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lundi, 18 juillet 2016

le "I" à l'honneur

En 20 minutes, sur un sujet libre, écrire un texte comportant un maximum de mots commençant par la lettre i

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Imperia-Parasio-DSCF1129

wikimédia

 

Ils me bottent

   S’Il y a un pays qui pourrait être imaginaire, autant qu’Il demeure idéal, c’est bien l’Italie. L’accent y est irrésistible, les garçons aussi. Quant à leurs intentions

     Il y a de cela très, très longtemps, dans une lointaine galaxie appelée insouciance, deux jeunes blondes, à savoir une amie et moi, entreprirent un itinéraire ferroviaire à travers l’Italie. Assez court cependant puisqu’il devait (pour des raisons qu’il serait inopportun de relater ici) impérativement s’arrêter à Imperia, petite ville proche de San Remo.

   A peine introduites dans le hall de la gare, nous nous sommes retrouvées immergées sous un flot musical de « Ola, belle ragazze !! » qui nous installa illico dans l’ambiance. Divine, je vous promets.

   Que vous dire de plus, si ce n’est que nous vécûmes dès lors des heures impériales durant lesquelles le rêve se mêla intimement à la réalité. En effet, nos chevaliers servants (toujours au moins deux chacune), s’illustrèrent par leur irrépressible désir…à nous faire découvrir les merveilles de leur cité, dont peu, grâce à eux, nous sont désormais inconnues.

   Néanmoins, dûment instruites avant le départ par nos prévoyantes grands-mères, nous avons fait mine d’ignorer tout sous-entendu et, n’ayant accordé nulle faveur à quiconque,  sommes restées sages comme des images.

     Mais j’avoue que ce souvenir m’inspire aujourd’hui quelque regret.

 

   El Pé

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Character of the Venice carnival J2

wikimédia

 

Il irait en Italie au carnaval de Venise. Il imaginait les italiens insouciants sur leur îlot.

Dès son arrivée, il s’installa dans un hôtel au bord du Grand Canal. Il admira les vieux immeubles illuminés par le soleil couchant. Que d’illustres personnages l’avaient précédé en ces lieux.

Immédiatement, la fête s’initia sous ses yeux. Des jeunes gens impétueux portaient des tenues insolites, ils s’ingéniaient à montrer leur tenue où se mélangeaient les couleurs de lindigo à l’incarnat.

Quel spectacle irréel ! Des lumières insolentes irisaient l’eau de la lagune.

Les ingénieux Vénitiens en isolant leur cité avaient eu une idée incomparable.

Claudie

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Sergey Solomko 010

wikimédia

 

Icare avait imaginé l’inimaginable, ignorant et inconscient d’incidents inouïs. Inuits et autres indigènes trouvaient çà incroyable. Initialement insoupçonnable, cette idée de traverser l’immensité du ciel irritait les incroyants mais titillait le cerveau des autres, avides d’expériences impossibles.

L’itinéraire incommensurable choisi par Icare invitait au rêve.

Hi hi hi, les détracteurs se pliaient de rire.

En ce temps-là, l’Isère irriguait l’intégralité des Alpilles. Des intrépides escaladaient des à-pics impossibles pour observer l’impensable exploit d’Icare. Peine perdue, ils finirent gros-jean comme devant. Comme cet innocent d’Icare.

 

Mouty

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pixabay

 

- « Idiot, ignare, imbécile, illettré, incapable ! » 

Irène n’arrêtait pas d’apostropher Isidore qui, présentant un caractère instable, n’allait pas tarder à s’irriter si elle ne cessait pas immédiatement de vociférer. Impulsivement, prêt à s’indigner, il avait envie de laisser éclater l’ire qui commençait à lui gonfler la poitrine, mais il n’en fit rien. Intelligemment, il prit les choses avec gaité, et avec un brio inouï, déclama :

- « Ma tendre Irène, tu es mon ibérique au sang chaud, mon impétueuse dulcinée, mon illustre épouse, mon icône, mon idéal féminin. Ton imposante présence s’immisce en moi jusqu’au plus profond de l’âme. Ton caractère imprévisible m’enchante. En fait, tu es mon idole. »

Irène, rendue muette par cette déclaration inattendue, fut alors prise d’une irrépressible envie de rire et l’ivresse du bonheur retrouvé succéda alors à l’incompréhensible querelle ponctuée d’inimaginables injures et autres invectives. Ce fut alors un immense et intense moment d’innocente sérénité à deux.

Gill

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dimanche, 08 novembre 2015

Explorons les continents

Après avoir trouvé  des mots contenant le son kar (c, k, q) et les avoir mis en commun, on en tire 7 au sort.

 

                            Chacun choisit un continent et le donne  à son voisin.

En 20 minutes, écrire un texte faisant référence au continent reçu

en employant les sept mots tirés au sort.

 

                                            Autocar / karting / incartade

Carnaval / carambolage / quartier / quarteron

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pakistan-.jpg

pixabay

 

VOYAGE EN ASIE

L’autocar cahote sur une horrible route du Pakistan, malmenant mon dos comme une partie de karting. Mes côtes s’entrechoquent et mon cerveau se délite. Une chèvre, sortie d’on ne sait d’où, traverse la piste qui fait suite, nous indiquant la fin d’une région civilisée pour un inconnu angoissant. Incartadedu véhicule dont les roues patinent dans des ornières monumentales. Impossible de se tirer de ce mauvais pas sans que les passagers en descendent pour pousser comme des forcenés.

Des êtres habillés de façon étrange - serait-ce un carnaval ? - issus également de nulle part, viennent prêter main forte. Dans cette zone désertique où les dunes succèdent aux roches cette aide inopinée est appréciée par les voyageurs qui produisent alors une avalanche de remerciements et se fendent de quelques pourboires. A quelques encablures une caravane attend patiemment ses gens qui se remettent en route après avoir enfourché leurs montures de la hauteur d’un étage. Les caravaniers reprennent leur chemin tandis que les chameaux toisent bêtement l’autocar et ses passagers. Moment d’inattention produisant un carambolagecomique. Un vent de panique s’en suit, affolant les gros quadrupèdes. L’un d’eux est pris de folie furieuse. Impossible de le calmer. Un quarteron de bonshommes n’en vient pas à bout. Le chameau belligérant est abattu sur le champ. Pas de quartier pour une monture aussi dangereuse, elle ira dans les marmites et sur les braseros.

Le tourisme en Asie, en particulier au Pakistan, n’est pas une sinécure.

 

Mouty

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pixabay

 

En Asie,

Les Kartings tournaient à toute vitesse sur le petit circuit de ce quartier éloigné du centre de Delhi.

Zazie avait choisi de faire ce voyage en Asie pour se dépayser. Elle parcourait ce continent en autocar. Elle aimait à découvrir des lieux insolites.

Ce circuit de kartings réservé aux enfants de la bonne société en était un. Les carambolages y étaient fréquents et sans conséquence. Ils soulevaient seulement un nuage de poussière, rappelant qu’une seule incartade aux règles de conduite provoquait une sortie de piste ou une collision. Mais le quarteron de tête voulait garder son avance et continuait à engranger les tours sans ralentir, en évitant les étourdis et tout autre obstacle.

Zazie délaissa ce spectacle. Elle s’impatientait. Dans la soirée, elle était invitée au carnaval du sari. On lui avait promis un chatoiement de couleurs. Elle y trouverait une Inde plus authentique. Ce circuit lui rappelait trop la vie parisienne, ses bruits et ses compétitions.

Claudie

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Voyage de rêve ou cauchemar

Mon excitation est à son comble ! Moi qui joue souvent mais ne gagne jamais rien, cette fois-ci, j’ai gagné. Est-ce un tour de karting ? Mais non. Ou mieux un voyage en autocar pour aller au carnaval de Venise ? Pas plus. J’ai gagné un week end prolongé en Australie, et moi qui ne quitte pas souvent mon quartier,je suis prête à partir, le taxi m’attend. En route pour Roissy.  

Arrivée sans encombre, je prends ma place dans la file d’attente pour faire enregistrer mon bagage, et au bout de quelques minutes, tendant mon billet à l’hôtesse, j’entends retentir une voix dans les haut-parleurs : « En raison d’une grève surprise des personnels navigants, les vols à destination de l’Océanie sont momentanément suspendus. Les passagers en attente de départ sont priés de patienter. Nous sommes désolés de ce contretemps et vous prions de bien vouloir nous en excuser »

Bon, il ne manquait plus que cela. Pour un quarteron de pilotes en grève, je risque de perdre mon cadeau. Enfin, puisqu’il faut patienter, patientons en feuilletant ce dépliant particulièrement alléchant. Pas d’incartade possible dans le déroulement du voyage, mais que de promesses : Melbourne avec sa tour Euréka et  « The Edge » ,ce cube de verre qui s’en détache et vous donne l’impression d’être  dans le vide ; pour moi qui suis sujette au vertige, c’est à la fois tentant et effrayant ; Sydney avec son opéra et son célèbre pont et Canberra et ses parcs nationaux  donnant l’impression d’être à des milliers de kilomètres de la civilisation. Je me vois déjà au milieu des wallabis et des cacatoès quand les haut-parleurs me font revenir à la réalité : « Mesdames, messieurs, votre attention s’il vous plaît. En raison d’un accord impossible entre la Direction et les personnels navigants avant le week end, les négociations sont reportées à lundi. En conséquence, nous sommes désolés de vous informer que tous les vols pour l’Australie sont annulés jusqu’au début de la semaine prochaine. »

J’en étais sûre, c’était trop beau et ne pouvait pas se réaliser ! J’en pleurerais de rage et de dépit !

Les larmes aux yeux, je me prépare à repartir quand la radio d’un passager voisin diffuse ce message : « en raison d’un important carambolage entre Roissy et Paris, un bouchon de plusieurs kilomètres rend la circulation très difficile aux abords de la capitale. Il est conseillé aux usagers d’éviter de prendre la route dans cette direction. »

Alors, épuisée par les évènements, je m’affale sur un siège. J’aurais mieux fait de ne pas gagner, j’aurais évité une cruelle désillusion.

Gill

 

 


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jeudi, 07 février 2013

Imaginez la suite

 

 

 Vous êtes dans la situation suivante:

« Ma valise est fermée. Je suis prête à partir, quand….. »

 En 20-25 minutes, imaginer la suite.

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Ma valise après des tribulations de plus d’un demi-siècle. Nous avons bourlingué ensemble…Elle a perdu son brillant… Sa dernière fonction fut « Caisse à outils ». Maintenant elle attend dans mon grenier…Mnq

valise.JPG

 


MA VALISE

Le tic-tac de mon réveil scande mon insomnie. Je me demande s’il aura encore la force de sonner à l’heure. Quelques respirations adéquates à la relaxation restent inopérantes. Cet automne de la fin des années cinquante est pluvieux et triste. Je vais quitter le bercail familial : j’attends ma feuille de route qui me précisera mon affectation dans un département de l’Est de la France.

Ma valise est fermée. Cadenassée devrais-je dire. Elle est en bois. Fabriquée artisanalement par mon oncle pour son séjour dit « de pacification » en Algérie, elle n’avait dormi que six mois au grenier avant de reprendre du service. J’y avais entassé des livres, mon dictionnaire et quelques fringues qui étaient loin de remplir les armoires à l’époque. Cette valise avait un avantage : elle était pour moi un accompagnement familial. Mais aussi un inconvénient : son poids qui me cassait le dos. Elle pesait un âne mort disait-on chez moi. Et les roulettes n’avaient pas encore été adaptées à ce genre de bagage.

Bref, elle est là, prête à partir pour des tribulations insoupçonnées. Elle arbore avec fierté une carapace passée au brou de noix et à l’encaustique. Elle semble me dire : « Alors, tu viens ? »

Je suis prête à partir aussi, vers un monde nouveau que je ne connais pas. Ce n’est pas une exploration,  mais presqu’une aventure.

Chaque jour qui passe sans l’arrêt du facteur devant ma boîte à lettres appesantit un peu plus l’inquiétude sur mes épaules. Mes nuits ne connaissent plus un brin de sérénité. Pourtant, je suis ravie de larguer les amarres. Je refais de mémoire l’inventaire du contenu de ma valise et ressasse des extraits de mes bouquins. Au dernier moment, il faudra que j’ajoute dans ce fourre-tout : ma trousse, mon cahier sur lequel je tiens mon journal, mon réveil, quelques objets de toilette préparés sur un bord d’étagère, une paire de chaussures et mes mules.

Après quelques jours d’attente devenue insupportable, un télégramme ! Mon affectation ! Et mon départ précipité : c’est pour demain. A genoux sur ma valise, je la cadenasse pour la dernière fois et Adieu mon enfance !

 Mouty

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Carnival in Rio de Janeiro

wikimédia

 

 

 

Ouf , ça y est , elle est fermée cette satanée valise ; bouclée , je la soulève , la repose, tire sur la tige et la fais rouler ; je peux partir , mon sac à dos avec mon billet , mes papiers et mon petit dictionnaire , je n'ai plus qu'à attendre le taxi qui m'amènera à l'aéroport , et , à moi une semaine sous le chaud soleil  de RIO , j'ai pensé que ce moment n'arriverait plus depuis le temps que je me prépare , quitter l'hiver avec sa grisaille , le Brésil c'est la première fois que je vais découvrir ce pays , on dit que les gens qui y vivent sont si gais et aiment la danse à la folie ; c'est vrai que déjà le climat chaud se prête à la joie et  la bonne humeur ; je vais voir un peu de ce fameux carnaval , si réputé , mais sûrement très bruyant  avec la déambulation des chars minutieusement fleuris et  parés de couleurs chaudes et multicolores , animés et accompagnés de toutes sortes d'écoles de Samba , qui se disputent le meilleur prix pour la danse ; la cohue qui se bouscule , faisant avancer tout ce monde qui se déhanche sur place , aux sons mélangés de toutes sortes d'instruments  dans les rues bondées , me donne le frisson et j'appréhende un peu, mais  je suivrai le mouvement me dis-je , peut-être que je regarderai du balcon de ma chambre tout simplement , ce sera plus sage ; je me vois déjà flânant sur les si belles promenades, le long des plages ; j'en ai eu un petit aperçu par les photos sur internet , je vais ouvrir grands, yeux et oreilles car le Portugais, langue parlée ne m'est pas familière et je la maitrise mal , il va me falloir jongler avec mon petit dico précieux , pour me faire comprendre ; j'y suis déjà , mais un coup de sonnette strident me tire de mon rêve , le taxi , vite , il sera toujours possible de revoir les quelques phrases usuelles qui vont me permettre  d'échanger avec les habitants là-bas , durant le voyage dans l'avion ; pour le moment je quitte la maison !!!! Tout à ma joie et follement excitée !!!!!!!!,
          

Rina

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CamOp 03wikimédia

 

 

Le déchirement

Ma valise est fermée, devant la porte. Je suis prête à partir, quand dans ma tête se met à défiler tout ce que j’ai vécu ici. Prête à partir, le suis-je vraiment ? Obligée de partir, plutôt.

Je suis née ici, dans cette grande maison.  J’y ai vécu toute ma vie, dans ce cadre idyllique de nature sauvage, parmi les animaux de la réserve, avec mes parents qui y sont enterrés puis avec l’amour de ma vie. Je n’ai pas eu d’enfant, mais le travail, les recherches, les soins m’ont accaparée pendant toutes ces années, sans laisser de place à autre chose. J’ai été à la fois la femme de mon mari, sa collaboratrice, sa confidente, son assistante, sa secrétaire. Tout à nos travaux, nous n’avons pas eu conscience de la rébellion qui s’organisait dans le pays, nous avons vécu ici comme dans un cocon, imperméable au monde extérieur qui changeait.

Et puis tout s’est enchaîné très rapidement ; il y a eu cette avancée des rebelles, puis ces attentats pas très loin, puis cet attentat ultime où il a perdu la vie. Tout s’est écroulé alors, au chagrin s’est ajouté l’impossibilité de rester ici ; trop dangereux. Nos fidèles indigènes sont partis, s’éparpillant dans la nature, pour échapper aux représailles certaines. Quant à moi, je me suis promis de quitter aussi ce qui avait été ce havre de paix, et me voilà au seuil de ce départ.

Une dernière fois, je fais le tour de la maison, je parcours  les chambres, la vaste véranda, le salon, tous chargés de souvenirs heureux, puis je me retrouve désemparée devant la porte. Je ne puis me résoudre à abandonner tout cela ; pour aller où, pour retrouver qui ? Tout ce que j’avais, tout ce qui me reste est ici. Alors, mon regard se pose sur un bidon d’essence resté dan un coin ; ma décision est prise très vite,  tout naturellement. Calmement,  tout à fait consciente de ce que je vais faire, je l’ouvre, puis sort une allumette et la craque…

   -« Bon, là, zoom avant sur la main de Claire, zoom, zoom  jusqu’à ce qu’elle lâche l’allumette. Parfait, COUPEZ ! Fabuleux, Claire, tu as été sublime avec cette expression de désespoir palpable confinant à la folie. Une seule prise suffira. Il ne reste plus qu’à incorporer les flashbacks dans cette scène  et le film est terminé. Je sens que ce sera un triomphe, mes enfants ! Le César de la meilleure actrice au moins ! »

Gill

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jeudi, 05 avril 2012

La désinvolture (2)

                  le désinvolte va maintenant nous décrire son contraire,

                                         le rigoureux, le tatillon

                                                      (25mn)

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tatillon gisele.gif

VracImages

 

 

Dans la fratrie nous sommes assez libres, tolérants et désinvoltes dans l’ensemble, sauf une de nous,  la deuxième de la couvée. Qu'est-ce qu'elle m'agace et souvent me tape sur les nerfs sans le savoir, une  vraie casse pieds avec son caractère rigide, voulant tout imposer à son entourage, faire toujours à son goût jusqu'à oublier que nous avons aussi un avis et qu'il peut valoir le sien;  par exemple une recette : impossible de changer les ingrédients cités , suivre exactement ce qui est demandé, s'il manque une chose on ne peut rien mettre d'autre sans s'attirer les foudres de sa colère qui peut être violente; il m'est arrivé d'essuyer une de ses colère,  ayant  par malice passé  outre sa décision et qu'elle s'en aperçoive trop tard, cela m'a fait passer l'envie de recommencer, croyez-moi ; dans une discussion, pour un choix de lieu, fêter un évènement, elle ne laisse rien passer, toujours mettre son grain de sel, prouvant qu’elle a raison ; et on doit accepter qu’elle ait le dernier mot, prenant sur nous même si cela crée des tensions et des protestations en essayant de la faire changer d'avis, lui suggérer d'écouter les autres qui ont des idées aussi valables,  qu'elle doit assouplir son point de vue, accepter d'autres choix que le sien , mais non , elle finit toujours par l'emporter, amener tout son petit monde à se rallier à ses  idées qui, dit-elle, sont les meilleures ; cela me fait bouillir intérieurement et bien souvent j'ai des envies folles de lui jeter ma colère à la figure en lui disant que c'est insupportable à la fin, mais je n'en fais rien, je préfère lui laisser croire que ça me plait qu'elle prenne les choses en main. Le rôle de chef  responsable, ça lui va si bien, et finalement jusqu'à présent, ses choix judicieux ont toujours été censés et obtenus un grand succès, alors réjouissons-nous d'avoir cette décideuse rigoureuse qui permet d'alléger le quotidien de toute la famille parce qu’elle l'aime cette famille et lui montre à sa façon. 

 

                       Rina   

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                            toutimages 

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MON TATILLON DE CHEF


Mon chef ? Un bâton d’maréchal !

Un type sur tout à cheval !

Un vrai carnaval !

Son premier regard

Te donne des cauchemars.

Tu en oublies son semblant d’élégance.

Si tu ignores de quel côté il balance

Tu ne vas pas tarder à le savoir…

Si tu es en retard,

Aucune excuse

Ni alibi ne l’abuse,

Tu es faîte comme un rat,

Tu passes de vie à trépas.

Même pas,

C’est le purgatoire

Qui t’attend.

Pas de sens giratoire,

Direct, il te pourfend.

Tes calculs ne sont pas justes ?

Qu’importe pour toi,

Pas pour lui. Il t’assomme.

C’est ringard ?

Tu te retrouves au placard.

Guindé comme un majordome,

Il t’envoie vers le mitard.

Ton jean moulant dévoile un brin de fesse,

Il reste froid. Pas de caresse

Mais un aboiement tonitruant :

« Allez-donc à la confesse ! »

Le soir, quand tu passes la porte

Dans la cohorte,

Il te rattrape par un pan :

« Votre travail vous attend ! »

Et ton seul échappatoire,

C’est notoire,

Est ta démission sur le champ.                             Mouty

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 toutimages

 

 

J’ai toujours beaucoup aimé mon beau-frère, Sylvain. Quand il a épousé ma sœur, la moins fofolle de toute la famille, j’étais encore un jeune garçon et le calme qu’il dégageait, l’autorité naturelle qui émanait de lui me ravissait en me donnant une impression de sécurité. Il pensait toujours aux conséquences de ses actes et j’admirais son grand sens des responsabilités.

Plusieurs années après, ayant atteint depuis longtemps l’âge adulte, toutes ces qualités m’agacent car son caractère, au lieu de s’assouplir, est devenu de plus en plus rigide, voire intolérant.

Derrière lui en voiture, vous piafferez d’impatience, obligé de suivre son 45 à l’heure plutôt que son 50 un quart. A table, c’est tout juste si ses enfants auront le droit de parler car on laisse les adultes discuter sans les interrompre. Lors des repas de fêtes, interminables, pas question pour eux de quitter la table alors que nous-mêmes avons du mal à résister. A 20 heures, tout le monde dans sa chambre, extinction des feux sans aucune dérogation possible, et interdiction de télévision en semaine. Quant aux tenues vestimentaires de la famille, je n’en parle même pas : sobres à son avis, austères et veillottes au mien ; aucune fioriture nulle part, de l’élégant, du convenable.

Certes, on peut dire que sa famille est un modèle d’obéissance et de politesse, que sa maison où rien ne dépasse est prête à recevoir des visites  à toute heure, qu’il est un conducteur responsable, bref, qu’il est tout le contraire du désinvolte. Mais où est le petit brin de fantaisie qui fait aimer la vie ?

       Gill

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             Un joli après-midi de printemps, dans une station balnéaire du littoral languedocien. Deux jeunes femmes, attablées à la terrasse d’un café, face à la mer sirotent à petites gorgées leurs thés citron brûlants. Elles sont à l’évidence en grande discussion. C’est très vilain, je sais, mais je ne peux m’empêcher de tendre une oreille indiscrète.

« - Alors manine, tu as fini par fixer une date, pour le mariage ?

- Bof ! Romu me tanne à longueur de temps mais moi je ne suis pas décidée ; je réfléchis…

- Ah bon ? Pourtant vous semblez bien vous entendre, tous les deux ! Et surtout, il est aux petits soins pour toi, Romuald, tu ne peux pas dire le contraire !

- Trop !! Et à sa manière ; ça m’énerve, tu ne peux pas savoir ! Tiens par exemple, avant que je sorte, il me pose toujours un gilet sur les épaules « Il va faire frais Minou, tu n’es pas prudente ! » ou bien il arrange ma coiffure « Aïe ! Aïe ! Aïe ! Ces cheveux toujours dans les yeux ! ». Et je ne te raconte pas dans la journée !

-  Si si, raconte

- Les choses doivent rester à leur place, principe numéro un, et moi, tu me connais, je suis un peu

- Bordélique

- Désordonnée. Et bien faut le voir courir derrière moi pour ranger les chaussures dont je viens de me débarrasser sur la moquette du salon en entrant. Ou remettre dans leurs pochettes les CD et les DVD juste avant d’aller au lit le soir. Comme si ça ne pouvait pas attendre le lendemain…

- Ah oui pôvre, ça ne doit pas être rigolo tous les jours ! Et au lit justement, comment il est ?

- Régulier peuchère, je ne peux mieux te dire. Tous les mardis et samedis soirs que le Bon Dieu fait… et pas une once de fantaisie, en plus. On dirait qu’il suit une procédure, tu vois le genre…

- Oh la !! Et toi si… !

- Comme tu dis. Alors tu comprends, j’ai plutôt envie de changer d’air, ces temps-ci, d’autant que le beau Serge me tourne autour depuis un moment…

- Le joueur de rugby ?

- Lui-même. Ah ! Ce serait autre chose la vie avec lui !

- Pour sûr ! Mais tu ne crains pas qu’il soit un peu…volage, comparé à Romuald, lui si sérieux, si fidèle !

- Tant pis. Je n’en peux plus. Tiens, je ne t’ai pas encore dis la meilleure ! Tu ne sais pas quoi ? Il passe une lingette désinfectante sur la lunette chaque fois que l’on utilise les WC ! Qu’est-ce que tu dis de ça ?

- J’en reste sans voix. C’est un vrai maniaque, ce type !

- N’est-ce-pas ? Alors tu comprends, le mariage… »

      Sur ce, les deux jeunes personnes se lèvent et se dirige d’une démarche balancée et nonchalante vers la plage. Deux brunettes, bien du Midi.

          Quant à moi, je me demande la tête que va faire le fameux Romu avec ce qui ne va pas tarder à lui pendre au front. Mais il est vrai que dans une région fervente de tauromachie…

 

                      El Pé

                                                    

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