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lundi, 18 juillet 2016

Au printemps à Béziers

En 25 minutes, écrire un texte selon les consignes suivantes :

Lieu : Béziers

Endroit : indifférent

Saison : Printemps

Personnages : un marchand de bonbons, une fleuriste, un passant

Sujet : un sport

Un objet : une crotte de chien

Un animal : un kangourou

Et qui se termine par « Ce que femme veut, Dieu le veut ! »

 

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Les allées Paul Riquet

wikimédia

 

Les Allées de Béziers

Les Allées de Béziers, au printemps, comme à leur habitude, fourmillent de passants. C’est jour de marché. Les produits alimentaires y côtoient les fleurs aux teintes vives, tandis que le confiseur fait tinter les clochettes de son crochet de pâte à berlingots. Un kangourou en peluche trône sur une étagère derrière lui : c’est sa mascotte. Des éclats de voix fusent d’un peu partout. Rien d’étonnant avec les surexcités du foot en cette période « d’Euro 2016 ».

« France-Roumanie c’était extra » clame un passant, s’adressant au confiseur. Celui-ci, Portugais exilé, croit bon d’ajouter son grain de sel, si ce n’est de sucre, même si son match s’est soldé par un résultat nul. Mais avec un zéro partout, le Portugal est bien le meilleur du monde !

La fleuriste qui ne veut pas être en reste vante la Russie. Elle n’a d’yeux que pour Vladimir, « le plus beau et le plus brillant des joueurs ! »

« Merde ! Encore une crotte de chien ! » hurle le passant en raclant sa semelle sur le basalte. « Toujours aussi dégueulasse cette ville d’enfoirés ! On devrait passer tous les clébards à la casserole ! »

« On devrait mettre un flic derrière chaque chien » susurre la fleuriste.

« Et pourquoi pas ? » tonitrue le passant, « Après tout, ce que femme veut, Dieu le veut ! »

 

Mouty

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mardi, 03 février 2015

Animation à Béziers

En 25 minutes faire un texte dont le thème est

« La Féria de Béziers »

 

Il doit commencer par :

« Affolées par les cris, par la musique des chevaux de bois et un sifflet de machine  à vapeur sorti on ne sut d’où, les juments se cabraient et faisaient le vide. »

 

Il doit se terminer par :

« Oui, mais la campagne toute l’année, tu sais, c’est un peu triste…Il nous faudra une voiture pour revenir ici le samedi soir. »

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féria,béziers

Théâtre de la jeunesse : Tarass Boulba

 

Pesos, sangria et tango

     Affolés par les cris, par la musique des chevaux de bois et un sifflet de machine à vapeur sorti on ne sut d’où, les juments se cabraient et faisaient le vide.

   Paulo, bousculé par la foule, se retrouva à plusieurs mètres de là. « Ce n’est pas possible, plus con on ne fait pas, récrimina-il, Se donner rendez-vous en pleine feria de Béziers ! Ah vraiment faut le faire ! »

    Faut dire que Paulo vivait d’ordinaire dans l’arrière-pays, au beau milieu de la garrigue. Oh, pas depuis bien longtemps, mais ces quelques semaines avaient suffi pour semer en lui des graines de misanthropie, sur un terreau certes déjà fertile.

     Et la foule continuait d’avancer, aveugle et hurlante comme un dragon en goguette, lorsque Paulo s’aperçut que quelqu’un lui tapait sur l’épaule. Il se retourna brusquement, prêt à inculquer, par la force si besoin, les premiers éléments de savoir-vivre au malotru, quand il reconnut Sania. Comme son prénom ne l’indiquait pas, le dit Sania était un géant de deux mètres de haut, presqu’autant de circonférence et à l’évidence tartare depuis plusieurs générations, ce qui décourageait immédiatement toute velléité éducative. D’une voix de basse frisant les infra-sons  ce dernier annonça, placide : « Bon, petit, viens ! On va s’en jeter un pendant que je t’explique. »

    Ils se dirigèrent vers la bodega la plus proche, s’assirent de part et d’autre d’un tonneau qui- comme il est d’usage dans toute bodega qui se respecte- servait de table, puis commandèrent des demi-pressions, car l’un comme l’autre avaient la sangria en horreur.

« Voilà, ici on peut causer. » En effet, entre la musique des Gipsy Kings,  Luis Mariano qui informait les rares personnes qui l’ignoraient encore que : « C’était la feria » et le bruit de tempête produit par des milliers d’individus en liesse, penché à l’oreille de son voisin, l’incroyable sosie de Tarass Boulba put détailler à loisir le plan du cambriolage décidé quelque temps auparavant et mis au point par ses soins.

« -Tu comprends, conclut-il, ça va être fastoche de faire sauter la porte de service de la Société Générale, et ensuite celle, blindée, de la salle des coffres, j’ai tout ce qu’il faut…

-Ouais, bien sûr, et avec le boucan qu’il y aura samedi soir, veille de 15 Août en plus, personne n’entendra rien. Enfin, j’espère !

-T’inquiète mec, ils croiront juste que ce sont des pétards, ces braves gens, et de toute façon, avant que les flics réussissent à arriver jusque là, ça fera belle lurette qu’on aura fichu le camp.

-T’as raison, comme d’hab, Sania.

-Evidemment. On va s’en mettre plein les fouilles, mon pote. A nous la belle vie ! Ouais, et à part ça, tes chèvres, elles vont bien ?

-Ah bon, parce que ça te dirait d’aller leur rendre visite ?

-Pour sûr, comme planque, on ne fait pas mieux. Avant le coup…et même après finalement, pourquoi pas… »

    Pendant une seconde de pure panique, Paulo eut la vision apocalyptique de sa petite maison, si merveilleusement isolée et blottie au cœur de la garrigue, occupée, pendant des mois peut-être, par le grand tartare. Aussi, de son air le plus naturel, il s’écria ; « Oui, mais la campagne toute l’année, tu sais, c’est triste… et… il nous faudra une voiture pour revenir ici Samedi soir. »

 

                 El Pé

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Sign first aid

wikimédia

 

La Féria de ceux qui veillent

«- Affolées par les cris, par la musique des chevaux de bois et un sifflet de machine  à vapeur sorti on ne sut d’où, les juments se cabraient et faisaient le videOui, oui, Paul, je t’assure, Sylvie, qui est allée au spectacle de la carrière équestre hier soir m’a dit que ça s’était passée comme ça. Mais heureusement il n’y a pas eu de blessés, les cavaliers ont réussi à calmer les chevaux. »

Sous la tente de la sécurité civile, Paul et Benoit, deux secouristes de garde, discutent entre deux soins, en rangeant le matériel et en attendant d’éventuels éclopés.

«- Nous en sommes au troisième jour, Benoit, et il n’y a pas eu d’accidents graves. Pourvu que ça dure ! Nous avons eu notre lot de malaises, de petites blessures d’excités et d’alcoolisés agressifs, mais tout ça, pas bien méchant. Nous, nous ne voyons la féria que de son mauvais côté, ainsi que le mauvais côté des participants, ce qui ne nous donne pas vraiment envie d’en chercher une autre image. Mais il y a certainement des choses bien, des soirées festives et sympathiques, sans excès, des spectacles de danse enchanteurs et ces magnifiques démonstrations équestres ; Nous, ce que nous souhaitons, c’est zéro catastrophe.

 - Aïe, Paul, tu entends, c’est le SAMU. On dirait qu’il va vers les Arènes. Cela ne m’étonnerait pas qu’il s’y soit passé quelque chose.

 - Le toréro a peut-être trouvé son maître. Ce n’est pas moi qui vais le plaindre, il sait à quoi il s’expose ! Viva el Toro ! Non, non, Benoit, je ne continue pas, pas la peine de t’insurger, nous ne serons jamais d’accord sur le sujet : moi, anti-corrida et toi…..pas vraiment.

 - Tu as raison, n’abordons pas les sujets qui fâchent. D’ailleurs, finalement, il n’allait pas aux Arènes. Je saute du coq à l’âne – à cause du bruit et de l’agitation qui règne - mais parfois je me dis que j’aimerais bien m’installer à la campagne, ce serait plus tranquille. Ma femme, à qui j’en ai parlé, n’est pas vraiment séduite par cette idée ; elle m’a dit : Oui, mais la campagne toute l’année, tu sais, c’est un peu triste…Il nous faudra une voiture pour revenir ici le samedi soir.

Gill

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wikimédia     crédit photo:  Harrieta 171

 

Affolées par les cris, par la musique des chevaux de bois et un sifflet de machine à vapeur sorti on sut d'où, les juments se cabraient et faisaient le vide.

 

Le vide de quoi? D'urines et crottins? De spectateurs? Ou tout simplement partaient-elles en meditation ? Ma foi, je n'en sais rien, je n'étais pas là ! Car moi, la feria...

Quand j'étais beaucoup plus jeune peut-être... J'avais campé dans une manade, au milieu des taureaux, ouais ! Ça, c'était floklo !

Mais aujourd'hui, je me contente largement du village occitan. Pour l'ambiance, pour la bonne bouffe proposée par les calandretas (achat militant!) et pour la musique surtout! Le village occitan, déplacé il y a quelques années de la place de la citadelle à la place du champs de mars, juste au côté du village équestre.

Le village équestre, je suis allée voir une fois le spectacle, enfin voir, c'est un bien grand mot!

Je ne suis pas restée plus de 10 minutes. Avilissant !

Beaux chevaux, humains moches de leur fierté de faire faire le clown à des bestiaux.

Je te le dis moi ! C'est pas ça le respect de la nature !

C'est vivre toute l'année, avec le cours des saisons, sans que nul s'y impose, sans que l'homme y laisse sa trace destructrice, sans que nous y dominions cours d'eaux et animaux...

Alors, l'autre empafé du sifflet de la machine à vapeur me répondit :

   - oui, mais la campagne toute l'année, tu sais, c'est un peu triste... Il nous faudra une voiture pour revenir samedi soir.

DÉSESPÉRANT !

 

Nanou

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Affoléespar les cris, par la musique des chevaux de bois, et un sifflet de machine à vapeur sorti on ne sut d’où, les juments se cabraient et faisaient le vide

Mais quelle mauvaise idée j’ai eue d’aller voir le spectacle de chevaux ! Tout le monde en parlait, je ne pouvais mourir ignorante car qui sait si l’an prochain je serai encore là. Du monde, du monde qui va, vient. Un enfant me bouscule, je le houspille ; le père me jette un regard noir, la mère serre son rejeton contre elle et le caresse.  « Elle est vilaine la dame, pas vrai mon bébé ? »

Je m’éloigne prudemment. Un individu me pousse et me jette au visage : « Tu aurais mieux fait de rester dans ta maison de retraite, mémé ». Je m’indigne silencieusement, en moi-même, c’est plus prudent. J’avance, un pas en avant, deux en arrière, mon pied s’enfonce dans du mou… Horreur, du crottin frais qui éclabousse mes mollets.

Les chevaux hennissent, font des écarts, la foule bouge, me happe. Je m’en extrais avec peine et regagne le calme de mon appartement pour écrire ma lettre quotidienne à ma nièce. Elle regrette son rendez-vous annuel et je dois lui envoyer un compte-rendu. Comme je sors très peu, en général, je m’inspire des articles de journaux, brodant par ci, par là, pour faire plus personnel. Le téléphone sonne : - Tata, j’arrive avec mon copain, débrouille-toi, je m’ennuie de toi et de la féria, même si le pays est beau ici.Oui, mais la campagne toute l’année, tu sais, c’est un peu triste… Il nous faudra une voiture pour revenir ici le samedi soir.

 

Line

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Rue ou autre lieu de Béziers

En 25 minutes faire un texte dont le thème est  

« le marché aux fleurs de Béziers »

 

Y inclure les 5 mots suivants :

      encornets/  biscuits/  orage/  magique/  étourneaux

 

Y inclure les quatre vers suivants

« Le bal champêtre est sous la tente,

   On prend en vain des airs moqueurs;

   Toute une musique flottante

   Passe des oreilles au cœurs »

(« Fête de village en plein air »  V. Hugo)

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Flowers In The Marché des Fleurs, Paris April 2014

wikimédia

 

C’est vendredi, il fait beau, pas trop chaud, pas trop froid, juste ce qu’il me faut. Dans le ciel, pas le plus petit nuage, aucun signe d’orage. Sur son socle, Pierre-Paul Riquet garde son air grave, se demandant peut-être si l’on va remplacer, et quand, les arbres abattus pas d’énormes machines. Il a entendu dire qu’ils étaient malades du chancre doré ; comme quoi, tout ce qui est en or ou simplement semblable, peut être nocif. Sur sa tête emperruquée, un étourneau bat des ailes, l’œil aux aguets pour piquer droit sur les miettes de biscuits semées par les enfants. Il fonce sur ce que je reconnais être un encornet, échappé du sac d’une passante venue admirer fleurs et arbres sagement alignés. Ces plantes venues de modestes jardins ou de grandes exploitations voisinent allègrement. Dans cette ambiance magique, je crois apercevoir des nains malicieux cherchant des clochettes, des pensées et autres bouquets pour Blanche-Neige.

Un groupe de jeunes, guitariste, saxo, clavier, égrènent des airs d’autrefois. Ils savent bien, qu’en général, ce sont les personnes d’un certain âge, les retraités, les touristes qui se promènent sur les allées, qui apprécient ces musiques un peu nostalgiques, ritournelles riantes et charmantes. Emue et souriante dans ma tête, je chantonne les vers de Victor Hugo appris quand j’étais une écolière, ébahie devant une telle profusion d’odeurs, de couleurs :

            Le bal champêtre est sous la tente,

         On prend en vain des airs moqueurs ;

         Toute une musique flottante

         Passe des oreilles aux cœurs.

Et si je demandais aux musiciens de les mettre en musique ? J’y vais ? Oui ? Non ? Ce sera pour vendredi prochain : j’oserai, oui. J’oserai les aborder mais pas aujourd’hui.

 

Line

                                                          

 

 


Cette photo de Marche aux fleurs est fournie gracieusement par TripAdvisor

 

Allées Paul Riquet, marché aux fleurs en plein mois de février, tristounet!

Je lève les yeux au ciel, noir. Il ne manquerait plus qu'un orage pour lessiver définitivement cette journée si peu magique.

Les étourneaux sont depuis longtemps partis, pas de toute petite musique flottante pour passer de mes oreilles à mon cœur.

J'hume, fortement, le nez relevé. J'inspire, cherchant désespérément une effluve florale que depuis le départ de l'été je désire, mais seule une odeur de biscuit gras mangé par un jeune enfant me chatouille les narines. Beurk, écœurant !

J'ai froid ! Mes pensées me rattrapent alors, me guidant vers des souvenirs printaniers.

Ce balèti, ce bal champêtre, celui-là même où les encornets farcis sauce armoricaine servis étaient pour les papilles gustatives un délice divin, celui-là même où, sous cette tente, la transpiration des danseurs la transformait en une étouffante étuve , celui-là même, ce dernier, où l'on prenait des airs moqueurs, mais en vain !

J'ai décidé, comme cette triste journée, ça ne me touchera plus !

 

Le Stylo Noir

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Cette photo de Marche aux fleurs est fournie gracieusement par TripAdvisor

 

Béziers aux deux visages

J’arrive à Béziers, pleine d’espoir : soleil, mer proche, jolie ville sur les cartes postales et les guides. Je suis prête à tout découvrir. Que voir en premier ? Les Halles ne me tentent pas ; je n’ai besoin ni de biscuits, ni de fruits, ni de crevettes ou d’encornets brillants. Pourquoi pas le marché aux fleurs du vendredi sur les Allées Paul Riquet. On m’a dit qu’il était d’une beauté magique.

Le ciel est bleu, aucun orage prévu, je décide d’y aller à pieds et j’attaque avec courage la côte qui m’amènera au centre ville. Un quart d’heure après, ayant évité avec adresse les déjections canines, les trous dans la chaussée, les irrégularités des trottoirs, ayant habilement contourné maints dépôts d’ordures sauvages, ayant frôlé plus de vingt fois, sinon la mort, l’entorse, la glissade ou l’écrasement par chauffard belliqueux ou simplement inconscient mais présentant un danger certain, j’arrive à bon port, ma bonne humeur légèrement émoussée par la face sombre que je viens de découvrir.

C’est alors que mon regard embrasse une myriade de couleurs vives et variées : du rouge flamboyant, du jaune lumineux, du mauve élégant, le vert rassurant des feuillages entourant comme pour les protéger les pétales délicats. Pas d’étourneaux dans le ciel et pourtant l’impression d’être dans une volière où l’on entend un jacassement permanent, celui des vendeurs et des acheteurs qui discutent, celui  des promeneurs qui s’interpellent et se racontent « avé l’acceng’ » les histoires du jour. Et puis des parfums, plein de parfums qui embaument l’atmosphère pour transformer un coin de ville en un coin de campagne, pour transformer le bitume en tapis de verdure. N’y manquent plus que la musique et les danseurs pour qu’on puisse dire :

« Le bal champêtre est sous la tente,

On prend des airs moqueurs ;

Toute une musique flottante

Passe des oreilles au cœurs. »

Oui, par chance, la ville a un autre visage, lumineux, celui-ci, et je l’ai découvert!

Gill

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