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jeudi, 03 novembre 2016

Un thème libre, trois fins au choix

En 20 minutes, écrire un texte sur un thème libre et

se terminant par une de ces trois phrases:

 

"j'en fus persuadé(e) en le(a) voyant arriver"

 

"je ne le savais pas encore quand je la(e) vis partir"

 

"je ne savais pas encore ce que j'allais trouver"

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Advokat, Fransk advokatdräkt, Nordisk familjebok

wikimédia

 

 

Monsieur le juge, nous voilà devant vous, dans ce tribunal, ma cliente, et moi-même son avocat. Oui, Monsieur le juge, je suis commis d’office, donc peu payé, mais je défendrai madame avec conviction. Ma conviction c’est qu’elle est innocente, douce comme l’agneau qui vient de naître. Regardez son maintien modeste, la clarté de ses yeux bleus, la finesse de ses mains effilées et vous voudriez qu’elle ait tué son mari comme l’affirment les inspecteurs ? Mais non, l’erreur est humaine, d’autant plus si ce sont des policiers qui la commettent. Son mari voulait divorcer car il avait découvert les infidélités de sa femme. Il ne lui aurait pas donné un sou, l’aurait chassé de la maison, mais ce ne sont pas des raisons pour tuer quelqu’un. Ma cliente est profondément croyante, elle s’en remet à la justice de dieu, car elle est au-dessus de la vôtre. Monsieur le juge, ne commettez pas l’irréparable en envoyant cette femme en prison. Le remords vous rongera, le visage angélique de l’accusée hantera votre sommeil à tout jamais. Je vois une rayonnante bonté couvrir votre visage, laissez-vous aller Monsieur le juge à la compassion. Rendez la liberté à cette noble femme. C’est oui ? Madame vous êtes libre, rentrez chez vous, faites retraite loin des turbulences de la vie. Innocente ? Coupable ? Je ne la savais pas encore quand je la vis partir.

Line

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Boat People from Haiti

wikimédia

 

Tout plutôt que cette misère de tous les jours, cette terre stérile, cette sécheresse qui sévit d’année en année, ces maigres récoltes. Chaque matin, C’est ce que je me disais en ouvrant les yeux.

La vie est dure pour nous, paysans de ce pays dont personne ne se soucie. Le gouvernement prend nos terres, nous affame, nous réduit au silence, nous empêche de manifester, nous réprime cruellement, quand il ne nous tue pas tout simplement, sans que personne, nulle part dans le monde, ne s’en émeuve. Il bloque les réseaux sociaux, nous empêchant de communiquer avec nos semblables, de nous unir, de nous rebeller. Une minorité qui muselle une majorité, est-ce possible ?

Il faut partir. J’y songeais depuis longtemps déjà, pour la France, l’Italie ou l’Allemagne. Je sais que je n’aurai plus rien après avoir payé les passeurs, je sais que je vais souffrir de la promiscuité, de la peur, que je vais mourir peut-être, noyé par une meute humaine qui, comme moi, fuira la pauvreté, ou noyé dans des eaux noires et glacées tout près d’une terre d’asile. Je sais tout cela, mais si je réussis, je serai sauvé, je n’aurai plus faim, j’aurai du travail, de l’argent et je pourrai nourrir ma famille.

Que d’attentes de ce voyage que, ce soir je m’apprêtais à entreprendre. Je n’avais plus rien à perdre, sauf la vie, mais était-ce vivre que de rester là. Les dés étaient jetés, dans la nuit, j’étais prêt à embarquer, rempli d’espoir, même si je ne savais pas encore ce que j’allais trouver.

ዢሊኢኅ

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mardi, 29 décembre 2015

L'incroyable Noël de.......

Après un jeu où chacun a choisi quatre mots qu’il a donnés à ses voisins et un qu’il a gardé pour lui, chaque participant se retrouve avec une liste de cinq mots :

Une étoile, planète ou constellation / un vêtement folklorique

Un pays / un animal / un métier

En 25 minutes, écrire un texte en utilisant ces cinq mots

dont le titre sera

« L’incroyable Noël de ……… »

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Rudolph the Red-Nosed Reindeer

wikimédia

L’incroyable Noël de Rudolf

Depuis bien des mois, Rudolf aide le Père Noël à préparer son incroyable tournée.

Rudolf, comme tout le monde le sait, est l’un des rennes de l’attelage du Père Noël. Il a le sabot sûr, mais ce qui est remarquable c’est son nez rouge qui brille. En regardant Vénus, la bonne étoile du berger, une étincelle lui a effleuré le nez. Depuis, il éclaire le chemin du Père Noël de son petit luminion.

Le voyage accompli, pendant la belle nuit magique, l’a conduit partout. Au sud, au nord, au Pérou où il a salué le grand Anaconda :

   –Viens avec moi, je vais te faire visiter le monde. Nous irons des Antilles au Canada.

   –Non ! pas le Canada ! Il y fait trop froid.

   –Alors, tant pis, je te laisse là, à une autre fois.

Plus loin, il a rencontré une araignée. Elle construit sa toile mieux qu’un architecte. Quelques jouets y sont restés accrochés.

   –Tu ne dois pas garder les jouets des enfants, gronda Rudolf.

   –Moi aussi, j’ai des bébés, a plaidé l’araignée.

   –Tu as raison dans cette nuit magique, il faut savoir partager.

Rudolf a continué la distribution des cadeaux, en n’oubliant personne. Le Père Noël l’a félicité, alors son nez rouge luisait plus fort.

Claudie

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UrsaMajorCC

wikimédia

 

L'incroyable noël de la Grande Ourse

 

La Grande Ourse s'ennuyait dans son univers hivernal de ce mois de décembre, elle ne brillait déjà plus depuis une saison pour les yeux des microscopiques terriens, qui s’apprêtaient à fêter ce qu'ils appelaient "Noël", une sombre fête en référence à une mère accouchant dans une pauvre étable sur un poncho élimé, des animaux en guise de médecin, ainsi qu'à un gros bonhomme rouge et vieux, effigie d'une affreuse boisson gazeuse.

Pour illuminer cette drôle de tradition, les humains avaient pour habitude de couper un arbre du Danemark qu'ils jetteraient plus tard, et d'y coller à son sommet, une étoile. Elle aurait bien aimé, elle la Grande Ourse, être cette étoile, mais voilà, l'univers ne se mélangeait pas, chacun à sa place.

Un jour, un pâtissier, chevauchant son antilope de poussière à la crinière mordorée, vint lui rendre visite, l'invitant à une soirée nocturne chez le Petit Prince, son ami, qui habitait à quelques encablures lunaires de là.

Le Petit Prince avait de gros soucis avec sa fleur, la Rose, qui souffrait de dépression sévère par manque de soleil.

Depuis cette soirée nocturne, la Grande Ourse ne s’ennuie plus, ne rêve plus d'être l'étoile de terriens, elle est devenue celle de la rose du Petit Prince.

 

Le stylo noir

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AtelesGeoffroyi

wikimédia

 

L’incroyable Noël de l’enfant perdu

 

   Amado avait sûrement dû naitre en Argentine. C’est une chose qui peut arriver à n’importe qui, finalement. Mais qu’il ait, à cinq ans, tout seul, les pieds sales et vêtu de son seul poncho, atterri au Brésil, dans une favela de Rio, est déjà plus rare.

       Comment était-il arrivé là ? Nul ne le savait et ce n’était certes pas lui qui aurait pu le dire, vu qu’il était autiste et ne se liait avec personne. Bien que prêtresse vaudou reconnue, Mama Amalia était une brave femme. Elle recueillit l’enfant, le prénomma aussitôt Amado, (pour l’apprivoiser sans doute) et lui prépara un grand bol de chocolat. Ensuite, elle le coucha-après l’avoir lavé- dans le petit lit dressé contre le mur du fond qui attendait depuis quarante ans un bébé qui n’était jamais venu.

Apprivoisé, Amado le fut, pour ainsi dire, puisqu’il revenait chaque soir chez Mama Amalia pour manger et dormir, mais le reste du temps, il trainait dans les rues, élargissant jour après jour son territoire…et c’est ainsi que l’après-midi du vingt-quatre décembre de cette année là, il découvrit, dressé sur une des plus grandes places de la ville, un cirque. Il en fut tout ébloui Les couleurs, les odeurs, la musique, tout l’attira vers l’immense chapiteau rouge et or…dans le quel il parvint à se faufiler très facilement car personne ne faisait jamais attention à lui. Chose dont il n’aurait pas eu l’idée de se plaindre, d’ailleurs.

     Une foule considérable occupait les gradins, ainsi que le cercle de chaises entourant la piste et constituant le premier rang. Celui des VIP. Il se glissa sous l’une d’elles.

   Bientôt il fut rejoint par un étrange animal. En réalité, c’était un bébé singe, un atèle plus précisément, mais ça, évidemment, Amado l’ignorait. Le petit animal, de sa main minuscule, caressa la joue du garçon, avant de venir se pelotonner contre lui. Amado ressentit alors une émotion inconnue jusqu’à ce jour : il avait envie de rire et de pleurer à la fois.

     Blottis l’un contre l’autre sous la chaise d’un général qui ne se doutait de rien, tous deux assistèrent au spectacle avec plaisir. Mais, sans conteste, ce furent les acrobates qui firent vraiment battre leurs cœurs. Follement.

Aussi, quoi d’étonnant lorsqu’à la fin du spectacle, quand l’enceinte se vida et que les lumières se soient éteintes, quoi d’étonnant donc qu’Amado ait suivi docilement le petit singe le conduisant sur la piste. Précédé par l’animal, qu’il imita dans chacun de ses mouvements, il se retrouva très vite juché sur un trapèze, à plus de dix mètres de hauteur.

Un moment de pure ivresse, de pur bonheur s’ensuivit. Les deux enfants, l’un humain, l’autre pas, étaient en effet d’une égale agilité, d’une égale hardiesse. Ils s’élançaient d’un trapèze à l’autre, le premier rattrapant le second en plein vol, en riant aux éclats.

     Tout-à-fait au sommet du chapiteau, une ouverture ronde laissait apercevoir un coin de ciel, étoilé, car la nuit était tombée depuis longtemps. Juste au dessus d’eux, la Grande Ourse se dessinait nettement. Un simple regard suffit aux deux amis pour se comprendre. Et un même élan les projeta, à travers l’ouverture, vers les étoiles.

Certains esprits chagrins racontent que le lendemain, jour de Noël donc et même que c’était bien triste, on trouva deux petits corps enchevêtrés au pied du chapiteau. Personne en tout cas ne peut se le rappeler avec certitude. Quant à Mama Amélia, elle n’y a jamais cru. Avec raison. En effet, quand vous regarderez le ciel la nuit de Noël, vous verrez certainement un petit garçon et un petit singe se balancer, tout joyeux, sur la Grande Ourse. Evidemment. Elle a la forme d’un trapèze.

       

El Pé

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Apollo Pad Abort Test -2

wikimédia

 

L’INCROYABLE NOËL DU GARAGISTE

Stéphane mettait la dernière main à sa fusée. Voilà dix ans qu’il était dessus, à la construire et à la fignoler au fond de son garage. Un vieux rêve de gosse qu’il avait patiemment concrétisé selon des plans finement étudiés. Cette année, il ira passer Noël sur Mars. Il y plantera l’étendard français et pourra ainsi occuper la une de tous les journaux internationalement connus. Il y ouvrira une bouteille de champagne et boira un verre à la santé de l’humanité en souhaitant la paix sur terre pour l’éternité.

Stéphane vivait un pied sur la terre et un pied dans son rêve, changeant de pied de temps en temps pour mieux s’ancrer d’un côté ou de l’autre, selon son humeur, son espoir ou son découragement afin de préserver son équilibre. Il avait ainsi trouvé le moyen de toujours se sentir bien en suivant le chemin qu’il s’était tracé.

Stéphane briqua donc une dernière fois sa berline interplanétaire et la tracta à l’extérieur du garage. Le ciel d’un bleu profond, sans nuages, était propice à un super-voyage. Pas besoin de kérosène, les panneaux solaires la propulseront sans la moindre pollution atmosphérique.

Stéphane monta, ferma, verrouilla, boucla, ajusta son casque et mit les gaz. En route pour Mars ! Le paysage défila à une allure vertigineuse, puis s’évanouit. En moins d’une heure : un ralenti. La nuit noire ne favorisait plus l’avance aux panneaux solaires. La fusée louvoya, se dandina, atterrit dans un paysage inconnu éclairé par la lune douçâtre : des baobabs, des éléphants, puis le désert. Un village quand-même. Des cases.

Une troupe de personnages couleur d’ébène l’accueillit chaleureusement. Accueil d’un Père Noël lui sembla-t-il. Ils lui souhaitèrent la bienvenue au son du tam-tam. Où suis-je ? questionna Stéphane. Tu es ici au Gabon, lui répondit un grand gaillard au sourire éclatant en le débarrassant de sa tenue de cosmonaute. Tiens, mets plutôt ça, lui dit-il en lui tendant un pagne, tu seras plus à l’aise. Chants et danses emplissaient la nuit d’allégresse. Puis ce fut le festin. Un grand plat d’asticots fut amené par quatre porteurs. C’était le réveillon. Stéphane en prit timidement un pendant qu’on lui en servait deux bonnes poignées dans une feuille de bananier. Il avait l’estomac dans les talons et apprécia le premier vermisseau bien craquant, et, surprise ! très savoureux. Il les engloutit jusqu’au bout de sa feuille de palmier qu’il lécha avec délectation.

Ce fut un Noël extraordinaire. Le Gabon n’était sans doute pas plus mal que Mars. Noël les pieds sur terre : pourquoi pas ?

Mouty

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Pierrelune

wikimédia

 

L’incroyable Noël de Yann

Des noëls extraordinaires, j’en ai vécus, dans mon enfance, mais celui où je commençais à douter de l’existence du Père Noël m’a laissé un souvenir très vif et quand j’y pense, Je m’y revois, comme si c’était hier.

Depuis mon lit, je sens l’odeur du sapin, qui m’appelle. Alors je me lève en hâte, appelle ma petite sœur et nous pénétrons dans le salon où mes parents nous attendent déjà. Comme chaque année, je suis ébloui par les décorations, la lumière douce des bougies et par tous les cadeaux déposés au pied du sapin. Comme chaque année le Père Noël a fait honneur au petit goûter que nous avons préparé, pour lui permettre de se reposer un instant chez nous avant de continuer sa distribution. Comme chaque année il a laissé quelques traces sur la petite table, des épluchures de clémentine et un fond de café dans la tasse. Les yeux de ma petite sœur brillent de joie et nous ne savons quel paquet ouvrir en premier.

Laissant Nelly à sa découverte, je remarque alors un écrin argenté, posé sur une enveloppe à mon nom. L’ayant ouvert, je découvre une magnifique pierre de lune qui va tenir la place d’honneur dans la collection de minéraux que je fais depuis mon plus jeune âge. C’est une belle surprise car je ne l’avais pas commandée. A peine l’ai-je effleurée du doigt qu’une lumière se met à briller dans le jardin. Curieux, je sors et vois une échelle faite de filaments argentés qui monte vers le ciel. Intrigué, je pose un pied, puis l’autre et ainsi de suite pour me retrouver, sans efforts apparents… sur la Lune ! Eberlué et ravi, j’y vois le Père Noël dans son traîneau avec sa hotte presque vide et son fidèle renne. Il m’invite à m’asseoir près de lui.

«– Bonjour Yann, je pensais bien que tu viendrais cette année et je t’attendais. A ton âge, il est temps que je t’offre le cadeau auquel ont droit les enfants qui deviennent grands. Si tu veux, je t’offre le Monde vu de la Lune, je t’offre de voir, d’un seul coup d’œil, tout ce qu’il y a à découvrir en dehors de ta maison. »

Et là, ne sachant où donner du regard, je vois des étoiles, des planètes, et puis au loin, une sphère, notre terre, dont la surface est presque toute remplie de mers et d’océans, de l’eau à profusion, et je comprends pourquoi on l’appelle la Planète bleue. Mais je vois aussi des déserts avec du sable à perte de vue qui forme des ondulations savantes du plus bel effet et puis ce vert émeraude des forêts touffues où se cache un peuple invisible. Au fur et à mesure que le traîneau s’approche, je vois des montagnes impressionnantes, la chaîne de l’Himalaya, la Cordillère des Andes, les Montagnes Rocheuses, je vois des gouffres, des canyons, au Pérou, au Népal, en Afrique du Sud. Et puis je vois l’Europe, ici des Ecossais en kilts, là l’Italie avec la Tour de Pise, Paris et sa Tour Eiffel, tout au Sud, une crèche géante où les bergers suivis de leurs agneaux viennent adorer l’enfant, enfin, le cabinet d’avocats de mon père et puis ma maison, le salon, mes parents, et ma petite sœur qui ouvre ses cadeaux.

Alors les yeux remplis de ce merveilleux spectacle réservé aux « grands », convaincu que le Père Noël ne peut désormais me faire de plus beau cadeau et que je dois le laisser s’occuper des plus petits enfants, je redescends lentement pour me retrouver tout à coup dans le salon, une carte à la main sur laquelle est écrit : « Bonjour Yann, tu fais maintenant partie des grands enfants , alors comme tu le sentais déjà tout au fond de toi, je vais te laisser pour me consacrer aux plus petits. Mais ne te tracasse pas, tes parents te gâteront tout autant que moi. Le Père Noël »

Incroyable histoire ! Je n’en ai jamais parlé à personne mais elle a influencé toute ma vie : je suis devenu photographe de la Terre…..vue du ciel.

Gill

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dimanche, 09 février 2014

En cuisine!

En 25 minutes écrire un texte dont le thème est :

scène de préparation d’un plat

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freepik

 

crêpes liliane.jpg

D’où peut bien provenir la tradition des crêpes à la Chandeleur ? Bonne question mais il faudra que je consulte wikipédia pour y répondre. Toujours est-il qu’enfant j’adorais et que je n’ai pas changé.

Ambiance : La cuisine aux clairs obscurs à la Rembrandt,  vu que par bonheur, en ce temps-là, l’éclairage au néon n’équipait pas encore les maisons.

Trois chats, deux enfants, un chien observent religieusement ma mère préparant la pâte crémeuse et onctueuse à souhait dans un saladier de bois. Tout ce petit monde se jalousant du coin de l’œil pour deviner à qui reviendront le délice et l’honneur  de lécher l’ustensile une fois l’opération terminée.

Le beurre grésille dans la poêle, attendant la première louchée de pâte, ajoutant juste ce qui manquait au tableau de Rembrandt : l’odeur.

Le meilleur moment bien entendu, c’est lorsque ma mère fait sauter la crêpe. « Se collera-t-elle au plafond enfin ? Non, pas encore cette fois-ci. Dommage. »

A la fin, pour clore la cérémonie, la tribu au grand complet se rend en procession dans la chambre à coucher des parents. C’est là que mon père -rentré du travail entre-temps - va déposer sur le haut de l’armoire(après toutefois avoir ôté celle de l’année précédente), la plus grosse crêpe (hélas), enveloppée de papier huilé et accompagnée d’une pièce d’argent dûment astiquée. Normalement, cette dernière aurait dû être en or, mais à ma connaissance, ma famille n’en a jamais possédée .Grâce à elle, nous n’avons jamais manqué de rien, certes, mais elle n’a non plus jamais poussé l’effort plus loin. En nous faisant gagner un dixième à la Loterie Nationale, par exemple.

Qu’importe. Une fois venu le divin moment de la dégustation, c’est avec un plaisir proche de l’extase que je sentais le sucre fondu me réchauffer la bouche et coller aux doigts. C’est pareil aujourd’hui.

                        El Pé

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chandeleur,

freepik

 

Chaud !!!   Chaud, je dois préparer une tarte à l’avocat, que mes amies me réclament avec insistance ; elles viennent assister à cette préparation ;  Je sors tous les ingrédients ; j’ai fait ma pâte brisée hier au soir , alors je la déroule , je l’étale ensuite et la dispose dans un moule  à manqué  au préalable beurré , garnis le fond de haricots et l’enfourne dans le four déjà allumé ; «  qui regarde l’heure ?  Comptons  trente cinq minutes ; ok !!!!, c’est bon ». Mes amies avec stylo et   calepin notent ; « tu la fais cuire ? c’est un plat chaud alors ?  mais non on va la faire refroidir  dis-je , c’est la garniture qui est froide »  allez on continue , la mayonnaise , il faut qu’elle soit bien ferme , alors  sel poivre jaune d’œufs  huile, on y va ; je casse les œufs, ne me servant que des jaunes , je mets de côté les blancs , je verse l’huile tout doucement,   ça va , ça monte bien ;je réserve ; voyons la pâte , parfait , je la sors et enlève les haricots, elle est toute dorée ;   à la garniture à présent,  une macédoine que je mélange avec la mayonnaise ; vérifions l’assaisonnement  hum ! délicieux dit une ,  un peu plus relevé non , dit une autre ; non  non , ça ira comme ça , dis-je ;  pendant ce temps il faut que j’épluche les avocats que je coupe en tranches épaisses et que je citronne ; on garde ; les œufs de lumps à présent , des rouges et des noirs pour la couleur ; la pâte est froide , je commence à la remplir ; une couche de macédoine mayonnaise,  une couche de tranches d’avocats ; on monte en intercalant  jusqu’en  haut,  on finit par les tranches d’avocat couvrant le dessus et on décore par des triangles d’œufs de lumps, un triangle rouge,  un triangle noir ; les exclamations fusent ! C’est beau !!! On la mange tout de suite ; je prends une photo , d’accord ça y est ,allez un petit tour au frais d’abord , le temps de tout nettoyer dans la cuisine et de dresser une jolie table  pour goûter cette tarte qu’on souhaite aussi bonne qu’elle est belle.

Rina 

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chandeleur,avocat

freepik

 

Bonnes à marier ?

Je suis enfermée dans la cuisine. Oui, enfermée à clé et punie ! Enfermée jusqu’à ce que j’aie confectionné un plat succulent qui sera censé enchanter le palais de tout un jury de gastronomes. Je ne suis pas la seule, nous sommes plusieurs dans ce cas. Et pourquoi me direz-vous ? Pour savoir si nous sommes bonnes à marier ! Insensé, ne trouvez-vous pas ?

Je regarde autour de moi : Tout un arsenal d’objets épie le moindre de mes gestes. Il y a là une batterie de casseroles rutilantes, des poêles, des couteaux plus aiguisés les uns que les autres dont les dents sont impatientes de trancher, émincer, hacher ; je vois aussi un merveilleux robot ménager et toute une panoplie d’ingrédients : tomates au rouge éclatant, échalotes rebondies, ail odorant, champignons duveteux, persil en attente de décorer une belle salade, huile d’olive à la robe ambrée et vinaigre de pomme au parfum délicat, Bref, tout un étalage de beaux et bons produits, et moi, immobile au milieu, me demandant ce que je vais en faire et priant le ciel pour qu’il y ait sur terre au moins un mari potentiel ayant un désintérêt total pour les épouses cordons bleus et les bons petits plats .

Gill

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mercredi, 16 octobre 2013

Début et fin du texte au choix

 

En 20 minutes, écrire un texte en choisissant un des sujets suivants, commençant et se terminant par les phrases indiquées :

 

 Incipit : Antoine vivait en ermite dans sa petite ferme au pied du massif des Ecrins.

Fin : Ancré à la nature, Antoine respirait l’air vivifiant à pleins poumons.

 

 Incipit : Célestine était lasse. Adossée au mur de pierre empreint de la tiédeur du soleil, elle caressait du regard l’horizon chargé de brume.

Fin : Célestine n’en finissait plus de ressasser les moments de sa vie qui l’avaient marquée à jamais.

Inclure dans le texte choisi les dix mots suivants :

attente / cafetière / école / étable / maire / marché / nuit / stupeur / train / vinaigre.

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Rochail - Lauvitelwikimédia

 

 

ANTOINE


Antoine vivait en ermite dans sa petite ferme au pied du massif des Ecrins.

Suite à des études brillantes qui l’avaient amené à une fonction d’avocat dans la banlieue lyonnaise, il avait opté pour les brebis et la faune sauvage dans un lieu désertique où la nature est encore vierge de truanderie et d’hypocrisie. La séparation d’avec sa belle, bien qu’elle eût lieu suite au passage devant Monsieur le Maire, avait précipité sa décision. Stupeur !

Il avait donc tourné les talons vers un monde de silence, bercé uniquement de chants d’oiseaux et de souffles du vent. Tôt le matin, le sifflement des marmottes ponctuait la saison estivale. Les nuits étaient sereines.

Antoine s’était installé dans une fermette délabrée, loin d’une civilisation qu’il ne supportait plus. Il l’avait retapée. Une pièce à vivre, empreinte de l’odeur de la cafetière et de celle du vinaigre arrosant les pissenlits fraichement cueillis, constituait son logement. Jouxtant son lieu de vie : un local sommaire où il fabriquait ses fromages. A la suite, l’étable abritait une cinquantaine de brebis. Le laitier passait tous les jours échanger les bidons en attente. Il lui achetait ses fromages une fois par semaine pour les écouler au marché. Ils avaient une telle réputation que le stand était vidé avant la fin de la matinée. Le laitier faisait occasionnellement le facteur pour Antoine, lui épargnant cinq bons kilomètres de chemin caillouteux et incertain.

Antoine ne s’ennuyait pas. Il connaissait toutes ses brebis par les prénoms qu’il leur avait attribuées. Même qu’il les aimait ces braves bêtes. Elles lui rendaient d’ailleurs bien son affection. Quant à son chien Gaston III qui avait succédé à Gaston II, fils de Gaston 1er, c’était un trésor de tendresse et  aussi d’efficacité pour mener les brebis en train de s’écarter.

Les rides avaient peu à peu buriné le visage d’Antoine. Il avait un peu rêvé de cette vie depuis la petite école. Ses yeux bleus malicieux et encore remplis d’innocence, reflétaient le ciel insondable des Alpes. Il était heureux.

Ancré à la nature, Antoine respirait l’air vivifiant à pleins poumons.

 

Mouty