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dimanche, 22 janvier 2012

Derrière la PORTE

consigne:

Vous êtes chez vous, « soudain, quelqu’un  frappe à la porte » : écrivez la suite (20-25mn).

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L’inconnu

La nuit est tombée rapidement, plombant d’un coup la vue, l’ouïe, et l’envie de travailler. Le balancier lancinant de la comtoise qui affiche dix heures tient une compagnie monotone. Pelotonnée dans un plaid, au fond de mon fauteuil, je feuillète un ouvrage sur les impressionnistes, m’attardant sur des tableaux maintes fois admirés. Mon chien s’est endormi sur son coussin, tandis que mon chat somnole à demi, clignant des yeux, sur la chaise basse devant la cheminée.
Soudain, quelqu’un frappe à la porte. Comme un coup de semonce dans ma quiétude. Chat hérissé. Aboiements du chien inextinguibles. Je ne bouge pas. Je suis paralysée.

On refrappe. Je ne bouge toujours pas, terrorisée.
On refrappe encore. Je me hasarde à demander : « qui est là ? ». Pas de réponse.
Je répète d’une voix affirmée : « qui est là ? ». Toujours pas de réponse.
Je me tire avec peine de mon confort et avance vers l’entrée. Mais je n’ouvre pas. Je suis seule, et mon sang est glacé. Je ne me hasarde pas à ouvrir une fenêtre ni les volets du rez-de-chaussée trop facilement accessible.
Les coups redoublent, marquant l’impatience. Je grimpe péniblement au grenier par l’échelle de meunier et passe ma tête par le fenestrou. Je ne vois rien. La lampe extérieure ne fonctionne pas. Je clame : « QUI EST LA ? » pendant que mon chien se déferre derrière la porte chargée de mystère ou peut-être de danger. Rien. Le silence. Une voiture démarre dans la rue.


La lourdeur du silence accompagnera ma nuit. Je n’entendrai même plus le rythme de la comtoise. Après avoir virevolté bruyamment dans la pièce, mon chien finira par se calmer, tandis que mon chat retrouvera son état de veille prêt de l’âtre.
Cet incident me rendra insomniaque pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, sans pourtant avoir eu d’issue heureuse ou malheureuse.

Mouty

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Je vis dans une très ancienne maison en pierre, dans une cité médiévale bien conservée et restaurée, dans le sud de la France, en pays cathare. Ma maison est adossée aux remparts et parfois j’imagine tous les êtres qui ont vécu là au fil du temps : au Moyen-âge  puis à la Renaissance, sous les rois wisigoths d’abord puis sous les rois de France après la défaite et la perte de l’âge d’or occitan.
Tant de vies éteintes aujourd’hui qui ont bâti ces villages, ces forteresses ; qui ont aimé, souffert….


Or, un soir, alors que je songe à mes prédécesseurs, on frappe à ma porte. Je vais ouvrir et je reçois le passé en pleine figure. J’ai devant moi un couple et une enfant tels qu’on les voit sur les enluminures médiévales ou sur le plafond peint du château de Capestang. Ils me demandent asile en occitan et heureusement que c’est ma langue maternelle. Je les fais entrer car ils ne semblent pas très dangereux mais plutôt en péril eux-mêmes. Ile regardent autour d’eux et sont très étonnés de ce qu’ils voient et surtout de la lumière si vive qu’elle les éblouit d’abord .Ils sont très gênés et apeurés par tout cet inconnu, si extravagant pour eux. La fillette se blottit dans les jupes de sa mère sans lâcher la main de son père, cherchant la sécurité. Et ils se mettent à me raconter dans un patois que j’ai du mal à comprendre à cause de l’accent ancien, qu’ils fuient les hordes de Simon de Montfort car ils sont cathares, bonshommes et doivent assurer la pérennité de leur foi en survivant à l’hécatombe.
Je leur propose de se restaurer et de coucher l’enfant et ils me raconteront leur histoire.


Mais ce n’est pas possible ! Que font ces ancêtres chez moi, en plein XXI° siècle ? Que vais-je faire d’eux ? Comment faire coïncider ces deux mondes si différents ? Il va falloir que je regarde le film « Les visiteurs » ! Mais je vais enfin résoudre plusieurs énigmes en les questionnant. Est-ce bien Simon de Montfort qui a brûlé le château de Puisserguier, qui a traversé notre Biterrois en semant la désolation sur son passage ? A-t-il dit « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens ?» Je tiens à portée de voix la vérité historique ! Soudain, mon chat saute sur mes genoux, je me réveille, je suis seule dans mon fauteuil.

Mimi

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« Soudain, quelqu’un frappe à la porte ». C’est par ces mots que commence le cahier que nous avons trouvé, ma sœur et moi, dans une malle inexplorée jusqu’ici, du grenier de bonne maman. Reconnaissant sur la couverture le nom de notre arrière grand-père, Jean-Marie L’……, nous continuons fébrilement notre lecture, impatients de connaître une nouvelle histoire sur nos ancêtres.


Ainsi se poursuit le récit : « Je me demande qui est ce visiteur si matinal alors que le soleil se lève à peine, et en maugréant, fatigué de mes frasques de la veille, je me lève en traînant les pieds et ouvre la porte. Surprise ! Ce n’est pas un mais deux visiteurs qui se tiennent dans l’embrasure. Tous deux sont jeunes et d’une éclatante beauté. L’un, habillé de blanc, les yeux clairs, les cheveux blonds et la barbe soyeuse a, tout autour de lui,  une sorte d’ auréole brillante et argentée. L’autre, à la beauté plus insolente,  tout de rouge vêtu, a un regard perçant, des cheveux de jais et de petites flammèches rougeoyantes sautillent autour de lui. Je me frotte les yeux, ne comprenant rien à ce que je vois, et tandis que je me souviens vaguement d’images de ciel et d’enfer datant du temps où je fréquentais le catéchisme, l’apparition immaculée me dit : « Comptes-tu continuer à mener cette vie de débauché, ne pas travailler et voler pour te nourrir ? Ou as-tu l’intention de t’assagir et de mener une vie d’honnête homme ? Car un jour, je te le dis, tu seras jugé par le seigneur. Si tu veux gagner le Paradis, je t’engage à changer de voie » Avant même que je ne puisse répondre, l’apparition flamboyante, sourire aux lèvres, prend la parole : « n’écoute donc pas cette voix trompeuse, continue ta vie de loisirs, vautre-toi dans la facilité et je te promets pour l’avenir une chaleur dont tu seras entouré pour l’éternité. » Joignant le geste  à la parole, levant le bras tendu,  il s’avance vers moi, précédé de flammèches agressives ; me poussant vers l’arrière, il me force à reculer jusqu’à mon lit, à m’allonger, pointe un doigt écarlate vers ma joue, me touche, et Aïe !, me brûle.  Une lumière vive m’éblouit et stoppe le cri que j’allais pousser. Ouvrant un œil, je m’aperçois que le soleil levant chauffe ma joue et éclaire mon visage à travers la petite fenêtre ; terrorisé par ma vision, en sueur, je promène mon regard autour de la pièce ; point de visiteurs, tout est calme et paisible. J’ai rêvé, oui, j’ai rêvé mais ce rêve ne va plus me quitter. Il me faut prendre conscience de la mauvaise pente sur laquelle je glisse et m’entraîner à abandonner mes mauvais penchants. Je vais devenir honnête pour que mes descendants soient fiers de moi. »


Sabrina et moi n’en revenons pas. Ainsi, ce riche marchand de tissus que nous avons pour ancêtre est un voleur repenti ! Quelle aventure excitante ! Et bien, il sera encore plus cher à notre cœur………………….A moins que ce lointain grand-père de notre mère soit tout simplement un bon conteur désirant laisser à la postérité quelques histoires à faire courir l’imagination de ses petits, petits, petits enfants!


Gill    

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       C’était la veille du Jour de l’An, vous pensez si je m’en souviens ! Mais commençons par le commencement.


       Yves Le Guerrec, tel est mon nom, quarante-trois ans et gardien de phare depuis toujours. Sur une petite île située à deux encablures d’Ouessant. Ne cherchez pas sur une carte, vous ne la trouverez pas ; c’est juste un gros, très gros rocher que les grandes marées recouvrent deux fois l’an. Ce qui était le cas ce soir-là, bien qu’il ne s’agissait pas à proprement parler d’une grande marée mais d’une tempête carabinée comme on en voit peu dans une vie de marin. Bref, bien à l’abri et au chaud dans la pièce occupant l’avant dernier étage du phare, une bonne bouteille de rhum près de moi, j’attendais la nouvelle année en même temps que la relève qui arriverait dans la matinée…avec un peu de chance.


  Je méditais,  tout en écoutant la radio afin de me présenter mes meilleurs vœux à minuit pile quand soudain…
    J’entendis frapper à la porte du phare, tout en bas. Cinq coups, comme ceux du destin du cher Ludwig Van. Stupéfait, mon premier mouvement, au bout de quelques longues secondes fut d’éteindre la radio, et le deuxième de me vriller l’index gauche sur la tempe (gauche) en m’écriant : « Mon pauv’ gars, tu d’viens marteau !! Si tu supportes plus la solitude, va falloir songer à te recycler, mec ! » Je me mettais à rigoler lorsque les quatre coups ont retenti à nouveau : « Pom PomPomPom ». Pas de doute cette fois, on frappait bel et bien à la porte. Qui ? Un naufragé certainement ! What else ? Je dévalai quatre à quatre les escaliers en colimaçon, et parvenu en bas, j’ouvris grand la porte du phare. A part une énorme vague qui me transforma illico en éponge, je ne vis rien. Tout d’abord. Parce qu’ensuite, en baissant les yeux…
     La belle était nue et se tenait là, flottant gracieusement sur le seuil. Sa peau d’une blancheur de porcelaine, ses longs cheveux blond très pâle illuminaient la nuit. Un visage, un corps de rêve, de la tête à la queue ! Dieu qu’elle était belle, ma sirène ! Qui me souriait, malicieusement et tendrement à la fois. Je ne cherchai pas à comprendre et tombai sur le champ éperdument amoureux.
La saisissant dans mes bras, je grimpai les escaliers plus vite encore que je ne les avais descendus jusqu’à la pièce à vivre, au sommet (heureusement que j’avais fait le ménage le matin en prévision de la relève !), déposai délicatement mon trésor sur le lit et embrassai doucement ses lèvres d’un rose affolant.
    Il y eut alors comme une sorte de sifflement accompagné d’une étrange fumée verte…et je pus aussitôt constater que ma sirène venait de troquer sa queue contre la plus ravissante paire de gambettes qu’on puisse imaginer. Devant mon air ahuri, elle éclata de rire et j’entendis pour la toute première fois le son de sa voix : « Hé oui tu vois mon chéri, l’histoire de le Petite Sirène est basée sur un fait bien réel ! Nous pouvons  nous métamorphoser en femmes grâce à l’amour d’un homme (elle eut alors un sourire appuyé) en vraies femmes, tu sais… Mais le soleil ne doit jamais au grand jamais nous surprendre sous cette forme, sinon !!! Qu’importe, nous avons le temps, n’est-ce-pas mon amour ? »
     Nous nous sommes aimés, passionnément, à la folie, des heures durant. Confiants en la durée des nuits d’hiver nous avons ensuite décidé, d’un commun accord, de nous octroyer un peu de repos dans les bras l’un de l’autre, afin de prolonger ces merveilleux instants…


     C’est un rayon de soleil traversant la lucarne qui m’a réveillé. La tempête avait cessé, laissant les vagues à leur musique habituelle. Un temps radieux et près de moi, sur l’oreiller, une tache d’écume grisâtre, parfumée au varech. Je n’osais  comprendre mais sanglotais déjà. Cherchant désespérément mon aimée dans la pièce, mes yeux se posèrent par hasard sur la bouteille de rhum. Vide. Aucun rapport bien sûr.
         Et l’on frappait à la porte, en bas. La relève venait d’arriver.


       El Pé

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jeudi, 10 novembre 2011

Nous donnons l'alarme.......

 


 Notre 1ère consigne du 7 novembre 2011

 

        Ecrivez un texte commençant par la phrase

          " nous donnons l'alarme avec des cris d'oiseaux"

        et finissant par la phrase

          " l'imaginaire fait le reste"

     ayant pour thème:                    

          "LA MALEDICTION"


 

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la malédiction selon Rina

 

 

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Nous donnons l'alarme avec des cris d'oiseaux ; concert de cris d'oiseaux ; mille volières en effervescence, affolement total ;  coups de bec, de pattes , ailes déployées , envol de plumes dans l'atmosphère  mais , est-ce bien des cris d'oiseaux  qui déchirent le silence lourd de cet après-midi d'Aout 1945 ,  été de malédiction , sécheresse intense, manque d'eau pour toute la région , humains et animaux souffrent tant et , s'ajoute à cela cet accident stupide horrible , car les cris viennent de jeunes adolescentes apprenant que la dernière de la couvée se trouve blessée gravement  dû à la malédiction de ce manque cruel d'eau ,
nectar si précieux et nécessaire à la vie de la ferme obligeant les fermiers à des déplacements d'attelages chargés de citernes pour aller la chercher, dès fois très loin cette eau ; et c'est lors d'un de ces déplacements,  au retour,  qu'est arrivé  le pire , l'irréparable, l'enfant refusant de marcher sous le soleil accablant, la mère ne voulant rien entendre, puis cédant sous le poids de la fatigue, épuisée elle même par cette longue marche sous la chaleur infernale, la petite grimpe et s'installe comme elle peut, prête à tout,  plutôt que traîner les pieds sur l'asphalte brûlante, respirant l'air suffocant lui desséchant le gosier , l'engourdissant totalement. La descente s'amorce, le virage arrive vite , trop vite et l'attelage cède sous le poids de la citerne pleine :  descente aux enfers pour l'enfant  hélas , douleur atroce, cris de ses sœurs , cris inhumains se répercutant au-delà des vallons, tétanisant tout le voisinage, puis le galvanisant dans une course folle pour porter secours , savoir ce qui arrive , essayer d'aider, de soulager,  de réconforter,  moments de colère,  douleur puis abattement total, résignation quand la perte de l'enfant est inéluctable,
famille dans la désespérance, année de sécheresse inoubliable , pour tous ces cœurs meurtris, l'imaginaire fait le reste.
 
Rina

 

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la malédiction selon MIMI

 

                                                   

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Nous donnons l’alarme avec des cris d’oiseaux. Nous les six de la bande des Invincibles. La nuit va tomber en ce beau soir d’été, nous sommes cachés dans les fourrés et nous attendons la bande ennemie : les Irréductibles.

Mais il ne faut pas qu’ils détectent notre présence car ils doivent tomber dans le piège préparé pour eux : la chute dans le souterrain du vieux château-fort en ruine.

Ainsi ils seront à notre portée, en position d’infériorité, au-dessous de nous et il n’y aura qu’à les cueillir, morts de trouille.

Pour les distraire afin qu’ils ne regardent pas où ils mettent les pieds, nous avons décidé d’imiter les cris d’oiseaux dès que nous les apercevrons au bout du sentier. Michel est placé en éclaireur et il imite parfaitement le cri de la huppe, du coucou et quelques autres volatiles.

Comme ces garnements sont des braconniers dans l’âme qui se prennent pour de fins limiers, ils vont chercher à situer l’oiseau, le nez en l’air, la truffe au vent.

« Coucou, coucou ». Voilà l’ennemi. Des fanfarons, des fiers-à-bras, des m’as-tu vu ! Nous allons leur rabattre le caquet, les humilier, ils n’oseront pas se montrer demain à l’école et raseront les murs. Il faut leur mettre une déculottée mémorable ! Ils ont entendu parler depuis leur plus jeune âge de la malédiction du château hanté et sont déjà bien conditionnés pour une belle peur bleue. Il suffit de faire quelques bruits insolites, agiter des draps blancs dans la pénombre et ils « vont faire dans leur froc », l’imagination faisant le reste.

 

MIMI

 

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la malédiction selon Gill  

                                           

 

                                                          

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                                                avril!!!!

 

 

 Nous donnons l’alarme avec des cris d’oiseaux, puis avec des hurlements stridents : « Attention, le détecteur de fumée s’est déclenché ; toi, fais sortir tout le monde, et moi je monte voir ce qui se passe. A l’étage, une odeur de brulé me saisit à la gorge et tout à coup je me souviens que ma décoction de sauge mijote depuis un temps infini. Je me précipite : par bonheur, le gaz n’est pas éteint et la casserole sans eau caramélise consciencieusement. Je peux arrêter de trembler, pas d’incendie aujourd’hui et pourtant nous sommes en Avril !

Croyez-vous qu’il puisse y avoir, dans la vie de certains, une période, un jour ou un mois particulier marqué par des évènements importants qui se répètent au fil des ans, heureux parfois mais souvent malheureux ? Moi je pense plutôt qu’il y a des coïncidences, mais quand elles se répètent vraiment fréquemment, il faut avouer que le doute s’installe progressivement.

Récapitulons : je suis née en avril, je me suis cassée la jambe, étant enfant, en avril. Mon frère est né en avril, mes parents ont divorcé en avril. Après mes études, j’ai attendu jusqu’en avril pour trouver ce poste. Je me suis mariée, devinez, en avril. Je n’ai pas eu ma promotion prévue en avril dernier et j’ai perdu mon chat, il y a deux ans, en avril. Croyez-vous que ce soit fini ? Pas du tout : mon père est mort un 29 avril et mon fils ainé a quitté la maison un 2 avril ! Beaucoup d’évènements pour un seul mois, vous ne trouvez pas ?

Les optimistes pensent : « coïncidences » ! Les pessimistes se disent : « pourquoi pas un licenciement en avril,  une maladie en avril, pourquoi pas …..une malédiction !! Et peut-être vais-je………..et l’imaginaire fait le reste.

Gill

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la malédiction selon Marie-Hélène

 

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Nous donnons l’alarme avec des cris d’oiseaux, au début, par peur de briser les tabous.

Puis nous donnons l’alarme avec des cris d’animaux de toutes sortes, du chat au tigre, du chien à l’éléphant. Et c’est pire qu’un tocsin qui secoue l’univers en son fondement, c’est l’ébranlement profond et définitif d’un monde.

Nous maudissons avec une énergie décuplée les bâtisseurs de ce monde pervers :

« Maudits soient ceux qui cherchent le profit avant l’amour !

Maudits soient ceux qui préfèrent l’argent à la paix intérieure !

Maudits soient ceux qui courent après le pouvoir et apprennent à leurs enfants à faire de même !

Maudits soient ceux qui imposent leur loi, leurs convictions et leur religion ; ceux qui prétendent détenir l’unique vérité ; ceux qui croient aimer mais en réalité utilisent ; ceux qui vivent comme s’ils étaient éternels !

Maudits soient ceux qui transforment une planète merveilleuse en un gigantesque dépotoir destiné à leur service et qui se satisfont de la misère humaine !

Maudits soient les indifférents qui préfèrent ne pas savoir, ne pas voir et ne pas comprendre !

L’apocalypse arrive, le vieux monde s’écroule enfin, laissant place à une aube d’espérance. L’imaginaire fait le reste…

Marie-Hélène

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la malédiction selon El Pé 

                  

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          Nous donnons l’alarme avec des cris d’oiseaux. Si j’ose dire et afin de me faire comprendre par les non-initiés. En vérité, le branle-bas de combat fut sifflé à bord du bâtiment

        Si vous le permettez, je voudrais effectuer un bref récapitulatif des évènements, pour ceux qui n’auraient pas bien suivi jusque là.

        Nous nous trouvions dans LA frégate de l Ecole Navale. La seule qu’elle possède à ma connaissance, je veux dire d’époque : trois mats, trois ponts, cent canons et deux cents hommes d’équipage. Ou plus exactement cent quatre vingt dix neuf, puisque moi, comme cela ne vous a pas échappé, je suis une fille. La seule, à ce jour, à être sortie de Navale  major de promo. Enseigne Caroline Surcouf- ça ne s’invente pas- Caro pour les intimes. Comme je vous le disais, nous fêtions le succès de notre promo (pas un seul recalé s’il vous plait) sur le « Formidable »- car La Pérouse, malgré sa triste fin, demeure à jamais vivant dans nos cœurs- et entreprenions, toutes voiles au vent, un super périple autour de l’Afrique. Bref, peu de temps après le départ, nous nous trouvions déjà à dix milles (nautiques) du port de Sète, le temps était radieux et, égayés sur la trinquette, le grand mat et le mat de misaine, nous entonnions, en dignes matelots et en chœur, tous les tubes du répertoire maritime lorsque soudain…et voilà, je reprends le cours du récit…

         Soudain, sans raison apparente, le ciel s’obscurcit, de lourdes nuées noires se mettent à défiler à une vitesse stupéfiante juste au dessus de nos têtes, tandis que la mer, jusque là lissée par une tramontane fraiche mais  caressante, se transforme en l’espace d’une minute en furie déchaînée, le tout accompagné par les hurlements d’un vent ayant décidé de prêter sa voix aux damnés de l’Enfer. « Apocalypse now », je me dis, ne croyant pas d’ailleurs si bien dire car…

          Dans ce décor de cauchemar apparait alors, surgissant des abysses, un brick décharné, aux voiles vraisemblablement trouées par des centaines de boulets de canons et comme pris dans le filet d’une araignée géante, invisible fort heureusement. Et comble d’horreur, des squelettes  vêtus de lambeaux d’uniformes se matérialisent soudain, agrippés dans les filins ou aux bastingages  nous fixant de leurs orbites vides, souriant en claquant des dents de façon diabolique et menaçante ; car nul n’ignore, bien sûr, le sort réservé aux malheureux de rencontre par ce funeste équipage.

     Un cri jaillit  de la poitrine de deux cents jeunes officiers de marine terrorisés : « Nous sommes foutus !!! » ; j’entends même quelques : « Maman !!! » désespérés mais qui resteront cependant anonymes.

     Seul le commandant, debout sur la dunette, belle figure de poupe en vérité, demeure impassible. Est-ce ce qui a impressionné le terrible Hollandais, ou le branle-bas de combat que des sifflets se mettent à émettre, sans en attendre l’ordre hélas ? On ne le saura jamais.  Toujours est-il qu’à l’instant même, le navire maudit disparait, comme happé par une vague monstrueuse, la dernière. La dernière en effet puisque, comme par miracle, la mer se calme, le ciel s’éclaircit tandis que les côtes du Languedoc se devinent à nouveau, là-bas, dans le lointain.

         Il n’y a pas eu de sanctions mais le commandant a consigné, dans son carnet de bord :

« Brève panique de l’équipage à neuf heures huit, engendrée par un fort grain aussi bref qu’imprévu et par la présence insolite de quelques feux de Saint Elme. L’imaginaire a fait le reste. »

                Ou pas.

 

      Dédié à ma fille, marin émérite et capitaine à la fois

                                                                                El Pé

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Nous donnons l’alarme avec des cris d’oiseaux. Les appeaux s’égosillent. La diversité des voix crée une chorale champêtre, leurre parfait pour la gent ailée. Néanmoins, celle-ci se questionne : certains trémolos paraissent bizarres en cette saison. Pas le moindre mouvement dans les branchages. Pas le moindre vol à l’horizon. Et pourtant le chant est là, enveloppant, pénétrant, enivrant.

Est-ce celui des sirènes ? Moi, le rossignol, qu’il est difficile d’égaler dans les cantates, je dois avouer être talonné par cette musique pourtant artificielle. Musique de synthèse, certainement. J’en ai l’ouïe chagrinée, puis ravagée quand le sifflement du merle vient grossir ce qui est devenu une cacophonie grossière.

Malédiction, les sirènes c’était dans la Grèce antique. Ici, elles ont cédé la place aux sorcières qui se démènent dans une rave-party assourdissante.

Tout à coup, sortent des fourrés une dizaine de garnements brandissant leurs appeaux d’un air goguenard et victorieux, radieux de leur bonne blague faite aux oiseaux. Ils ont taillé leurs instruments dans des roseaux, l’imaginaire a fait le reste.

 

Mouty