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mercredi, 02 novembre 2016

Un thème libre, pas de verbes

En un quart d’heure, écrire un petit

texte SANS VERBE

sur un thème libre

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accident 2.jpg

pixabay

 

La mauvaise humeur, le mal de tête, la gueule de bois, l'envie de dispute. Un mot maladroit, une réplique agressive…habillage à la hâte, claquement de porte, puis le départ... sans un mot.

Vrombissement de moteur, crissement de pneus, démarrage en trombe. La vitesse? excessive! l'attention? relâchée! la chaussée? mouillée! Tout à coup un obstacle au milieu de la route, l’affolement, le coup de frein brutal, et en une fraction de seconde le tête à queue, la sortie de route, les tonneaux, le fracas de tôle puis la douleur, aiguë, terrible, sans fin, puis la peur intense. Enfin l’inconscience bienfaisante. Les blessures? graves. Au loin les sirènes, bientôt le Samu, la mort peut-être au bout du chemin.

Elle au pied du lit, submergée de désespoir et puis l’attente.

La colère, une mauvaise conseillère !

Gill

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hiver line.jpg

pixabay

 

Hiver, te voilà dans ma ville et la campagne environnante. Aujourd’hui pluie sur les trottoirs, éclairs dans le ciel noir, tonnerre dans la tête. Demain, d’après les vespérales météos nationale et régionale, tapis blanc de neige dans la rue. Tapis blanc le matin, boueux l’après-midi. Flicflac, bruit des gros souliers, glissades des fins mocassins des dames élagantes. Printemps, à l’aide, été, au secours, au loin la froidure, le gel, à moi le soleil, la chaleur, les cieux bleus, la verte nature, la mer joyeuse.

Line

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dimanche, 15 mai 2016

Souvenirs d'une nuit insolite

Faire une liste de lits ou de lieux insolites où l’on a dormi.

Chacun fait choisir par son voisin un lieu de sa liste.

 

En 20 minutes, décrire le lieu choisi en insistant sur l’environnement, l’odeur, etc. Evoquer les sensations et les sentiments ressentis.

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maison mouty.jpg

pixabay

 

CAMPING SUR PLANCHER

 

Voyage scolaire à la montagne : deux jours. La nuit est tombée. La grande maison bourgeoise qui nous héberge se découpe à peine sur fond de ciel sombre brassé par les nuages, accordant avec peine des rais de lune blafarde. La tramontane rugit entre les branches d’arbres : les hauts de Hurlevent. Nos piles éclairent à peine les marches du perron, le corridor noir, large et froid, ainsi que les grandes pièces vides où nous nous engouffrons après un passage obligé aux toilettes. Nous nous alignons le long des murs, enroulées dans une maigre couverture qui n’adoucit nullement la dureté du parquet. Le sac à dos sert d’oreiller.

L’accompagnatrice revêche fait le tour des lieux, ordonne l’extinction des feux, c'est-à-dire de nos lampes de poche au rayonnement ridicule, mais bienfaisant cependant quand la lampe cachée sous la couverture nous tient compagnie dans le silence de la nuit qui s’emplit alors de craquements de parquet, de vent sifflant dans les jointures des volets et d’autres bruits effrayants nous tenant éveillées, transformant la maison en lieu fantasmagorique. Quelques chuchotements, des rires étouffés, des bruits incongrus…

La nuit se passe l’œil ouvert, se fermant malgré tout de fatigue au petit matin. Le jour est plus rassurant pour dormir ici. Mais l’heure, c’est l’heure !

 

Mouty

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pixabay

 

Lit improvisé

Nous avions arrêté la 2CV en pleine campagne. Quelle campagne, celle du centre de la France, il me semble. Je me souviens que depuis notre départ de Paris, nous avions traversé deux villages aux noms évocateurs, l’Aumône et Le Portefeuille, ce qui nous avait fait rire. Nous avions cherché un hôtel pour la nuit, et n’en ayant pas trouvé, ma sœur et son mari avaient décidé que nous dormirions dans la voiture. Quant à moi, à 13 ans, j’étais toute excitée à cette idée, n’ayant jamais dormi que dans mon lit.

C’était une soirée chaude du mois d’août et nous revenions à la voiture en nous promenant à travers champs, après avoir pris un rapide repas dans le village le plus proche. Nous avions plaisanté et attrapé de gros fous-rires. Nous respirions l’odeur de l’herbe fraîche et nous nous sentions bien, nullement inquiets à l’idée de passer une mauvaise nuit. Nous partions en vacances dans le sud de la France et cette étape improvisée et inattendue pimentait notre voyage.

La voiture était garée sur une petite colline et la vue était dégagée autour de nous, laissant apercevoir un paysage bucolique et reposant. Un pré avec des vaches apportaient des odeurs animalières et rustiques qui augmentaient la sensation agréable d’être ailleurs.

Et puis la nuit venue, dans la pénombre qui nous enveloppait, après avoir retiré les sièges, nous nous sommes allongés tous les trois, trouvant une place tant bien que mal, l’un avec la tête près de l’embrayage, l’autre un peu coincé entre le frein et l’accélérateur, et la dernière, moi, la plus jeune, avec la meilleure place, côté passager. Mais même si la situation était inconfortable, il me reste le souvenir d’un moment heureux, d’un moment de franche gaité, d’un moment de bien-être. J’avais bien un peu peur des bruits extérieurs, mais pourtant, j’ai dormi comme un loir.

Gill

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pixabay

 

                                  La Cabane au Canada

          Elle sent bon le bois coupé et les cigarettes clandestines. Et un peu aussi la ratatouille réchauffée sur un camping-gaz, notre cabane. Baptisée « au Canada » grâce à une Line Renaud, très en vogue, et faite de bric et de broc avec tout ce qu’on a pu trouver : vieilles planches, branches d’arbres et autres matériaux de récupération ramenés triomphalement. Elle n’a pas de fenêtre, mais on y voit beaucoup le ciel, au travers du toit et des murs et c’est bien. Même quand il pleut. On y entre à six, serrés comme des sardines, mais on ne peut y dormir qu’à deux, à tour de rôle. Grâce à la bienveillance de notre grand-mère commune qui, sans jamais avoir lu Françoise Dolto, est une fervente militante de la liberté pour les enfants. A commencer par les siens. Un bonheur sans nom envahit donc les six cousins chaque année, à l’approche des grandes vacances, rien qu’à l’idée de retrouver la Cabane au Canada, qu’il faudra d’ailleurs retaper un peu, après les rigueurs d’un hiver très peu canadien pourtant.

      Oh les nuits ! Et les étoiles juste au dessus de mes yeux. ! Et le cri de la chouette, monotone sans doute mais bien rythmé ! Et la terreur, interdite, refoulée (pas trop), muette en tout cas, en pensant à toutes ces araignées qui ne vont pas manquer de se balader sur moi toute la nuit ! Mais peu importe.  La respiration du cousin ou de la cousine allongé près de moi me rassure, m’apaise, me berce, m’endors…

       Oui Cabane, tu sentais bon. Le bois coupé, le vieux tabac et la ratatouille…mais aussi l’enfance, avec ses fous-rires complices et ses grandes aventures, immobiles, rêvées…

 

        El Pé

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lundi, 01 juillet 2013

En vacances! La carte postale

 

CARTE POSTALE EN DUO : vous êtes en vacances et écrivez une carte postale à une de vos amies qui n’est pas partie. Vous passez votre carte à votre voisine de gauche qui va rédiger la réponse. Vous disposez de 10 minutes pour chaque texte

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freepik


carte Mouty-Rina


Ma chère amie,
La campagne arbore des verts d'une variété inouïe. Ici, la musique vient des oiseaux et  des animaux de la ferme.
L'odeur des prés fleuris m’enivre : «  Vert Paradis » est l'intitulé d'une œuvre poétique occitane. C'est bien ça.
L'année prochaine tu sors de ton H L M, je te réserve une place avec moi dans un modeste logis en pleine nature.
Je t’embrasse.
Monique


Bonjour ma chère Monique

Merci infiniment de me faire partager ce petit coin de campagne, en pensée.
Je m'y vois, je me régale avec toi, je sens  ces parfums, je hume cet air pur et toutes ces sublimes odeurs. Je les renifle car je suis avec toi, là-bas, dans ces prés fleuris ; je vois tout dans ma tête, les fleurs penchant leur corolles  pour nous faire apprécier leur fameux nectar, les arbustes fleuris espérant  un petit arrêt devant la profusion de ces mélanges colorés  qui embaument, les buissons verts touffus à souhait  pour abriter les multitudes de nids, et je les entends, ces chants d'oiseaux enchanteurs, je suis tout à fait à tes côtés par la magie de la pensée !!!
Pour l'année prochaine, c'est oui, mille fois oui!!! Je suis partante.
Je vais en rêver ce soir, déjà.
Bises à toi Monique
Rina

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carte El Pé-Gill


Pauvre chouquette ! Si tu savais comme je pense à toi ! Comme tu peux le voir (au verso) la plage est magnifique, la vue extraordinaire et les couchers de soleil bouleversants.

Je m’amuse beaucoup, surtout le soir en boîte. J’ai fait la connaissance de deux hommes supers, et je ne sais lequel choisir ! Si tu étais là, la question ne se poserait pas.

Bon. Essaie de  ne pas te faire opérer de quelque chose l’an prochain (appendicite, vésicule, etc.….) Et voilà que je n’ai pas la place pour écrire l’adresse. Il va falloir que je trouve une enveloppe. Je t’embrasse quand même ma grande !

Ton amie affectionnée.

Liliane

 

Coucou ma belle,

Ta carte m’est parvenue très rapidement et j’enrage  en  la lisant. Comment ! Tu oses t’amuser sans moi, te baigner, profiter du soleil couchant et danser toute la nuit sans remords.

Tu m’imagines, dans ce lit d’hôpital, souffrant le martyr. Et bien, je vais t’étonner ! Figure-toi que juste au moment où tu es partie, on m’a annoncé le report de ma petite intervention et j’ai donc appris que j’avais quelques semaines de liberté ; Donc je t’annonce mon arrivée pour après-demain ; Je te rejoins à toute vitesse pour profiter du paysage. Garde au chaud tes deux conquêtes et ne te pose plus de questions.

A tout de suite.

Nelly

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carte Gill-Mouty


 

Soleil de plomb. Farniente le matin. Visites l’après-midi. Discothèque le soir.

Bref, vacances traditionnelles, sans grandes surprises. A moins que, peut-être, au hasard des rencontres……

Je pense à toi et t’envoie quelques rayons de mon soleil.

Ne te désole pas trop d’être restée car Paris en été, c’est l’assurance de la tranquillité.

Grosses bises.

MOI, ta sœur de cœur.

  

Penser à moi avec un programme pareil, sous un soleil à cramer les neurones ! Le fait de consacrer quelques minutes pour m’écrire cette carte postale me flatte énormément. Je ne sais, si dans des conditions identiques j’aurais passé seulement quelques secondes à écrire aux amis !

Cependant, mon petit salon bien frais, mon bouquin et mon thé glacé me tiennent dans un bien-être incomparable.

Paris délaissé par les Parigots est le rêve, et les rives de la Seine m’apportent un petit air de vacances qui me suffit.

Je ne t’envie pas trop, vois-tu.

J’envoie un gros poutou en direction de tes Tropiques, très peu attrayantes pour moi.

Mouty

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