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mercredi, 01 avril 2015

Liberté, liberté chérie

En pensant  au Printemps des poètes  dont le thème est l’insurrection poétique, nous allons nous intéresser à la liberté. Qu’évoque ce mot pour vous ?

En 20 minutes, faites-nous en part en écrivant une poésie ou un texte poétique  dont chaque phrase commencera par :

 « Je suis »

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Statue of Liberty 2wikimédia

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Je suis l'enfant révolté contre l'autorité

 

Je suis cette adolescente qui vit en moi

 

Je suis le cheval fougueux qui refuse les rênes

 

Je suis le vent violent ou la brise légère

 

Je suis en fait ce que la vie a fait de moi.

 

 

 

Dedou

 

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 Je suis le oui

 

Je suis le non

 

Je suis le combat

 

Je suis la paix

 

Je suis la rébellion

 

Je suis l'acceptation

 

Je suis le rejet

 

Je suis l'amour

 

Je suis la solitude

 

Je suis l'humanité

 

Je suis le CHOIX

 

 

Valérie

 

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Moi, Liberté, je suis…

 

 

Je suis l’oiseau, je vole en harmonie avec les vents, le ciel infini est mon terrain de jeu.

Je suis le poisson du fond de mer, je nage au gré des courants, aucune paroi de verre ne freine mon élan.

Je suis la pensée qui germe dans l’esprit, nul ne peut m’empêcher de grandir.

Je suis l’œil qui ose regarder tout ce qui peut être vu.

Je suis la connaissance qui va réveiller toutes les consciences.

Je suis la musique aux mille visages, le message de l’artiste qui traverse les temps.

Je suis les cris de l’écrivain qu’on entend encore après son trépas.

Je suis le vent qui rafraichit ou qui détruit, qui fait tourbillonner les feuilles ou sombrer les bateaux.

Je suis l’amour qui ne connait pas d’entraves et qui dure contre vents et marées.

Je suis l’art, le stylo du narrateur, la mélodie du compositeur, le pinceau du dessinateur, je suis le crayon de Charlie.

 

Gill

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            LIBERTE

 

Je suis Gavroche chantant sur sa fière barricade.

Je suis l’oiseau léger d’une célèbre ballade*.

Je suis l’enfant qui rit dans l’air frais du matin.

Je suis tout, tout, sauf une femme de marin.

 

Je suis Spartacus, ou son ombre, au soir de la bataille.

Je suis Olympe de Gouge, qu’on dit folle et qu’on raille.

Je suis Charlie bien sûr, référence gardée.

Je suis le chat de gouttière arrachant son collier.

 

Je suis l’âme du mourant en quête d’une étoile.

Je suis la mèche enfin, qui s’échappe du voile.

 

                  El Pé

* « Bird on the Wire » de Léonard Cohen

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Je suis avec les ouvriers peinant sur leur travail.

Je suis avec les dactylos tambourinant sur leurs machines.

Je suis avec les paysans labourant leurs champs.

Je suis avec les mères élevant leurs enfants.

Je suis avec les peintres qui se moquent des critiques.

Je suis avec les cinéastes qui dépensent tout leur capital pour faire un film.

Je suis avec les étudiants qui se révoltent contre l’injustice.

Je suis avec les caricaturistes qui expriment leur liberté d’expression.

Je suis avec les journaux qui relatent toutes les opinions.

Je suis avec toi : Liberté

 

Polo

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LIBERTÉ

 

Je suis seul près de la grève

Je suis libre et j’en crève.

Je suis couché sur des graviers

Je suis comme un prisonnier

Liberté.

 

Je suis en attente d’un signe

Je suis impatient, j’en trépigne.

Je suis heureux ou malheureux

Je suis plutôt un malchanceux

Liberté.

 

Je suis libre, c’est mon bréviaire

Je suis libre à ma manière,

Je suis vanné, je suis lassé,

Je suis vivant. Non, trépassé.

Liberté.

 

Je suis sans voix, je suis sans âme,

Je suis au cœur d’un amalgame,

Je suis dans l’imbroglio fécond

Je suis dans la mélasse, à fond,

Liberté.

 

Je suis dans une drôle d’impasse,

Je suis insecte, humain, j’en passe,

Je suis personne ou tout le monde,

Je suis peut-être bête immonde,

Liberté.

 

Je suis en quête de limites,

Je suis pressé, donnez-m’en vite.

Je suis un rien, un dieu, éclair,

Je suis dans un monde peu clair

Liberté.

 

Mouty

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jeudi, 05 avril 2012

La désinvolture (2)

                  le désinvolte va maintenant nous décrire son contraire,

                                         le rigoureux, le tatillon

                                                      (25mn)

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tatillon gisele.gif

VracImages

 

 

Dans la fratrie nous sommes assez libres, tolérants et désinvoltes dans l’ensemble, sauf une de nous,  la deuxième de la couvée. Qu'est-ce qu'elle m'agace et souvent me tape sur les nerfs sans le savoir, une  vraie casse pieds avec son caractère rigide, voulant tout imposer à son entourage, faire toujours à son goût jusqu'à oublier que nous avons aussi un avis et qu'il peut valoir le sien;  par exemple une recette : impossible de changer les ingrédients cités , suivre exactement ce qui est demandé, s'il manque une chose on ne peut rien mettre d'autre sans s'attirer les foudres de sa colère qui peut être violente; il m'est arrivé d'essuyer une de ses colère,  ayant  par malice passé  outre sa décision et qu'elle s'en aperçoive trop tard, cela m'a fait passer l'envie de recommencer, croyez-moi ; dans une discussion, pour un choix de lieu, fêter un évènement, elle ne laisse rien passer, toujours mettre son grain de sel, prouvant qu’elle a raison ; et on doit accepter qu’elle ait le dernier mot, prenant sur nous même si cela crée des tensions et des protestations en essayant de la faire changer d'avis, lui suggérer d'écouter les autres qui ont des idées aussi valables,  qu'elle doit assouplir son point de vue, accepter d'autres choix que le sien , mais non , elle finit toujours par l'emporter, amener tout son petit monde à se rallier à ses  idées qui, dit-elle, sont les meilleures ; cela me fait bouillir intérieurement et bien souvent j'ai des envies folles de lui jeter ma colère à la figure en lui disant que c'est insupportable à la fin, mais je n'en fais rien, je préfère lui laisser croire que ça me plait qu'elle prenne les choses en main. Le rôle de chef  responsable, ça lui va si bien, et finalement jusqu'à présent, ses choix judicieux ont toujours été censés et obtenus un grand succès, alors réjouissons-nous d'avoir cette décideuse rigoureuse qui permet d'alléger le quotidien de toute la famille parce qu’elle l'aime cette famille et lui montre à sa façon. 

 

                       Rina   

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                            toutimages 

montre.gif


 

 

 

 

MON TATILLON DE CHEF


Mon chef ? Un bâton d’maréchal !

Un type sur tout à cheval !

Un vrai carnaval !

Son premier regard

Te donne des cauchemars.

Tu en oublies son semblant d’élégance.

Si tu ignores de quel côté il balance

Tu ne vas pas tarder à le savoir…

Si tu es en retard,

Aucune excuse

Ni alibi ne l’abuse,

Tu es faîte comme un rat,

Tu passes de vie à trépas.

Même pas,

C’est le purgatoire

Qui t’attend.

Pas de sens giratoire,

Direct, il te pourfend.

Tes calculs ne sont pas justes ?

Qu’importe pour toi,

Pas pour lui. Il t’assomme.

C’est ringard ?

Tu te retrouves au placard.

Guindé comme un majordome,

Il t’envoie vers le mitard.

Ton jean moulant dévoile un brin de fesse,

Il reste froid. Pas de caresse

Mais un aboiement tonitruant :

« Allez-donc à la confesse ! »

Le soir, quand tu passes la porte

Dans la cohorte,

Il te rattrape par un pan :

« Votre travail vous attend ! »

Et ton seul échappatoire,

C’est notoire,

Est ta démission sur le champ.                             Mouty

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J’ai toujours beaucoup aimé mon beau-frère, Sylvain. Quand il a épousé ma sœur, la moins fofolle de toute la famille, j’étais encore un jeune garçon et le calme qu’il dégageait, l’autorité naturelle qui émanait de lui me ravissait en me donnant une impression de sécurité. Il pensait toujours aux conséquences de ses actes et j’admirais son grand sens des responsabilités.

Plusieurs années après, ayant atteint depuis longtemps l’âge adulte, toutes ces qualités m’agacent car son caractère, au lieu de s’assouplir, est devenu de plus en plus rigide, voire intolérant.

Derrière lui en voiture, vous piafferez d’impatience, obligé de suivre son 45 à l’heure plutôt que son 50 un quart. A table, c’est tout juste si ses enfants auront le droit de parler car on laisse les adultes discuter sans les interrompre. Lors des repas de fêtes, interminables, pas question pour eux de quitter la table alors que nous-mêmes avons du mal à résister. A 20 heures, tout le monde dans sa chambre, extinction des feux sans aucune dérogation possible, et interdiction de télévision en semaine. Quant aux tenues vestimentaires de la famille, je n’en parle même pas : sobres à son avis, austères et veillottes au mien ; aucune fioriture nulle part, de l’élégant, du convenable.

Certes, on peut dire que sa famille est un modèle d’obéissance et de politesse, que sa maison où rien ne dépasse est prête à recevoir des visites  à toute heure, qu’il est un conducteur responsable, bref, qu’il est tout le contraire du désinvolte. Mais où est le petit brin de fantaisie qui fait aimer la vie ?

       Gill

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             Un joli après-midi de printemps, dans une station balnéaire du littoral languedocien. Deux jeunes femmes, attablées à la terrasse d’un café, face à la mer sirotent à petites gorgées leurs thés citron brûlants. Elles sont à l’évidence en grande discussion. C’est très vilain, je sais, mais je ne peux m’empêcher de tendre une oreille indiscrète.

« - Alors manine, tu as fini par fixer une date, pour le mariage ?

- Bof ! Romu me tanne à longueur de temps mais moi je ne suis pas décidée ; je réfléchis…

- Ah bon ? Pourtant vous semblez bien vous entendre, tous les deux ! Et surtout, il est aux petits soins pour toi, Romuald, tu ne peux pas dire le contraire !

- Trop !! Et à sa manière ; ça m’énerve, tu ne peux pas savoir ! Tiens par exemple, avant que je sorte, il me pose toujours un gilet sur les épaules « Il va faire frais Minou, tu n’es pas prudente ! » ou bien il arrange ma coiffure « Aïe ! Aïe ! Aïe ! Ces cheveux toujours dans les yeux ! ». Et je ne te raconte pas dans la journée !

-  Si si, raconte

- Les choses doivent rester à leur place, principe numéro un, et moi, tu me connais, je suis un peu

- Bordélique

- Désordonnée. Et bien faut le voir courir derrière moi pour ranger les chaussures dont je viens de me débarrasser sur la moquette du salon en entrant. Ou remettre dans leurs pochettes les CD et les DVD juste avant d’aller au lit le soir. Comme si ça ne pouvait pas attendre le lendemain…

- Ah oui pôvre, ça ne doit pas être rigolo tous les jours ! Et au lit justement, comment il est ?

- Régulier peuchère, je ne peux mieux te dire. Tous les mardis et samedis soirs que le Bon Dieu fait… et pas une once de fantaisie, en plus. On dirait qu’il suit une procédure, tu vois le genre…

- Oh la !! Et toi si… !

- Comme tu dis. Alors tu comprends, j’ai plutôt envie de changer d’air, ces temps-ci, d’autant que le beau Serge me tourne autour depuis un moment…

- Le joueur de rugby ?

- Lui-même. Ah ! Ce serait autre chose la vie avec lui !

- Pour sûr ! Mais tu ne crains pas qu’il soit un peu…volage, comparé à Romuald, lui si sérieux, si fidèle !

- Tant pis. Je n’en peux plus. Tiens, je ne t’ai pas encore dis la meilleure ! Tu ne sais pas quoi ? Il passe une lingette désinfectante sur la lunette chaque fois que l’on utilise les WC ! Qu’est-ce que tu dis de ça ?

- J’en reste sans voix. C’est un vrai maniaque, ce type !

- N’est-ce-pas ? Alors tu comprends, le mariage… »

      Sur ce, les deux jeunes personnes se lèvent et se dirige d’une démarche balancée et nonchalante vers la plage. Deux brunettes, bien du Midi.

          Quant à moi, je me demande la tête que va faire le fameux Romu avec ce qui ne va pas tarder à lui pendre au front. Mais il est vrai que dans une région fervente de tauromachie…

 

                      El Pé

                                                    

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