je ne pense alors qu’à une chose, la prochaine friandise qui comblera mon attente et me procurera ce plaisir voluptueux et indispensable.

Gill

                                                          

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Quand la gourmandise devient une drogue


Quand la gourmandise devient une drogue. Et ma drogue, c’est le chocolat. J’aime la légère âcreté du chocolat noir, fort en cacao. Le chocolat blanc, insipide, me donne du dégoût. Je le trouve tellement répugnant que sa seule vue sur une table hausse mon estomac au bord de mes lèvres..

Le chocolat noir, quel délice ! Je ne peux plus vivre un jour sans. Pas de vaccin, pas de sérum, pas de remède contre cette envie obsédante. Son arôme domine toutes les odeurs, depuis le parfum le plus subtil, aux effluves nauséabonds. Il m’enivre, me transporte au septième ciel.

S’il te plait, Père Noël, essaie d’être un peu plus généreux cette année : les quelques boîtes que tu m’octroies ne me font pas la semaine. J’ai préparé cinquante mètres d’étagères dans ma cave fraiche, histoire d’en emmagasiner pour six mois, jusqu’à la fête des mères.

Mouty

                                                                           

 

 



 


mercredi, 23 janvier 2013

La disparition

 

       Selon « LA DISPARITION » de Georges Pérec, en  20 mn, écrire un texte        sans la lettre « e »

 Le mot « disparition » (ou un dérivé de ce mot) doit apparaitre dans ce texte.

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           sans" E"

 

LA DISPARITION

Blond, roux, châtain, chocolat : maints coloris qu’annonçait Août finissant dans un soupir. Vibrations carmin jouxtant cobalt ou indigo, disparaissant à l’horizon. Tons rompus couvrant mon croquis, donnant un plaisir infini. Sous mon pas, du gris clair. Un parfum puissant dans l’air doux : pins, lavandins, un summum pour l’odorat. Instant  divin, rassurant. Pas anormal ici.

      Mouty

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Quand il raconta , grand papa , parlant du cours si bruyant du Rio , disparu oui , son cours sautillant , moussant , brouhaha bouillonnant , durant la saison du froid , il gonflait tant , inondant ,couvrant tous champs bas , tout autour, fini, aucun raffut , ça nous à tant surpris qu'on voudrait , d'un coup de doigts joints, claquants  pouvoir au loin voir, coulant, son miroir brillant  mais  surtout  dans nos imaginations .


      Rina

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Au jardin, Mamina dorlotait lilas, dalhias, coucous. Quant à son chat, Raminagrobis, tapi non loin du trou où habitait Riquita la souris, il languissait, à l’affût. Quand Ramina dormait, Riquita musardait, humant l’air frais, mais pour l’instant Riquita somnolait, ayant disparu dans son abri. Son corps gris souris sortirait-il un jour ?  Ramina pourrait-il la saisir au vol ? Point sûr du tout doutait-il. Mais il n’abandonnait pas, toujours vigilant. Mamina, chantonnant, sans soucis pour Riquita, continuait son train-train favori, chuchotant maints mots doux aux plantations du jardin.

      Gill

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D’abord l’airbus qui assurait la liaison Paris-Dakar. Il roula un instant, prit son vol, monta haut, haut, puis disparut à jamais dans l’azur infini. La fin alors arriva au galop : loups hurlant à la mort puis aussitôt, chaos fracassant quand tout bascula dans un trou noir.

          Mais, tapi dans un obscur puits sans fond, un trillion d’individus, non humains, rugit.

Ils vont jaillir, partir pour un futur inconnu… au signal du bing bang.

                             Tic, tac. Tic, tac…

                    El Pé

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mercredi, 19 octobre 2011

imagine une prison...2ème consigne

 

Vous avez été condamné. Une piqûre vous endort. Vous vous réveillez  dans le désert, à perte de vue. Que faîtes-vous ?  20 mn

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Dive piqure

 

j’ouvre un œil. Et puis deux.

Du sable à perte de vue,

Je n’en crois pas mes yeux.

Incommensurable cette étendue.

 

Un grain de sable. Deux grains.

Non, ce n’est pas un jeu.

C’est un monde sans fin.

Je suis perdue. Je fais un vœu.

 

Vœu d’évasion : je suis servie !

L’imagination se détend,

Et je suis encore en vie !

Droguée ? Non, je m’en défends…

 

Le LSD, quel bonheur !

Je vois des fleurs à l’infini

Au milieu du sable farceur.

Mirage. « Mirage » avez-vous dit ?

 

Miracle répond mon intérieur.

La cocaïne me connait par chœur.

Divine piqûre dont je me méfie…

A vrai dire Non ! Hypocrisie.

 

Mouty

 

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Condamnée ! Condamnée pour la vie entière à manger une plaquette de chocolat tous les matins du monde !...Quelle histoire !...On a beau varier la composition du chocolat et la proportion d’amandes, de noisettes et de raisins secs qui l’accompagnent, une plaquette quotidienne ça fait vraiment beaucoup…

Et puis voilà que ce matin, allez savoir pourquoi, je devais être en overdose, il paraît que le chocolat a des vertus hallucinatoires), je me réveille seule en plein désert !

Pour une surprise, c’en est une vraie et une bonne !

Pas une plaquette de chocolat à perte de vue… le rêve ! Fini le bruit du papier que je déchire et de la feuille d’alu que j’écarte, terminé les doigts collants et gras de chocolat qui fond avant d’être dans la bouche, oublié le goût du cacao légèrement écœurant et qui imprègne le palais pour longtemps…

Le désert est à moi et un nouveau dessert aussi : la petite oasis là-bas me promet ses dattes, une eau pure et courante et le lait de la chevrette qui court sous les palmiers. Quel bonheur !...

A moins qu’il ne s’agisse d’un mirage, ce serait terrible !

Mais non, tout cela est aussi vrai que dans un joli rêve, la preuve est que celui-ci est déjà effacé.

Marie-hélène

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La sentence était tombée. Le diagnostic était formel. J’étais condamnée par une maladie dégénérative qui ne pourrait être soulagée que par des piqûres biquotidiennes et je les attendais impatiemment car elles apportaient un soulagement, hélas temporaire.

Malheureusement le traitement avait pour effet secondaire des cauchemars et des hallucinations assez traumatisants.

Ainsi, un jour, je me trouvai dans le désert à perte de vue, avec une soif inextinguible  et la brûlure du soleil sur ma peau à vif, éblouie par une lumière implacable. C’était une sensation très pénible, angoissante, insupportable. Que faire pour se sentir mieux ?marcher ?se coucher ? s’ensabler ?se retourner de temps en temps pour ne pas griller ?Je n’avais jamais été confrontée ni même pu imaginer une telle situation !Quelle était la bonne solution à adopter ?et j’étais seule, si seule !Inutile d’appeler, personne ne viendrait à mon secours !

Dans mon délire angoissant, je poussai un gémissement, un hurlement involontaire qui fit accourir l’infirmière à mon chevet. Elle me réveilla. Ouf ! Merci ! Un grand verre d’eau s’il vous plaît !

 MIMI

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L'Afrique du nord, les serpents, les mygales et scorpions,  l'air chaud et sec, tous ces dangers effrayants me viennent à l'esprit en me réveillant dans une immensité désertique, du sable, des dunes,  le désert à perte de vue,  la tête lourde, les tempes battantes j'essaie de m'assoir rassemblant mes souvenirs ;  voyons est-ce un rêve ?  Que fais-je ici ? Le soleil brûlant fait vibrer l'air devant mes yeux éblouis,  mon esprit engourdi commence à s'éclaircir que s'est-il passé ? À mes côtés apparait l'image encore floue d'un marocain la tête  enturbanné, un chameau en laisse, quelle bestiole venimeuse m'aurait piquée; m'inoculant son venin si fort qu'il m'aurait condamnée  à la paralysie  momentanément ? Et pourquoi sui-je sur le sol enveloppée d'une couverture  bariolée ?  D’un seul coup la réalité me revient, je suis dans le sud du Maroc  en vacances  faisant  une ballade à dos de chameau, la douleur brutale de la piqure  ressentie au pied droit puis le noir complet, la chute sur le sable. Avec ma raison revenue, la douleur du pied se rappelle à moi je vois la rougeur de la peau tendue et gonflée, et ressent  dans la bouche le goût amer du breuvage que le chamelier me forçait à boire.
je m'en remettrai, ça va, mais quelle peur, et quel dommage d'interrompre cette promenade  que j'avais tant attendue, dans quelques jours surement, je sais déjà que je la referai  !!!!!
 
 Rina

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Merci mon Dieu, je ne suis pas morte puisque je suis dans le désert. Ce n’était donc pas la piqûre fatale ; on pouvait se le demander avec ce simulacre de procès, dans ce pays où règne la corruption.

Etre dans le désert, c’est une chose, en sortir, en est une autre. La condamnation, ce doit être cette épreuve pour sortir de là. Mais de quel désert s’agit-il ? Suis-je au Koweït et dans une dizaine de kilomètres verrai-je les tours de Koweït-City, ou suis-je dans la Danakil et me faudra-t-il des mois pour arriver sur les hauteurs d’Addis Abeba ? Comment vais-je résister à la chaleur du jour et au froid de la nuit et comment vais-je étancher ma soif ?

Je regarde autour de moi : des dunes, des dunes et des dunes, pas la moindre végétation. Du sable, du sable, et en haut, le soleil. A l’optimisme de mon réveil fait place une légitime inquiétude. Il faut bouger, c’est sûr et d’ abord retirer ce pull qui me tient chaud et le transformer en turban protecteur pour ma tête.

Je démarre, pleine de courage et d’entrain et je marche droit devant moi pendant ce qui me paraît des heures. Rien, sinon la soif qui me tenaille et la chaleur qui me brûle. Mais cette soif et cette brûlure, qui devraient m’anéantir, ne m’empêchent pas d’avancer. Je les ressens comme une torture permanente qui n’altère pas mes capacités physiques. La nuit me glace, le jour me cuit et j’avance toujours sans rien trouver.

Je ne sais pas combien de temps dure cette épopée avant que je ne me mette à penser avec terreur que j’ai peut-être été condamnée à errer éternellement dans le désert, avec cette souffrance permanente. Je veux que cela cesse. Je capitule et je m’allonge face au sol. Mon courage a disparu, je refuse d’avancer. J’enfonce mon nez dans les grains, puis mon visage entier, je vais me fondre dans le sable, m’incorporer à cette matière, devenir sable moi-même. Alors, peut-être un jour, un terrible vent me soulèvera, m’emportera loin de ce désert et je pourrai ressortir sous ma forme initiale, débarrassée de cet enfer, ma peine purgée.

Gill

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                                                   http://colombo.pagesperso-orange.fr/index.html

 

 

             D’abord, quand ils m’ont arrêtée, je n’ai pas eu peur. Je m’y attendais. Lire un livre interdit est un crime encourant un châtiment sévère, je le savais. J’avais pris le risque, je payais. Normal.  Mais je n’aurais jamais pensé .Quand la condamnation est tombée : « Peine extrême, à exécuter immédiatement », je me suis mise à trembler. Parce qu’on n’a jamais revu un seul condamné à cette peine. Tous disparus, envolés, volatilisés. La mort pour un livre ? Non !!! J’ai hurlé, me suis débattue. En vain. Une aiguille a perforé mon bras, un liquide terriblement brûlant s’est répandu dans mon corps…et puis plus rien. Le noir. Le néant.

             Je me réveille à l’instant. Cela veut dire que je ne suis pas morte. C’est déjà une bonne chose. Je me sens un peu étourdie, mais ça va. Où  suis-je ? Dieu seul le sait, et encore. Dans une sorte d’immense cuvette sableuse on dirait. Complètement plate et désertique. Pas un buisson, pas un caillou n’en vient rompre l’effrayante rectitude, et bordée d’une ceinture de montagnes noires, pas très élevées à première vue. Où suis-je donc ? Sur Terre ? J’en doute, ou alors dans un passé ou un futur très éloignés.

             Près de moi, mon vieux sac à dos de rando. Délicate attention. A  l’intérieur quelques provisions, fort appétissantes ma foi, mais tout juste suffisantes pour une journée. Pourquoi ? Ah, j’y suis ! Le salut évidemment se situe derrière les montagnes et je dois y parvenir en un seul jour. Ou deux, en me rationnant. Oh ! Finalement, la peine n’est pas bien grave, ça ressemble plutôt à un jeu, genre télé- réalité.  Bon. Mais quelle distance vais-je devoir parcourir ? Impossible à dire .Inutile par conséquent de lanterner. En route.

            Je marche depuis des heures, je ne sais pas exactement combien. Dix ? Onze ? Le soleil n’a pas bougé. Toujours aussi haut dans le ciel. Je suis épuisée et mes provisions aussi. J’ai envie de me coucher là sur le sable et de dormir, dormir…

             Mais non !!!Le salut est derrière la montagne, surtout ne pas l’oublier ! Le salut ! Quelle forme prendra-il ?  Celle d’une source, jaillissant au sein de vertes frondaisons, d’un charmant village, où me restaurer, me reposer, d’une ville peut-être où je commencerai une nouvelle vie. Courage !!

             J’avance. J’avance toujours. J’ai presque atteint le sommet de la montagne. Je souffre affreusement. Pieds et mains en sang, peau brûlée par le soleil, gorge sèche. J’ai tellement, tellement soif !! Mais ça y est ! J’atteins enfin le sommet,. Prenant appui sur les bras, utilisant mes dernières forces je me hisse et…

               Horreur ! Exactement le même paysage m’attend de l’autre côté, se répétant certainement ainsi à l’infini : une cuvette sableuse et grise couronnée de montagnes. Quant au soleil, il est toujours aussi haut.

              Alors, de lassitude et de découragement, je me laisse tomber au sol. La pente m’entraine et glissant, roulant, je finis au terme d’une course folle par atteindre le sable de la cuvette. Là je ne bouge plus et attends la mort. Avec un peu de chance, elle ne tardera plus.

              Je ferme les yeux et les rouvre aussitôt. Dans un bruit terrifiant, moitié crissement, moitié grondement, le sable s’effondre devant moi, dégageant un cratère. Une créature monstrueuse en surgit. Monstrueuse par la taille car elle fait bien cinq mètres de haut ….oui même si elle ressemble vaguement à un homme.  Sauf que huit tentacules remplacent bras et jambes. Je veux crier mais aucun son ne sort de ma gorge. A  ce moment précis le monstre ouvre une bouche d’un rouge incandescent pour me dévorer ou me sourire ou les deux à la fois. J’ai très peur. A la vitesse de l’éclair, il fonce sur moi, me saisit…et se met à me bercer en fredonnant douce

                              El Pé

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