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samedi, 07 mai 2016

Cartes au hasard

Disposez deux tas de cartes sur la table, face cachée, un pour les chiffres, l’autre pour les figures. Tirer une carte au hasard dans chaque tas.

 

En 20 minutes, écrire une histoire en utilisant ces deux cartes : la première dans le paragraphe d’introduction du texte, la deuxième pour le terminer. L’action se passe dans une ville, dans un établissement public.

 

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jeu cartes mamdou.jpg

pixabay

 

Mamadou est à la Préfecture. Il a sous le bras un épais dossier, plein de papiers d’identité. Depuis un mois, il vient régulièrement dans ces bureaux pour faire renouveler sa carte de séjour. Sans cesse, on lui demande un nouveau justificatif : une fois la quittance de loyer avait plus de trois mois, l’autre fois la photocopie de sa fiche de paie n’était  pas droite, puis sa photo était trop sombre. Comment faire une photo claire quand on s’appelle Mamadou ?

Ce matin avant de partir de chez lui, il a tiré une carte dans le paquet qui traîne toujours sur l’étagère du salon : « 4 de carreau », ça peut être un bon signe a pensé Mamadou.

Il regarde les agents de la préfecture sortir de leur bureau et appeler les demandeurs comme lui. Il s’inquiète, il ne voudrait pas être reçu par la « Dame de pique », une mégère sévère et peu aimable qui a un mot désagréable pour chacun. Son tour approche : « Est-ce que ça va marcher aujourd’hui ? » se demande-t-il. Ouf, la dame de pique appelle la personne qui attendait juste avant lui.

Un moment après, Mamadou sort de la préfecture, l’air léger, mais sachant que dans un an il devra recommencer ce cirque.

Claudie

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pixabay

 

La dame de cœur

« Deux de carreau ! » La carte était tombée avec force sur le tapis vert, annoncée d’une voix tonitruante par un homme au regard vitreux, à la trogne avinée et à la chevelure hirsute, ni coupée ni lavée depuis un certain temps apparemment. Cet homme des bois ou de l’errance était entré dans le bistrot en titubant, s’imposant à une table de trois individus qui semblaient en attendre un quatrième. Il tombait donc à pic, mais comme une pierre dans la mare. Les esprits étaient déjà échauffés dans une atmosphère enfumée et douçâtre de transpiration non contenue. Les odeurs de café et de pastis se mélangeaient à celles du vin et de la bière, sous la lumière grise de l’hiver, filtrée par des vitres douteuses où des générations de mouches avaient laissé leurs traces.

Soudain, la porte s’ouvrit sur une femme frigorifiée, emmitouflée dans un gros manteau de laine qu’elle déboutonna immédiatement pour supporter la chaleur ambiante. Cette femme, en atteignant l’éclairage central, se révéla d’une beauté surprenante : une sirène venue égayer la compagnie.

« Atout cœur » annonça l’un des joueurs de cartes.

« Je monte : dame de cœur » ! rétorqua son voisin en regardant la belle étrangère à l’allure d’Alice au pays des merveilles.

Mouty

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dimanche, 22 septembre 2013

les trois thèmes

 

   Pour cette consigne, trois thèmes proposés par Gill

-  La fête battait son plein, quand soudain….

-  j’étais devant la porte, je m’apprêtais à signaler ma présence, quand soudain….

-  l’endroit était magnifique, le guide très érudit, les visiteurs attentifs, quand soudain….


choisissez un thème et écrivez la suite, en 20Mn

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freepik



          Je les connaissais à peine. Nous nous étions rencontrés au cours d’une de ces soirées où d’ordinaire rien ne se passe et à l’issue de laquelle l’on se dit : « Plus jamais, on ne m’y reprendra, plus jamais ! » mais dans laquelle l’on se retrouve plongé la semaine suivante sans savoir ni pourquoi ni comment. Un verre à la main et cherchant désespérément du regard un visage si ce n’est amical du moins avenant…

       Bref, c’est ainsi que je l’avais rencontré, ce jeune couple fort sympathique bien qu’anglais (mais non Madame, on rigole !). Nous avions échangé les banalités en usage Outre Manche sur le temps, l’horticulture et les mérites comparés du Scrabble et des fléchettes, comme il se doit. Mais ces deux jeunes gens avaient tant et si bien pimenté la conversation d’humour so british que je ne pus m’empêcher de leur confier tout le bien que je pensais d’eux. Illico, ils m’invitèrent à venir partager leur thé chez eux, le lendemain. J’acceptai avec joie.

       A cinq heures tapantes le lendemain je franchissais la grille d’un jardin aux allures de parc, admirant tout au long de l’allée qui menait au perron l’ordonnancement sauvage de ce paradis de verdure. M’apprêtant à gravir les quelques marches menant à la porte d’entrée  je perçus soudain un grognement sourd, profond, pour tout dire effrayant.

      Me retournant brusquement, je vis, sortant de sa niche, un molosse noir, approximativement de la taille d’un âne. Ses yeux rouges me fixaient avec une certaine gourmandise tandis que ses babines, en se retroussant lentement, laissaient apparaitre deux rangées de crocs acérés, mais d’une blancheur éblouissante toutefois.

     Bien entendu tout le monde sait que dans ce cas il ne faut surtout, SURTOUT pas montrer que l’on a peur. La mienne fut à l’évidence tellement perceptible que le chien se mit à aboyer furieusement en avançant de quelques pas…et c’est ainsi que je m’aperçus qu’il n’était pas attaché !! Décidemment, mes nouveaux amis bien qu’anglais poussaient un peu loin à mon avis l’amour des animaux ! N’espérant plus de salut que dans leur immédiate intervention, je voulus saisir le cordon de la sonnette…je n’en eus pas le temps.

      Devinant mes intentions, en deux bonds le molosse fut sur moi. Dans un élan remarquable, il lança ses pattes avant sur mes épaules puis entreprit de me laver la figure à grands coups de langue bien humide pendant qu’un gémissement de bonheur s’échappait de sa gorge.

       Avec un certain soulagement je compris alors…que j’avais à faire à un grand fou sentimental.

                                                                                                                        El Pé

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maison gill.jpg

freepik

 

 

Cruel dilemme

J’étais devant la porte, au bout du monde ou presque. J’arrivais au terme du voyage, au terme de ces milliers de kilomètres parcourus et j’avais à portée de main ce que j’avais toujours désiré posséder. Il ne me suffisait plus qu’à tirer sur la chaînette du carillon métallique qui pendait à côté de la porte et j’allais le voir, là, devant moi, quand soudain ma main, qui s’élevait, prête à signaler ma présence, resta en suspens, semblant s’interroger.

Tout un flot de souvenirs me submergea : la rencontre, si jeunes, si insouciants, si amoureux l’un de l’autre ; les moments merveilleux passés à construire un futur idéal puis son départ pour l’aventure, mon refus de le suivre, ma carrière avant tout ; mon désespoir ; puis sa notoriété grandissante, ses reportages, ses écrits primés. J’avais suivi sa vie dans la presse, avidement, tout en suivant la mienne, sérieusement mais sans passion.

Il restait seul, je le savais, et moi aussi, inexorablement ; Alors, après tant d’années passées à le rêver, un jour je me suis décidée à quitter ma vie bien réglée pour partir le retrouver. Je savais d’instinct qu’il espérait ma venue. J’ai préparé ce voyage avec l’énergie du désespoir, sachant que je jouais là ma dernière carte et que ce devait être la carte gagnante.

Et là, maintenant, je n’ose plus me manifester, je doute. S’il ne me reconnaissait pas, s’il ne m’aimait plus, s’il avait une compagne ! Je suis paralysée, et puis je me lance, je sonne deux fois, trois fois. Rien. Personne ne répond. Etonnamment j’en suis soulagée, c’est le destin qui se manifeste. Il est absent. Nous n’étions pas faits pour vivre ensemble.

Alors je m’éloigne, d’un pas léger et le cœur lourd à la fois, quand j’entends, derrière moi, une porte qui s’ouvre. Que vais-je faire, me sauver ou me retourner ?

Gill

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freepik

 

 

Monte Oliveto Maggiore

 

Le monastère respirait calmement dans un environnement serein où seuls les chants d’oiseaux transgressaient la loi du silence. Nous avions décidé de suivre un chemin creux dont le panneau indicateur mentionnait « Monastère de Monte Oliveto Maggiore » blotti dans un vallon d’un petit coin de Toscane. La verdure tapissait le paysage. Débouchant sur une clairière, nous fûmes frappés de stupeur devant une abbaye médiévale tapie au milieu d’arbres centenaires et d’aubépines parfumées. Nature et patrimoine y étaient harmonieusement enlacés. Nous avions l’impression d’être attendus dans ce lieu de recueillement. Un moine, chargé de conduire les visiteurs, nous accueillit avec une bonhommie inattendue. Il nous souhaita la bienvenue dans un français approximatif navigant souvent sur des crêtes italiennes. L’endroit étaitmagnifique, le guide très érudit, les visiteurs attentifs, quand soudain la torpeur ambiante fut bousculée par un coup de tonnerre qui retentit alentour, répercuté par les coteaux environnants. La pluie ne tarda pas et le chemin creux se transforma en torrent. Heureusement l’hospitalité des lieux nous fut salutaire et nous attendîmes la fin de la bourrasque autour d’un café chaud et bienfaisant.

 

Mouty

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